« Bonjour mes nouveaux jeunes amis ! Aujourd'hui est votre premier cours de potions : n'est-ce pas excitant ? »

Le vieil Horace Slugorn parlait à toute la classe, mais avait les yeux rivés sur la table d'Albus et Rose.

« Aujourd'hui, je vais voir vos capacités naturelles (il regarda avec encore plus d'insistance Albus) pour les potions. Ce n'est pas un concours ni une course ! Juste un moyen de vous repartir par niveau dans ma tête, pour savoir qui il faudra aider, et pourquoi pas créer des binômes d'aide et de soutien. Mme McGonagall a eut cette brillante idée de soutien scolaire inter-élèves, qui resserrera, j'en suis sur, les liens entre vous ! » Il disait cela sans conviction, levant même discrètement (enfin, discrètement pour ce roi de la théâtralité qu'est Slugorn) les yeux au ciel. « Ouvrez donc votre livre page 48, et commencez à préparer avec votre camarade de table une potion pour soigner les furoncles, c'est toujours utile ! Appelez-moi si vous rencontrez des difficult… Monsieur Malfoy, est-ce bien prudent que vous travailliez seul ? »

La classe entière se retourna. Le jeune Malfoy était sur la toute dernière table, au fond. Oui il était seul…qui aurait voulu être avec lui, de toute façon ? Dans ce cours entre Serpentard et Gryffondor, les uns le voyaient comme un traître, les autres comme un… « espion » ?. Aristide Zabini, un garçon de Serpentard aux yeux sombres, lui jeta un regard mauvais avant d'ajouter « Il se débrouillera bien tout seul. » «Il devra s'y habituer » compléta un Gryffondor.

Le cœur d'Albus se serra : c'était ça, la maison de ses rêves, la maison des héros ?
Il ne ressentait pas particulièrement de pitié pour le petit dernier des Malfoy, mais il trouvait tout de même la réflexion injuste.

« Bon, peu importe les enfants, peu importe, ne vous dissipez pas ! Commencez maintenant par faire cuire les limaces cornues… Bien mademoiselle Weasley ! Aussi brillante que votre mère. Et monsieur Potter ! (il se pâmait) Vous deux, je vous veux dans mon club dès que possible ! »

Mais alors, une petite main aux longs doigts fins, très pâle, maladive, se dressa au fond de la classe.

« Besoin d'aide monsieur Malfoy ? »
« Je viens d'ajouter les épines de porc-épic. Je crois que c'est bon ».

La classe se tut. C'était la première fois, à par pour Albus, que la voix claire, cristalline, aux antipodes de celle grave et suave de son père, se faisait entendre. Elle était douce, presque éteinte. Quelques fillettes eurent un moment d'absence : peut-être s'avouaient-elles que, certes, c'était un Malfoy, mais qu'il était quand même… joli ?

Slugorn approcha, un air suspicieux plaqué sur sa figure grasse et ridée. Il observa attentivement la potion, la renifla. Il parcourt la classe. « Un volontaire pour essayer ? ». Silence total.

La petite main blanche se leva de nouveau, craintive.

Slugorn, tout en commentant avec son débonnaire habituel, leva sa baguette et fit apparaître quelques furoncles sur la petite main. « Bon, essaye maintenant. D'après l'odeur, le pire qu'il puisse t'arriver, c'est d'en être recouvert ! ». La classe rit… jusqu'à ce qu'après absorption, sa main redevienne aussi lisse et douce qu'avant. Elle paraissait même plus satinée.

« Et bien… hm… vous… vous savez bien lire et appliquer des instructions, félicitations, Malfoy. Ce… ce n'est pas très difficile, pas besoin d'être un génie mais… Pour un première année, vous faites preuve de beaucoup d'autonomie. Bien. 5 points pour Gryffondor »

Stupéfaction générale. Malfoy, qui regardait le professeur, baisse les yeux, et replonge dans son mutisme.