Hermione ne savait plus où se mettre. Mais comment avait-elle fait pour se retrouver dans une telle situation ? Et à quel moment exactement, les choses avaient-elles dérapées ?

Elle était là, devant Rogue, se mordant la langue et rouge de honte. Elle n'avait pas pu dire une telle chose ! Pas elle et surtout pas à lui !

Tout avait pourtant bien commencé. Quand elle avait frappé à la porte des cachots, il avait répondu comme à son habitude d'un glacial « Entrez ! ». Il lui avait donné ensuite comme tâche de nettoyer les chaudrons et les tables de cours, le tout sans lui adresser un regard. Ce qui soit dit en passant, avait bien arrangé la Lionne. Elle s'était donc attelée à la tâche sans rechigner, tandis qu'il corrigeait les devoirs de ses élèves « aussi bêtes les uns que les autres ».

Tout se passait en silence pendant près d'une demi-heure, quand Hermione fit tomber un objet par mégarde, faisant sursauter le terrible maître des cachots.

-GRANGER ! rugit-il. Seriez-vous à ce point gauche que vous ne puissiez faire une chose aussi simple que récurer sans causer une catastrophe ?

-Dé… désolée, Professeur. Bégaya-t-elle.

-Vous ne valez pas mieux que ce pitoyable Longdubas ! reprit-il acide. Mais cela ne devrais pas m'étonner, venant d'une Griffondor !

Hermione, piquée au vif, sentit la colère monter en elle. Comment cet ignoble individu pouvait-il lui parler de cette manière ? Elle se redressa, la tête haute, le regard assassin.

-Et moi je ne devrais pas attendre la moindre civilité venant d'un Bâtard graisseux, atrophié des sentiments et dont le seul plaisir est d'humilier ses élèves ! Si c'est vraiment la seule chose qui vous excite, et bien je vous plains ! dit-elle d'une seule traite.

Elle ne se rendit compte de ses paroles que lorsqu'elle vit le visage stupéfait de son professeur. C'était une première ! Puis son cerveau analysa à toute vitesse la raison de cette surprise. Non, non, non ! Pas possible, pas ça ! Il va la tuer !

Mais contre toute attente, Séverus Rogue se mit à rire, d'un rire totalement hystérique. La jeune femme n'en revenait pas et le professeur resta tordu de rire pendant un long moment, ce qui fit qu'elle se détendit légèrement. Rogue reprit enfin son souffle après de nombreuses minutes, plié en deux. Mais quand il releva la tête, il affichait un visage de marbre et ses yeux d'onyx lançaient des éclairs. La Griffondor prit peur et tenta de reculer, mais fut coincée par un mur. Elle déglutit avec difficulté et quand il lui attrapa les bras, elle ne put retenir un gémissement de peur. Elle ne pouvait détacher son regard de celui de l'homme, comme hypnotisée. Il se pencha vers elle et lui dit d'une voix glaciale :

-Je vous croyais plus intelligente, Granger. Vous devriez vous mordre la langue avant de parler de choses dont vous ignorez tout. Je pourrais me faire un plaisir de vous montrer ce qui m'excite, moi en tout cas j'ai une idée en ce qui vous concerne. Je ne vous savais pas voyeuriste !

-Co…comment savez-vous que… dit-elle dans un souffle, sa voix trahissant son malaise.

-Vous n'avez pas été aussi discrète que vous le supposiez, Granger. répliqua-t-il. Votre silhouette se dessinait sur le paravent.

-Je… je ne voulais pas, je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un. bredouilla-t-elle.

-Mais j'en suis persuadé ! dit-il peu convaincant. Ce qui m'échappe, c'est pourquoi ne pas avoir manifesté votre présence.

Rogue s'était encore plus rapproché de la jeune femme, leurs corps se touchaient à présent et leurs souffles se mêlaient.

-Avez-vous apprécié la vue, Granger ? demanda-t-il affichant un sourire narquois.

-…

-Répondez ! ordonna-t-il resserrant sa poigne sur les bras frêles de la Lionne.

-Oui ! gémit-elle.

Si Rogue fut surprit, c'est peu de le dire. Il la lâcha et se recula brusquement. Il avait voulu l'intimider, jamais il ne se serait douté qu'elle lui réponde et encore moins cela. Il observa la jeune femme, ses joues étaient écarlates et elle semblait se mordre la langue, comme si les mots lui avaient échappé. Et lui se sentait perdu. Avait-elle dit la vérité sans le vouloir ? Il devait en avoir le cœur net. Sans prévenir, il fondit sur sa jeune proie et s'empara de ses lèvres sans douceur, comme mu par un instinct de prédateur. Hermione tenta de lui échapper, mais quand elle ouvrit la bouche pour protester, il en profita pour approfondir le baiser. Surprise, elle se laissa faire. Rogue devint moins violent et goûta cette bouche avec délectation. Merlin, cela faisait si longtemps. Comme poussée par une force invisible, Hermione se pressa contre le corps de son professeur, glissant ses mains dans sa chevelure de geai, pas grasse soit dit en passant, mais légère et soyeuse. Séverus ne pu réprimer un gémissement de bien-être.

Mais il reprit bien vite ses esprits, quand il sentit les mains de son élève s'attaquer aux boutons de sa robe noire. Il la repoussa, lui lançant un regard noir. Hermione aussi revint à la réalité, porta la main à sa bouche, les yeux écarquillés de surprise et se précipita hors de la pièce.

-Par Merlin ! Qu'ai-je fait ? dit-elle en courant vers la tour des Griffondors.

Dans les cachots, un homme restait seul, surprit et avec un gros problème sur les bras. Par l'enfer ! Il désirait la Miss-je-sais-tout !

Il se dirigea prestement vers ses appartements, afin de prendre une très longue douche froide. Le lendemain allait être une vraie torture.

Dans son bureau, le vieux fou de directeur affichait un sourire malicieux. Enfin un peu d'action, pensa-t-il. Il était temps !