1-Souvenirs.

D'aussi longtemps que je me souvienne, les histoires de vampires ne datent pas d'hier. La première fois j'étais en camps de vacances, et pour la soirée horreur, nos moniteurs n'avaient rien trouvé de mieux que de raconter des histoires avec foules de monstres, Loup-garou, fantômes, zombies et autres créatures terrifiantes. A l'époque je n'y avais pas prêté attention, si j'avais su, si j'avais seulement prêté attention à ces histoires ce qui c'est passer ce jour là n'aurai pas eu lieu!

Je n'avais pas encore dix ans, cet été là, ma mère, ma sœur et moi étions partis en Italie. Volterra était une ville touristique, notre mère avait estimé que pour une fois nous ne passerions pas l'été chez notre père, était-ce parce qu'il venait de se remarier ou pour une autre raison, n'empêche visiter une telle ville était incroyable du point de vue de ma sœur. Victoire qu'elle s'appelait, toujours à vouloir quelque chose, curieuse, impulsive et surtout très égoïste, elle désirait devenir riche, belle et avoir le pouvoir; moi, j'étais tout le contraire de ma jumelle, j'étais curieux certes, mais surtout très réservé, prudent et calme. Elle avait les yeux aussi noirs que ses cheveux, grande et plutôt belle (tous les gars de l'école voulaient être assis près d'elle) alors que moi j'étais petit pour mon âge, mes cheveux d'un fauve éclatant, comme du bronze et mes yeux d'ambres révélant une intelligence stupéfiante, mon nom correspondait à merveille, Erwan. Mon apparence rendait encore plus difficile mes rapports avec mon père car c'était là un des problèmes, je ne ressemblais à personne de ma famille, bien que ma mère soit vraiment ma mère.

Cela faisait un moment, que je nous sentais suivi, ma sœur et moi. Brusquement celle-ci disparu de mon champ de vision. Je ne sais pas pourquoi je me mis à suivre un étrange individu: il portait des vêtements sombres, sa capuche rabattue sur sa tête. Lorsqu'il rentra dans un bâtiment, je l'y suivis, me cachant derrière les meubles tels une souris. Être invisible m'étais facile, j'étais très agile, marchant sans bruit. J'aperçois un balcon qui semblait surplomber une vaste pièce, j'y entrai et jetais un coup d'œil. Mon cœur s'arrêta, ils étaient là tels des statues d'un blanc pur, Victoire était là aussi, discutant avec un vieillard, je n'entendais pas ce qu'ils disaient mais elle semblait ravie. Dans ma tête, je me remémorais une histoire parlant de tels êtres, des Vampires, des buveurs de sang, des tueurs. Je ressentis une présence derrière moi, je n'eus que le temps de hurler, déjà ses crocs s'étaient plantés dans mon bras. Je ne compris pas ce qui ce passa par la suite, était-ce la douleur, ma brusque anémie, ou tout simplement on m'effaça la mémoire. Néanmoins des voix m'étaient parvenues.

-ne le tuer pas! J'ai accepté de devenir l'une des vôtres, ma mère en mourrait si elle venait à nous perdre tous deux. Victoire?

-il n'a aucun don, il ne nous sert à rien. Autant le tuer!

-non, je refuse. Il est quand même mon frère. S'il te plait Aro!Aro? Qui est Aro?

-Très bien, Corin! Enlève-lui toute trace de venin, efface sa mémoire, puis dépose-le devant une clinique qu'il est une chance de survivre. Démétri ne fait pas cette tête, occupe-toi de faire en sorte que l'on croit notre jeune amie morte.

Plus tard en me réveillant, j'avais eu peur, où étais-je? Que s'est-il passé? Ma mère en larmes m'était alors apparue, me serrant contre elle, elle m'annonça la triste nouvelle, ma sœur avait été enlevée puis tuée et son cadavre brulé. Le peu qui restait d'elle ne permettait pas une identification exacte, seule le bracelet qu'elle portait avait permis ma mère de la reconnaître. Je du rester deux semaines à l'hôpital bien que je fusse transférer à Florence. De retour à Albuquerque dans le Nouveau Mexique, nous l'avons enterrée. Ma mère la suivie, 3 mois plus tard. Elle ne faisait plus rien, ne mangeai plus, ne sortait plus, la disparition de ma sœur, sa Fierté, l'entraîna au suicide.

Je fus confié à mon père, un policier sévère, répondant au doux patronyme de Jean Charles Delfan. Ma vie continua, en une longue monotonie, dans L'Oklahoma, aucun amour de la par de ma famille, pas d'amis, rien sauf cet étrange pouvoir, ce don. J'étais capable de faire comme ma sœur, une sorte de barrière physique invisible, comme un mime ma demi-sœur l'avait testé croyant à une farce de ma part, ou ce brusque changement d'attitude chez mon père, il se préparait à me sermonner pour une faute dont comme d'habitude je n'étais pas le responsable, il avait subitement oublié comme si on lui avait effacé la mémoire. Mais c'était surtout ma brusque sensibilité à leur présence qui m'avait montré le taux incroyable de vampire qui existaient, je les sentais à 5km à la ronde.

7 ans sont ainsi passés sans rien pour me rendre heureux, mon permis en poche, j'avais pu enfin utiliser ma moto et vraiment m'échapper de cet enfer. Si j'avais su, si j'avais imaginé ce qui m'attendait j'aurais fuis au loin. Mon père était muté dans une petite ville au nord de l'état de Washington pour début août. Pour ne pas m'avoir dans les jambes, il m'expédia en camps. Là-bas nous étions près d'une réserve indienne. Un soir, une vieille femme commença à nous raconter des légendes anciennes, mais pas si anciennes que ça, elle parlait de loup et de vampire, s'alliant, protégeant les humains, ils vivaient au Nord du pays, il y a 150ans. Je n'écoutais pas la suite, me levant, je partis avant de connaître le lieu de villégiature. Si j'avais su, si j'étais resté et avais écouté l'histoire en entier, ma réaction lorsque je les croisais la première fois n'aurait pas eu lieu d'être, mais ma haine envers eux, envers les vampires était sans appel, ils devaient tous être tué. Je les tuerai avant qu'il ne me tue moi!