Le lendemain matin, l'aube était à peine levée que les quatre amis décollaient en jumper en direction du continent, le cap mis sur le village athosien.

Rodney trépignait tout en tapant du pied : « nous avons déjà perdu toute une nuit, l'étranger est peut-être sur le point de quitter la planète, alors on sort rapidement Halling du lit et on file illico sur Illica ! »

John se posa à proximité du village, à l'endroit habituel, mais en sortant du puddle jumper, Teyla s'arrêta brusquement, en proie à la plus vive inquiétude : « Colonel, il n'y a personne ! » Elle fixait tour à tour ses trois amis, les yeux agrandis d'effroi.

« Il n'y a ni bruit ni mouvement » confirma Ronon qui regardait les habitations tout en levant son arme, tandis que John interrogeait Rodney du regard.

« Je détecte plein de signes de vie, Sheppard, il est très tôt, ils sont tout bonnement encore en train de dormir. »

Mais Teyla crut entendre un cri au loin et elle gravit en courant la petite colline qui surplombait le village de tentes, tandis que ses trois compagnons, surpris, lui emboitaient rapidement le pas.

Dans le grand verger en contrebas, tous les Athosiens étaient en train de s'affairer, avec chacun un panier à la main.

« Oh ! Comment ai-je pu oublier ? » s'écria Teyla, mortifiée, en se frappant le front du dos de la main. « Hier soir la lune de Beltar était ronde, c'est le moment de cueillir les abricots, ou bien ils seront gâtés par l'orage ! »

« Quelle lune de Beltar ? Et quel orage ? J'ai vérifié la météo pour toute la semaine, puisque je voulais emmener Jennifer en pique-nique, et on annonce un temps magnifique ! »

Teyla eut un sourire crispé : « à la lune de Beltar, ne prends aucun retard. C'est un proverbe athosien très ancien, Rodney, et qui se vérifie toujours : au lendemain de cette pleine lune un terrible orage éclate à chaque fois. »

Rodney eut un ricanement sardonique en fixant le ciel céruléen, mais se tut brusquement lorsque le grand Satédien se pencha vers lui, l'index menaçant « si Teyla le dit, alors c'est vrai. »

L'instant d'après, Halling arrivait à grands pas, son gentil sourire aux lèvres : « bonjour Teyla, bonjour mes amis, comme c'est aimable à vous d'être venus nous aider. »

« Eh bien, en fait, c'est nous qui aurions besoin de votre aide, Halling, il faudrait aller avec nous sur Illica retrouver l'étranger dont vous avez parlé hier à Teyla ». John voulut ajouter quelque chose, mais il se tut en voyant Teyla poser ses armes et empoigner un grand panier.

« J'irai volontiers avec vous aussitôt la cueillette terminée » répondit Halling aimablement mais avec fermeté.

Avec un soupir, John se saisit d'un panier, suivi par Ronon et Rodney, qui rouspétait tout bas.

Ils se mirent tous à la cueillette, savourant l'odeur des fruits moelleux et mûrs à point, et dont ils n'hésitaient pas à se régaler à l'occasion. Ils avaient vite adopté l'allure soutenue des Athosiens, et les paniers se remplissaient rapidement.

Les anciens du village récupéraient les paniers pleins dans de petites charrettes à bras, et les emportaient à l'abri dans une grange, tandis que les enfants couraient d'une échelle à l'autre, pour tendre des paniers vides aux cueilleurs.

Quelques heures plus tard, tous les fruits étaient cueillis et remisés dans la grange.

Halling convia l'équipe à partager leur repas, et les Atlantes acceptèrent volontiers, d'abord parce qu'ils étaient tous affamés, et parce qu'ensuite, malgré leur hâte légitime, il ne servait jamais à rien de brusquer Halling, qui avait toujours son propre sens des priorités.

« Qu'allez-vous faire de toute cette récolte ? » demanda Rodney à Halling entre deux bouchées d'un délicieux ragoût de viande dont il n'osait pas demander de quelle sorte d'animal elle provenait, tandis que Ronon enfournait d'énormes fourchetées en grognant de contentement.

« Eh bien, nous en offrirons une partie à Atlantis et nous vendrons le reste, ces fruits sont une véritable richesse pour notre peuple, parce qu'ils sont très appréciés dans toute la galaxie, mais rares sont les planètes où ils peuvent pousser. »

Alors qu'ils finissaient leur repas dans la grande salle communautaire, un éclair gigantesque déchira le ciel, et une poignée de secondes après, des trombes d'eau s'abattaient sur le continent.

Teyla ne dit pas un mot, se contentant de toiser Rodney d'un air satisfait, le menton levé. Celui-ci, confus et mortifié, bredouilla des excuses sous l'œil attentif de Ronon.

Plus tard, lorsque l'orage se fut un peu calmé, John donna le signal du départ, et Halling offrit à Teyla un petit panier d'abricots, qu'elle s'empressa d'arrimer sur une des étagères à l'arrière du cockpit. Rodney composa le code de la planète Illica et le jumper s'élança dans le flot bleu.

Peu de temps après, ils franchissaient la Porte des Etoiles et se posaient à proximité d'un gros bourg.