Et voilà, examens terminés, je peux donc continuer de poster =_=
Donc voilà le deuxième chapitre, le troisième ne tardera pas trop à le suivre ^^
Sur ce, bonne lecture
Cela faisait maintenant trois heures qu'ils étaient partis et ils avançaient maintenant dans le désert. Celui-ci était apparu voilà neuf ans suite aux puissants rayons de soleil qui avaient asséché le sol, brûlant les végétaux qui s'y trouvaient. La terre était devenu sèche, se fissurant par endroit et craquait lorsque l'on marchait dessus.
_Combien de temps faudra t-il pour le traverser? demanda Haru en regardant le ciel qui commençait à s'éclaircir.
_A ce rythme, je dirais qu'il va falloir encore quatre heures, dit Milo en regardant droit devant lui. Pourquoi cette question?
_Le soleil va bientôt se lever...
_Je t'avais prévenue que nous devrions marcher sous les rayons du soleil. Ne commence pas à te plaindre.
_Je ne me plains pas.
_Ah non?
_Non!
Milo la regarda, un sourire narquois aux lèvres. Elle ne semblait pas avoir beaucoup de patience aussi se dit-il qu'il n'aurait pas beaucoup de mal à la faire sortir de ses gonds. Il décida cependant de changer de sujet.
_Quel âge as tu?
_J'ai seize ans.
_Depuis quand vivais-tu avec Saga?
La jeune fille réfléchit et compta les années dans sa tête avant de répondre.
_Si je ne me trompe pas, ça doit faire environs neuf ans. Depuis qu'il est venu ici en fait...
En d'autres termes, depuis la destruction du sanctuaire et de la mort d'Athéna... Période lourde de souvenirs pour le chevalier...
Milo sortit de ses pensées en voyant un groupe d'hommes venir de la direction opposée. Ils allaient se croiser et, à en juger par leurs cosmos, ils n'étaient pas que de simples voyageurs. Haru aussi les avait remarqué et semblait hésiter quant à la marche à suivre. Machinalement, sa main se resserra sur la lanière de cuir qui maintenait l'urne sur son dos.
Milo rabattit plus bas le capuchon sur son visage afin de masquer un peu plus son regard, s'attirant des protestations de la jeune fille. Il en fit de même avec le sien.
_Tu reste silencieuse et surtout tu ne les regarde pas dans les yeux, lui souffla t-il tandis qu'ils n' étaient plus qu'à quelques mètres d'eux.
Elle acquiesça en silence et le chevalier reporta son attention sur le groupe qui passait maintenant à coté d'eux. Le premier s'arrêta et les regarda avancer avant de les arrêter d'un mot sec. Il s'en doutait, ça aurait été trop beau.
_Qu'est ce que vous faîtes en plein désert alors que le soleil va bientôt se lever?
Milo se retourna lentement et, d'un coup d'œil, surveilla que la jeune fille se tenait tranquille avant de répondre.
_Nous ne sommes que de simples voyageurs qui désirent vendre leurs biens dans les grandes villes. C'est pourquoi nous traversons ce désert, dit-il d'une voix calme.
_Je croyais que les marchands se déplaçaient toujours en groupes?
_Nous préférons voyager ainsi, nous gagnons beaucoup plus de temps.
Il les toisa des pieds à la tête, comme s'il était à la recherche d'un indice qui pourrait trahir ses explications.
_Qu'est ce qu'il y a là dedans? demanda t-il en désignant les urnes des armures.
_Nos effets personnels ainsi que des biens à vendre, dit Milo.
Si les propos du chevalier ne semblaient pas l'avoir convaincu, il se résigna malgré tout à repartir, ne décelant pas de cosmos en eux et fit signe à ses hommes qui reprirent la marche.
Haru soupira de soulagement mais elle sursauta lorsque Milo passa son bras autour de sa taille.
_Qu'est ce que vous..., commença t-elle.
_Ne crie pas, lui dit-il. Et tiens toi bien. Il vaut mieux décamper d'ici avant qu'il ne change d'avis.
D'un bond, ils se retrouvèrent sur un rocher à coté d'eux. Milo prit appui sur ses jambes et se mit à sauter sur des arbres, des rochers, ... Tout ce qui pouvait servir de tremplin y passait.
Haru regardait avec étonnement le chevalier franchir plusieurs mètres à chaque bond avec une aisance et une vitesse incroyable. C'était comme si son propre poids en plus du sien ne comptait pas, ralentissement nullement ses mouvements.
Lorsqu'il estima être assez loin, il se laissa tomber en souplesse sur le sol puis regarda derrière lui avec un soupir satisfait.
_Voilà une chose de faîte. Au moins, ils ne devraient pas nous poser de problèmes... Quoi, qu'est ce qu'il y a? ajouta t-il en voyant le regard noir qu'elle lui lançait.
_Vous disiez qu'on en avait encore pour quatre heures! lança Haru avec colère. Mais vous n'aviez pas dit que vous pouviez aller aussi vite!
_Normal, tu ne pourrais pas suivre le rythme, dit-il en haussant les épaules.
_Et alors? Vous venez bien de nous amener jusque là!
_Parce que c'était une question de sécurité, voilà tout miss.
_Arrêtez de m'appeler « miss »! Je m'appelle Haru!
Le chevalier sourit. C'était si facile de la faire s'énerver et c'était drôle aussi. S'il l'avait rencontré lorsqu'il veillait sur le huitième temple du sanctuaire, oui s'il l'avait rencontré à cette époque là, il serait sûrement tombé sous son charme. Ses longs cheveux noirs étaient magnifiques et il ne parlait pas de ses yeux océan pétillants et remplis de vie, quoiqu'il pouvait noter une certaine tristesse. Sauf pour l'heure où c'était essentiellement des reproches qu'il pouvait y lire. Son caractère, bien qu'étant encore enfantin sur certains sujets, semblait être plus adulte sur d'autres. Il repensa notamment à la façon dont elle avait soutenu son regard en lui affirmant sa détermination à partir. Oui, il serait sûrement tombé amoureux d'elle...
_Dîtes, vous m'écoutez? lança t-elle en le regardant.
_Mmh, tu disais?
Cette remarque acheva le peu de patience qui lui restait et elle poussa un cri pour se défouler sous les yeux ébahis d'un Milo qui la regardait avec curiosité. Visiblement, Saga n'avait pas eu le temps de forger son caractère ni de lui apprendre la patience.
_Tu tiens donc tant que ça à ce que je te prenne dans mes bras? demanda t-il en riant.
_Quoi? Pas du tout!
_Bah, va pour cette fois, dit-il en la soulevant comme il l'avait fait quelques instants plus tôt.
_Non, lâchez-moi! lança Haru en essayant de se dégager.
_Du calme, lui dit celui-ci en raffermissant sa prise. Je ne vais pas te manger.
La proximité de leurs visages la mit mal à l'aise et elle ne fut cette fois-ci pas capable de soutenir son regard clair tant il était proche du sien. A court de paroles, elle détourna le regard du sien, froissée de lui laisser le dernier mot.
_Allez, nous y serons dans une heure si tout va bien, déclara Milo en élevant légèrement son cosmos. Tiens toi bien.
Il repartit aussitôt sous le regard toujours aussi admiratif de la jeune fille. L'air chaud s'engouffrant dans leurs vêtements, l'obscurité laissait peu à peu place à de timides rayons de soleil qui réchauffaient déjà l'atmosphère.
Ils arrivèrent effectivement au bout d'une heure dans une ville, juste à temps pour éviter les rayons les plus puissants du soleil qui leur auraient brûlé la peau. Le chevalier commença par prendre une chambre afin d'y déposer leurs affaires.
_C'est la première fois que tu viens dans une grande ville? demanda Milo en voyant la jeune fille regarder par la fenêtre avec des yeux ronds les hautes bâtisses de pierre qui s'élevaient vers le ciel encore sombre.
_Quand j'étais petite, je suis allée un peu partout mais je ne me souviens plus très bien... Et après je suis restée au village aux abords du sanctuaire avec mon maître...
_Si tu fais déjà cette tête pour si peu, je n'ose même pas imaginer ce que ça aurait été du temps d'Athéna.
_Ah bon? Comment s'appelle cette ville?
_Athènes. Tu ne connais pas?
Elle fit non de la tête sans pour autant détacher son regard des hautes habitations bien plus entretenues que celles de son village. Milo ne cacha pas sa surprise devant sa réponse.
_Dis donc, on peut savoir ce qu'il t'a appris Saga? Que tu ne connaisse même pas la capitale de la Grèce, ça fait un peu tâche...
_Désolée de ne pas avoir prit le temps d'étudier en ces temps de crise, dit-elle en se tournant vers lui. Et depuis que la Terre est dans cet état, je ne pense pas que connaître la capitale d'un pays soit quelque chose d'essentiel...
Le Scorpion soupira.
_Je suppose que je vais avoir de quoi m'occuper alors durant notre voyage. Autant commencer de suite alors.
_On ne part pas chercher le chevalier?
_Maintenant, ça ne servirait à rien. Tu vois bien qu'il n'y a pas un chat dans la rue à cause du soleil. Nous irons quand il commencera à se coucher, il fera bien moins chaud. Viens maintenant, que je vois ce que tu as dans la caboche.
Haru se leva à contrecœur et s'assit sur le lit, face au chevalier qui commença à lui poser toute une série de questions sur des thèmes variés afin d'estimer sa culture générale. Et honnêtement, ce n'étais pas très fameux. Si elle s'en sortait bien sur les connaissances de bases, elle était bien loin de celles requises pour un aspirant chevalier, ce qu'elle était en temps qu'élève de Saga. Il n'avait plus qu'à combler ce retard, chose qui ne serait probablement pas aisée vu le caractère de la jeune fille, elle ne semblait pas décidée à apprendre quelque chose. Il sourit à cette pensée. Tant mieux qu'elle avait du caractère sinon il se serait ennuyé. Et il ne serait probablement pas venu avec elle sans lui.
_On peut arrêter? demanda Haru en s'écroulant sur le lit.
_Si tu veux, accepta Milo en se levant. C'est vrai que ça fait trois heures qu'on travaille là dessus et le soleil commence à disparaître.
Elle tourna les yeux vers la fenêtre et vit effectivement que l'intensité de la lumière avait diminué, les ombres des infrastructures devenues plus grandes, semblables à des vagues ténébreuses, engloutissaient tout sur leur passage.
Des silhouettes recommençaient maintenant à circuler dans la rue éclairée par quelques lampadaires. On aurait pu croire qu'il faisait nuit, et pourtant, le réveil n'indiquait que quatre heures trente de l'après midi.
Elle se mit en position assise et tourna la tête vers le chevalier pour voir ce qu'il faisait. Elle vira au rouge en voyant qu'il se changeait et poussa un cri en se couvrant les yeux.
_Vous pourriez faire ça ailleurs!
_Et où veux-tu que j'aille? On est dans une chambre. Et tu ne va pas me faire une crise juste parce que tu m'as vu en caleçon.
_Vous diriez quoi si je faisais pareil moi? s'exclama t-elle en se tournant vers le mur pour être sûre de ne pas le voir.
_Je dirais que je ne serais pas contre, admit le Scorpion après un temps de réflexion.
_Comment ça? s'énerva Haru en se tournant vers lui.
Il avait enfilé un jean et était encore torse nu, ce qui était encore beaucoup trop pour elle. Elle attrapa un oreiller qu'elle lui lança de toutes ses forces. Il le reçut en pleine figure, n'ayant pas amorcé le moindre geste pour l'arrêter.
_Habillez-vous!
_Dire qu'il en a qui seraient ravie d'être à ta place, soupira Milo en posant l'oreiller sur le lit.
_Et bien pas moi!
_Tu n'as jamais vu Saga torse nu ou quoi?
_Si mais lui, c'est pas pareil!
Elle finit cependant par le regarder prendre un tee-shirt en toile, s'attardant sur son torse. Celui-ci était recouvert de nombreuses cicatrices, multiples traits blancs sur sa peau bronzée. De tailles différentes, il y en avait sur son dos, son ventre, ses hanches...
_Tu as changé d'avis? se moqua Milo en remarquant son regard.
_Qu... Non! s'exclama t-elle en sentant ses joues s'embraser. Je regardais vos cicatrices.
_Ah ça... Ça surprends toujours la première fois mais c'est pas grand chose. Beaucoup de chevaliers en avaient.
_A cause des missions?
_Oui. Même si j'en ai beaucoup plus depuis la mort d'Athéna...
Haru le regarda sans bouger. Elle avait remarqué son regard s'en aller au gré de ses pensées et ne voulait pas l'en tirer. Ce ne fut que lorsqu'il enfila son tee-shirt noir qu'elle posa la question qui lui brûlait les lèvres.
_Pourquoi avez vous cessé de combattre?
Elle frissonna lorsque le regard bleu perçant du Scorpion se posa sur elle. Celui-ci, plongé dans ses yeux, semblait sonder la moindre part de son être. Elle trouvait cela désagréable, d'autant plus qu'elle ne s'y attendait absolument pas. Le plus frappant était cette expression vide sur son visage qui contrastait avec l'homme rieur qu'elle avait pu voir.
Elle ne soutint son regard que quelques secondes, incapable de tenir plus longtemps devant cet air indéchiffrable. Elle avait abordé un sujet sensible et auquel le chevalier ne semblait pas vouloir s'étendre.
_Pardon, bredouilla t-elle, ça ne me regarde pas...
_C'est bon, dit le chevalier d'une voix morne, allons-y.
Elle se leva et suivit l'homme qui descendait déjà les marches afin de quitter l'hôtel. Elle ferait mieux de ne pas toucher à cette part de sa vie...
