Je savais que cette histoire ne plairait pas forcément mais je ne pensais pas que ça ne plairait à personne...

merci à ma béta


Argent posa son index et son majeur sur la carotide du jeune homme puis souffla de soulagement. Il avait encore un pouls mais sa respiration semblait saccadée.

- Emmenez-le à l'hôpital, commença Scott. On va appeler Deaton, il va venir me soigner et on s'occupera de Lydia.

- Tu es sûr que ça va aller ? demanda le chasseur.

- Prenez soin de lui. On arrivera dès qu'on pourra.

Il n'en fallut pas plus à Argent pour passer à l'action. Il prit le corps du jeune homme dans ses bras et le ramena rapidement à sa voiture. Sur la route, il avait appelé Mélissa pour qu'elle l'accueille avec le personnel nécessaire puis il contacta le shérif pour l'informer de la situation.

- Lydia est morte ? demanda le shérif, sous le choc.

- Oui et Stiles a reçu deux balles.

- Comment va mon fils ? Ses blessures sont graves ? Est-il conscient ? demanda-t-il, paniqué.

- Je m'occupe de lui, répondit-il, se voulant rassurant. Je l'emmène à l'hôpital, Melissa nous y attend.

- Argent, si jamais il venait à…

Le shérif ne put finir sa phrase, dépassé par ses émotions.

- Shérif, votre fils va avoir besoin de vous plus que jamais, dit-il avec toute la compassion dont il était capable.

- Je sais. J'arrive et j'envoie une équipe au campement.

Argent raccrocha et se gara devant l'entrée des urgences. Mélissa sortit avec un brancard ainsi que le Dr Geyer.

- Que lui est-il arrivé ? demanda le médecin.

- Ils étaient en forêt et ils ont été pris pour cible par des chasseurs. Il a deux blessures : une à l'épaule et une autre au thorax, les balles l'ont traversé de part en part. Il commençait à suffoquer sur place.

- Il doit avoir un pneumothorax, répondit le médecin. J'espère juste qu'il n'a pas d'hémorragie interne. C'est le seul blessé ?

- Il y a une victime qui a été touchée mortellement.

- Qui ? demanda Mélissa.

- Lydia.

L'infirmière porta sa main devant sa bouche, choquée par la nouvelle. Le Dr Geyer ne connaissait pas bien la jeune fille mais il savait que c'était une amie de Liam.

- Mélissa, je sais que la situation est tragique mais on doit sauver ce gamin.

- Oui docteur, répondit-elle les larmes coulant sur ses joues.

Ils emportèrent ainsi Stiles à l'intérieur de l'hôpital afin de tout faire pour le sauver.


Deaton était arrivé rapidement et avait soigné Scott. Il était resté un bon moment devant le corps de Lydia, lui aussi choqué. Puis Parrish apparut :

- Non… dit-il en soupirant. Que s'est-il passé ?

- Des chasseurs nous ont tirés dessus sans raison. Apparemment, nous n'avons pas été les seuls pris pour cible ce soir, répondit Scott. Des membres de la meute de Satomi sont morts aussi. Si je suis en vie c'est grâce à Stiles.

- Où est-il ?

- A l'hôpital, intervint Malia. Il est grièvement blessé.

- Donc ils ne cherchent même pas à savoir qui est qui avant de tirer, continua l'adjoint au shérif. Qui sont-ils ?

- Argent les a fait fuir mais je peux vous garantir qu'on va trouver leurs identités et pourquoi ils veulent nous tuer. Cette fois-ci, il n'est pas question d'une liste de créatures surnaturelles à abattre, là il est question d'exécution sans sommation. Ils ont tué Lydia et ils ne vont pas s'en sortir indemne, parole d'alpha.

Parrish fit un signe de la tête, comprenant l'état d'esprit de Scott. Il s'apprêtait à s'approcher du corps de Lydia quand Scott l'arrêta. Il lui dit que c'était à lui de l'emmener. L'adjoint ne vit aucune objection et regarda l'alpha prendre délicatement le corps de leur amie, les larmes aux yeux.


L'opération de Stiles s'était bien passée et dès qu'il avait montré des signes de réveil, il avait été emmené dans une chambre. Scott, Malia et le shérif s'y trouvaient. Ils étaient comme de véritables lions en cage en attendant le réveil du jeune homme. Scott s'était proposé de s'occuper de son ami lorsqu'il aurait repris ses esprits et qu'il comprendrait que Lydia n'était plus là. Le shérif acquiesça car il savait que seul son meilleur ami pourrait le calmer.

L'alpha avait le cœur qui battait fort, il était très nerveux, ne sachant pas s'il trouverait les mots pour réconforter son frère de cœur. Il savait toute la peine à laquelle Stiles devrait faire face, lui-même l'ayant vécu avec Allison. Si lui s'en était sorti à l'époque, c'était grâce à ses amis et sa mère mais Stiles aurait-il seulement la force d'affronter la réalité ? Un tas de questions et de sentiments le taraudaient à cet instant précis quand ils virent que le jeune homme commençait à se réveiller. Le shérif s'assit sur le lit, contre son fils.

- Hey Stiles.

- Papa ? dit-il difficilement.

- Tout va bien mon grand. Comment te sens-tu ?

- J'ai l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur, tu sais comme…

Soudain, Stiles s'arrêta. Il s'était réveillé cotonneux et endolori mais quelque chose ne tournait pas rond. Il était à l'hôpital, entouré de ses amis et il sentait ton torse douloureux. Son bras était tenu en écharpe. Il regarda alors autour de lui et comprit ce qui n'allait pas.

- Où est Lydia ?

Tous regardèrent Scott. Ce dernier fit un petit signe de la tête. Le shérif embrassa son fils, Malia lui passa tendrement la main dans ses cheveux et ils quittèrent la pièce, laissant Stiles plus inquiet que jamais. Il se retrouva face à Scott qui venait de s'asseoir sur son lit.

- Stiles, est-ce que tu te rappelles ce qu'il s'est passé cette nuit ?

- On était en train de camper tous ensemble. J'étais dans la tente avec Lydia… Scott, où est-elle ?

- Nous avons été attaqué par des chasseurs, ça te revient ?

- Scott, où est Lydia ? continua-t-il sentant la panique monter en lui.

- J'ai été touché et tu es venu. Tu m'as sauvé la vie. Puis on est revenu au campement et avec Lydia, vous avez été pris pour cible.

- Scott ?

- Stiles… Lydia nous a quittés.

Le cerveau du jeune homme tournait à plein régime. Tout était embrouillé dans sa tête puis au fur et à mesure du récit de l'alpha, tout lui revint en mémoire, jusqu'au moment où la femme de sa vie avait fermé ses yeux alors qu'il la tenait contre lui. Un énorme chagrin l'envahit. L'alpha comprit que son ami avait repris ses esprits et vit son visage changer du tout au tout. Des larmes coulèrent le long de ses joues puis il regarda son meilleur ami :

- Scott, dis-moi que ce n'est pas vrai, dis-moi que c'est un cauchemar et que je vais me réveiller…

- Je suis là mon frère.

- Non, c'est pas possible, dit-il en commençant à bouger.

- Reste là, tu vas te faire lâcher tes points de suture.

- J'en ai rien à foutre ! Je veux retrouver Lydia, répondit-il, toujours en pleurs alors qu'il tentait de s'asseoir dans le lit.

- Je ne peux pas te laisser sortir de ton lit.

- Scott…

- Je sais Stiles, je sais…

Scott connaissait malheureusement la peine qui touchait Stiles de plein fouet, lui-même l'ayant vécu après la mort de son premier amour. Il savait aussi qu'aucune parole ne pourrait le soulager alors suite à ces quelques mots simples mais tellement remplis de compassion et d'amour, Scott prit son meilleur ami dans ses bras où ce dernier déversa tout son chagrin. Le jeune homme serrait de toutes ses forces l'alpha qui ne l'aurait lâché pour rien au monde. Soudain il sentit le corps de Stiles se contracter, signe qu'il souffrait physiquement. Il posa alors sa main sur son épaule et lui retira sa douleur.

- Allez, tu dois te rallonger. Tu as eu un pneumothorax et tu es encore fragile, dit-il en l'aidant à s'allonger. Tu dois te reposer si tu veux guérir.

- A quoi bon, répondit-il en se mettant sur le côté, dos à Scott.

- Ne dis pas ça.

- J'aimerais être seul s'il te plait.

- Stiles…

- Scott, termina le jeune homme en se tournant vers l'alpha, les joues trempées de sanglots.

Scott ne voulut pas renchérir, lui-même ayant beaucoup de mal à se contrôler pour ne pas pleurer. Il devait rester fort pour son meilleur ami mais il savait aussi qu'il aurait besoin de temps pour accepter la situation. Stiles se repositionna sur le côté tandis que Scott posa sa main sur son épaule.

- Je vais te laisser te reposer. Je repasserai plus tard.

Mais il n'eut pas de réponse. Il n'insista pas et sortit de la chambre où le shérif, Mélissa et Malia l'attendaient.

- Comment va-t-il ? demanda Noah.

- Aussi bien qu'on peut l'être après une tragédie comme celle-ci. Vous connaissez cette peine.

- En effet.

- Vous avez prévenu les parents de Lydia ?

- Je suis allé voir Nathalie. Lui annoncer cette nouvelle a été la plus difficile de toute ma carrière. C'est contre nature de perdre son enfant, continua le shérif.

- J'y serais passé si Stiles n'était pas venu me chercher. Vous avez des nouvelles d'Argent ?

- Je l'ai eu mais il n'a rien trouvé, répondit Malia. Il y a bien des douilles sur place mais elles correspondent à plusieurs familles de chasseurs. Il va faire ses recherches et il revient vers nous.

- Si c'est la guerre que veulent les chasseurs, ils vont l'avoir, ajouta l'alpha.

- Scott, je ne veux pas de tuerie dans ma ville, intervint le shérif.

- Ils nous massacrent les uns après les autres ! Je ne les laisserai pas faire, même si ça doit assombrir mon âme. Je le dois, à Stiles et à Lydia.

- Soyez prudents, on a enterré assez de proches et d'amis pour le moment, termina Mélissa.

- Quand pourra-t-il sortir de l'hôpital ?

- Noah, il revient de loin, dit Mélissa.

- Je sais mais je connais mon fils, il ne voudra pas rester ici. Je prendrais une infirmière à domicile s'il le faut.

- Tu n'auras pas à le faire, répondit-elle. Je m'occuperai de faire ses soins. Aucun organe vital n'a été touché, je pense que d'ici deux jours, il pourra sortir.

- En attendant, il faudra quelqu'un avec lui en permanence, que ça lui plaise ou non, ajouta l'alpha.

- Je vais rester avec lui aujourd'hui, dit Noah.


Argent avait été choqué de la mort de Lydia. Encore une famille qui avait perdu son enfant, pensa-t-il. Il ne connaissait que trop bien ce sentiment. Cela lui remémora la peine qu'il avait éprouvé lors de la perte d'Allison car même s'il était un chasseur qui avait appris à compartimenter ses émotions, il n'en était pas moins un père qui avait perdu sa fille. Il lui arrivait encore de vider une bouteille de bourbon le soir en regardant des photos d'Allison. L'assassinat de Lydia était d'autant plus sauvage qu'il était gratuit, sans aucune raison, quelle qu'elle soit. Il y passerait des jours et des nuits s'il le fallait mais il saurait qui était caché derrière tout ça. Il avait récupéré des douilles sur les lieux des fusillades. Elles appartenaient à quatre familles différentes de chasseurs. Pourquoi se mettaient-ils subitement à tuer tout ce qui touchait au surnaturel ? Et principalement à Beacon Hills ? Cela lui rappela étrangement la liste noire mais cette fois-ci, c'était différent. Cela ressemblait à une guerre ouverte entre les familles de chasseurs et les créatures surnaturelles du coin. Il se décida alors à contacter les familles en question mais aucun contact ne répondait. Il tenta alors une autre approche et contacta la matriarche du clan Calavera :

- Bonjour Araya.

- Christopher. Que me vaut ce plaisir ?

- Tu sais pourquoi je t'appelle.

- Sois plus précis, tu veux. Nous avons plusieurs affaires en cours.

- Pourquoi des chasseurs se mettent à tuer tout ce qui bouge à Beacon Hills ?

- Disons que certaines familles sont faibles d'esprits et se sont laissées conduire par la vengeance.

- Sais-tu qui est derrière tout ça ?

- Non et je n'ai pas envie de savoir. Je règle déjà suffisamment de choses ici, ce n'est pas pour aller tuer des créatures chez toi.

- Tu peux au moins me tenir au courant si tu apprends quelque chose ?

- Bien sûr Christopher. Au revoir.

Le fait qu'Araya ne lui ait pas répondu n'était pas de bon augure. Elle mentait, il en était sûr et certain. Elle devait forcément savoir qui était l'instigateur de cette boucherie mais il savait qu'il n'obtiendrait rien d'elle. Il allait devoir continuer à chercher par ses propres moyens.