.

Le cœur a ses raisons...

(Le défi II)

.

Encore un défi. Eh oui, ça recommence. Je ne résiste pas à un défi. Quel que soit le thème. Cette fois, il s'agissait d'écrire au moins mille mots sur une relation incestueuse explicite entre Ren et Jun. Remerciez Corporal Queen pour cette idée! J'ai eu beau supplier, rien n'y a fait ^^

J'ai quand même eu quelques idées et comme je ne savais pas laquelle choisir… les voici toutes! Vous trouverez donc ici 10 drabbles, tous différents: il y a du glauque, du triste, du mignon, du doux, de l'amer et de la douceur.

Les 1, 3 et 10 sont choupis. Les 4, 5, 6 et 9 sont un peu plus tristes. Le 8 est pathologique, le 2 est franchement glauque et le 10 est complètement what the fuck.

Du coup, eh bien, si l'inceste vous répugne... Fuyez, pauvres fous! (Je commence à avoir un peu trop fait cette blague, je crois...)

Disclaimer: Shaman King est l'oeuvre d'Hiroyuki Takei

Rating: T

Bonne lecture.


1 – Tendresse

Tuer un ennemi, c'était déjà difficile. Tuer un ami et le priver de son rêve, c'était mille fois pire. Ainsi songeait Jun en rejoignant Ren, la veille de son match contre les Fumbari Onsen.

L'intimité était le seul moment où il ne repoussait pas sa tendresse, où il acceptait son amour sans mot dire. Elle comprenait. Leur situation n'était pas banale et Ren était pudique.

Quand il se réfugiait entre ses bras, abandonnant son air bravache, elle savait que, bien plus que du réconfort, ce qu'il venait chercher, c'était la possibilité d'être lui aussi délicat, doux, tendre, comme les autres.

.

2 – Sous influence

– Sœurette! J'ai fini ma douche! Apporte-moi une serviette!

Jun se leva, mécaniquement. L'espace d'une seconde, elle envisagea de l'ignorer. Mais trop tard, elle était déjà debout.

Dans la douche, la vapeur montait autour de son corps nu. Ils se regardèrent. Les doigts de Jun se crispèrent. Les yeux de Ren s'étrécirent.

– Approche.

Pourquoi obéissait-elle encore? Pourquoi n'arrivait-elle pas à dire non?

Elle se figea à quelques centimètres et lui tendit la serviette qu'il ne prit pas. Le tissu-éponge tomba, ses vêtements suivirent. Comme toujours, elle se plia aux désirs de l'héritier.

Demain, je dirai non, pensa-t-elle.

.

3 – Le bisou

– Quand tu seras grand, on te mariera! fanfaronna Jun. Moi, je serai pas obligée!

– Pas vrai!

– Si! Mère te cherche déjà une fiancée!

– Ridicule.

– Tu rougis.

– Non!

– Même que tu devras l'embrasser!

– Arrête!

– Je suis sûre que tu sauras pas faire!

– N'importe quoi! Je te montre, si tu veux!

– T'oseras pas!

Ren se dressa du haut de ses six ans indignés face à sa sœur agenouillée. Elle le défia du menton. Enhardi, il l'embrassa maladroitement, à moitié sur la bouche. Puis la toisa.

– T'as vu!

Jun soupira.

– Mais non, regarde. Comme ça...

C'était décidé, plus tard, il se marierait avec Jun.

.

4 – Tradition

Ils avaient toujours su que cela arriverait, car tel avait été le sort de leurs parents, et de leurs grand-parents avant eux – les fratries Tao se mariaient entre elles pour préserver la pureté de leur lignée –, mais il leur restait un infime espoir d'y échapper, aussi lorsqu'il fallut plier, ils s'enlacèrent gravement, maladroitement, avec raideur, sans se regarder, et s'effondrèrent finalement, glacés, incapables d'obéir et puis, soudain, le désespoir allié à la chaleur de leurs peaux, de leurs souffles, mua en flamme orageuse et ils se fondirent l'un dans l'autre avec un plaisir aussi coupable que furieux, sans savoir pourquoi.

.

5 – Ambiguïté

Jun était très affectueuse. Surtout avec son frère, qu'elle gratifiait d'embrassades qu'il paraissait détester. Mais quel plaisir que de le faire rougir!

– Tu ne me dis pas au revoir? fit-elle, faussement courroucée, comme il partait pour le Japon.

Leur mère sourit, attendrie.

Ren hésita et Jun l'attira contre elle. Le nez enfoui dans son opulente poitrine, il se débattit.

– C'est bon, lâche-moi.

Elle relâcha prise et, comme il s'éloignait, reprit contenance. Fébrile, les jambes en coton, le cœur battant, elle avait chaud. Faim. Honte. Mais intérieurement, elle jubilait.

Serait-il aussi gêné s'il n'était pas troublé lui aussi?

.

6 – Plus fort que nous

Le regard que Jun lui lança lui fit battre les sangs. C'était encore plus fort depuis qu'ils avaient décidé d'arrêter. L'interdit, le renoncement, l'attisait comme un alcool jeté sur les flammes. Il se planta face à elle, chercha ses yeux et effleura sa joue. Jun, immobile, comme une statue de jade, ne refusa pas la caresse. Elle ferma les yeux lorsque sa main toucha son oreille et descendit autour de son cou. Sa peau se hérissa de chair de poule et sa bouche s'étiola.

Ils étaient du même sang, unis dans la chair, indissociables. C'était une folie. C'était plus fort qu'eux.

.

7 – Manque de concentration

(Référence à l'anime, à ce passage un peu chelou de l'épisode des grains de riz dans laquelle Ren n'arrive pas à se concentrer... parce qu'il pense trop à sa sœur. Rheumrheum)

Les grains de riz, trouver les grains de riz. Je dois sentir... sentir quoi, putain? Leur aura? Quel foutu rigolo, ce Mikihisa Asakura! C'est pas comme ressentir la pression d'un esprit, non? Pfff. Faut que je me concentre. Je ne dois pas perdre devant Nee-san. Si elle était là, elle m'encouragerait, elle est si belle quand elle rit... Elle me fait signe, ses cheveux volent, elle sent bon, elle est forte, douce, pour ça qu'ils la regardent tous, ces crétins, mais ils n'ont pas le droit, Nee-san n'est pas pour eux, elle est trop parfaite, et moi, je... et merde.

.

8 – Les Affreux

Était pensé comme un UA, à la base. En fait, c'est comme on veut.

– Que proposes-tu, ma très chère sœur?

Jun avait toujours adoré la nuance vicieuse du regard de son frère, si en phase avec son propre goût des manigances. La violence ne lui seyait guère, elle préférait contrôler. L'instinct dôshi, certainement.

– L'effet de surprise, susurra-t-elle.

Le sarcophage armorié de Pyron étincela. L'échancrure de sa jupe révéla ses parchemins mortels. Ren sourit, appréciateur.

– Tu tuerais cet Asakura pour moi?

Elle se pencha.

– Je ferais n'importe quoi pour toi.

Ils scellèrent de nouveau leur alliance à coups de griffes et de dents, comme pour expulser le poison qui coulait dans leurs veines.

.

9 – Tristesse

Oh bien sûr, elle savait que leur temps était compté. Que leur relation ne serait jamais officielle. Il valait mieux appeler ça "relation" et non "amour", car ils ne savaient pas s'ils s'aimaient parce qu'ils étaient tombés amoureux ou parce qu'ils étaient frère et sœur. Impossible de savoir si la passion physique découlait de cet amour ou si elle s'était greffée sur leur fraternité, pour une raison mystérieuse.

Pourtant, elle n'aurait jamais cru que, telle Tamao au mariage de Yoh, elle serait obligée de sourire faussement devant Ren et Jeanne, avec l'envie sourde de hurler comme un animal qu'on abat.

.

10 – Peau d'Âne II ou La Mauvaise Foi

Il était une fois un roi très puissant et très autoritaire qui avait une sœur belle comme le jour.

– Jun!

– Oui, votre Majesté?

– Ma très chère sœur, j'ai décidé d'épouser la plus belle femme du monde! Sais-tu qui est la plus belle femme du monde?

– Euh... j'avoue que non, votre Majesté...

– Allons, tu peux deviner!

– Euh voyons... Angela Merkel?

– Mais non, enfin, c'est toi!

– MOI? Mais, Altesse, je suis votre sœur...!

– C'est pas grave! Comme je te l'ai toujours dit, nos parents t'ont trouvée dans une poubelle! Alors, ça ne compte pas!

Face à cet argument imparable, Jun obtempéra.

.