Tout d'abord, merci pour vos reviews, c'est vraiment ce qui donne envie de poursuivre l'écriture !
Petite précision que j'ai omise au premier chapitre : il n'y a pas vraiment de moment pour l'histoire. Je la situerai plutôt pendant la saison 1, mais il est possible qu'il y ait des incohérences. Donc pardonnez-moi si c'est le cas, ce n'est pas ce à quoi j'ai le plus porté d'intérêt je vous l'avouerai ...
Bonne lecture !
Chapitre 2
Trois jours s'étaient passés depuis l'incident. Regina fulminait toujours contre le Shérif, ne supportant pas qu'elle ait pu ainsi lui faire perdre ses moyens.
Elle était rentrée ce soir-là complètement hors d'elle, claquant la porte et intimant à Henry de monter dans sa chambre et faire ses leçons, sans lui laisser le temps de répliquer quoique ce soit.
Ce qui l'énervait par-dessus tout c'était de ne pas réussir à comprendre pourquoi elle n'avait pas réussi à lui tenir tête. D'habitude c'était elle qui jouait à ce petit jeu ! Jamais au grand jamais elle n'avait laissé quelqu'un jouer avec ses nerfs de la sorte.
Elle s'était assise dans son canapé, un verre de whisky à la main et tentait de calmer les tremblements nerveux de ses doigts. Normalement, ce qu'avait fait miss Swan lui aurait valu un retour de flamme au sens propre immédiat et sans appel. Sauf que non seulement elle ne l'avait pas fait – et bien lui en avait pris finalement sinon Henry ne le lui aurait jamais pardonné –, mais elle n'avait même pas su quoi répondre.
La première rasade du liquide ambré la détendit quelque peu. Miss Swan … Depuis que cette femme avait débarqué à Storybrook, il ne s'était pas passé une journée sans qu'elle ne la fasse rager. Une tension constante régnait entre elles. Elle était là à se pavaner dans ses jeans moulants et sa veste de cuir rouge …
Elle avala la dernière gorgée de son verre d'un geste rageur. Le Shérif voulait jouer ? Rira bien qui rira le dernier …
La sonnerie du smartphone retentit dans le petit appartement de Mary-Margaret.
- Shérif Swan.
- Shérif, ravie de voir qu'il vous arrive de répondre au téléphone.
Emma soupira discrètement. Inutile de regarder le nom du contact, elle pouvait reconnaître cette voix suffisante entre mille. Elle déglutit discrètement pour se donner une contenance et décida de la jouer sûre d'elle. Pas question de laisser imaginer à cette femme qu'elle n'avait fait que repenser encore et encore à l'épisode du commissariat.
- Trois jours sans entendre votre voix douce et vos mots délicieux, je n'allais pas risquer de louper cet appel, Madame le Maire, répondit-elle en insistant bien sur le titre.
- A mon bureau, tout de suite !
L'ordre claqua sec, et la tonalité de fin de communication se fit entendre.
« Toujours aussi aimable … »
Levant la tête, elle vit sa colocataire la regarder d'un air étrange.
- Quoi ?
- Je suppose qu'il s'agissait de Regina Mills ? lui demanda-t-elle d'un air faussement détaché.
- Oui … Pourquoi ?
Mary-Margaret la regarda avec de grands yeux, à la limite de l'affolement.
- Non mais Emma ! Tu te rends compte que tu viens de littéralement provoquer cette femme ?
- Plus fort que moi, répondit calmement la jeune femme en prenant sa veste. D'ailleurs, je suis convoquée apparemment. Si tu ne me vois pas revenir dans deux heures, appelle les flics, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.
La petite brune lui lança un regard désespéré.
- Fais attention quand même … lui lança-t-elle alors que la porte se refermait déjà.
Frappant fermement à la porte du bureau du Maire, Emma essayait de cacher sa nervosité. Elle avait tenté de faire le tri dans son esprit depuis leur dernière confrontation et était arrivée à la conclusion que son caractère joueur était le seul et unique responsable de ce qu'il s'était passé et de sa frustration de ne pas savoir ce qu'il aurait pu se passer … ensuite. Elle avait occulté fermement toute idée d'attirance. Cette femme l'exaspérait trop pour ça, et puis encore plus simplement : c'était une femme.
Elle revint sur terre en entendant l'ordre d'entrer résonner à travers la porte. Clanchant, elle pénétra dans la pièce noire et blanche et referma derrière elle.
- Vous m'avez demandé Madame le Maire ? demanda-t-elle, insistant toujours sur le titre, comme une évocation du rappel que la brune lui avait fait.
Celle-ci leva les yeux au ciel, mais préféra ne pas relever. Elle se leva et lui demanda de s'asseoir sur l'un des fauteuils, prenant place face à elle en s'appuyant contre son bureau. De cette façon, elle se retrouvait au-dessus de la jeune femme, la dominant.
- Je vous ai fait venir pour vous parler d'Henry, commença-t-elle.
- Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
- Ne m'interrompez pas miss Swan ! clama Regina, l'observant de son habituel air supérieur et dédaigneux.
Emma leva les deux mains en signe de paix en haussant les épaules. Peu lui importait ce pourquoi la mère adoptive d'Henry l'avait fait venir, elle était complètement déconcentrée par les fines jambes galbées posées devant elle révélées par la robe noire décolletée et cintrée que portait la femme face à elle.
- Ce que vous voyez vous plait ?
La question lui fit le même effet qu'une douche froide. Regina la regardait, un léger sourire vainqueur plaqué sur son visage. La blonde comprit aussitôt qu'elle l'avait prise au piège, qu'elle n'avait pas digéré ce qu'il s'était passé et avait décidé de se venger. Elle grogna mentalement. Elle n'avait plus que deux solutions : faire comme si de rien n'était et trouver une excuse foireuse sur son regard lascif, ou … entrer dans son jeu.
Se levant doucement, elle s'approcha de la brune qui resta interdite. « Je vais le regretter … Je vais le regretter … Je vais le … »
- Oui ça me plait, s'entendit-elle répondre avec un léger sourire.
Le regard noir que lui lança le Maire la fit finir sa pensée : « … regretter … ».
- Vous savez que vous jouez avec le feu … lui lança Regina d'une voix froide. Et à jouer avec le feu, on risque de finir par se brûler, miss Swan.
La tension qu'elles avaient déjà ressenti trois jours auparavant réapparut. Elles se tenaient à nouveau face à face, à nouveau à quelques centimètres l'une de l'autre, et se défiant du regard. Chacune attendait que l'autre fasse ou dise quelque chose. Elles se jaugeaient, laissant le trouble s'installer au fur et à mesure que le silence devenait pesant.
Regina était toujours appuyée contre son bureau, une main posée sur le bois de chaque côté, ses ongles s'y enfonçant tandis qu'elle sentait son corps bouillir de plus en plus suite au rapprochement d'Emma … qui diminua encore la distance entre elles.
Elles se touchaient presque. La blonde pouvait sentir le souffle de la brune sur sa peau. Elle ne voulait pas lâcher prise, pas maintenant. Son corps la poussait vers elle, et son esprit n'était pas assez puissant pour lui résister.
S'approchant encore, elle sentit le corps de Regina entrer en contact avec le sien.
- Je prends le risque … souffla-t-elle, sans la lâcher du regard, la provoquant et scrutant ses réactions.
La surprise passa fugacement dans les yeux noisette, mais la lueur de défi la remplaça vite.
Rapidement, Regina se détacha du bureau, emprisonna les mains d'Emma dans les siennes et retourna la situation. Elle était à présent tout contre elle, la blonde acculée contre le meuble. Elle pouvait sentir ses formes contre les siennes à travers leurs vêtements, et elle ne savait dire si la sensation qu'elle en avait était du plaisir une simplement une jouissance calculatrice. Elle pencha bien évidemment pour la deuxième option.
Elle avança doucement son visage, sans lâcher du regard l'air surpris de sa rivale, et ses lèvres vinrent frôler les siennes, sans pour autant l'embrasser.
- Vous êtes sûre, Shérif ? susurra-t-elle.
Le ventre d'Emma bouillonnait. Elle n'arrivait plus à distinguer la colère du désir. Elle sentait les lèvres tentatrices de la brune contre les siennes et n'en pouvait plus de les avoir si proches et pourtant si loin … Ses mains emprisonnées par la poigne ferme de Regina, elle était totalement à sa merci. Elle reprit alors un air suffisant, refusant d'être celle qui perdrait la face, et sourit d'un air narquois.
- Vous vous dégonflez Madame le Maire ?
Un grognement rageur se fit entendre au moment même où Regina appuyait ses lèvres contre les siennes. Le baiser était violent, rempli de rage contenue et de désir. L'emprise des mains de la brune se libéra alors qu'elle les passait derrière la nuque de la blonde. Leurs lèvres dansaient l'une contre l'autre, se cherchant, se retrouvant avec avidité. Rapidement, Emma initia un baiser plus langoureux, faisant passer sa langue contre les lèvres de Regina. Quand elle sentit la brune lui répondre et sa langue caresser la sienne, elle perdit pied. Ses mains se posèrent sur sa taille fine, glissant contre le tissus. Elle en voulait plus … Ce baiser leur faisait perdre la tête. Rien n'existait plus autours d'elles. Leurs corps se pressaient toujours plus l'un contre l'autre, jusqu'à ce qu'Emma retourne une nouvelle fois la situation, appuyant le Maire contre son bureau, glissant une jambe entre les siennes.
Au contact de cette cuisse, Regina ne put retenir un gémissement et mordit violemment la lèvre de la blonde. Elle perdait pied. Jamais elle n'avait pensé ressentir autant de choses en embrassant … Jamais elle n'avait pensé l'embrasser tout court. Et maintenant, elle était là, avide de ses lèvres et de ses mains, mettant toute la frustration, la colère et le désir qu'elle avait dans ce baiser. Ayant besoin de reprendre son souffle, elle bascula un instant sa tête en arrière, offrant par la même occasion la chair tendre de son cou aux lèvres tentatrices d'Emma. Elle les sentit glisser contre sa jugulaire, sa langue se mêlant aux baiser, et descendre le long de sa clavicule, de son buste …
« Si elle continue, je ne vais pas … » Se redressant d'un coup, Regina releva le visage d'Emma face à elle et plongea ses yeux dans les siens. La cuisse de la blonde entre les siennes était une véritable torture, mais au vu de son regard, la sensation devait être réciproque.
C'est à cet instant que le téléphone d'Emma se mit à sonner. Un moment de flottement passa entre elles, les faisant émerger de la situation dans laquelle elles étaient.
Emma se recula doucement, tentant de calmer sa respiration, et décrocha son portable sans lâcher le Maire des yeux.
- Shérif Swan.
- Emma ? Ça va ? Tu as l'air essoufflée ! retentit la voix de Mary-Margaret au téléphone.
- Un escalier, rien de plus, répondit-elle sous le regard inquisiteur de la brune qui n'avait pas bougé. Qu'y-a-t-il ?
- Je voulais savoir si tu pouvais dormir au Granny ce soir … David vient manger à la maison et …
- J'ai compris ne t'en fais pas. Je te laisse je suis occupée. Je passe tout à l'heure chercher des affaires.
Ne laissant pas de temps de répondre à sa colocataire, elle raccrocha.
- Un escalier ? Vraiment ? lança la brune un sourcil relevé d'un air interrogateur.
- Vous auriez peut être préféré que je lui explique la chose qui a failli se passer ? lui répondit-elle, retrouvant son air provocateur.
Sa remarque fut accueillie par le regard noir de Regina. Celle-ci se redressa lentement et la regarda d'un air dédaigneux.
- Ce qu'il vient de se passer ne s'est jamais passé. Vous avez voulu jouer, vous avez perdu et …
- Vous vous foutez de moi là ! l'interrompit Emma en riant nerveusement. J'ai perdu ? Dois-je vous rappeler la façon dont vous avez gémi contre mes lèvres lorsque ma cuisse s'est …
Elle eut juste le temps d'intercepter le poignet de la brune avant de recevoir une gifle magistrale. Retrouvant ses réflexes, elle la plaqua alors contre elle, retournant le bras de sa rivale dans son dos, empêchant tout mouvement de sa part.
- Vous avez tout autant perdu, siffla-t-elle contre ses lèvres. Vous avez voulu jouer aussi, mais ça ne s'est pas déroulé comme vous l'imaginiez hein ? Alors écoutez-moi bien maintenant. Je ne suis pas votre défouloir. Gardez vos pulsions malsaines pour vous. Ce qu'il vient de se passer restera entre nous, ne vous en faites pas. Mais ne cherchez pas à jouer à ce jeu avec moi, parce que je réduirai en miette ce qu'il vous reste de dignité.
Sur ce, elle lâcha le bras de la brune et se détourna pour sortir sur bureau.
- Vous êtes plus intrigante que vous en avez l'air, Shérif, entendit-elle derrière elle.
La remarque la fit sourire. Les prochains jours allaient surement s'avérer très intéressant …
