Morbide obsession 2

merci pour les reviews ! Je suis désolée pour le retard sur cette fic mais j'écris une autre fic en même temps et je ne voulais pas oublier mes idées !

bonne lecture !

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Ce soir les élèves vont arriver par le Poudlard express... Je tremble malgré moi lorsque je rentre dans le grand hall, je dois attendre les premières années au fond de la grande salle. Je vois passer les élèves, certains me lorgnent en passant, dont Sirius que je reconnais immédiatement, crâneur et rebelle, l'écharpe rouge et or nouée faussement négligée, les cheveux longs, toujours curieux, toujours plein de vie. Juste après vient mon père, curieusement je ne trouve pas que nous nous ressemblions tant que cela. Il est sur de lui, séducteur, plus grand, plus musclé que moi au même âge. Il n'a rien d'un adolescent à la dérive...Je comprend que l'on puisse être jaloux de lui. J'oublie parfois que c'est un sang pur, comme Sirius d'ailleurs et que même s'ils n'y attachent pas d'importance, aux yeux des autres sorciers, ils sont les héritiers des plus vieilles familles. Un duo populaire, je le vois dans les yeux des autres griffondors qui viennent les saluer et bavarder; J'ai un sourire indulgent, quelle paire de poseurs ! J'oubliais que mon père est aussi la star de Quidditch de l'époque!

Et puis ma mère entre, riant avec Mary McDonald, lumineuse, respirant le bonheur, je vois le regard des garçons se tourner vers elle...Elle est belle mais en plus elle dégage tant d'énergie, de charme, je vois le regard de mon père se voiler, l'amour déjà, la détermination aussi. Severus n'avait aucune chance, rien de pouvait faire barrage à une telle détermination. Ma mère ne le remarque pas encore alors que son regard à lui la dévore. Elle ne s'assoit pas à côté de lui, mais un peu plus loin. Un groupe de filles se forment autour d'elle. Mon cœur se serre quand Alice Londubat s'assoie à la table de la maison Poufsouffle. Une jeune fille à l'air très doux, elle sourit timidement. Neville lui ressemble beaucoup.

Je reconnais beaucoup d'entre eux, certains mourront très jeunes, d'autres passerons des années en prison, le poids du savoir est à peine supportable.

Bien après entre silencieusement Severus, maigre, presque vouté, alors qu'il n'est pas très grand, ses cheveux trop longs cachent une partie de son visage. Il se glisse vers sa table. Contrairement à ce que je pensais, beaucoup de serpentards le saluent et bavardent avec lui quand il s'assoie au milieu d'eux. Il s'agit moins d'une posture de défense que d'une manière qu'il a de glisser comme l'animal de sa maison, silencieusement, gracieusement. Et comme le serpent il provoque la gêne car il ne peut dissimuler totalement le danger qu'il représente. Je viens de reconnaitre Regulus juste à côté de Severus, on dirait des frères, c'est si étrange alors qu'il est le frère de Sirius. Je ne peux manquer de penser à la caverne, sa vie fracassée, lui aussi ne pourra être sauvé...Il faut que je me reprenne sinon je risque de devenir fou...combattre le désespoir de l'inexorable impuissance disait Posidonios...

Mais déjà je constate à quel point nous reconstruisons le passé, je voyais Severus complètement seul, or il rit en ce moment même au milieu de sa bande de copains... La très belle fille au bout de la table c'est Narcissa, droite et fière, sort-elle déjà avec Lucius? Elle fait un salut à Severus et Regulus mais pas à Sirius.

Je remarque le regard de Severus qui glisse sur moi sans l'air d'y toucher. Je donnerais cher pour savoir ce qu'il pense de ce nouvel élève, pas plus grand que lui.

Abus appelle les nouveaux élèves et j'arpente le hall à leur suite, ils sont si émus, si petits encore. Un à un ils sont répartis entre les maisons. Un nom me retient, j'avais oublié, Tonks rejoint la table des Poufsouffle, le cheveux rose malabar. Tonks...

Et mon tour vient :

Adrew Price !

Le silence se fait, il n'est pas si courant qu'un élève rejoigne l'école en cours de scolarité. Je m'avance sur de moi car je sais comment cela se passe. Le directeur me regarde d'un air bienveillant, comme le reste de l'équipe enseignante, un bref instant je remarque son absence à lui à côté des professeurs. Dans quelques années il me regardera marcher vers mon destin mais pas encore. Je m'assoie bien en face des élèves qui attendent le verdict. Le choixpeau est posé sur ma tête par Minerva.

Il hésite comme la première fois et je décide encore une fois de mon destin : je veux aller à Serpentard. Il murmure dans ma tête que cette dernière ne lui est pas encore connue bien qu'elle ne lui soit pas inconnue, que j'ai les qualités pour être un serpentard, et quelque chose qui me trouble profondément, que je porte en moi la dissimulation qui est une qualité reconnue des vert et argent !

- Serpentard !

Ma nouvelle maison applaudit, étonnée, je me glisse à une place libre. Je ne vois plus Severus, ce qui est mieux, je me concentre sur le directeur qui donne des explications sur ma présence. Dès le dernier mot et alors qu'un fabuleux repas apparait devant nous, les questions fusent.

Je leur explique mon histoire, sorcier orphelin, je ne m'étends pas sur ma vie, je leur fais comprendre que je n'ai pas trop envie d'en parler, mais que je suis heureux d'avoir regagné le monde sorcier, ce qui m'apporte des hochements de tête approbateurs par l'ensemble des plus âgés et de ceux qui croient aux thèses sur les sang purs. C'est étonnant d'être de l'autre côté de la salle, je vois les choses autrement. Je n'avais jamais perçu la vrai entraide entre eux, elle est peut-être plus marquée que chez les griffondors... Les conversations vont bon train, les derniers potins, les vacances, les amourettes, le dernier groupe de musique à la mode...Je m'immerge dans mon nouvel environnement, je déguste mon jus de citrouille, je découvre un monde sans la guerre, celle-ci semble inimaginable...Je mords à pleines dents dans ma cuisse de poulet assaisonnée selon une recette d'Helga Poufsouffle, elle fond dans la bouche...Une nouvelle vie, une nouvelle chance...une chose incroyable, qui n'a pas rêvé de revivre sa vie, sans commettre les mêmes erreurs...pour l'instant je me laisse porter, je savoure chaque instant qui m'est donné comme un pur nectar...Mais dans un coin de ma tête il faut que je veille à ausculter les signes d'un changement du passé.

Le préfet nous accompagne vers la salle commune et je ne feins pas la surprise, je ne l'ai vue qu'une fois après tout...Le vert domine ici mais par rapport à la salle commune des Griffondors ce qui est très différent c'est la richesse du mobilier finement sculpté dans le bois sombre. Ici le luxe et le raffinement règne et contrebalancent l'absence de fenêtres car nous sommes sous le lac noir. Deux grandes portes gothiques mènent aux dortoirs des garçons et des filles. Il me demande de le suivre car je vais partager une chambre avec les élèves de mon âge (Que Merlin soit remercié). Mais à ma grande déception ce n'est pas celle qu'occupe Severus. D'ailleurs ce dernier a regagné sa chambre sans tarder. Je ne connait pas les deux autres gars qui m'ont l'air des plus normaux ; un Alisdair Mac"machin chose" et un Brett Delaland. On discute un peu, ils m'expliquent qui est le préfet, comment fonctionne la maison, rien de particulier, me mettent au parfum pour la rivalité avec Gryffondor mais il n'y a pas de discours anti sang de bourbe, curieusement... Tout est d'une si grande banalité, je n'y suis pas habitué, je mesure un peu plus jusqu'à quel point ma vie n'avait rien de normale...

Nous nous couchons sans tarder car les cours commencent dès le lendemain.

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Le premier cours est avec les Poufsouffle pour les sortilèges. C'est le professeur Flitwick qui malgré sa petite taille sait se faire respecter, qui nous exerce à un sortilège de lévitation des objets lourds . Nous commençons par des échauffements qui ne me posent pas de problèmes. Puis nous avons un exercice qui consiste à lier un fils autour d'une boîte. Je parviens sans mal à faire l'exercice, un peu trop vite sans doute car le professeur le remarque et me félicite. Je gagne les cinq premiers points pour ma nouvelle maison ce qui m'attire la sympathie de mes collègues. Il faut que je face plus attention. Le prochain cours est avec Mcgonagall, les transformations. Je fais semblant de m'y reprendre à plusieurs reprises. Je ne me fais pas remarquer et je goûte pour la première fois la joie d'être un élève anonyme. L'après-midi va être longue puisque c'est le cours de Binns. Je dois lutter de toutes mes forces pour ne pas m'endormir. Je jète un coup d'oeil à Severus qui griffonne comme un forcené dans son manuel. Je cherche dans ma mémoire si je l'ai compulsé ou non. Nos regards se croisent, je détourne lentement la tête, après tout je n'ai rien à me reprocher.

Le déjeuner se passe bien, je commence à prendre mes marques, c'est l'année où nous passons nos buses, de l'éternel tournois de Quidditch, auquel je ne participerai pas et bien sur les éternels potins. Tous les élèves sont extraordinairement calmes, qui peut imaginer la guerre qui se prépare?

Il est aussi très étrange d'attirer si peu l'attention, on me remarque à peine, il faut dire que ni mon physique ni mon attitude n'a de quoi se faire retourner les élèves, ma cicatrise qui s'est considérablement effacée, est à peine visible sous ma frange. Pas de compte à rendre, pas de famille, je suis libre de vaquer à mes occupations. Ron et Hermione me manque cependant. Hermione, pas courageuse amie, n'est pas à mes côtés, je repense à tout ce que nous avons traversé ensemble. Elle ne sait pas ce que j'ai fait, me le pardonnera-t-elle? L'insouciante amitié de Ron, mon presque frère...J'ai l'impression de vous avoir trahi, je ne sais que vous causer de la peine...

C'est déjà jeudi et pour la première fois nous partageons la classe avec les Griffondors. Chacun s'installe, je vois une place libre à côté de Severus, je lui demande poliment, il ne refuse pas. Un rire clair derrière moi se fait entendre, c'est ma mère, elle s'assoie au fond avec une de ses copines, juste devant il y a Sirius et mon père. à côté se tiennent Remus et le Rat. Slughorn est ravi en regardant de ce côté là, ma mère a toujours été une de ses élèves préférées. Il a un regard bienveillant sur nous, enfin Severus, pas sur moi, je ne suis pas l'élu ici.

Severus, malgré ses dons évidents, n'est pas le chouchou de Slughorn, et je devine sans peine pourquoi : il n'est pas flamboyant, sa nature introvertie, son manque à l'évidence de relations dans le grand monde ne font pas de lui quelqu'un d'attrayant pour le professeur snob.

Nous ouvrons nos manuels et il nous demande de travailler sur un potion permettant de faire de beaux rêves. Je remarque que décidément Severus ne s'arrête pas de taguer ses livres...Il me propose de chercher les ingrédients, la confiance ne règne pas encore.

Nous nous répartissons la préparation des différents composants. Je travaille en silence mais sa présence me déconcentre, et trop vite je termine ma part, trop parfaitement. Je suis devenu très méticuleux et précis, il serait bien surpris de la raison. Sans lui laisser le temps de trop analyser la situation, je commence à faire bouillir la préparation, j'éprouve un réel plaisir à mélanger chaque ingrédient, je sens parfaitement la magie qui s'en dégage, je souris quand la couleur vert d'eau tourne lentement à l'argent. Je surprends son regard sur moi.

- Tu te débrouilles bien.

Je suis sous le choc, je crois bien que c'est le premier compliment que je reçois de sa part. Ce sera peut-être le seul de ma vie !

- merci, ce n'est pas très difficile.

Nous finissons en un temps record. je gagne encore des points pour la maison et une réputation d'élève sérieux et discret.

Cela m'a un peu rapproché de lui. Nous quittons plutôt le cours et je lui propose de réviser ensemble. Il accepte mais sans enthousiasme.

Le dialogue ne se fait pas malgré ce début prometteur..

Les jours se suivent mais si tout se passe bien et calmement, Severus sans être volontairement distant ne manifeste aucun intérêt à mon égard. Je sais le risque qu'il y aurait à le brusquer alors je n'insiste pas.

Un mois passe sans rien de notable avant je ne n'affronte un Sirius apparemment en manque de défoulement. Il m'envoie vicieusement un sort jambes en coton par derrière. Malheureusement pour lui, la défense a toujours été ma partie de prédilection et je contre sans difficulté le sort. Ses yeux s'écarquillent sous la surprise face à mes réflexes et ma force. Ce n'est pas tous les jours qu'il se mesure à quelqu'un qui n'a pas peur de lui.

- Alors Black, on reste sans voix, c'est pas jolie jolie d'attaquer les gens dans le dos...

Je me retourne sans lui laisser le temps d'en placer une, ce qui revient à lui mettre un vent devant tout le monde.

Deux jours après mon père vient à sa rescousse, sans plus de succès.

- Alors Black n'y arrive pas tout seul?

Idem, je ne leur parle pas. Au fond je suis déçu par leurs gamineries. Les jumeaux au moins avaient plus de style, je repense sans pouvoir m'empêcher de sourire au coup qu'ils avaient fait à Ombrage, quel spectacle! Je ne comprends pas pourquoi Severus a été si affecté par eux car il est assez fort pour au moins se mesurer à eux...

Ma mère ne me prête pas d'attention, je n'existe pas. J'ai entendu qu'elle attribuait tout le mérite du succès en potions à Severus...Pas que je m'en plaigne, je me serais senti mal si ma mère m'avait dragué. J'ai des rapports plus cordiaux avec Remus. Le Rat suit mon père et Sirius et m'ignore ostensiblement. Je ne sais pas si pourrait résister de lui faire du mal d'ici la fin de la scolarité.

Les mois de septembre et d'octobre passent à une allure folle. Je me laisse porter par les rythme scolaire et je dois avouer qu'égoïstement cela me fait un bien fou. Je ne suis pas invité au club de slug cette année. C'est bizarre de passer à côté de lui sans qu'il ne le remarque d'une manière ou d'une autre. Les stars de l'école sont les maraudeurs, mais aussi Narcissa qui est encore Black, elle fait des ravages parmi la gens masculine, où encore John Duvivier des Serdaigle, beau gosse et bon joueur de Quidditch même s'il n'arrive pas à éclipser mon père. La tension est moindre que durant ma scolarité, l'école vit au rythme de son train train quotidien, des petits tracas. Je mesure tout ce que j'ai raté. Je m'interroge aussi sur la raison du soudain basculement de cette apparente tranquillité vers le chaos et la haine ? Rien dans ces jeunes qui déambulent dans les couloirs ne laissent présager des héros, des traitres, des meurtriers. En parlant de traitre, le Rat est seul, je m'approche et sans le faire voir, je lui fait un croche pied vicieux, il atterrit sur le nez, il pisse le sang. Je passe mon chemin comme si cela ne me concernait pas, surpris de la chute; personne n'a rien vu.

Ce n'est que le début, j'ai un besoin physique de lui faire mal.

Je me demande quelquefois l'attitude à adopter. Pour l'instant je suis prudent et très passif. Hormis quelques accrochages mineurs avec Sirius rien à signaler. Dois-je me contenter de cela? De les voir vivre ? J'ai peur que le moindre faux pas me fasse perdre même cela, un renvoi de l'école, une distorsion temporelle...

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Je me contente de l'apercevoir, des images de lui capturées au hasard de nos rencontres. Je ne force pas les choses, au fond je ne sais même pas si on peut s'entendre. J'ai besoin de sa présence mais rien de prouve ni laisse supposer que lui a besoin de la mienne. C'est bien pourtant de le voir vivre, évoluer dans un monde où il n'est pas sous pression, il sourit, il rit et je reste un instant interdit. Ce rire m'est curieusement familier alors que je le découvre pour la première fois, dans mon monde ce rire est mort depuis longtemps, englouti dans les affres du passé. Je savoure chaque instant de Severus adolescent qui rit à une bonne blague dans la salle commune des serpentards. Il penche un peu la tête sur le côté. Je suis de l'autre côté de la pièce dans un profond fauteuil avec un livre. Je ne suis pas isolé des autres, juste en retrait. La cheminée fait tournoyer des ombres dans la pièce par ailleurs bien éclairée. l'ambiance est légère, agréable, les potins comme toujours vont bon train. Je peux à loisir l'observer et l'écouter.

Il est intelligent, spirituel mais pas sarcastique encore, un brin moqueur... Son regard croise le mien que je sais rendre neutre. Il me demande mon avis, je réponds sur le même ton, tout le monde rigole et l'attention se porte sur un autre. Son regard ne s'attarde pas plus d'un instant sur moi, je sais bien qu'il me jauge mais c'est le cas des autres aussi. Rien de particulier, rien de spécifique, juste une nouvelle personne dans son entourage familier. Je ne sais pas si nous serons proches, je ne veux juste pas qu'il me perçoive avec hostilité ou méfiance, ici nous n'avons pas de passif, pas de rancœurs, juste deux cœurs tout neufs.

Je finis mon verre de jus de citrouille, je souhaite le bonsoir et me dirige dans mon dortoir. Je m'allonge sur l'épaisse couverture verte bien moelleuse. Contrairement à mon habitude je n'ouvre pas un livre, je me contente de fixer le plafond. Je suis seul sans mes deux compagnons de chambrée. Je savoure le calme. Personne n'a remarqué mes légers sorts de désillution, je m'y suis habitué assez facilement moi-même. J'en avais tellement assez d'être le clone de mon père... Je trie mes pensées rationnellement. Il faut faire cet exercice consciencieusement quotidiennement. Dans la journée je me laisse bercé par le train train d'une vie d'écolier ordinaire mais je dois prendre le temps de faire le point comme le marcheur du temps que je suis devenu. Je pense à Severus, celui de maintenant, celui de mon époque, de cette évidence qui est née il y a quelques mois, de cet amour qui justement est né hors du temps, comment cela est-ce possible ?

Mes doigts s'enfonce dans la laine, je caresse le tissu, sa douceur un peu rugueuse, ma langue porte encore le goût du jus de citrouille, je ressens la magie qui coule dans mes veines, je suis là maintenant dans ma chambre à serpentard, je me raccroche à cette réalité. J'aiguise mes sens, tout mon corps se tend, pour ne pas être qu'un esprit, qu'une pensée, flottante, immatérielle... Du bruit dans l'escalier, les camarades rentrent, ils sont morts de rire, Slug s'est apparemment pris une belle gamelle dans les couloirs et ils ont du s'y mettre à trois pour l'aider à se relever. Plus de peur que de mal ! Je me laisse bercer à nouveau par le quotidien d'Andrew Price.

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Slughorn s'est fait mal au poignée et c'est Severus qui l'assiste ainsi qu'occasionnellement ma mère pendant notre cours pour les potions. il est de notoriété commune que Severus prépare les cours du placide enseignant contre rémunération... Je tends l'oreille vers les petits bruits de couloirs, certains affirment que Minerva est la maitresse de Dumbledore, ils sont loin du compte. Qu'Hagrid mange des araignées...dans les plus saugrenues une amourette secrète entre madame Pince et Fliwick, quoique à y regarder de plus prés, elle semble moins grincheuse quand il est de passage à la bibliothèque...et n'est-ce pas elle que j'aperçois à la fenêtre lorsqu'il y a répétition de chorale ? ...

L'école bruisse de milles chuchotements, de rires et de blagues mais que rien ne laisse présager le chaos tapis dans l'ombre, chacun continue sa vie inconscient de la guerre à venir. Est-ce toujours ainsi ? Il y a dans ce trop grand calme apparent, une volonté farouche d'ignorer jusqu'à l'existence d'un danger...Ils pensent que la guerre appartient au passé, à des temps révolus, qu'ils sont trop évolués pour se laisser aller à de tels comportements...

Parfois la colère me prend quand je vois à quel point un monde sans Voldemort est beau! Comment la folie d'un seul homme a pu les faire basculer dans l'horreur. Quand je les vois riant, parlant d'un avenir qui a encore tout de radieux, certains seront demain des assassins, des meurtriers au service d'un psychopathe, certains refuseront d'agir par lâcheté...Severus comment as-tu pu lui faire confiance, le servir... Je ne peux l'admettre, je ne peux le supporter, moi à qui tu n'as jamais laissé le bénéfice du doute, à qui tu n'as jamais accordé le moindre répit, moi que tu n'as jamais aimé...Ce n'est pas ton visage qui s'est abîmé c'est ton cœur qu'il a brisé. Les larmes coulent...J'ai beau observer, analyser, je ne comprends pas...

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Le bal d'Hallowenn se prépare. Je refuse de danser avec qui que ce soit. J'ai eu quelques demandes de filles, pas de garçons, à cette époque là c'est encore un peu tabou. Le jour arrive, je me suis habillé juste un peu mieux. Le choc est de voir Narcissa et Sirius ensemble ! Ils forment un beau couple mais quand même c'est dérangeant... Ma mère et mon père, lui rayonne et exclu tout ce qui n'est pas eux... Je vais tenter de danser une fois avec elle pour voir, elle est une des filles les plus populaires de l'école. Et enfin Severus arrive au bras d'une fille plutôt pas mal, d'une année plus âgée que nous, de Serdaigle je crois. Encore un pan du mythe qui s'écroule, Severus est sans doute bien plus intégré que je ne l'ai jamais été et il danse bien...S'il est fou de ma mère il le cache bien, je me détourne au moment où il se penche vers la fille, qu'il lui parle ou qu'il l'embrasse, je ne veux rien savoir. Je pense au bal où nous avions invité Padma et Parvati. Le fiasco complet, j'avais l'air d'un con malgré le costard.

Je m'interroge sur ma place. Je cours peut-être après des chimères, un rêve insensé. Quelle que soit mon apparence, quelque soit les circonstances, Severus n'éprouvera jamais rien pour moi. Mes parents m'ignorent et les voir ainsi, heureux et insouciants m'est une douce agonie. Je quitte la salle de bal, je me réfugie dans une tour, je regarde la neige qui tombe en abondance. La nuit d'Halloween est une nuit magique où les esprits rôdent, même les fantômes de Poudlard sont à la fête. Je réalise que les fantômes de mon passé sont bel et bien présents, c'est moi le fantôme et quelque part au delà des forêts qui entourent Poudlard, tapis dans l'ombre il y a Voldemort qui prépare sa conquête. Je me demande si à cet instant je ne devrait pas quitter l'école et aller à sa recherche. Je pourrais le battre, il n'a pas encore fabriquer ses horcruxes, pas tous encore. Vaines pensées...

Quelque part j'attends que Severus surgisse par une porte, brise la distance et ma solitude, mais rien de tel ne se produit, la réalité se matérialise par un frisson qui me parcourt le dos. Je rentre dans le dortoir. Je baisse la garde et une fraction de seconde je suis en chemin de la tour de Griffondor mais je me reprends et je me dirige vers le donjon. Il y a des couples enlacés dans les coins, je ne veux pas regarder, quand j'atteins les donjons, les couloirs sont déserts. Je passe devant le bureau qui sera dans quelques années celui de Severus. Je prononce le mot de passe et me retrouve dans la salle commune où les plus jeunes jouent à des jeux de cartes. Je les salue et vais directement vers ma chambre. Je suis surpris par l'heure, à peine dix heures. Je prends un livre, ses annotations me manquent. J'essaie de m'imaginer avec lui dansant dans la salle de bal mais je n'y arrive pas. Juste lui et moi dans les bras l'un de l'autre dans la tour d'astronomie. Une image chasse l'autre et je le vois arrivant, exigeant le silence alors qu'il rejoint les mangemorts et Dumbledore, cette nuit où il m'a blessé et où je l'ai perdu à jamais...Je me force à me concentrer sur mon livre, je ne peux dormir de toute façon.

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Le lendemain matin, je suis le premier levé. Je peux en remercier les charmants Dursley, grâce à eux je ne serais jamais un gros dormeur. Le temps est clair et je profite de cette solitude pour faire un tour en balai. Je récupère un vieux modèle dans la réserve, enfin vieux pas tant que cela pour l'année 1975. Il n'est pas très rapide ni très maniable mais ce n'est pas grave, je commence par faire quelques tours d'échauffement avant de ma lancer dans une série d'exercices. Le vent glacé et pur est une bénédiction, j'étouffe un peu dans les donjons. La sensation de vitesse, de liberté, je m'habitue peu à peu à mon balai et retrouve mes sensations. Je m'écarte du terrain de Quidditch pour aller vers les limites du domaine, loin du regard des autres. Tout est blanc, c'est magnifique. ?Le temps passe vite, je le vois au soleil, je monte trop haut aussi, cela pourrait éveiller les soupçons. Alors que je rentre sur le terrain, un autre élève s'y trouve et m'observe, mon cœur commence à battre, c'est mon père dans sa tenue d'attrapeur.

Bonjour Price, tu voles bien. Tu veux intégrer l'équipe de Serpentard ?

Malgré le compliment il me jauge.

Non, j'avais juste envie de faire un tour. Bonne journée Potter.

Attends !

Je suis mal à l'aise sous son regard. Il tourne lentement autour de moi.

Nous nous connaissons?

Je ne crois pas.

C'est bizarre, je sens quelque chose...

Arrête ton charme Potter je ne suis pas intéressé...

Quoi !

Salut Potter.

Va te faire foutre Price

Je n'y manquerai pas Potter.

Une chose de réglée, mais cela doit renforcer ma prudence. Je ne peux en aucun devenir son ami. Je me contente d'apprendre à le connaître de loin. Ses qualités, ses défauts, ses goûts, nous aimons les mêmes choses, du puddings au petit déjeuner avec du café, voler en balai, des gestes aussi, la manière d'utiliser notre plume, de tenir notre baguette...Mais nos enfances si dissemblables, notre destin, notre manière de vivre nous rendent irrémédiablement différents. J'apprends à connaître James Potter mais ce ne sera jamais de fait mon père...Il n'en aura pas le temps. J'étais trop petit pour avoir des souvenirs quand il me prenait dans ses bras, qu'il me donnait le biberon. J'imagine qu'il devait jouer avec moi...jamais il n'a entendu le son de ma voix, je suppose qu'il aurait été fier pour le Quidditch. Je réalise qu'il ne doit jamais voir mon patronus... J'ai envie de le serrer dans mes bras, juste une fois mais ce n'est pas possible. Je me sens coupable, j'ai l'impression de lui voler sa vie une nouvelle fois...

Je retrouve mes collègues dans le grand hall et profite d'un deuxième petit déjeuner après mes exercices matinaux. Slughorn passe sans me voir comme Dumblore, cela me surprend toujours un peu. C'est cela que ressentaient les autres élèves...

Le mois de novembre passe à son tour. Ma seule avancée est que désormais Severus me demande d'être son partenaire pendant le cours sur les potions, il trouve que je prépare bien les ingrédients. Mon charme à ses yeux s'arrête là puisque en dehors de conversations banales, il ne m'accorde aucune importance.

Dans quinze jours c'est Noël.

SASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASAAS ASASASSA

Je suis totalement seul. Même Severus est rentré chez lui, il n'est pas orphelin. Même les professeurs sont absents, juste quelques elfes. Slughorn m'a demandé si cela ne me dérangeait pas trop. Il n'a même pas cherché à cacher sa joie quand je lui ai dit qu'il n'y avait aucun problème. Mcgonagall ne m'aurait jamais lâché aussi facilement. L'école n'est pas très surveillée, il faut dire qu'il n'y a pour l'instant aucune menace. Des siècles de paix viennent de s'écouler, ils n'en ont pas conscience.

Les elfes m'ont préparé un bon repas que je prends devant la cheminée de la salle commune de Serpentard. Je pense aux Noël avec Ron et Hermione, aux bons gâteaux de Molly, à Arthur, le père parfait, l'honnête homme par excellence, ils me manquent.

J'attends qu'on frappe à la porte. Je vais voir et quelle surprise c'est Hagrid, je ne cache pas ma joie.

J'ai appris que vous étiez seul

Vous pouvez me tutoyer Hagrid !

Bien Andrew, que dirais tu de faire un tour avec moi ?

Bien volontiers !

Je dois allez ramasser quelques plantes dans la forêt interdite.

Super !

Nous voilà partis, bavardant de tout et de rien. Je gage qu'Hagrid est un peu surpris de faire ami ami avec un serpentard !

Après une bonne ballade, je lui propose de goûter ce qu'il accepte avec joie. La journée est passée, plus joyeuse que prévue. Le sourire de Severus m'accompagne alors que je m'endors content et serein.

SASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASASA SA

Je passe les trois jours suivants dans une solitude tranquille, je boucle l'ensemble de mes devoirs et dévore de nouveaux rayonnages de la bibliothèque. Je crois bien que je finirais par rendre jaloux Hermione !

Les élèves rentrent peu à peu des congés et les cours reprennent. Le cours des potions est avec celui de défense contre les forces du mal mon préféré. A partir de ce trimestre, toutes les maisons sont réunies pour des travaux pratiques. On nous met deux à deux pour des duels. C'est le Rat que je choisis et je l'envoie face contre terre en moins d'une seconde. Le professeur Thetenplon me félicite un peu surpris mais déjà Sirius se lève pour défendre celui qu'il pense être son ami, s'il savait qu'il l'enverra à Azkaban passer les plus belles années de sa vie. Sirius est puissant mais j'esquive son coup, je ne le rend pas car je ne veux pas me dévoiler. Sirius n'en reste pas là et me fait un coup bas, je gage que mon indifférence désinvolte à son égard l'énerve. Je lui rend le coup cette fois et il tombe à la renverse.

j'aime pas les coups par derrière Black.

Sale con

Surveillez votre langage, dix points de moins pour Griffondor.

La prochaine sur ma liste n'est autre que ma mère. Comment puis-je lever la baguette sur elle. Je me contente d'écarter ses coups. Elle s'énerve, elle dégage tellement de puissance, ses cheveux semblent flamboyer. Je me contente de la faire léviter, on dirait un ange et je lui souris. Elle enrage mais accepte sa défaite. Quand nous nous saluons et que je retourne enfin dans un coin de la classe, je remarque les regards de mon père, haineux, et de Severus, pénétrant, sur moi.

Bien jouer Price, même si tu ne te bats pas vraiment

Que veux tu dire Severus?

Merde je n'aurais pas du dire son prénom. Il se contente de froncer les sourcils.

Tu ne fais qu'esquiver et tu te contente juste d'immobiliser ton adversaire.

Cela s'appelle économiser ses forces. Par ailleurs, faire mal à mes collègues de classe ne me fait pas triper.

Sauf pour Pettigrew

Sauf pour le rat.

Merde. Il me regarde suspicieux, il n'a plus de doute sur ma malveillance concernant le rat. Impossible qu'il devine pourquoi. Je me dis que cela n'est pas si grave puisque cela ne le concerne pas. Severus n'est pas l'incarnation de l'empathie et comme prévu se désintéresse immédiatement du sujet.

En partant, je profite d'un moment opportun pour faire trébucher le rat dans les escaliers.

Quand je me retourne, Severus m'observe. Je le défis silencieusement de me dire quelque chose. J'ai un sourire mauvais et je passe à côté de lui sans un mot. Chacun ses petites affaires Severus.

Il n'a rien dit à personne.

Le Rat m'évite, son instinct lui dit que je suis un danger pour lui. Les rats sont intelligents, il faut leur reconnaître ça. Mais cela ne suffira pas car je suis désormais un serpent, de la famille constricteur, patient et sans pitié. Je sais faire le mort, jusqu'à ce qu'il baisse la garde et là je l'attrape à la gorge, je serre lentement, je veux que ces quelques années soient emplies de terreur, qu'il ne trouve aucun repos.

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Le printemps arrive, je suis dehors avec un livre trop avancé pour mon année. Ma mère passe devant moi et jète un coup d'œil, curieuse. Elle se prend le pied dans une racine et manque tomber. Je jète un sort pour ralentir sa chute. Elle s'est quand même blessée à la cheville.

Lily (je ne sais pas trop comment l'appeler, j'aimerais tant dire maman, mais là c'est pas possible), laisse moi t'aider.

Ok

Elle rougit un peu ma belle et fière maman. Je souris. Elle n'est encore qu'une ado.

Cela te fais rire

un peu, tu as failli te prendre une sacrée gamelle.

Elle se détend.

Merci

De rien.

T'es plutôt discret

Je dirais plutôt tranquille.

Ton bouquin il est pas un peu dur?

Oui mais j'aime la difficulté.

T'es pas comme les autres.

Les autres quoi

tu sais très bien. Les autres garçons, les autres serpentards...

Je n'y suis que depuis septembre, je n'ai pas encore l'habitude.

Elle rit

t'es pas banal

je t'assure que oui. Nous voilà arrivés. Mme Pomfresh va te remettre ça vite fait.

Oui, j'espère bien ! Merci encore.

De rien, salut

Je suis content de ce premier vrai échange, d'avoir pu la serrer contre moi. Dans le couloir je croise mon père qui me donne un coup d'épaule agressif. Je ne réponds pas, qu'on est con quand on est amoureux. Et mon père est très amoureux... mais qui suis-je pour le juger, moi qui suis prêt à toutes les folies...Si seulement il savait.

Depuis ce jour, nous discutons parfois ensemble, je lui pose sans y toucher des questions sur sa famille, elle est si triste d'apprendre que je suis orphelin. Une fois elle me parle de Severus mais je sens un distance certaine entre eux. J'ai du mal à comprendre les souvenirs qu'il m'a laissés. Lui même ne semble pas concerné plus que cela par ma mère. Quand à la rivalité qu'il l'oppose à mon père et Sirius, elle n'est pas encore très forte.

Je ne comprends toujours pas.