Note D'Auteur:
Voilà, le deuxième chapitre Posté bcp plus vite que je ne l'aurais cru !
Je suis un peu déçue de n'avoir eu que deux reviews, d'autant qu'une venait d'une de mes meilleure amie. Mais bon, j'espère que ça va remonter un tit peu. Je remercie d'ailleurs l'autre revieweuse, Lia Sail, ça m'est vraiment allé droit au coeur !
J'espère que vous aimez la façon dont je décris les Maraudeurs, c'est la 1ère fois que je me colle à une fic Maraudeurs, donc si vous avez des conseils ou des choses que vous trouvez bizarres, n'hésitez pas à me le dire !
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Ashes Of Dreams You Let Die
Chapitre 2 : Underneath It All
- Sirius -
Ca doit être une question de karma. Vraiment. Je sais que c'est bizarre pour un sorcier de dire ça mais vraiment c'est le karma. Il fallait que Remus me parle d'elle pile le jour où je pense à elle. Je ne pense pas souvent à elle, à dire vrai, je fais comme tout le monde, je ne pense jamais à elle. Mais aujourd'hui, je sais pas… Je sais pas ce que ce jour d'octobre a de particulier mais je pense à elle.
Joy Hayden. Je pense qu'un prénom n'a jamais été aussi mal attribué. Il n'y a absolument rien de joyeux ou rien qui puisse, ne serait-ce qu'un instant, évoquer à l'autre la joie chez Joy Hayden.
Si je devais la décrire en un mot, j'aurais dit spéciale. Et elle l'est ! Et c'est assez ironique je trouve. Je sais par Regulus, mon dégénéré de petit frère et fils adoré de Walburga Black ma mère, qui, lui, l'a su par Callidora (qui est par ailleurs folle amoureuse de mon crétin de frère pour je ne sais quelle raison), la sœur cadette de Joy que cette dernière a refait la déco de sa chambre et apparemment, elle aurait fait un montage de mots découpés ou écrits par ses soins sur les murs. Des mots comme « quelconque », « moyenne », « invisible », « banale » seraient ceux écrits en plus gros et en plusieurs langues.
D'où l'ironie, car si, Joy Hayden se décrit elle-même comme étant quelconque et invisible, je peux vous assurer qu'elle ne l'est pas et qu'elle fait parler d'elle dans la salle commune de Gryffondor. Plus à une époque que maintenant je dois avouer mais quand même… En général, quand on parle tellement d'une fille dans une salle commune, c'est qu'elle doit bien faire les pipes, mais quand on parle de Joy Hayden, on ne parle que sa froideur, de son mutisme, de son arrogance, mais surtout, on ne parle que de son dos. Ariel Snow, avec qui j'ai couché il y a deux mois, m'a raconté que ce serait ses parents qui aurait jeté l'Incendio pour la punir d'avoir été aussi laide, enfant.
Je vous raconte pas les autres rumeurs dans le genre… Elles sont toutes aussi réalistes dans le genre science-fiction. Je ne suis même pas sûr que cette histoire de brûlure géante soit vraie. Après tout, tout repose sur ce qu'à vu Amber, la sœur de Ariel et si elle est ne serait ce qu'un millième comme Ariel, ça ne m'étonnerait pas du tout qu'elle ait menti. Amber est comme sa sœur : elle suce bien mais à part ça, rien qui sort de sa bouche ne vaut vraiment le coup qu'on y prête attention. Je me la suis faite aussi. Histoire de comparer entre les deux sœurs. Les deux se valent si vous vous posiez la question !
Cette histoire d'Incendio est encore moins plausible parce que Joy Hayden n'est pas laide. Pas jolie, ça c'est sûr, mais certainement pas laide. Jamais un sourire, jamais un regard gentil, jamais un rire ! Juste un regard hautain et une démarche aristocratique de Sang-Pure. Des fois, je me dis qu'elle ferait un bien joli couple avec mon frère, ils iraient se geler ensemble dans leur froideur.
N'empêche, elle m'intrigue quand même cette Joy… Avec tout ce mystère qui règne autour d'elle. Toutes ces rumeurs. Non, elle n'est définitivement pas quelconque. Loin de là. Franchement, je sais pas comment elle fait. Elle a pas d'amis, elle est toujours seule, elle parle jamais et en plus c'est le souffre-douleur des Gryffondors (parce qu'elle est d'une famille de Serpentard et qu'elle est d'un dédain à faire pâlir ma cousine Narcissa) et des Serpentards (parce qu'elle a été placée à Gryffondor et qu'elle ne s'intéresse pas plus aux Serpentards qu'aux autres).
Je ne la plains certainement pas. C'est pas comme si elle faisait des efforts pour s'intégrer mais quand même, elle m'intrigue… Je sais vraiment pas comment elle supporte. Je ne pourrais pas vivre une seconde sans mes poteaux Cornedrue, Lunard et Queudver ! Je ne pourrais pas ne pas être populaire ! J'aime trop être adulé et vénéré ! En particulier par les filles qui me courent après. Je suis quasiment sûr qu'elles ont fondé un fan club !
Tout semble glisser sur Joy Hayden, elle ne s'intéresse à rien, elle ne fait rien, elle ne dit rien. Je pourrais dire qu'elle est sûrement timide et qu'au fond d'elle se cache une très belle personne mais je n'en pense pas un traître mot. Je pense qu'elle est une putain de reine des glaces et qu'elle a été placée à Gryffondor par erreur !
Je ne vous raconte pas mon trouble quand Remus vint me voir en fin de journée pour me poser la question karmique du jour.
- Hey, Sirius, dis, je me demandais, commença t-il de sa voix posée habituelle, tu connais une Hayden ?
- J'en connais trois : Lysandra, Callidora et Joy Hayden, répondis-je en essayant de ne pas montrer mon trouble alors que je venais de décortiquer ce que je pensais de l'aînée des Hayden quelques secondes auparavant.
- Autant que ça ? fit-il étonné, mince, ce sera pas facile de retrouver celle que je cherche.
- Explique.
- Most Potente Potions, c'est un livre de la Réserve dont j'ai absolument besoin pour finir ma dissertation. Et c'est une Hayden qui l'a ! J'ai mis une semaine pour convaincre McGonagall de me donner la permission !
Je reconnaissais bien là mon ami. Il aurait été facile d'utiliser la cape de James et d'aller faire un tour dans la réserve mais Remus avait préféré demander à McGonagall. Ca avait pris plus de temps mais ça avait été honnête. J'allais bien le lui dire mais je me résignai, autant aider Remus.
- Tu as pas un prénom ? Un indice ? demandais-je alors que je commençais à m'ennuyer. Ce n'était qu'une question de bouquin après tout.
- Pas de prénom, mais Madame Pince m'a dit qu'elle avait vu une écharpe semblant être de couleur jaune ou or. Donc Poufsouffle ou Gryffondor, normalement. Tu peux m'aiguiller encore ?
- Alors, celle que tu cherches c'est Joy Hayden. Elle est à Gryffondor, une année en dessous. Ses sœurs sont toutes les deux à Serpentard donc pas de jaune, ni d'or, mon ami ! Ne suis-je pas fantastique et merveilleux ? m'exclamais-je alors qu'un chorus de oui me répondit d'un groupe de filles. Mon fan club, assurément.
Je vis que Remus n'avait même pas prêté attention à ma dernière phrase, sinon, il se serait empressé de me remettre à ma place, moi et mon ego. Je le regardai et il avait l'air pensif et un peu coupable. Je réalisais que c'était sûrement parce qu'il était Préfet (les autorités éducationnelles avaient sûrement dû penser qu'il exercerait une sorte de contrôle sur nous, peine perdue si vous voulez mon avis !) et qu'il ne connaissait pas Joy Hayden alors qu'il se vantait (comme peut se vanter Lupin…) d'être à l'écoute de tout le monde.
- Allez, Remus, bien sur que tu connais Joy Hayden ! m'écriais-je, la Reine des Glaces ? Les brûlures dans le dos ? Hautaine, arrogante, prétentieuse et j'en passe ! Un an en dessous de nous ?
- Ah oui, fit enfin Remus. Tu sembles la porter dans ton cœur, Sirius, continua t-il avec un sourire sur le visage. Comment ça se fait que tu la connaisses, elle, et que tu arrives même pas à te souvenir du prénom de la fille avec qui tu as couché hier ?
- Les Haydens sont une grande et ancienne famille de Sang-Pur. Je l'ai croisée à quelques soirées. Tu peux quand même pas me dire que tu ne la connaissais pas ?
- Je l'avais oubliée, Sirius, et sans vouloir être méchant, je ne suis pas le seul. Comment ça se fait qu'elle ait autant marqué ta mémoire ?
Je ne lui répondis que par un haussement d'épaules qui montrait une non-implication évidente. La vérité était surtout que je venais de m'apercevoir que j'étais sûrement la seule personne de l'école à penser à Joy Hayden comme je venais de le faire…
- Tu penses quoi, toi, de Joy Hayden ? finit par demander Remus.
- Pas grand-chose, y'a rien à dire. Elle est comme les autres Sang-Pures : arrogante, hautaine, froide, dissimule ses émotions…
- Ca ne me fait pas du tout penser à quelqu'un, Sirius, me répondit Lupin avec un sourire en coin.
- Quoi ? Moi ? Tu rigoles, j'espère ! Je ne ressemble en rien à cette… cette… princesse congelée !
- Sirius, continua mon ami loup garou, peut être pas avec nous, mais regarde toi en train de parler aux Serpentards et on verra qui est arrogant, hautain et froid.
Je ne répondis rien. Je savais que c'était vrai. En partie au moins. Je n'aimais pas beaucoup admettre que j'avais plus en commun que nécessaire avec Joy Hayden. La vérité était surtout que nous avions été élevés de la même façon. Je m'en étais plutôt bien sorti considérant le handicap originel de ma famille. Mais elle…
- Tu vas aller lui parler alors ? demandais-je. Pour lui demander ton bouquin ?
- Oui, bien sûr, répondit Lupin comme si c'était la chose la plus évidente au monde, mais ayant du mal à cacher sa nervosité. Il n'aimait pas trop parler à des gens qu'il ne connaissait pas.
Il se leva du fauteuil et alla dans celui qui se trouvait juste derrière le mien, dans le coin, près de la fenêtre. Je me retournai et je vis le regard de Joy Hayden me fixer froidement et soudain je compris qu'elle avait sûrement tout entendu de notre conversation. Je ne sais pas pourquoi mais j'eu la soudaine envie d'aller m'excuser, de lui dire que ce n'était pas ce qu'elle croyait. Et à peine avais je pensé ça que je me sentis ridicule.
Moi ? Sirius Black ? Allez m'excuser auprès de Joy Hayden ? Ce n'était pas comme si nous étions amis et ce n'était pas certainement pas comme si je n'avais pas dit ce qu'elle devait sûrement déjà savoir. Mais malgré cela, je ne pouvais empêcher la sensation d'avoir un énorme creux dans l'estomac quand son regard se détacha de moi et se fixa sur Lunard qui allait à sa rencontre.
Je n'avais jamais vu autant de froideur dans ses yeux. Ca me fascinait autant que ça me révulsait. Comment pouvait-on être aussi… dénuée de toutes émotions humaines ?
Pour faire bonne figure, je me levai et j'allai voir mon fan club féminin. A peine m'étais-je assis près d'elles qu'elles se collèrent toutes contre moi. Je ne m'en plains pas. Lunard dit que j'exagère vraiment trop sur le côté séducteur, je sais que James se réserve pour Lily, Peter est juste jaloux je suppose. J'étais sûr d'avoir quelqu'un avec qui coucher ce soir.
Alors qu'une jolie petite blonde dont je ne me souviens pas du tout le prénom commençait à me lécher agréablement le cou, mon regard, lui, se fixa sur Remus et sur Hayden. Je le voyais qui commençait à transpirer, il n'était vraiment à l'aise en présence de la gente féminine. Encore moins quand il y avait 90 de chance de se faire rembarrer pour son bouquin.
- Salut, commença mon poteau, la voix un peu chevrotante il faut dire mais très douce comme à son habitude.
La princesse des glaces ne daigna même pas répondre et se contenta de le fixer d'un regard imperturbable. Je vis Remus perdre un peu plus de sa contenance.
- Je vais aller droit au but, commença t-il, Madame Pince m'a dit que tu avais emprunté Most Potente Potions. Et j'aurais besoin que tu me le prêtes pour un ou deux jours, pour finir ma dissertation.
- J'avais cru comprendre, oui, je l'entendis répondre d'une voix étonnamment chaude.
Mon oreille se dressa pour mieux entendre si elle allait encore prononcer une phrase. Joy Hayden avait la voix la plus en contraste avec son habituel extérieur de glace. Sa voix était chaude, d'une tonalité basse et plutôt rauque pour celle d'une fille. Peut être étais-ce dû au fait qu'elle venait d'utiliser sa voix pour la première fois en cinq ans.
Je la vis se lever en direction des escaliers qui menaient au dortoir des filles. Elle se retourna vers Remus et lui fit signe de la suivre. Je la vis faire un mouvement de poignet assez compliqué avec sa baguette et Remus la suivit dans les escaliers. Je ne sais pas comment elle avait fait pour le faire monter dans les dortoirs des filles. James et moi, on avait essayé de monter une fois pour faire exploser des Bombabouses dans le dortoir de ces demoiselles et à peine on avait mis un pied sur la première marche, ils s'étaient transformés en toboggan. Décidément, elle m'intrigue cette Joy Hayden.
Je le vis redescendre cinq bonnes minutes plus tard et je me demandais ce qu'il avait bien pu se passer durant ces cinq minutes. Cinq minutes c'est long, surtout qu'on est tout seul dans un endroit clos avec une nana qui est aussi loquace qu'une pierre tombale.
Remus me fit signe de venir le rejoindre sur le sofa et je quittai mon fan club avec la promesse de la même petite blonde qu'elle allait venir se glisser dans mon lit ce soir. Je me levais donc, avec un dernier sourire enjôleur pour mes fans féminines et m'affalai près de Lupin.
Je le vis, un léger sourire aux lèvres et qui tenait le vieux bouquin contre lui. Je le regardais, un air interrogateur sur le visage.
- Alors ? demandais-je, plus curieux que je n'aurais voulu l'admettre.
- Alors quoi ? me répondit-il, amusé pour je ne sais quelle putain de raison. Je ne savais pas pourquoi, mais le fait qu'il ait partagé quelque chose avec Hayden, quelque chose de secret, que je ne savais pas, m'avait mis de mauvaise humeur.
- Alors, ça s'est passé comment ? continuais-je d'une voix un peu irritée ce que remarqua Lupin.
- Comme tu peux le voir, Patmol, fit-il un sourire en coin sur les lèvres, elle m'a prêté le livre et c'est tout.
- C'est tout ?! ma voix devenait un peu plus forte et j'étais clairement énervé. Tu es resté cinq putains de minutes avec elle et c'est tout ?
- Tu sembles bien intéressé par Joy Hayden, dis moi, Sirius. Au fait, si j'étais toi, j'éviterais de coucher avec Lindsey ce soir, elle a une infection assez…intime et elle ne le sait pas encore. J'aimerais pas que tu attrapes quelque chose, continua t-il, un grand sourire sur le visage ce qui commençait sérieusement à m'énerver.
- Lindsey ? La petite blonde ? Je vis Remus hocher la tête à ça alors qu'il commençait à feuilleter le livre que Hayden lui avait prêté par bonté du cœur qu'elle n'avait certainement pas. Comment tu le sais ?
- Joy me l'a dit, répondit-il le plus simplement du monde
Joy ? Sérieusement ? Il se fout de ma gueule là !
- Joy ? Joy ! On peut savoir depuis quand tu l'appelles par son prénom ? J'étais vraiment énervé là et le pire c'est que je ne savais même pas pourquoi !
- Je me suis dit que c'était mieux que la reine des glaces, répondit-il toujours aussi calme. Elle a été gentille, elle m'a dit que je pouvais le garder pendant une semaine, ce qui m'arrange vraiment, parce que tu sais ce qui se passe dans cinq jours…
Je savais en effet ce qui allait se passer dans cinq jours. Remus allait se transformer. Je ne concentrais pas trop sur ça mais plutôt sur la masse d'informations que je venais d'ingérer. Gentille ? Joy Hayden ? J'avais du mal à le croire ! Et comment diable elle savait que Lindsey avait chopé une infection vénérienne ?
J'allais justement poser la question à Remus mais James et Peter venaient d'arriver dans la salle commune. James s'approcha de nous à grandes enjambées et nous donna à Lupin et moi, une grande tape dans le dos.
- Alors ? Quoi de neuf ? demanda t-il, ébouriffant ses cheveux d'une main et s'affalant lui aussi sur le sofa, à côté de moi, manifestement très heureux de quelque chose.
J'allais répondre quelque chose mais Lupin eut un énorme sourire et parla avant que je puisse le faire.
- Sirius a le béguin pour Joy Hayden, entendis-je la voix calme de Lunard prononcer.
- Quoi ?! m'exclamais-je d'une voix forte en me redressant. Arrête de raconter des conneries ! Les vapeurs de ton bouquin te montent au cerveau !
Ca semblait un peu lamentable comme répartie mais c'était tout ce que j'avais trouvé de mieux. Parce qu'à l'intérieur, je rougissais. Je ne voulais certainement pas que mes amis ou que quiconque autour entendent une connerie aussi monumentale. Surtout quand ça concernait Joy Hayden.
James me lança un sourire en coin et m'ébouriffa les cheveux.
- Le petit Siri aurait un petit béguin pour la méchante reine des glaces ? dit-il d'une voix douce et sucrée, comme quand on parle à un bébé.
- Remus a fumé, il raconte des conneries, juste parce qu'elle lui a prêté ce fichu bouquin et qu'elle l'a fait monter dans son dortoir.
Les têtes de Peter et James se tournèrent alors vers Remus et je fus très soulagé de voir que l'attention s'était portée vers quelqu'un d'autre. Oubliée Joy Hayden, oublié ce que venait de dire Remus, tout ce qui comptait aux yeux de James, c'était…
- Comment elle a fait pour te faire monter chez les filles ? demanda t-il, surpris et presque émerveillé.
Je pouvais presque voir les rouages de son cerveau fonctionner. Il n'avait que ça en tête de toute façon. Lily Evans. Si la princesse des glaces nous révélait ce petit tour de magie, il pourrait aller rendre visite à sa dulcinée en plein milieu de la nuit, juste pour la regarder dormir. Passer pour un harceleur, James s'en foutait, du moment qu'il voyait sa Lily adorée.
- Je sais pas, mentit Lupin. J'ai pas entendu.
Je savais qu'il mentait parce que je savais que de là, où il était, il avait tout entendu. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi il avait menti. Ca devait l'intéresser autant que James, parce que Remus, même s'il ne l'avouerait jamais, avait un gros, gros, béguin pour Meg Gray, la meilleure amie d'Evans.
- Je la trouve bizarre moi, dit enfin la petite voix de Peter.
J'étais pas vraiment d'accord. Spéciale, d'accord mais bizarre, c'était comique venant de Peter ! Je me tus parce que j'étais bien trop content que le sujet ait dévié de moi.
- Pas vraiment, répondit Lupin, elle est juste… solitaire.
James ne força pas le sujet mais je sentais bien qu'il était tout excité à propos de quelque chose. Je le sentais qui s'agitait près de moi.
- Et toi ? Qu'est ce que t'as ? interrogeais-je. Tu es tout… sautillant ! On dirait une gamine de seconde année devant moi.
- C'est le plus jour de ma vie, les gars ! Evans m'a parlé !
Remus et moi essayions en vain de retenir une crise de rire. James avait cet air dans les yeux. Cet air rêveur et hypnotisé comme à chaque fois que le nom d'Evans survenait dans la conversation.
- Et qu'est-ce que notre jolie préfète t'a dit ? demanda Remus, un sourire plus qu'amusé sur les lèvres et qui ressemblait assez à celui que j'avais sur les miennes.
- Elle m'a dit et je cite « Dégage de là, James, tu vois bien qu'avec toi et ton ego, le couloir bouchonne », nous répondit James, la voix rêveuse et pleine de tendresse rien qu'à l'évocation du souvenir.
Cette fois ci, impossible de se retenir. Peter, Remus et moi, on éclatait de rire. James et sa Evans ! James posa son regard sur nous et poussa un lourd soupir.
- Vois le bon côté des choses, Cornedrue, elle t'a appelé James ! dis-je avant d'éclater de rire une nouvelle fois.
- Je sais, répondit James, cette fois un sourire arrogant sur le visage. Cette année est la bonne, les mecs ! Elle tombe dans mes filets !
- Je m'ennuie, dis-je alors au bout d'un moment. J'ai hâte que ce soit la pleine lune.
Je sentis Lupin s'agiter. Il ne dormait jamais bien la semaine précédant la pleine lune et la prochaine était dans cinq jours.
- Elle arrivera bien assez vite, t'inquiète pas, Sirius, me répondit lugubrement mon ami loup-garou.
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Et il eut raison. Exactement six jours après, nous étions tous réunis autour du lit de Remus à l'infirmerie. La couverture du lit était couverte de papiers de bonbons, chocolats et autre confiseries. Nous discutions de tout, de rien, des dernières nouvelles de l'école, des dernières farces qu'on avait faites, des nouvelles confrontations avec Rogue.
- Et toi, mon pote, t'as pas été trop seul pendant ces deux jours de guérison, demanda James, à moitié allongé sur le lit de Remus.
- Non, j'ai eu un peu de compagnie, répondit-il, mystérieusement et je vis son regard se diriger un quart de seconde vers le paravent à sa gauche. Il semblait y avoir quelqu'un derrière.
James allait encore une fois prendre la parole mais Madame Pomfresh venait d'arriver dans la pièce et regarda d'un air mauvais toutes les confiseries éparpillées sur les couvertures du lit de Remus. Elle nous chassa vite de l'infirmerie après avoir donné une Potion Somnifère à Lupin, qui s'endormit tout de suite sous l'effet.
On était déjà quasiment arrivés au portrait qui menait à la salle commune des Gryffondors quand je me rendis compte que j'avais oublié d'amener à Remus ce qu'il m'avait demandé, à savoir ses livres de cours. Il allait sûrement devoir rester encore un ou deux jours à l'infirmerie et il allait sérieusement en avoir besoin. Ils étaient encore dons mon sac que je portais négligemment sur une épaule.
Je dis vite fait à James que j'avais oublié de donner ses bouquins à Remus et je me précipitai dans l'autre sens, vers l'infirmerie. Je ne voulais pas être en retard au dîner. J'avais des « activités » plus tard dans la soirée et je ne pouvais pas faillir à ma réputation et faire attendre une jeune fille.
Je frappais à la porte de l'infirmerie mais personne ne me répondit. Pomfresh devait sûrement être partie manger ou quelque chose dans ce genre. Ca aurait expliqué pourquoi elle avait été si pressée de nous mettre dehors.
J'entrai donc dans l'infirmerie et m'approchai du lit de Remus. Je déposai tout les livres sur la table à côté de lui. J'allais repartir mais je décidai finalement de laisser un petit mot à Remus agrémenté d'un dessin comique. Je sortis un bout de parchemin de mon sac et une plume. Je pris une chaise et mis le bout de parchemin sur le lit et me penchai pour dessiner et c'est là que je le vis, ou plutôt la vis.
Madame Pomfresh avait dû déplacer le paravent parce que, positionné comme ça, assis dans la chaise, je voyais le patient d'à côté, le paravent était bien positionné pour ceux qui arrivait dans l'infirmerie mais par pour ceux qui était près des lits voisins.
C'était elle. Joy Hayden. Je l'ai su au moment où mon regard s'est posé sur elle. Elle était assise sur le lit, dos à moi, mais un peu de côté aussi, totalement nue. Et je voyais son dos. Tout son dos ! Je ne vous raconte pas le choc. Mon cerveau ne semblait même plus fonctionner. Ses longs cheveux bouclés avaient été ramené sur le devant, dissimulant ses seins, je supposais. Moi j'avais de plus en plus de mal à avaler ma salive.
Tout ce qu'on racontait était donc vrai ! Je voyais son dos déformé, mutilé par les brûlures. L'intégralité de son dos était rosée et sa peau au lieu d'être lisse faisait des tourbillons et des amas. Bizarrement, le tout semblait plutôt sans relief et je devinais qu'elle avait dû avoir recours à la magie et aux médecins Moldus pour arriver à ce résultat assez…bizarre.
Aussi pervers que ça puisse paraître, je ne pouvais pas détacher mes yeux de son dos. C'était malsain et je me sentis très coupable de la regarder comme ça à son insu. Mes yeux ne pouvaient quitter l'horrible spectacle que son dos m'offrait mais ils ne pouvaient pas quitter non plus la naissance de ses fesses qui s'offrait à moi. Pourtant, mon regard fut vite attiré par autre chose, sur son côté gauche, celui que je voyais partiellement, il y avait quelque chose de noir.
Intrigué, je décidai de me rapprocher et presque collé au paravent, ma tête dans l'entrebâillement de celui-ci, je vis que c'était un tatouage. Le long de ses côtes, à la verticale et partant d'aussi haut que le côté de son sein. Sein dont je pouvais voir la courbe assez prononcée très distinctement. J'avais très chaud et une boule se formait dans ma gorge. Je n'aurais jamais deviné que la vue d'un sein de profil puisse me faire autant d'effet. Ca avait l'air d'être un très joli sein…
Sans trop savoir comment, mon regard se refixa sur le tatouage. C'était une calligraphie de quelque chose d'écrit avec un amas d'étoiles en haut à gauche et en bas à droite, encadrant ce qu'elle avait décidé de se faire écrire sur la peau. Je n'arrivais à distinguer quoi. Je me collais encore plus contre le paravent et je suis sûr que je l'ai même fait bouger un peu. J'ai su au premier regard que c'était un tatouage Moldu. D'abord parce que généralement les tatouages sorciers sont en mouvement. Ils ont comme l'air de voguer à l'air d'une légère brise. Celui-là était parfaitement immobile.
Je plissai les yeux et là, je distinguais ce qu'il y avait d'écrit. Un ou deux mots dans une belle calligraphie sur chaque côte, à la verticale. Ashes - Of Dreams – You - Let Die…
J'essayai de me rapprocher encore plus. J'étais fasciné. Par cette fille. Par le macabre spectacle de son dos. Par son tatouage. Par ce sein dont je n'avais aperçu que les délicats contours. Mais le paravent décida à ce moment de plus soutenir mon poids et je m'étalai par terre, à ses pieds, le paravent sous moi.
Elle poussa un cri assez aigu et se leva du lit, alarmée, plus au fracas que le bruit du paravent avez fait en tombant qu'à la possibilité que quelqu'un soit tombé avec. Comment je le sais ? Parce que, quand j'ai levé les yeux vers elle, elle a à nouveau poussé un cri et j'ai vraiment cru qu'elle allait pleurer quand j'ai vu l'humiliation et la terreur qui avaient pris place sur son visage. Elle se précipita et s'enroula dans la robe de chambre qui trainait à côté d'elle.
Je suis déçu et assez honteux d'avouer que je n'ai absolument rien vu de son corps nu de face, trop occupé à me relever du sol, moi et le paravent. Elle a vit repris sa contenance et me regardait d'un air encore plus glacial que d'habitude.
- Je suis désolé, vraiment désolé, je ne voulais pas… commençais-je la voix nerveuse. Je ne savais pas trop quoi dire, il était clair que j'allais passer pour un pervers.
Elle continua à me dévisager, resserrant la robe de chambre autour de son corps.
- J'étais venu voir Remus, je te promets, je n'ai jamais voulu voir ton… ton…, je laissais ma phrase en suspens quand je surpris son regard dans lequel aucune émotion à par la colère ne passait.
- Mos dos ? dit-elle enfin de la même voix que j'avais entendue sept jours auparavant. Je suppose que tu es content de toi, Black ! Encore une aventure des Maraudeurs, c'est ça ? Arriver à voir le monstrueux dos de la monstrueuse Joy Hayden ! Où sont les deux autres ? Sous la cape de Potter ? J'espère que le spectacle vous a plu ! Allez-vous-en !
Je ne pouvais pas détacher mon regard d'elle. Malgré sa prestance et sa contenance, elle semblait si fragile. J'eu la pressante envie de la prendre dans mes bras. Sa voix n'avait pas vacillée une fois et elle était restée régulière et calme. Je ne savais vraiment pas comment, tellement je pouvais sentir la colère émaner d'elle.
- Qu'est ce qu'il y a ? ajouta-t-elle alors qu'elle avait sûrement vu que je la fixais, tu veux une photo en plus ou c'est bon ?
- Je suis vraiment désolé, vraiment, et il n'y a personne d'autre. Ce n'était pas une aventure, juste une erreur… essayais-je de me justifier.
- Va t-en, Black ! Va t-en ! conclu-t-elle d'une petite voix, me tournant le dos et s'asseyant sur le lit, prenant son visage dans ses mains.
Je fis un pas en avant. Vers elle. J'avais une furieuse envie de la prendre dans mes bras. J'avais envie qu'elle se laisse aller, qu'elle pleure tout son saoul dans mes bras, serrée contre moi. Pour qu'elle montre, qu'elle me montre, qu'elle était un peu humaine aussi.
Mais je me ravisai et sortis de l'infirmerie pour me rendre dans la Grande Salle. J'étais en retard, le dîner avait commencé. Je pris ma place habituelle en face de James. Il dû voir que quelque chose n'allait pas et je lui répondis « plus tard » à voix basse. J'avais vraiment besoin de confier tout ce que j'avais vu à mon meilleur ami. De vider mon sac. Peut être que je me sentirais moins coupable une fois que tout sera sorti.
Je ne rejoignis même pas la fille que j'avais prévu de faire monter au septième ciel ce soir. Je n'arrivais pas à dormir. J'étais monté dans mon dortoir pour faire bonne figure, mais une fois que j'avais entendu les respirations de sommeil de mes amis, j'étais redescendu dans la salle commune.
Le feu brûlait encore et j'en étais reconnaissant. Je n'étais qu'en bas de pyjama et en t-shirt. Je me sentais vraiment très mal. Et c'était très inhabituel. J'avais comme envie de vomir tellement mon estomac était serré. J'aurai voulu blâmer la cinquième part de tourte que j'avais mangé ce soir, mais je savais bien ce qui n'allait pas.
Joy Hayden. D'abord, elle m'avait entendu dire des choses pas très gentilles sur elle il y a une semaine et puis maintenant, je la mate alors qu'elle est à l'infirmerie. Elle devait sûrement y être pour son dos d'ailleurs. C'était pour ça qu'elle avait été nue. Les dommages avaient l'air d'avoir été assez étendus d'après ce que j'ai vu.
Elle avait été nue. Entièrement nue. Je fermais les yeux et imaginais ses longs cheveux bouclés tombant et recouvrant chacun de ses seins. Je n'avais vu que la courbe de son sein, mais il ne m'en fallait pas plus pour imaginer la douceur de leur peau et leur rondeur sous la caresse de mes doigts.
Ca n'allait vraiment pas bien ! Je fantasmais sur Joy Hayden. Alors qu'il n'y avait franchement pas de quoi. Je repensais alors à son tatouage et à sa témérité. Peut être qu'elle avait bien sa place à Gryffondor tout compte fait. Je savais que pour tatouer, les Moldus utilisaient des aiguilles qui faisaient pénétrer l'encre sous la peau. C'était assez long et très douloureux à ce qui paraissait. J'imaginais qu'elle avait dû se découvrir entièrement pour se faire tatouer à cet endroit. J'imaginais sa mâchoire serrée alors que les aiguilles s'introduisaient sous sa peau dans ce marquage indélébile. Je me demande si elle en a ailleurs…
Ma réflexion s'arrêta là quand j'entendis quelqu'un descendre et alors que les pas résonnaient, j'espérais honteusement que c'était Joy Hayden qui allait apparaître. Je pourrais m'expliquer et peut être même qui sait, parler un peu.
Ce fut James qui s'affala à côté de moi, les cheveux encore plus en bataille que d'habitude. Il me regarda et je savais qu'il savait que quelque chose n'allait pas avec moi. Il ne dit rien et me regarda. Et puis, j'ouvris la bouche et lui racontais tout. Depuis le début. Je n'omis aucun détail, même le fait que je l'avais trouvée assez digne pour figurer dans mes fantasmes pendant un quart de seconde.
Il fut silencieux pendant que je parlais et alors que j'avais fini, il me fixait intensément. Un mélange de choc et de surprise.
- Sirius, est-ce que Lunard avait raison ? demanda James d'une voix sérieuse et presque grave. Est-ce que tu craques pour…Joy Hayden ?
Je ne savais pas comment répondre à la question. Il y a une semaine, j'aurais su, je n'aurais même pas hésité. Mais maintenant… Je me passai nerveusement une main dans les cheveux avant de pincer l'arrête de mon nez de deux doigts, j'avais vraiment mal à la tête.
- Non, bien sûr que non, finis-je par répondre d'une voix fatiguée. C'est juste que, James, je peux pas m'empêcher d'être fasciné par elle. Je sais pas pourquoi !
- A cause de son dos ? Parce qu'elle est si renfermée ? Ou bien parce que tu vois en elle plus de toi que tu ne l'aurais pensé ?
Je devais avouer que James avait frappé là où ça faisait mal. Je ne pouvais plus le nier. Joy Hayden et moi avions beaucoup plus en commun que je n'aurais voulu…
Je ne répondis pas à la question et je ne savais vraiment pas ce que James pensait de tout ça.
- Tu sais, Sirius, peut être que tu devrais lui parler, essayer d'engager la conversation. Ce que tu as vu à l'infirmerie, c'était très personnel et tu n'aurais jamais dû le voir. Tu devrais aller t'excuser…
Sur ces derniers mots, James et moi remontâmes dans notre dortoir et le sommeil vint. Interrompu, haché et très peu reposant mais il vint quand même. James avait raison, je ne pouvais même pas imaginer l'état dans lequel elle devait être. Si quelqu'un d'inconnu avait vu quelque chose d'aussi intime de moi…
C'était décidé, dès demain j'allais aller lui parler !
Malheureusement, ma décision n'aboutit pas à grand-chose. Personne ne revu Joy Hayden pendant la semaine qui suivit. Je ne savais pas où elle était mais je me sentais vraiment mal et très coupable, c'était ma faute si elle n'osait plus se montrer.
J'appris deux jours plus tard que ça n'avait rien à voir avec moi… Joy et ses sœurs n'avaient pas été là pendant la semaine qui suivit. Lily Evans m'apprit grâce aux journaux que sa mère avait été gravement blessée dans un attentat de celui qu'on appelait maintenant Voldemort. J'en avais bien sûr déjà entendu parler. A la maison. Mon frère était un grand admirateur et je ne parlais même pas de mes parents… Ca me dégoûte…
J'eu donc l'esprit un peu plus tranquille quant au bien-être de Joy Hayden. Ce n'était décidément pas sa semaine. J'essayais de me forcer à ne pas trop penser à elle mais elle envahissait chacune de mes pensées sans que je sache clairement pourquoi.
Mes propos ne se révélèrent jamais aussi justes. Seulement deux jours après, alors que James, Peter, Remus et moi rentrions dans la salle commune, l'agitation régnait. Les gens étaient tous agglutinés devant quelque chose. Il y avait des rires, des cris et les gens parlaient et discutaient. On aurait dit que Gryffondor avait gagné la finale de Quidditch.
Nous réussîmes à nous faufiler au premier rang et ce que j'y vis me retourna presque littéralement l'estomac. Au dessus de la cheminée, là où habituellement régnait le portrait de Godric Gryffondor, il y avait Joy.
Joy était accrochée je ne sais trop comment au mur, comme un tableau. Nue à l'exception d'une culotte, de dos, ses cheveux attachés en un chignon très serré. Ma mâchoire tomba au sol et je me tournai vers mes amis. James me regardait, tout aussi choqué que moi et Remus nous cria par-dessus le brouhaha qu'il allait chercher McGonagall.
Je n'arrivais pas à y croire. Ce que je voyais, ce n'était pas des Gryffondors, ce n'était même pas des êtres humains. Ils étaient là à pointer, observer, rire, se moquer et discuter de l'horrible Joy Hayden alors qu'elle était à cinq mètres au dessus du sol, au dessus de la cheminée, collée face la première contre le mur, dans une quasi nudité et sous le regard de tout le monde. Je n'imaginais même pas être à sa place. Elle devait être terrifiée et humiliée au pire point. Et je remarquai vite que les gens ne réagissaient pas de la même façon que moi, à l'infirmerie. Ils étaient dégoûtés, révulsés. Je n'avais été que fasciné, je n'avais pas été dégoûté. Ca avait été neutre.
Je pris quelques instants pour réagir et mon sang ne fit qu'un tour. Je n'arrivais vraiment pas à croire des gens de Gryffondor, des gens que j'appelais mes amis, capable de faire ça. Je passais brutalement devant eux et sortit ma baguette.
Les gens ne comprirent pas bien ce que je faisais au début. J'allais la détacher de là haut, voilà ce que j'allais faire ! Les yeux étaient fixés sur moi et il me fallu une à deux minutes pour trouver la bonne formule, mais ces deux minutes me parurent une éternité. Je ne savais pas trop comment j'allais la rattraper. Je ne voulais pas que les autres la voient encore plus dénudée. Je ne voulais pas qu'ils voient sa poitrine que je n'avais fait qu'imaginée. Ce qu'ils lui faisaient subir, ce n'était ni plus ni moins qu'un viol !
Je réussis à la détacher et avec l'aide d'un Wingardium Leviosa et d'un Mobilicorpus, je la fis atterrir dans mes bras. James se précipita vers moi et drapa le corps tremblant de Joy de sa cape. Je fus surpris de ne pas la voir réagir. J'aurais pensé qu'elle se serait débattue, mais non, elle était là, dans mes bras, tremblante. Je ne pris même pas la peine de regarder les gens autour de moi. Je ne pouvais qu'imaginer leurs visages surpris et sûrement déçus de ne pas voir un peu plus du spectacle !
Ils me dégoûtaient ! J'entendais James crier alors que je montais les marches du dortoir des garçons et avant que je ne passe la porte, j'entendis les voix aigues de Lily Evans et de McGonagall hurler et résonner, probablement dans tout le château.
Enfin arrivés là haut, je pris conscience de son poids dans mes bras et je vis à quel point son corps tremblait et se secouait. Je baissai les yeux sur elle et ce que j'y vis me brisa le cœur. Joy était en train de pleurer.
D'humiliation et toute la terreur qu'elle avait dû ressentir. Mon cœur et mon estomac se serrèrent. Elle pleurait à chaudes larmes et son corps se secouait violemment dans mes bras. Ce qui me surprit, c'est qu'elle ne faisait aucun bruit. Elle était silencieuse et une vague de fureur s'empara de moi. Elle aurait dû être furieuse et hurler son chagrin et sa colère ! Elle ne devait pas être si silencieuse. Ce spectacle me brisa, jamais je ne pourrais m'enlever cette image de la tête. L'image de Joy Hayden accrochée au mur puis dans mes bras, la tristesse s'emparant de son être.
Elle ne m'avait jamais semblée si humaine qu'en cet instant et je me jurai à moi-même de ne plus jamais l'appeler la reine des glaces, alors que je la déposais sur mon lit avec le plus de délicatesse possible. Je me posai sur le lit de James, à côté du mien et je la regardai. Ses yeux se levèrent vers moi et pour la première fois, je remarquais que ses yeux étaient bleus. D'une teinte assez bizarre de bleu, mais bleu quand même. J'aimais bien ce bleu bizarre…
Elle resserra la cape de James autour d'elle et essuya ses larmes et ses joues d'un revers de main. Elle prit quelques grandes inspirations et essaya de se calmer mais à peine avait-elle exhalé sa première bouffée d'air que cette dernière sembla se bloquer dans sa gorge et son corps se secoua à nouveau de sanglots silencieux. Si désespérément silencieux…
Je décidai enfin de bouger un peu mon cul et je m'assis sur le rebord de mon lit. Je m'approchai doucement d'elle et je ne sais pas vraiment comment, mes bras se retrouvèrent autour de sa taille et sa tête contre mon torse. Je resserrai mon étreinte contre elle alors qu'elle pleurait toujours. J'entendis faiblement le son de sa voix étouffée me dire merci.
J'embrassai avec le plus de délicatesse possible ses cheveux et je continuai à la bercer, autant avec mes bras qu'avec des paroles réconfortantes et rassurantes. Elle finit par s'endormir contre moi, sûrement à bout de force. Je la fis passer du mieux que je pu sous les couvertures et je tirai les rideaux autour de mon lit.
Alors que je tirais le dernier rideau, j'aperçu James, Remus, Evans et McGonagall dans le dortoir. Je ne savais pas depuis combien de temps ils étaient tous là et je me sentis soudain un peu embarrassé.
- Elle va dormir ici, annonçais-je d'une voix sans appel.
Je vis McGonagall hocher la tête et redescendre furieusement. Je l'entendis crier une fois arrivée en bas. Evans s'avança vers moi. Elle n'avait pas été là, elle n'avait rien vu mais on lui avait manifestement expliqué la situation, elle semblait bouleversée.
- Comment elle va ? questionna-t-elle d'une voix inquiète que je ne lui connaissais pas.
- A ton avis, comment elle va ? Elle vient d'être humiliée devant toute sa maison, Evans ! Comment tu crois qu'elle va ! rétorquais-je avec autant d'acidité que possible.
Evans ne sembla pas s'en formaliser. Elle me fixa, puis James, puis Remus avant que son regard vert ne se pose sur mon lit aux rideaux tirés.
- On ne sait pas qui a fait ça, dit-elle, et vous pensez bien que personne ne va se dévouer pour le dire. McGonagall a retiré tout ses points à Gryffondor et Dumbledore a été prévenu.
Evans marqua une pause et soupira.
- Tu as bien fait de l'amener ici, Sirius, me dit-elle d'une voix douce. Ca faisait bizarre, je ne l'avais jamais entendue m'appeler Sirius avant, c'était toujours Black. Merci, Sirius, continua-t-elle, vraiment, merci pour elle.
Je la vis qui s'en allait et les mots sortirent de ma bouche sans que je puisse les arrêter. Elle s'arrêta dans l'encadrement de la porte quand elle entendit le son de ma voix.
- Elle a beaucoup pleuré, dis-je pour rassurer un peu Lily qui avait vraiment l'air de s'en faire, mais elle a finit par s'endormir.
Evans hocha la tête et sortit finalement de notre dortoir. En d'autres circonstances, James aurait sûrement été le plus heureux des hommes de la voir dans notre dortoir.
Chaque dortoir est fait pour cinq personnes. Nous étions quatre et nous avions réussi à rester seuls entre Maraudeurs dans ce dortoir. Il y avait donc un lit de libre. J'aurais pu aller dormir dans le lit en trop. Mais je ne l'ai pas fait. Je ne voulais pas la laisser seule, il était hors de question que je la laisse seule.
Je fus reconnaissant à mes amis de ne faire aucun commentaire. Je me glissai dans mon lit, à côté d'elle et instinctivement, je la rapprochai de moi et enlaçai sa taille d'un bras qui alla reposer sur son ventre. Je la sentis remuer un peu avant de se coller plus franchement contre moi et de se laisser aller. A mon étreinte et au sommeil.
Joy Hayden. Jamais un prénom n'a été aussi mal porté. Décidément, ce n'était vraiment pas sa semaine…
A Suivre…
