OUI ! OUI ! OUIII! J'EN SUIS ENFIN DÉBARRASSÉE ! JE VAIS POUVOIR M'ÉCLATER A FAIRE AUTRE CHOSE ! ENFIN !

Second chapitre ! Merci beaucoup pour les reviews ! Elles m'ont faite é-nor-mé-ment plaisir, et elles m'ont permis de tomber sur de nouvelles histoires que j'aimais bien, bien que trop courtes. La personne se reconnait. Elle regarde en ce moment, n'est-ce pas ?

D'autres n'ont pas de comptes et je n'ai pas pu leur parler en privé ! Donc voici : Miyu, va te faire un compte ! Ton padre te l'ordonne ! Je blague bien entendu. Merci beaucoup pour ton commentaire, ça fait très plaisir. Pour les autres, je leur ai carrément envoyé une réponse aussi, mais je vous remercie de nouveau ici, Chysako et Neko no Uta. Enfin, merci à Eaudustyx et Ka Al le Caillou (c'est quoi ce nom sérieux ? x) je blague bien sûr !) de suivre et d'aimer cette histoire.

Il y a deux gros problèmes dans ce chapitre que vous allez voir par vous-mêmes. Le premier est le fait que ce soit plus long (désolée Miyu, je n'ai pas pu arrêter mes mains) et le second est qu'à cause du premier problème, en proportions, on voit finalement pas beaucoup l'humain de ce chapitre. Mais je pense avoir quand même bien dosé. On verra bien !

Sur ce, je vous retrouve à la fin de ce chapitre, le numéro 2 ! Je suis désolée de prendre autant de temps. Je ne suis pas très ponctuelle. La rentrée n'est pas joyeuse pour tout le monde.

Bonne rentrée ! Je veux dire... Bonne lecture !

Aucun personnage ne m'appartient.

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CHAPITRE 2 : Objectif

« SANS ! »

« hm. »

« SAANS ! »

« hmm. »

« SAAAAANS ! »

« hmmmmm. »

« TU SAIS BIEN QUE ÇA PEUT ALLER TRES LOIN ! ALORS REVEILLE TOI ! »

Les chapitres vont-ils réellement tous débuter par son réveil ? Il sait déjà qu'il va passer de mauvais moments.

Sans ouvre les yeux et s'assoit. « j'ai encore nettoyé les rues jusqu'à la nuit hier…prière de me laisser un peu dormir… »

« JE T'AI TROUVE UN VRAI TRAVAIL ! »

« hein ? »

« SUIS MOI ! »

Papyrus empoigne Sans par le bras et le fait s'asseoir par terre dans le salon.

« POUR L'INSTANT, CE N'EST QU'AU STADE D'ANNONCE DANS LE JOURNAL, MAIS JE SUIS SÛR QUE ÇA TE PLAIRA ! »

Il lève la page fièrement devant son frère en ricanant.

« TU ME REMERCIERAS PLUS TARD. IL FAUT SE DÉPÊCHER AVANT QUE QUELQU'UN NE PRENNE TA PLACE. »

« … » Sans plisse les yeux pour lire. « garde ? »

« TU SERAS UN HÉROS ! »

« tu trouves que j'ai le crâne de l'emploi ? »

« EH BIEN… SI TU BUVAIS PLUS DE LAIT, TU GRANDIRAIS PEUT-ÊTRE ? »

« ce n'est pas du tout un boulot pour moi. »

« TU PARLES TOUJOURS DE FAIRE CE QUI EST JUSTE ! TU POURRAIS PROTÉGER LES GENS ET- »

« ouais, eh ben désolé, mais je suis pas très doué pour sauver des vies ! »

Sans pousse la porte avec énervement et part, laissant le pauvre Papyrus seul avec son journal, vidé de tout sentiment joyeux.

Le coin est un peu moins enneigé. Quand Sans a le temps, il déblaie même la forêt. Il n'y a que ça à faire de toute façon. Il n'a pas neigé depuis deux semaines, et il a déjà fini tout Snowdin. Il faut bien qu'il trouve de quoi s'occuper.

Il prend un raccourci pour arriver à Waterfall et à la décharge rapidement.

En arrivant par le pont, il voit en hauteur les différents éléments qui composent le paysage : les tas d'ordures, la rivière, mais surtout le pieu couronné d'un chapeau.

Il descend en quelques secondes, et rejoint la tombe improvisée. Il n'y a qu'un corps, même pas d'âme. Elle ne se trouvait nulle part dans les alentours, et Sans a beaucoup déblayé d'ordures pour en arriver à cette conclusion. Celui qui a fait ça est venu pour la chercher, sans aucun doute.

Sans s'asseye devant. Il ne sait pas pourquoi il tenait autant à l'humain. Grillby a été bien plus généreux envers lui, et il appréciait l'humain bien plus que le barman. Ce genre de chose ne peut pas s'expliquer.

Il relève les yeux. On ne voit pas très bien le plafond noir. Sans a presque l'impression qu'il n'y en a pas. Plus jeune, quelqu'un lui racontait que les âmes humaines montaient en l'air pour rejoindre le ciel. Ici, l'âme humaine aurait eu du mal. Elle serait restée bloquée. Il ne sait plus qui lui a raconté ça.

Il se relève et se dirige vers la maison. Sur le chemin, il rencontre Papyrus.

« ah, Pap. je… bah… désolé pour tout à l'heure, j'étais- »

« SANS ! »

Son frère le prend dans ses bras.

« JE NE VOULAIS PAS TE FAIRE DE LA PEINE. »

« moi non plus. » Sans se dégage doucement de l'étreinte. « qu'est-ce que tu fais là ? »

« AUCUNE IDÉE, MAIS JE SUIS TOMBE SUR UNE DRÔLE DE FLEUR. TU VEUX VENIR LA VOIR ? »

Ils traversent encore un peu du territoire, jusqu'à être tout près de plusieurs fleurs. Papyrus se rapproche de l'une d'entre elles en plaçant son index devant ses dents.

Sans se rapproche en silence, puis tend le côté de la tête. La fleur murmure quelque chose de très lointain, autant dans le temps que dans l'espace. Il y a un rire qui persiste, puis des mots.

Toi t'es troooop gentil, et Papyrus fait de drôles de têtes !

Sans et Papyrus redressent la tête. Ils s'éloignent et chuchotent pour que la fleur ne les capte pas. « TU AS VU…? JE SUIS CONNU DES FLEURS…! »

« quand je te dis que t'es le plus cool. »

« NYEHEHE…! N'EMPÊCHE, IL ME MANQUE CE PETIT... »

« à moi aussi... »

« MAIS ÇA ME RASSURE DE SAVOIR QU'AVANT DE PARTIR EN VACANCES, IL AIMAIT BIEN SA VIE AVEC NOUS… »

Les deux frères rentrent ensuite dans leur petite cabane pour aller faire les lits. Cette nuit, aucun des deux n'arrive à dormir. Ils pensent trop.

« j'en ai marre de cette cabane. elle grince tout le temps. Impossible de fermer l'œil. »

« SANS, TU CROIS QUE C'EST ENCOURAGEANT DE PARLER DE CHOSES NÉGATIVES ? »

« heu…non. mais ça n'a pas besoin de l'être. je dis juste ça pour me plaindre. »

« JUSTEMENT ! ACCEPTE CE QUE LA VIE TE DONNE ET FERME-LA ! »

« … qu'est-ce que je dois faire pour être plus positif ? »

« AUCUNE IDÉE, MAIS TROUVE UN TRUC. »

« toc toc »

« … ? »

« bah répond »

« …TOC TOC ? »

« mais non, demande 'qui est là ?' »

« QUI EST LA ? »

« emma. »

« OK. »

« mais non, demande 'emma qui ?' »

« EMMA QUI ? »

« emma piqué mes clés, je peux plus rentrer chez moi. »

Papyrus rit beaucoup. Il trouve ça hilarant. Ce n'est pas souvent qu'il a le droit à des blagues, et de ce genre, il n'en a jamais entendu.

Sans n'est pas spécialement drôle, mais depuis qu'ils vivent d'eux-mêmes, pauvrement et sans personne pour les guider, ses blagues adoucissent toujours l'atmosphère.

Les deux frères s'endorment l'un à côté de l'autre.

« SANS ! »

« hm. »

« SAANS ! »

« hmm. »

« SAAAAANS ! »

« hmmmmm. »

« TU SAIS BIEN QUE ÇA PEUT ALLER TRÈS LOIN ! ALORS RÉVEILLE TOI ! »

Il a l'impression d'avoir déjà entendu ça.

Il se réveille et rejoint son frère dans le salon. Il est déjà en train de manger des tartines beurrées.

« CETTE FOIS CI, ON VA TE TROUVER DU TRAVAIL. »

« comment tu comptes faire ça ? »

« IL SUFFIT DE FRAPPER AUX BONNES PORTES, AUX BONNES GRANDES PORTES, MÊME. »

Sans a beau demander, Papyrus ne lui dit pas où ils iront. Alors il mange bien, au cas où ils passeraient la journée dehors.

Ils sortent et passent par plusieurs endroits. Sur le chemin, Papyrus lui raconte des choses diverses et variées sur les différentes variétés de fleurs qui peuplent l'Underground. Pas très intéressant, mais comme il faut se trouver des passions, pour passer le temps qu'il reste à vivre dans des endroits où il n'y a pas grand-chose, tout est susceptible d'être un passe-temps.

Ils arrivent finalement au château, et Sans tire une grimace à faire peur.

« TADA ! JE T'AVAIS DIT QUE JE T'Y EMMÈNERAIS ! »

« heu…merci ? »

« EN ROUTE ! ALLONS VOIR ASGORE ! »

Sans se fige complètement. Papyrus est obligé de le traîner de force.

« ALLEZ SANS ! JE NE VOIS PAS POURQUOI TU ES AUSSI PEU ENJOUE ! »

« devine. »

Papyrus tente de deviner, puis en arrive sans doute à la bonne conclusion.

« ECOUTE. JE NE PENSE PAS QUE CE SOIT ASGORE QUI AIT TUE LE PETIT HUMAIN. » Sans enfonce plus rudement ses mains dans ses poches en fronçant les sourcils, s'il en a. « JE LE CONNAIS, C'EST TOUT SIMPLEMENT PAS POSSIBLE. »

« tu es beaucoup trop naïf, des fois. évidemment qu'asgore n'a tué personne, il a envoyé quelqu'un pour le faire à sa place. »

« TU NE PEUX PAS DIRE ÇA DE LUI, TU LE CONNAIS A PEINE. »

« et toi alors ? tu ne l'a vu que deux fois dans ta vie et tu veux lui demander une faveur en lui faisant confiance. »

« ÇA NE COÛTE RIEN D'ESSAYER. »

« il ne va pas nous aider. »

« ET VOILA, ENCORE TROP NÉGATIF. JE T'AI DÉJÀ DIT QUE C'EST MAUVAIS POUR LA SANTE MENTALE. »

Sans se rappelle qu'il ne veut pas travailler pour lui-même, mais pour son frère. Papyrus se démène régulièrement pour améliorer leurs conditions et pour lui trouver un emploi. Il n'a pas le droit de refuser tout simplement parce qu'il n'aime pas recevoir de l'aide de quelqu'un qu'il n'aime pas. Sans vit pour deux, il ne peut pas se permettre le luxe d'agir égoïstement.

Mais quand même, Asgore. Il fallait que ce soit lui.

Il a du mal à se l'avouer, mais son frère a raison. Tout le monde ne dit que du bien du roi. Peut être que ce n'est qu'un autre monstre trop stupide et trop sûr de lui qui a tué l'enfant pour faire avancer les choses, en croyant aider, ou juste pour se défouler sur de l'humain ? Ces versions sont complètement plausibles. Mais si Asgore se serait tut, cela ne serait jamais arrivé.

Ils rejoignent le jardin de la salle du trône. Une étendue de fleurs est face à eux. Asgore est en train de s'en occuper.

Sans préfère les fleurs bleues plutôt que les jaunes.

« VOTRE MAJESTE ! J'AI UNE REQUETE A VOUS FAIRE ! »

Le roi sursaute à mort. Papyrus ne peut s'empêcher de penser que la virilité de sa voix est telle qu'il surprend tout le monde. Il se retourne, un peu gêné, et voit le magnifique sourire des deux squelettes, l'un très sincère, l'autre très forcé.

« Bonjour ? Qu'y a-t-il ? »

« ON EST FAUCHE ! »

« Quelle tristesse… »

Les larmes d'Asgore montent toutes seules. C'était rapide !

« Aucun monstre ne vous est venu en aide ? »

« IL NE FAUT PAS BLÂMER LES AUTRES, ILS ONT ÉTÉ TRÈS GÉNÉREUX, MAIS ON VEUT NOTRE INDÉPENDANCE ! EST-CE QU'IL Y A UN TRAVAIL POUR MON FRÈRE ? IL S'ENNUIE. L'AUTRE JOUR, POUR S'OCCUPER, IL S'EST AMUSE A COUPER UN CHEVEU EN QUATRE. »

« c'était une expression. »

« Oh, ma femme a déjà essayé de faire cela aussi. Comment on s'y prend au juste ? »

« c'était… »

« IL NE FAUT PAS LE COUPER DANS LE SENS DE LA LARGEUR, MAIS DE LA LONGUEUR. »

« …une expression. »

« Ça alors, j'aurais du y penser ! »

« MAIS REVENONS A L'ESSENTIEL ! SANS VEUT DU TRAVAIL ! »

Le roi se redresse en se frottant les mains. « Bien entendu. Mais toi tu n'en veux pas ? »

« NON, ON COMPTE DÉJÀ SUR MOI POUR RETIRER LA NEIGE DES CHEMINS. »

Après une longue explication sur le travail de sentinelle, Asgore dit à Sans qu'il en sera une.

« je dois surveiller l'Underground de quoi exactement ? »

« Oh, de rien. Vérifie simplement que tout est normal. »

Sans doit alors aller à son premier poste. Papyrus salue chaleureusement le roi, Sans se contente de s'en aller en ne traînant pas.

Au niveau de la porte, Papyrus s'arrête.

« IL M'AVAIT L'AIR UN PEU TRISTE. ON AURAIT DIT QU'IL VOULAIT PLEURER. »

« ce ne sont pas nos affaires. »

Mais Papyrus a déjà fait demi-tour et passé la porte de nouveau avant que Sans ne s'en rende compte. Sans soupire et attend patiemment que son frère revienne, mais il ne revient pas.

Il rejoint aussi la porte et entend la conversation.

« …et ces temps-ci, je ne suis plus très sûr de ce que je dois faire… J'aimerais pouvoir sauver tous les monstres, mais j'ai peur de faire le mal en essayant… »

« IL NE FAUT PAS ABANDONNER ! SI VOUS AVEZ QUELQUE CHOSE A FAIRE ET QUE C'EST BON POUR TOUT LE MONDE, FONCEZ ! »

« Mais comment savoir si c'est réellement bon pour tout le monde ? »

« HMM…. VOUS POSEZ UN GRAND DILEMME AU TOUT AUSSI GRAND PAPYRUS. J'EN SAIS RIEN. » Papyrus réfléchit. « MAIS PEUT-ÊTRE QUE VOULOIR FAIRE LE BIEN SUFFIT ? »

« Tu le crois ? »

« AFFIRMATIF ! »

« Même si…toutes les personnes auxquelles je tenais sont parties à cause de ça ? »

« HEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE… » Papyrus est en train de bugger « UN INSTANT. »

Il rejoint Sans à la porte et chuchote.

« SANS, J'AI PAS COMPRIS ! 'PARTIES', ÇA VEUT DIRE MORTES OU QU'ELLES S'EN SONT JUSTE ALLÉES ? »

Sans n'a pas envie d'attrister son frère, et est surtout pressé de partir. « il veut dire par là qu'il a été abandonné, je pense. rien d'étonnant. »

« MERCI. MAIS ARRÊTE D'ÊTRE NÉGATIF.»

Sans hausse les épaules. « on se refait pas. »

Papyrus revient en force.

« VOTRE HONNEUR ! SI TOUT LE MONDE AUTOUR DE VOUS VOUS ABANDONNE, IL FAUT PERSÉVÉRER ! »

Sans aime bien ce conseil. Asgore aussi visiblement. Il essuie ses larmes.

« Merci beaucoup à toi. Cela fait longtemps que l'on ne m'a pas aussi bien encouragé, et je pèse mes mots. »

Ses joues deviennent oranges. « VOUS ME FAITES TROP D'HONNEUR. SURTOUT, PENSEZ A PRENDRE RENDEZ VOUS CHEZ UN PSY. »

Asgore rit un peu. « J'y tâcherais. »

Après un gros câlin, les deux se disent au revoir, et Papyrus rejoint son frère.

« il ne le méritait vraiment pas. »

« TOUT LE MONDE MÉRITE DE LA COMPASSION. TU N'ARRÊTES PAS DE LE DIRE ! »

« je n'y crois plus tellement. surtout pour lui. »

Sans doit maintenant commencer à travailler, et Papyrus doit rejoindre Snowdin pour déblayer. C'est sa tâche habituelle, il n'y échappera pas. Pas comme s'il avait envie d'arrêter. Cela l'enhardit de voir tous ces gens heureux de pouvoir marcher correctement dans les rues.

Sans est à son poste dans les bois. Il regarde à gauche. Rien. Il regarde à droite. Rien non plus. Il regarde alors devant. Même chose.

Il vient déjà de passer la première étape de son travail, consistant à tourner la tête de droite à gauche.

Sans se rappelle alors qu'il a complètement oublié de regarder derrière !

Sans se tourne donc.

Rien.

Tout est ok, rien à signaler. Les bois sont très paisibles. Pas étonnant, il n'y a personne dans les alentours.

Sans comprend finalement la présence du transat dans son poste d'observation. Il s'y étend.

Un poste de sentinelle est ennuyant, et pour deux raisons : l'une étant qu'il aime bien les travaux qui le font bouger, et l'autre étant que cela vient d'Asgore.

Quitte à ne rien avoir à faire, autant ne rien faire du tout, surtout pour un roi pareil. Sans en fera le moins possible. Comme ça, Asgore le paiera beaucoup pour trois fois rien. C'est sa vengeance secrète.

Il y en aura d'autres, mais il devra se contenter de celle-ci pour l'instant.

Il décide de changer d'air en allant à son poste de Waterfall. Même chose, rien ne s'y passe. Le second transat l'appelle. Il s'y allonge et ferme les yeux.

Il s'est un peu endormi.

Quand il s'ennuie, il s'endort. Mauvaise habitude. Voilà ce qui arrive quand on ne lui donne aucune tâche manuelle à effectuer. Les travailleurs ont ça dans leur essence.

Il a fait un rêve horrible. Quelqu'un lui reprochait de l'avoir laissé mourir, et même de l'avoir tué indirectement. Quelqu'un était très en colère contre lui.

Sans est affalé sur son siège, à son poste de sentinelle de Waterfall. Son cauchemar le fait encore trembler, mais l'ambiance apaisante calme toujours aussi bien ses pensées ténébreuses. Le bruit de l'eau, le silence, la solitude. Ya que ça de vrai dans un monde trop bruyant auprès de cette grande mâchoire qu'est son frère.

C'est à ce moment que ses pensées sont interrompues violemment. Un énorme cri raisonne en plusieurs échos à la fois dans toute la région, mais aussi dans sa propre mémoire.

Il se lève, choqué, et coure sans savoir où aller.

...

Papyrus déblaie la neige avec conviction. Son frère n'est plus là pour le faire, donc il doit assurer ce rôle. C'est que son frère est une sentinelle maintenant. Cela le ravit. Ils n'avaient jamais été considérés de cette manière avant, et Papyrus se tient encore plus droit en annonçant ce que fait Sans de ses journées.

Bien que Sans n'y mette pas tellement d'entrain.

Il se dit qu'il aurait peut être du aller chercher quelque chose où son frère se dépenserait plus. Mais bon, quand on a trois fois rien, il faut accepter les opportunités qui nous arrivent, et Papyrus s'était donné tant de mal pour avoir cette opportunité…

Il commence à se sentir seul, donc il décide d'aller le rejoindre pendant ses heures de travail pour lui amener son repas : un beau sandwich salade. Il le porte fièrement bien en l'air, comme si la chose valait la peine d'être regardée. Les passants l'admirent et applaudissent, et Papyrus ne peut s'empêcher de ricaner de satisfaction. Son rire s'étend dans les bois enneigés.

Il rejoint le poste de sentinelle de Waterfall. A sa grande surprise, il n'y a personne. Papyrus attend. Son frère est peut-être aux toilettes ? Mais Papyrus se rappelle qu'ils n'ont pas besoin d'aller aux toilettes. Inquiet, il commence à hurler le nom de Sans, qui ne répond pas.

Il se promène, toujours en hurlant son nom, toujours le bras bien en l'air. Il espère qu'il n'est rien arrivé de grave.

« SANS ! SAAAAANS ! J'AI DIT A TOUT LE MONDE QUE TU MANGERAIS CE SANDWICH CONFECTIONNÉ PAR MES PLUS GRANDS SOINS, ILS VONT TOUS ÊTRES DÉÇUS SI TU NE LE FAIS PAS ! »

Papyrus se rend compte que des petits monstres oiseaux se sont posés sur son bras et picorent le pain du sandwich.

« ALLEZ-VOUS-EN ! VOUS N'ÊTES PAS DES SENTINELLES, VOUS ! »

Un des oiseaux monstres lui picore l'œil. Par réflexe, Papyrus lâche tout ce qu'il tenait pour se poser une main sur la moitié du crâne. Les oiseaux emportent le repas. Papyrus les regarde s'éloigner.

« ILS DEVAIENT AVOIR TRÈS FAIM. JE SUIS UN HÉROS. »

Papyrus ne se rend compte de sa solitude qu'à ce moment, quand les oiseaux partent.

Devant lui s'étend une caverne très sombre. La terre est noire, l'eau ne reflète rien parce qu'il n'y a pas de ciel à refléter, et il y a des ravins à peu près partout. C'est un endroit périlleux, et il est encore plus fier de son frère, qui doit traverser ce milieu tous les jours à pied. A moins qu'il utilise encore ses satanés raccourcis…

Papyrus ne veut juger personne.

Il entend un vacarme constant. En s'en approchant, il se rend compte qu'il est près des grandes cascades. Elles sont très dangereuses, il y a de nombreux éboulements. Il entend aussi en fond quelque chose se plaindre ou pleurer. Il tend le crâne et retrouve son frère.

« SANS ! »

Il coure pour le rattraper et l'empêcher de tomber dans le vide. Sans bouge frénétiquement pour se libérer de son étreinte et regarde partout, complètement terrorisé.

« i-i-i-i-il est revenu ! il m'en veut ! il est là pour moi ! »

« CALME-TOI ! C'EST MOI, PAPYRUS ! »

En entendant son nom, Sans regarde enfin son frère dans ses yeux. « Papyrus ? »

« QU'EST-CE QUI EST ARRIVE ? »

Sans s'effondre en larme. Il tente de le cacher en plaquant ses mains sur ses yeux, mais sans succès. Ses larmes traversent ses os.

« JE NE PEUX PAS AIDER SI TU NE RÉPONDS PAS. »

« il a encore c-crié… ! je sais qu'il m'en veut… ! »

« QUI ? »

« …c-c'est pas une fleur écho…il a vraiment crié… »

Sans se met à bafouiller des mots incompréhensibles. Au lieu de chercher à comprendre, l'attention de Papyrus se pose sur la grande cascade. Tout près du pont, il y a un endroit où la cascade d'eau claire se mélange à quelque chose d'autre de plus foncé.

« NE BOUGE PAS. JE NE VEUX PAS QUE TU TOMBES. »

« non ! reste ! »

« JE VAIS JUSTE VOIR LA CASCADE. »

La voix de Sans tremble encore. « j'veux pas q-qu'tu m'laisses s-s-seul…pas encooore… »

Papyrus finit par accepter que Sans le suive en lui tenant le bras. Ils s'approchent ensemble de la cascade. La tâche foncée dans l'eau tombante est en fait rouge.

« OH NON… »

« quoi 'au non' ?! c'est lui ?! » Sans se recule par instinct, l'affolement s'empare de nouveau de lui.

Papyrus passe l'eau et rejoint la plate forme derrière. Sans le suit, mais sans regarder ce qu'il y a devant eux.

La plate forme est très petite, et malheureusement, même si Sans baisse les yeux, il est tout de même obligé de voir le sang couler sur le sol.

« SANS, CE N'EST PAS L'HUMAIN QU'ON A CONNU. »

« tu es sûr ? » Sans ne peut pas s'arrêter de trembler contre son dos.

« C'EST UN HUMAIN, MAIS CE N'EST PAS LE MÊME. »

Sans s'autorise enfin à regarder ce qu'il y a devant lui. Il y a un humain, comme l'a dit son frère. L'humain fait une tête de plus que lui-même. Il est habillé en rose avec une jupe très bizarre. Il est allongé sur le ventre, face contre terre. Sa blessure est très grave, et il ne bouge plus. Aucune âme n'est présente.

Papyrus décide de l'enterrer tout seul. Sans ne sera pas d'une très grande aide, ses mains vibrent plus qu'un portable.

Une fois la tombe érigée derrière la cascade, Sans et Papyrus retournent sur le chemin, juste en face d'elle. L'eau est de nouveau claire, la cascade a retrouvé sa pureté. On croirait qu'aucune tombe ne se trouve derrière.

« SANS ? »

« oui ? »

« ON RENTRE ? »

« je veux bien. »

Il n'y a rien de bien durant la journée suivante.

Premièrement, il n'y a pas de petit déjeuner, parce qu'il n'y a pas d'argent, parce qu'ils ont trop dépensé la veille.

Secondement, il n'arrive pas à sortir ce cri de sa tête.

Troisièmement, il a l'impression qu'il est inutile.

Il sait ce qui arrive, il sait qui met tout ça en place, et malheureusement, il ne peut rien y changer. Les choses se passent, et tout ce qu'il peut faire, c'est se contenter de regarder, en priant qu'il n'y ait pas trop de dégât.

De quoi est-ce qu'il a peur ? Il pourrait très bien aller détruire l'origine de ces morts.

Pourquoi il tremble encore ?

Le fait que les autres monstres apprécient le roi le bloque. Tout le monde dit qu'Asgore est un saint, qu'il fait la bonne chose, qu'il prend toujours les bonnes décisions. Si tout le monde est d'accord, sauf lui-même, peut-être que c'est lui-même qui est toute la source du problème, à vouloir ébranler tout ce que les autres veulent. Peut-être qu'il a tort et que les humains qui arrivent méritent la mort ? Dans les souterrains, on fait souvent l'éloge de la majorité. Si la majorité veut que les humains meurent, pourquoi les monstres devraient aller à l'encontre de cela ?

Il déteste sa situation. Se dire que l'on est soi-même dans l'erreur, quand nos principes nous semblent justes, c'est une chose difficile à avouer.

Chose encore plus désagréable : il est aux premières loges pour voir la Mort en action dans ses postes de sentinelle. Il doit se promener et stationner un peu partout, pendant une heure, puis rejoindre d'autres endroits.

Soyons lucides. Il ne se promène pas. Il utilise des raccourcis pour aller d'un poste A à un poste B. Il s'est promis de mal faire son travail, ce n'est pas pour abandonner maintenant.

Il est en ce moment dans les Hotland. Il a très faim, mais ce n'est pas l'heure de sa pause. Il se retire quand même et rejoint rapidement le fast food le plus proche. Il en ressort avec une dizaine de hotdog et revient à son poste, croisant les jambes sur le comptoir.

Il estime qu'il doit faire chaud. Tout le monde se rue vers le distributeur à eau.

Tout le monde.

…tout le monde ?

Il penche la tête pour mieux voir la personne qui se sert.

Elle porte une jupe rose.

C'est elle ?

Non, il doit se tromper.

Sans reste à son poste en mangeant lentement.

Rester sur place le fatigue.

Il a l'habitude de bouger, de travailler réellement en faisant quelque chose de constructif. Rester immobile est une torture.

La mobilité des gens autour de lui est la seule chose qui le console. Les passants le saluent.

Il revoit du rose du coin de l'œil.

Il faut qu'il arrête d'y penser.

Il fait déjà nuit ?

Sans se décide à rentrer.

Il voit un arbre un peu bizarre et-

Il a l'impression qu'il rate des épisodes.

Il est directement tout près de la cabane, sans avoir utilisé le moindre raccourci. Sans se poser plus de questions qu'il n'en a déjà, il pousse la porte.

Encore du rose.

Ce n'est rien, ce n'est que le journal. Papyrus est en train de le lire, et les gros titres sont très colorés.

« Sans ! JE T'ATTENDAIS ! »

« désolé, Papyrus, je n'ai pas remarqué que c'était la nuit. »

« DÉBLAYER LA NEIGE C'EST LONG. »

« oui, mais…quel rapport ? »

« ENFIN BREF ! JE NOUS AI TROUVE UN CRÉNEAU POUR ALLER VOIR ASGORE ! C'EST MAINTENANT ! »

« hein ? »

« ALLEZ, VIENS ! IL NOUS ATTEND ! » Papyrus le tire par le bras.

« pourquoi tu veux aller le voir ? »

« POUR QU'IL TE TROUVE UN TRAVAIL ! »

« mais on est déjà allé le voir, j'en ai déjà un de travail. »

« …AH BON ? »

« tu devrais aller te coucher. »

« DÉSOLÉ. » Papyrus baille fortement, puis se rallonge. « J'AI DU OUBLIER. »

« bonne nuit, frère. »

« BONNE NUIT. »

Les deux s'endorment paisiblement.

Ses postes ont disparus.

Tous les endroits où il doit jouer les sentinelles ont disparus.

Il a beau se frotter les yeux, se pincer, rien ne revient. Il n'y croit pas.

Dehors, tous les monstres ont l'air en bonne forme. Ils se saluent, rient, parlent, mangent et jouent ensemble. L'atmosphère est paisible. On croirait que rien n'est arrivé.

Pourtant, tout est différent.

Sans se promène dans les rues avec Papyrus avec des pelles et des râteaux. Papyrus est persuadé que Sans va rester avec lui toute la journée pour déblayer la neige.

« ENCORE UNE JOURNÉE TRÈS POUDREUSE ! »

« ça ne veut rien dire. »

« ET ALORS ? »

« pap, je suis sérieux. j'ai un travail de sentinelle, on est allé voir le roi hier. tu ne t'en souviens pas ? »

« C'ÉTAIT SANS DOUTE UN RÊVE. HIER J'AI DÉBLAYÉ LA NEIGE D'UN AIR DÉTERMINÉ. TU ÉTAIS LA AUSSI. »

Sans s'accroupit et se laisse tomber sur le dos dans la neige. Papyrus le suit et se laisse tomber sur le dos dans la neige. Le matériel les suivent et tombent aussi dans la neige, mais ils n'ont pas de dos.

« JE NE COMPRENDS PAS SUR QUOI TU COINCES ! ON DÉBLAIE COMME LES AUTRES JOURNÉES, ON EST PAYES, ON MANGE, ET TOUT VA BIEN. »

« je ne suis pas sûr de ce qui m'arrive…je te jure, pap. hier, on est allé voir le roi. »

Papyrus commence à faire un ange dans la neige.

« QU'EST-CE QU'ON A FAIT D'AUTRE SELON TOI ? »

« il y avait un humain mort. »

« TU FAIS VRAIMENT UNE FIXATION SUR CE COWBOY, MAIS LAISSE MOI TE DIRE QUE- »

« ce n'était pas le cowboy ! c'était une ballerine ! »

« …TU VOIS ? JE SUIS DÉJÀ PERDU. »

« elle a une jupe bizarre et rose, on l'a trouvée morte et on l'a enterrée derrière la cascade… la cascade ! » Sans se lève en vitesse.

« TU VAS OU ?»

« suis moi à Waterfall ! »

« MAIS ILS COMPTENT TOUS SUR NOUS POUR NETTOYER LES RUES ! »

« on le f'ra plus tard ! »

Papyrus tient la main de Sans. En quelques secondes, ils sont près de la cascade.

« c'est là ! je t'assure que c'est là ! tu as engouffré tes mains dans le sol, tu l'as enterrée, et tout est rentré dans l'ordre ! »

Les deux squelettes passent la cascade, et rejoignent la plate forme derrière celle-ci.

Sans regarde partout. Il n'y a rien. Ni tombe, ni tas de terre, ni corps, ni sang.

La respiration de Sans s'accélère. Il se laisse tomber à genoux en se tenant la tête. Papyrus se baisse pour le réconforter, mais rien n'arrête ses sanglots.

« qu'est-ce qui m'arrive, Papyrus ?! »

« JE SUIS DÉSOLÉ, JE NE SAIS PAS CE QUI SE PASSE. MAIS RESSAISIS-TOI, SANS. TOUT VA BIEN. TOUT VA... »

Sans arrête de trembler. L'ambiance devient glaciale. Plus aucun son ne parvient à ses cavités auditives. On dirait la mort. Ou alors une nouvelle naissance.

Son frère ne bouge plus, et il l'abandonne sur le sol pour tenter de comprendre son univers un peu mieux. Il a l'impression que ce dernier lui a menti tout du long, et que ce ne sera pas la dernière fois.

Il entend un bruit derrière lui. Il se retourne rapidement avec un œil bleu.

La ballerine le regarde droit dans les yeux, et il a l'impression qu'elle scrute son âme, qu'elle le connait par cœur.

« non, tu es morte ! »

Le visage de l'humaine tire une grimace de rage à ces mots. Elle fléchit son bras, et alors l'élance vers lui. Le coup est rapide et douloureux.

Il se sent partir loin.

Il veut s'accrocher à quelque chose pour rester un peu plus, mais…

Tout a disparu. Il n'en peut plus. Il sent sa raison disparaître aussi.

Cela fait des semaines que Sans est dans cet état. Papyrus ne sait plus quoi faire. Son frère passe ses journées dans son lit à trembler et à demander pardon dans le vide. Il ne sort plus, ne dort plus et n'a plus du tout de conversation avec quelqu'un d'autre que lui-même.

Papyrus est du coup bien obligé d'aller travailler par lui-même, tout seul. Chose qu'il n'a jamais faite. Jusque là, il était accompagné. En solo, le travail parait plus long et plus grand, et personne n'est près de lui pour le faire rire.

Il a demandé de l'aide encore une fois à tous les habitants de Snowdin. Comme Sans ne bouge pas, ce sont les habitants qui sont venus le voir en plein milieu de la forêt dans leur cabane. Personne n'a réussi à l'aider à se sortir de là.

Un jour, Papyrus rentre avec le repas. Grillby a bien voulu leur offrir du poulet grillé. Fier du plat chaudement chauffé, il le place devant Sans, qui relève les yeux.

« SANS ! IL FAUT UN BON REPAS ÉQUILIBRÉ POUR- »

« tais toi ! elle va revenir ! »

« TOUT VA BIEN, PERSONNE NE TE VEUT DE MAL. »

Papyrus s'approche de Sans pour le prendre dans ses bras, mais il est brutalement repoussé.

« ne t'approche pas… »

« SANS ? »

« laisse moi seul…ils le font tous… et ils reviennent et ils me torturent… laisse moi seul pour de bon… »

« JE NE PEUX PAS FAIRE ÇA, SURTOUT MAINTENANT. »

Papyrus s'assoit en face de son frère. Sans joint ses fémurs et sa cage thoracique, et se balance d'avant en arrière frénétiquement, comme un fou. Rien ne peut le rassurer. Papyrus a déjà tout essayé.

Alors il attend. Et il attend longtemps.

Au moins, Sans répond à quelques questions simples. 'Oui' et 'non' sont les deux mots logiques qu'il semble avoir conservé le mieux.

Il a aussi des élans de paroles un peu incompréhensibles, où il est toujours question de ballerine et de retours en arrière. Papyrus n'ose pas le contrarier, et va toujours dans son sens, demandant toujours plus de renseignement concernant ces deux choses qui l'obsèdent.

Sans finit par avouer quelque chose à Papyrus. La ballerine le fait souvent chanter.

Papyrus ne connait pas cette expression et retrousse les narines qu'il n'a pas. Il en conclue que la ballerine aime la musique. Cela parait censé.

Sans abandonne l'idée de lui expliquer et reprend ses gestes frénétiques sans articuler un mot.

Il sent qu'on est en train de lui parler, mais il ne veut pas écouter.

Alors qu'il commence à se frapper le crane contre le bord d'un meuble, une main l'empêche de continuer et l'écarte gentiment. Quand il se retourne, il aperçoit l'humaine.

Sans tombe à genoux devant elle, mais ne la perd pas des yeux. Il la regarde. Elle rayonne, elle ressemble à un ange. Pour la première fois depuis quelques jours, Sans se sent bien.

Elle s'approche et pose une main sur sa joue. Son sourire s'élargit, ses yeux se referment et il n'arrive plus à bouger. Pourquoi il le voudrait de toute façon ? Ce contact est tellement agréable. Il a enfin l'impression que quelque chose dans ce monde est réel.

En présence de la ballerine, il se sent réel.

La ballerine s'écarte, et il se sent de nouveau mal. Elle sort alors un sac rempli d'objet.

La danseuse se met à lui montrer tour à tour chaque objet, comme si elle cherche à les lui vendre. Elle finit ensuite par lui montrer le plus brillant de tous : une pierre dorée. Où a-t-elle bien pu trouver tout ça ?

Les objets sont jetés dans un coin, et elle s'approche de Sans. Sa main se relève, et elle dresse un index vers lui.

S'il te plait…

Sans secoue la tête de droite à gauche en se reculant.

La ballerine prend un air beaucoup plus menaçant et se penche sur lui pour s'imposer. Elle recommence son geste.

Donne la moi !

Le sac d'objet s'élance tout seul contre un mur. La fille regarde derrière elle pour voir le désordre, mais ne parait pas surprise. Elle se tourne de nouveau vers Sans, avec un air beaucoup plus doux. Elle joint ses paumes et se met à genoux.

Je t'en supplie… !

Mais tout cela est inutile, Sans ne répond pas, et n'a pas l'air de vouloir accepter.

L'humaine semble avoir perdu son dernier espoir. Elle se laisse tomber au sol et pleure très silencieusement.

Égoïste

Sans veut s'approcher d'elle, mais au dernier moment, l'humaine relève la tête en criant, puis disparaît dans un flash.

Il commence à comprendre.

Sans sort de la pièce pour rejoindre Papyrus dehors. Il coupe du bois pour fabriquer de nouveaux tabourets. Le plus petit squelette lui fonce dessus pour le prendre dans ses bras fermement.

« SANS ? QU'EST-CE QUI T'ARRIVE ? »

« …quoi qu'il se passe, ne t'inquiète pas, d'accord ? tout va s'arranger après je te le promets, je reviendrais bientôt. »

« DE QUOI TU PARLES ? »

« ne me cherche pas. »

« SANS ! »

Sans disparaît. Il rejoint rapidement Waterfall et les cascades.

Il peut déjà se déplacer rapidement dans l'espace. Se déplacer dans le temps ne doit pas être si différent.

Une fois sur l'un des ponts, il regarde le ravin en dessous de lui. S'il veut que les choses changent, il n'a pas le choix. Il inspire profondément. A-t-il réellement besoin de mourir pour le faire ? Aucune idée, il ne l'a fait qu'une seule fois...

Sans avance de plusieurs pas et se laisse tomber dans le vide.

La chute est longue. La vie de Sans défile devant ses yeux, même les plus mauvais souvenirs du début de son existence. Mais il remarque l'omniprésence de son frère dans chaque recoin de sa mémoire.

Il n'aurait jamais du faire ça.

Il voit le sol se rapprocher et se dit que c'est la fin, mais au dernier moment, il aperçoit un tas de fleurs dans un coin, un autre que celui de la décharge, et beaucoup mieux fourni. Par réflexe, il se téléporte là-dedans.

Il atterrit en douceur dans le cercle de fleurs dorées. En se relevant, il remarque les ténèbres tout autour de lui. Seul le cercle de fleurs est illuminé. En relevant les yeux, il voit un énorme flash de lumière qui l'éblouit. Il met alors des lunettes de soleil pour observer en l'air, mais ne sait pas ce que c'est. Il ne sait pas non plus où il est.

Il range ses lunettes et regarde de nouveau autour de lui. Les fleurs n'ont poussé que sous la lumière. Sans se souvient qu'il déteste les fleurs dorées, mais il a beau chercher, il se sait plus pourquoi.

Il se contente de les piétiner. Il entend comme une plainte quand il le fait, mais il se dit que c'est le bruit d'une mouche qui passe par là, ou d'un nuisible…en tout cas de quelque chose que l'on n'aime pas.

Il s'éloigne du cercle illuminé, puis entend une vraie voix. Quelqu'un est en train de pleurer.

Il marche quelques minutes dans le noir avant de trouver un autre halo de lumière, où une fille est étendue, se tenant la cheville. Elle a l'air d'avoir mal. Sans s'en approche.

« (Snif) Au secours… »

La jeune fille ne semble pas l'avoir remarqué. Il a l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais il ne s'en souvient pas. Il veut aller la rejoindre.

Il avance très lentement vers elle. Ses larmes ne faiblissent pas, et elle renifle régulièrement.

« tout va bien maintenant. »

Elle relève les yeux vers lui.

« Comment vous pouvez le savoir ? Je ne vais (Snif) plus jamais revoir mes parents, je ne vais plus pouvoir ni danser, ni (Snif) m'amuser. »

« qui t'a fait ça ? »

« (Snif) Je sais pas. J'étais aux cascades. (Snif) Et je suis morte. J'ai appelé à l'aide mais personne n'est venu. »

Sans soupire. Il est peu commun que personne ne vienne lorsqu'un monstre appelle à l'aide. Mais un humain…

Il s'assoit près d'elle.

« je sens bien que t'as une âme de monstre. où est ton âme humaine ? »

« Je ne sais pas. (Snif) On me l'a volée, et je suis obligée de mourir maintenant. Sauf si je vole la tienne. »

« qui t'a dit ça ? »

« La fleur. (Snif) Je veux pas mourir… »

« calme toi. d'accord ? »

« Pourquoi tu veux pas me donner ton âme ? (Snif) J'aurais pu faire des choses meilleures avec. Tu aurais pu voyager avec moi. Toi tu ne fais que rester assis toute la journée. Si j'avais pu vivre longtemps, j'aurais pu tellement faire plus… »

Pour le moment, rien ne sert de parler au conditionnel. Il faut régler ce problème qu'est la présence permanente de la ballerine, et surtout de ses résurrections.

« si tu es morte, qu'est-ce que tu fais là ? comment tu fais pour revenir ? »

Elle baisse la tête. « La fleur m'a prêtée une âme… (Snif) Mais si je ne lui ramène pas la tienne, elle va me la reprendre. »

« ah. et elle est où cette fleur ? »

Elle n'a pas le temps de répondre que des dizaines de ronces ont déjà immobilisé ses deux jambes. Un rire menaçant raisonne dans tout l'endroit. Sans est complètement piégé, attaché comme un animal et dans le noir le plus total.

Ces éléments lui rappellent le début de sa vie. Et tout comme au début de sa vie, il ne se laissera pas faire.

Son œil devient bleu et il se projette sur le côté. Les ronces ne le retiennent plus, elles ne sont pas assez rapides pour le suivre. De plus, Sans lève rapidement le bras et les ronces sont toutes arrachées du sol.

Au bout de l'une d'entre elles se trouve une toute petite fleur souriante.

« Salutations, je suis Flowey, Flowey la fl- »

En voyant le sourire menaçant du petit squelette, la fleur tremble au lieu de finir sa phrase.

Sans hausse les épaules. « m'en tape. »

Il détache la fleur des ronces et lui offre le plus grand Falcon Punch jamais vu. La fleur a du mal à s'en remettre. Toutes les ronces disparaissent dans le sol.

La petite plante se relève avec un sale regard.

« Et toi ?! Tu comptes faire semblant de souffrir longtemps ?! Tu veux que je reprenne ton âme, c'est ça ?! TUE MOI CET IDIOT ! »

Sans se retourne, et peut ainsi voir la ballerine sur ses deux pieds, bien décidée à vouloir faire quelque chose, mais sans savoir comment. Elle n'est pas vraiment armée. Elle se penche vers le sol pour ramasser des pierres et les envoyer contre le squelette.

Les pierres font un grand bruit, mais aucun mal. Sans ne bouge même pas tellement le traitement ne lui fait rien. Il tente tout de même de protéger son âme avec son bras. Une pierre entre dans son orbite, roule et ressort en étant projetée.

« eh, gamin, arrête. tu te ridiculises. »

La ballerine ne trouve plus aucune pierre autour d'elle. Elle retire alors ses chaussures, et les envoie une à une dans la tête de Sans. L'attaque porte ses fruits et Sans souffre, non pas physiquement, mais mentalement. Se recevoir les chaussures de quelqu'un en plein dans le nez est embarrassant.

« bon, bah je crois que c'est mon tour ? »

Sans dresse un bras vers l'humaine, qui tente de se débattre. Elle est immobilisée.

« voilà. on peut dire que j'ai gagné. »

Il marche lentement vers elle, les mains dans les poches, son œil de plus en plus bleu.

« tu sais, il y avait quelqu'un avant toi. tout le monde osait lui faire du mal, alors qu'il se contentait de parler. moi je l'aimais bien. malgré ses mots, il me redonnait espoir, et quand je lui tendais une main, peu importe le contexte, il me disait 'merci'. mais toi… »

Quand il arrive près d'elle, il se met à lui tourner autour.

« tu te ramènes, tu t'installes, on t'offre une jolie tombe mon frère et moi, je te tends la main à plusieurs reprises, et tu as l'audace de revenir nous contrarier. et pas qu'une fois… tu y a mis beaucoup d'entrain je trouve. j'ai presque envie de t'applaudir. »

Il applaudit quelques secondes, puis remet ses mains dans ses poches.

« tu t'es peut-être dit que me rendre cinglé était la meilleure approche pour me prendre mon âme. tu ne t'es sans doute pas demandée quelles conséquences ça aurait, hm ? peut être parce qu'une petite fleur t'a tout bien expliqué comment faire, et que si cela dégénérait, ça aurait été sa faute. tu aurais dit quoi ? qu'elle t'a menacée ? peu importe. tout est bon pour ne pas avoir à prendre tes propres responsabilités, n'est-ce pas ? »

L'humaine n'envisage pas tellement le futur comme étant bon.

« j'aimerais te poser une question. une vie peut-elle réellement valoir plus que celle d'un autre ? parce que tout à l'heure, tu t'es amusée à me dire que la mienne ne valait rien. sur quoi tu te bases au juste ? sur tes propres qualités ? ou peut-être que tes paroles n'étaient qu'un prétexte pour survivre ? dans ce cas, tu es la plus égoïste de nous deux. est-ce que ta vie te semble encore la plus importante ? vu ton air, je ne crois pas. »

Sans s'arrête de marcher. Quand il se tourne vers l'humaine, ses deux yeux sont noirs.

« et puis je vois difficilement comment je pourrais être pire qu'une personne "sans coeur". » Il ricane à sa propre blague. « oups. j'ai touché au sujet sensible… »

La ballerine boude.

« mais ne t'en fait pas. tu n'es pas la seule à agir de cette façon. tous ceux qui se reprochent des choses se les pardonnent, tout en les méprisant chez les autres. »

Sans récupère ses pupilles blanches en clignant des yeux. L'ambiance devient moins oppressante.

« pour cette histoire de vies qui se valent, sache que ma vie n'appartient pas seulement à moi. c'est pour ça que je ne peux pas me permettre de mourir. tu ne connais pas encore ce sentiment. tu es peut-être le genre de personne qui vit seul ? si un jour tu te retrouves avec quelqu'un qui tient à toi, tu verras ce que c'est, d'avoir des gens qui s'inquiètent pour toi. c'est tout ce que je te souhaite. »

Le sourire de Sans s'accentue.

« je ne sais pas si c'est vraiment toi qui a agi ou alors l'âme de ce monstre. mais je te jure que si j'ai l'occasion d'avoir ton âme entre mes mains, je te la redonnerais. et tu sais pourquoi ? parce que tout le monde mérite d'être sauvé, toi pas plus qu'un autre monstre, et un monstre pas plus que toi. alors ne te mets plus en avant. »

La ballerine se remet à pleurer, mais ce sont des larmes sincères, cette fois. Une fois de plus, il ne sait pas qui pleure réellement. Le monstre qui a retrouvé espoir, ou bien l'humaine qui regrette ses gestes… cela demeurera un mystère.

« en attendant, ne fais plus aucun mal aux autres en retournant en arrière, il faut tout accepter, même les plus mauvais trucs... » Sans prend un air troublé en disant cela, mais regagne en vigueur en quelques secondes. « tu peux avoir une vie bien meilleure que celle-ci, je t'assure. et souviens toi : même si tu meures, tu survivras en tant qu'âme humaine. alors tu n'as rien à craindre.»

Sans estime que la ballerine a été convaincue. Il la libère alors de ses pouvoirs, et l'humaine à l'âme de monstre se rue dans ses bras.

Finalement, contrairement à ce que la fleur a dit, quelqu'un était venu, et est toujours là. Elle n'a juste pas su regarder au bon endroit.

Dans le coin de la pièce, un monstre doré regarde la scène avec dégoût. La fleur est si déçue de ce combat qu'elle se parle à elle-même. « Je ne pensais pas que les humains pouvaient être aussi faibles… tous ceux que j'ai rencontré étaient plutôt doués, mais elle… ça ne m'attriste même pas de la voir mourir. »

Et en un instant, des paillettes de l'amitié entourent la ballerine. Sans ne les remarque pas assez rapidement pour pouvoir empêcher la mort, et la ballerine s'effondre dans ses bras. L'âme de monstre est brisée en mille morceaux. Sans lâche le corps sans vie lentement par terre. La ballerine ne pourra plus être sauvée.

La fleur ne dit plus rien, elle se contente de regarder, pour vérifier que l'humaine est bien morte. Quand Flowey est sûr qu'elle ne respire plus, il se met à rire à chaudes larmes.

« Elle était dans tes bras et tu n'as même pas levé le petit doigt pour la protéger ! Alors que tu parlais de la sauver ! Et elle est morte ! »

La fleur ricane encore plus fort. Son rire raisonne et agresse tous les murs. Sans a toujours détesté les fleurs jaunes. Il se rappelle maintenant pourquoi.

« elle n'est pas morte. son âme est encore quelque part dans les souterrains. »

« Sans doute chez Asgore. Il aime tellement les collectionner. Tu devrais aller le buter je crois. Il a fait en sorte que ton petit cowboy chéri soit massacré, non ? »

Il s'en approche. La fleur tente d'entrer sous terre, mais le squelette tend une main vers elle et l'immobilise. Flowey est aussi paralysé, à la fois à cause de la magie et de la peur.

« comment tu peux tuer des gens comme ça sans remord ? »

Sans ramène la fleur vers lui pour la tenir d'une main. De l'autre, il commence à en arracher les feuilles.

« OUCH ! Si jamais tu te dresses contre les projets d'Asgore... URGH ! ...absolument tous les monstres voudront ta mort ! Et puis les humains qui tombent ici ne valent pas la peine d'être sauvés ! Les bonnes personnes ne finissent pas ici ! Pourquoi tu te donnes tant de mal ? AÏE, MAIS ARRÊTE ! »

L'œil de Sans devient bleu. Les mots de Flowey deviennent encore plus rapides et affolés.

« Je te connais par cœur ! Tu ne vas pas me tuer ! Tu ne le peux pas ! Je n'ai plus d'âme ! Tu peux pas m'arrêter non plus ! »

La fleur est envoyée contre les murs de la salle. Elle hurle en heurtant les parois.

« je peux toujours te torturer jusqu'à la fin des temps. » Sans trouve toujours les mots pour convaincre. « qui a pris les âmes des deux humains ? »

Flowey sait très bien que se débattre est inutile. « Je ne sais pas qui s'est arrangé pour tuer les deux lourdauds, mais je sais que les âmes sont chez Asgore, dans de magnifiques cercueils, bien en lignes. »

« c'est Asgore qui tue ? »

« Tu rigoles ? Il ferait pas de mal à une fleur, pas comme toi ! C'est quelqu'un qui les lui ramène, mais qui n'a pas été engagé par ce crétin. Sans doute un monstre beaucoup trop patriotique, qui croit faire le bien en butant tout ce qu'il voit. J'adore cette façon d'agir ! Mais pas cette dévotion. »

Visiblement, la fleur ne sait rien. Sans n'a pas envie de perdre plus de temps.

« ramène-moi en arrière. »

« Même si je le fais, l'humain ne reviendra pas. C'est la condition. »

« je le sais. ramène-moi en arrière… mon frère doit s'inquiéter. »

« Je vais le faire, alors relâche-moi. »

Sans s'exécute. Le marché est conclu.

Il ne peut pas y remédier : il trouve ce pouvoir extrêmement effrayant, et déteste avoir à l'utiliser. Mais il ne sait pas comment s'en aller d'ici et de ce moment autrement.

« Passe la porte. Tout devrait revenir à la normale… »

Sans se dirige vers elle. Il se sent partir.

Tout disparaît de nouveau.

« …sauf ta mémoire. Tu te souviendras de tout. Mais tu le sais déjà. »

C'est une très belle journée dehors. Les oiseaux chantent, les fleurs éclosent. Dans des jours comme cela…tout semble parfait.

Sans s'est un peu endormi.

Quand il s'ennuie, il s'endort. Mauvaise habitude. Voilà ce qui arrive quand on ne lui donne aucune tâche manuelle à effectuer. Les travailleurs ont ça dans leur essence.

Il a fait un très beau rêve. Quelqu'un acceptait tout ce qui était arrivé.

Sans est affalé sur son siège, à son poste de sentinelle de Waterfall. Son rêve le fait encore méditer, et l'ambiance apaisante s'accorde avec ses belles pensées. Le bruit de l'eau, la sérénité, l'intégrité. Ya que ça de vrai dans un monde où on peut perdre la tête facilement, ou alors carrément tout perdre.

C'est à ce moment que ses pensées sont interrompues, mais il s'y attendait. Un énorme cri raisonne en plusieurs échos à la fois dans toute la région, mais aussi dans sa propre mémoire.

Sans se lève. Il sait exactement où aller.

Les cascades longent les parois de la caverne et servent presque de mur, mais Sans sait ce qu'il y a derrière elles. Il s'en approche en évitant les pierres et rejoint la plate forme.

Une demoiselle est étendue là. Il n'y a même pas une seule goutte de sang. C'est comme si la première fois, la mort de l'humaine n'avait été violente que parce qu'elle l'avait refusée. Cette fois-ci, c'est différent. Elle a l'air de dormir paisiblement.

Sans s'accroupit près d'elle. Il est certain qu'il s'agit du bon scénario. Rien ne doit changer. Il l'enterre de lui-même. Inutile d'appeler son frère pour l'aider. Il y prend une bonne heure, mais à la fin, le travail est bien fait. Comme il aime.

En s'éloignant des cascades, il décide que les lieux sont assez beaux pour y marcher et prendre son temps. Il rencontre plusieurs monstres, les saluent en souriant (de toute façon, il ne peut pas faire autrement) et sifflote.

« Egoïste ! File moi un peu de glace !"

Sur le chemin, Monster Kid et un autre ami se disputent un cornet, que le vendeur de Nice Cream leur a vendu. Quand ils aperçoivent le squelette, ils le saluent aussi chaleureusement.

« Salut Sans ! »

« salut. »

Les deux petits monstres se battent déjà. Monster Kid fait semblant d'avoir mal, et que la seule chose qui le soignerait serait une bonne glace bien froide. Quel petit plaisantin, et parfait acteur.

Sans quitte la région et rejoint la cabane.

Une fois dedans, il remarque à quel point sa maison est en désordre. Les meubles sont presque tous retournés, toutes les portes sont ouvertes et le feu de camp au milieu du salon s'est propagé sur une partie du sol.

La réaction logique pour lui est de s'inquiéter pour son frère.

« pap ! t'es où ?! Papyrus ! »

Un squelette entre alors dans la maison en explosant la fenêtre.

« SANS ! TU ES LA ! ÇA FAIT DES HEURES QUE JE TE CHERCHE PARTOUT MÊME SOUS LES MEUBLES ! MAIS T'ÉTAIS OU ?! »

« pas là~ ! »

« PAS LA ? »

« pas là~ ! »

« TU M'ÉNERVES ! »

Papyrus le serre fortement dans ses bras.

« désolé. »

« JE PENSAIS QUE TU ÉTAIS PARTI POUR DE BON. »

« pourquoi ça ? »

« HEU, EH BIEN…JE SAIS PAS. J'AI OUBLIE. DU COUP J'AI L'AIR IDIOT !»

« c'est rien. » Sans regarde l'état de la fenêtre. « en revanche, ça, nan. t'aurais quand même pu prendre la porte d'entrée. ça va nous prendre des années à tout réparer. »

Des jours plus tard, alors que Sans a eu sa paye grâce à son nouveau travail de sentinelle, les deux frères partent acheter une vitre dans le village. Ils ne savent pas s'ils vont pouvoir trouver leur bonheur, mais il faut bien essayer.

Ils passent alors devant un grand et magnifique chalet, devant lequel Papyrus s'arrête. Sans s'arrête aussi et observe ce qu'il regarde.

« A CHAQUE FOIS QUE JE PASSE DEVANT, JE LE TROUVE TOUJOURS PLUS BEAU. »

« deux boites aux lettres, ça fait tout de suite la différence. »

« PARFAITEMENT ! TU CROIS QU'ON AURA UN CHALET COMME ÇA, UN JOUR ? »

Sans aperçoit le panneau 'à vendre'. Le prix est fort élevé.

« on peut toujours y croire, pap. »

Sans continue d'avancer. Papyrus le suit.

« j'avais une question à te poser. »

« LAQUELLE ? »

« tu penses que toutes les vies se valent ? »

« HEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE... UN INSTANT. »

Papyrus se retourne quelques secondes pour débattre dans sa tête avec lui-même. Comme il n'a qu'un seul avis, il revient rapidement dans la conversation.

« BIEN SÛR. »

« pourquoi ? »

« C'EST LA SEULE CHOSE QUE TOUT LE MONDE A ET QUI EST ÉQUITABLE. ET PUIS POUR CEUX QUI N'ONT PAS BEAUCOUP DE CHANCE, LA VIE EST A PEU PRES LEUR SEUL LUXE ICI-BAS. »

Sans trouve que son frère a de bonnes références musicales, tout comme l'auteure de cette histoire.

« et si un jour un criminel me tue, tu penses quand même que la vie du criminel vaut la mienne ? »

« BIEN SÛR. IL FAUDRA LE PUNIR, MAIS SURTOUT PAS LE TUER. SINON, IL N'AURA JAMAIS L'OCCASION DE POUVOIR CHANGER ET DE SE FAIRE PARDONNER ! POURQUOI ? TU COMPTES MOURIR DE LA MAIN D'UN CRIMINEL ? TU SAIS QUE JE NE TE LE PERMETTRAI PAS. »

« je le sais. »

Comme Papyrus a retiré toute la neige, le chemin est très facile à emprunter. Les petites jambes de Sans n'ont aucun mal à bouger. C'est le bonheur.

« papyrus. »

« MOUI ? »

« j'adore ta vision de la vie. »

« NYEHEHEHEHE ! »

.


.

FIN ALTERNATIVE (PAS SÉRIEUSE)

« j'adore ta vision de la vie. »

« NYEHEHEHEHE ! »

« mais pas ton rire. »

« OUIIIIINNN ! »

Papyrus se jette du haut du pont et meure. Sans va lui faire une tombe. C'est sa troisième, il adore ça.

FIN

.


.

Eh bien voilà ! La fin !

Je tiens à préciser que les six âmes ne vont pas forcément passer leur temps qu'avec Sans et Papyrus. Là, il y a eu un peu de Flowey, mais dès le prochain chapitre, on verra d'autres personnages. Sinon, j'aurais appelé ça 'Les 6 âmes humaines, Sans et Papyrus'. Et c'est pas le but.

Merci d'avoir lu, et à la prochaine ! En attendant, apprenez bien votre quatrième langue : le chinois ! Là ça va me laisser beaucoup de temps pour écrire la suite. ;)