Wouaw...merci à toutes pour vos reviewes. Je ne pensais pas susciter autant d'intérêt avec un premier chapitre. Merci.
Voilà donc le deuxième. Ça s'installe doucement mais surement.
Les pensées sont en italique.
Bonne lecture.
Tchitchou.
oOoOo
Chap. II : « Scène de ménage »
- Ma chérie, tu as l'air à la fois radieuse et fatiguée. Toi, tu as passé la nuit avec un homme, je me trompe ?
A peine arrivée à l'Institut Jeffersonian, Angela m'assénait déjà sa rituelle batterie de questions. Tout cela sous prétexte que j'avais un quart d'heure de retard.
- J'ai passé la nuit avec Larry.
- Larry ? C'est qui ça, Larry ? Le courtier qui ressemble à un surfeur ?
- Non, ça c'est John. Larry, c'est le prof de biologie.
- Et bien dis-moi, tu ne t'ennuies pas… Booth est au courant ?
Déposant mes affaires sur la chaise de mon bureau, je fronçais les sourcils, cherchant un quelconque lien entre Booth et mes partenaires sexuels occasionnels.
- Au courant de quoi ?
- Que tu vois deux hommes à la fois ? Parce que la dernière fois…
Oh…. Jason et Marc… mauvais souvenirs…
- Je ne vois pas deux hommes à la fois Angela. John, avec qui je n'entretiens pas de relation fixe, est en Australie pour un mois. J'ai donc appelé Larry, un ancien amant, pour assouvir quelques besoins urgents. Je ne vois pas le problème puisque que je ne suis engagée avec aucun des deux. Et je vois encore moins en quoi ma vie sexuelle concerne Booth.
- Peut-être parce que c'est Booth, et que vous deux…
- Angela ! Tu ne vas pas recommencer… Booth et moi sommes justes…
- Partenaires. Je sais. D'ailleurs le voilà, ton "partenaire".
Booth entra dans mon bureau en sifflotant. Il portait l'un de ses impeccables costumes noirs et une cravate d'un rouge sombre.
- Bonjour Mesdames.
- Bonjour beau brun, fit Angela, en lui glissant un regard joueur. Elle était décidément plus que de bonne humeur.
Surpris, Booth leva un sourcil mais ne souligna pas l'attitude espiègle de l'artiste et se tourna vers moi.
- Vous avez l'air fatigué Bones. Vous allez bien ?
- Vous n'auriez pas du poser cette question… fit Angela, fixant le sol pour masquer son sourire qui, malgré tout, ne m'échappa pas. Je lui adressais un soupir appuyé.
- Pourquoi ? lui demanda Booth.
- Parce qu'il va vous falloir une cravate plus flashy pour aujourd'hui…
Je ne compris pas l'allusion d'Angela. Mais je vis Booth tiquer. Ce qui ne m'empêcha pas de lui expliquer les raisons de la présence de cernes sous ses yeux.
- Et bien ce que vous faites de vos nuits ne me regarde pas Bones. Donc restons-en là.
Booth était mal à l'aise et fuyait mon regard. Son changement d'attitude ne m'étonna pas. Il pouvait être si inconstant, surtout quand notre discussion s'orientait vers des sujets comme ma vie sexuelle. Je mettais sa gène sur le compte de son éducation catholique. Puis comme à son habitude pour reprendre le contrôle de la situation, il frappa dans ses mains.
- Attrapez votre matériel, Bones. On a une affaire. Un avion nous attend.
- Un avion ?… s'étonna Angela.
- Oui. On part pour Louisville, Kentucky. Des ossements ont été retrouvés dans le box d'un cheval de l'hippodrome Churchill Downs. Des ossements humains à première vue… Ils ont besoin d'une anthropologue pour confirmer. Alors à moins de vouloir faire 10 heures de voiture, un avion s'impose.
- Bien. Je préviens Camille et je vous suis.
- Cam est prévenue. Les os n'attendent plus que vous.
Son ton directif commençait à m'agacer, au moins autant que son sourire en coin. Angela s'en aperçut et en gloussa d'avantage.
- Bon je vous laisse. Vous pensez rentrer ce soir ?
- Dans la mesure du possible oui, répondit Booth.
- Ok, mais ne vous pressez pas… Et tenez-nous au courant, si on peut servir à quelque chose.
Sur cette dernière raillerie, Angela quitta mon bureau. Après avoir pris mon matériel et un change dans l'un de mes placards, au cas où notre déplacement s'éterniserait, j'étais enfin prête à suivre mon partenaire.
oOo
Le voyage en voiture se fit dans le silence. Booth disposait de son propre sac de voyage sur la banquette arrière du SUV. Ce n'est qu'arrivés à l'aéroport, dans la file d'attente de l'embarquement, qu'il se décida à briser notre silence.
- Alors, je le connais ?
- Pardon ?
- Votre nouvelle conquête, celui avec qui vous avez passé la nuit, je le connais ?
- En quoi ça vous intéresse Booth ?
- Ça ne m'intéresse pas plus que ça. C'est pour parler.
- Et bien parlons d'autres choses si cela ne vous dérange pas. De celle avec qui vous avez passé la nuit peut-être ? ajoutai-je taquine.
- Vous allez être déçue. Rebecca m'a déposé Parker à l'improviste hier soir. On a eu une soirée entre hommes.
Je m'adoucis à l'évocation de Parker. Le garçon avait ce pouvoir sur moi, celui d'arrondir les angles, de faire que tout devienne simple.
- Bien. Alors parlons de l'affaire qui nous conduit à Louisville.
- Ce n'est pas encore une affaire. On ne sait même pas si ces os sont humains. Mais je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise Bones. Il ne faut pas avoir honte de votre nouveau petit ami…
J'étais presque embarrassée de lui avouer ça. Comme si le fait d'étaler ma vie sexuelle devant Booth m'en révélait la brutale vérité : oui, j'étais une femme indépendante, rejetant l'idée de relation stable avec les représentants du sexe opposé et qui avait recours aux hommes pour assouvir ses besoins sexuels primaires. Et bien soit ! A moi d'assumer.
- Ce n'est pas mon petit ami. C'est un homme que je vois parmi d'autres…
- Oh Bones… je croyais que l'épisode Marc-Jason vous avait servi de leçon. Apparemment j'avais tord. Et vos résolutions sur la monogamie, vous en avez fait quoi ?
Booth et ses principes… Il ne s'en dépêtrera jamais…
- Selon le philosophe Rémy de Gourmont : « Il n'y a d'animaux monogames que ceux qui ne font l'amour qu'une seule fois dans leur vie ». Et à l'évidence, j'ai depuis longtemps dépassé ce stade.
- « Rémy de Gourmont » ?? Il est au moins français celui-là !
- Il l'est. Ou plutôt l'était. Il est mort en 1915. Mais je ne vois pas le rapport…
- Moi oui. Bref, vous voyez 2 hommes en même temps ?
- Non je ne vois pas 2 hommes en même temps. J'appelle des amis quand j'ai envie d'assouvir quelques besoins physiques.
- Ouais… Bin vous savez quoi Bones, je trouve ça triste.
- Triste ? m'étonnai-je.
- Oui. Triste. Appeler des hommes de votre connaissance pour « assouvir quelques besoins physiques » je trouve ça triste. Parce que vous êtes loin de connaître l'Amour comme ça.
- L'Amour ?
Je laissais échapper un pouffement de rire.
- Je ne crois pas en l'amour Booth.
- Je sais. Mais l'Amour c'est comme Dieu Bones. Ce n'est pas parce que vous n'y croyez pas, que ça n'existe pas. Et ça vous tombera dessus un jour ou l'autre, vous verrez.
- Ah... Je vois. Vous avez sorti votre boule de cristal… ironisai-je.
- Non je le sais c'est tout. Chaque chose en son temps.
Booth semblait calme et sur de lui. Alors que ce qu'il avançait relever purement et simplement de la conjecture. Son assurance me força à lui rappeler ma réalité.
- Et bien en attendant que « l'amour ne me tombe dessus » comme vous dites, je me satisfais pleinement de mes petits arrangements avec mes divers partenaires sexuels…
- Bon ça suffit vous me déprimez, me coupa-t-il, regardant obstinément devant lui feignant de s'intéresser à l'avancement de la file d'embarquement.
- Quoi ? Ne me dites pas que vous attendez de tomber amoureux pour coucher avec une femme ? Parce que dans ce cas, soit vous avez des rapports très sporadiques et c'est triste pour vous et votre épanouissement sexuel. Soit vous êtes ce qu'Angela appelle « un cœur d'artichaut » même si je ne vois pas ce que cette plante dicotylédone vient faire là-dedans. Mais en tout cas, ça reverrait à la baisse la valeur que vous donnez à l'amour. Je me trompe ?
Il me regarda un instant mais ne répliqua pas tout de suite.
- C'est bon Bones. On embarque, vous avez gagné. Je ne vous poserais plus jamais de question sur votre vie privée.
Une fois de plus, j'avais le dernier mot. Booth capitulait face à mon raisonnement. La veine sur sa tempe droite avait doublé de volume comme à son habitude quand il devenait impuissant face à mes arguments. Il crispait et décrispait ses mâchoires de façon quasi mécanique.
C'en devenait presque trop facile avec lui. Je le connaissais par cœur. Presque trop bien.
C'est donc sur une nouvelle victoire sur mon partenaire que je m'installais à bord de l'avion qui nous menait vers Louisville. Mais j'étais loin de me douter de ce qui nous y attendait.
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Allez, soyez aussi généreux que le dernière fois svp !!!
