Chapitre 2 : Nouvelle famille

- Eh chef ! C'est qui cette morveuse ? Ton futur repas ? Railla un Khajiit blanc aux yeux rouges.

Volanaro fit claquer sa langue avec agacement.

- Tiens ta langue Ren, si tu ne veux pas que je te l'arrache.

Le Khajiit feula en couchant les oreilles en arrières lorsque qu'une Elfe Noire lui donna une tape à l'arrière de la tête.

- Ferme-la le chat... C'est à ton chef que tu t'adresses.

- Aïe ! Ça va... Ça va... Je plaisantais...

La Dunmer lui lança un sourire moqueur avant de répondre :

- C'est ça oui...

L'Altmer s'éclaircit la gorge.

- Rassemblez-vous tous ! J'ai quelqu'un à vous présenter !

La Dunmer, le Khajiit, un Argonien et une Orque vinrent au centre de la caverne. Volanaro les regarda puis s'adressa à la Dunmer :

- Manwe, où est ton frère ?

- Tu sais comment est Davur. Il est parti chasser...

Volanaro soupira.

- Évidemment. Dans ce cas je lui présenterai ma petite protégée quand il reviendra.

Il fit passer devant lui la fillette qui se tenait en retrait et posa les mains sur ses épaules.

- Mes amis, laissez-moi vous présenter Anja, le nouveau membre de notre petite famille dysfonctionnelle. Je vous laisse faire les présentations et veiller à ce qu'elle s'intègre bien parmi nous. Soyez aimable avec elle.

Il serra soudain les mains sur les épaules de la petite Nordique en regardant le Khajiit qui jouait distraitement avec une dague, sans prêter attention à ce que son chef disait.

- C'est valable pour toi aussi Ren.

- Oui bien sûr... Répondit nonchalamment l'Homme-Chat.

Le Haut-Elfe souffla par le nez avant de chuchoter à l'oreille de Anja :

- Ne t'inquiète pas, ce n'est qu'un moyen pour lui de se protéger des autres. Contrairement aux apparences il ne mord pas. Je te laisse faire leur connaissance.

Il se redressa et poussa légèrement la petite fille à avancer vers ses nouveaux compagnons. Ce fût l'Elfe Noire Manwe qui fit le premier pas.

- Viens. Je vais te faire visiter ton nouveau foyer.

Elle lui tendit la main en souriant et Anja la prit, reconnaissante. La caverne dans laquelle elle allait désormais vivre était suffisamment grande pour que chacun est une pièce à lui. Manwe montra à sa nouvelle petite sœur un espace qui lui était maintenant attribué.

- Voici ton lit. Pose ton sac et installe-toi.

- Merci Madame. Sourit Anja.

La Dunmer se pencha vers la fillette, posant une main bienveillante sur sa petite tête brune.

- Tu sais, maintenant toi et moi nous sommes sœurs. Il en va de même pour les autres. Tu es notre petite sœur à partir d'aujourd'hui. Alors appelle-moi juste Manwe tu veux bien ?

- Compris. Aquiesça l'enfant.

L'Elfe Noire lui sourit et quitta la pièce pour revenir quelques instants plus tard avec quelques livres.

- Tu sais lire ?

- Oui et j'adore ça ! Répondit Anja avec enthousiasme.

- Dans ce cas voici un petit cadeau de bienvenu.

La Dunmer lui tendit les livres en souriant, Anja les prit avec précaution et les posa dans un coin spécialement aménagé dans la roche. Elle sauta ensuite au cou de la Dunmer.

- Merci Manwe !

- Ça me fait plaisir ! Aller vient manger. Tu dois avoir faim ? Ce sera l'occasion de te présenter aux autres.

La petite acquiesça. Elle était affamée. Manwe l'emmena dans la pièce qui servait de salle à manger. Une table et des bancs avaient été taillés dans la roche. Toutes les personnes qu'Anja avait déjà rencontré étaient attablés. Elle s'assit au milieu de l'un des bancs de pierre, entre Manwe et Volanaro.

Elle fit la connaissance de Ren, le Khajiit albinos et antipathique, Milos le discret Argonien et Urog l'Orque au franc-parler légendaire. Elle apprit tour à tour leur histoire.

Manwe et son frère jumeau Davur, anciens membres de la Morag Tong, guilde d'Assassins légale de Morrowind, et rivale de la Confrérie Noire (qui elle agit de manière illégale). Après que Davur eût tué quelqu'un dont le nom ne figurait pas sur un contrat d'assassinat (ce qui revenait à un meurtre punit par la loi) il fût bannit de la Tong et sa sœur le suivit dans son exil.

Ren, Khajiit albinos qui s'était enfui de sa ville natale, ne supportant plus les railleries quotidienne à cause de sa différence.

Milos, un Argonien aux écailles mauves qui avait fait parti d'une bande de hors-la-loi avant que celle-ci se fasse décimer par un voyageur solitaire, qu'ils avaient eu le malheur d'attaquer, maîtrisant le Thu'um et portant un casque de fer cornu. Dernier survivant du massacre, l'Argonien avait implorer le Nordique de lui laisser la vie sauve. Le guerrier l'avait épargner car Milos lui avait jurer qu'il changerait de vie et qu'il n'attaquerait plus de voyageurs aux bords des routes.

Et enfin Urog, une chasseuse Orque qui selon la tradition Orsimer devait devenir la quatrième épouse d'un chef de tribu mais qui avait préféré fuir cette vie et être libre de ses choix.

Seul Volanaro et Hans n'avaient pas encore parler de leur histoire. Hans évidemment ne mangeait pas mais parlait de temps à autre avec les autres. Volanaro tenait à ce que tous participent aux repas. Lorsque Anja interrogea son protecteur sur son passé, il lui fit comprendre qu'il lui en parlerait plus tard. Elle n'insista pas et le repas se termina en silence. Elle ne voulait pas parler à Hans et celui-ci semblait mal à l'aise en sa présence. Cela lui convenait très bien.

Anja souhaita ensuite une bonne nuit à ses compagnons et partie se coucher.

Elle fut réveiller au beau milieu de la nuit par la pression d'une dague contre sa gorge.

- Un seul cri et tu es morte... Entendit-elle murmurer.

Elle déglutit et attendit la suite des évènements.

- Qui es-tu et que fais-tu ici ?

Elle hésita à répondre mais une nouvelle pression sur sa jugulaire l'incita à parler.

- Je... Anja... C'est mon nom. C'est Volanaro qui m'a amené ici. Je suis orpheline et il m'a prise sous son aile. Vous devez-être Davur... le frère jumeau de Manwe ?

Elle entendit l'homme grogner et retirer la dague de son cou avant de la remettre au fourreau. Il quitta la pièce sans un mot de plus et sans bruit. Anja s'en était tiré avec une belle frayeur. L'ancien assassin était aussi silencieux qu'un faucon fondant sur sa proie et certainement aussi mortel.

Elle se recoucha et s'endormit en pensant à ses parents qu'elle n'avait pas revu depuis la veille de la venue de Volanaro et Hans. Elle ignorait comment Hans les avaient tués et s'ils avaient soufferts. Elle se promit d'en parler avec le Nordique quand elle se sentirait prête.

Cela faisait un mois qu'Anja vivait avec sa nouvelle famille et un mois que Hans essayait de lui parler, mais à chaque fois, la Nordique trouvait toujours une bonne excuse pour l'éviter.

Un jour, alors qu'elle était en train de puiser de l'eau à la rivière toute proche, elle entendit un gémissement. Elle regarda autour d'elle et vit soudain un homme ramper à travers les buissons de l'autre côté de la rivière. Une marque de brûlure lui dévorait la moitié du visage et du cou. Une flèche noire lui transperçait la cuisse droite et son flanc gauche était vilainement ouvert, laissant une plaie béante et sanguinolente dans sa chair.

L'homme vit Anja en se dirigeant vers la rivière et tira quelque chose de la sacoche qu'il traînait lamentablement derrière lui. De là ou elle était la fillette voyait une sorte de pierre grisâtre aux reflets irisés. Elle était assez grosse, un peu moins grosse que sa tête et de forme ovale. L'inconnu fit glisser la pierre ovale dans l'eau et Anja se précipita pour la récupérer avant que le courant ne l'emmène trop loin. L'homme ouvrit la bouche mais seul un gargouillis ignoble en sorti alors qu'une flèche noire lui transperçait la gorge. Il s'effondra, la tête dans l'eau. Un filet de sang s'écoulant de sa blessure et se mêlant à l'eau limpide.

Anja poussa un cri terrifié lorsqu'un homme encapuchonné et vêtu de cuir noir s'approcha d'elle, arc bandé et la menaçant d'une flèche.

- Donne moi ça gamine. Je n'hésiterais pas à tirer. Menaça t-il d'une voix grave.

- Je te tuerait avant que ta flèche ne quitte ton arc. Répliqua une voix rauque derrière Anja.

Le cœur d'Anja manqua un battement quand elle reconnut la voix de l'homme qui prenait sa défense.

Tout se passa très vite. L'homme en armure de cuir se fît arracher la gorge par un vampire furieux. Avant que son corps sans vie ne touche le sol, le Nordique pris sa nouvelle petite sœur dans ses bras et l'emmena en sécurité et en quelques secondes devant l'entrée de la caverne. Il la déposa en douceur au sol et disparu en quelques bonds dans la direction opposée avant de revenir avec le seau d'eau plein et s'en en renverser une seule goutte.

- Ça va ? S'enquit-il.

- O... Oui... Tu... Tu m'as sauvé la vie Hans. Merci.

- De rien... petite sœur.

Il détourna les yeux, gêné.

- Anja... je... je sais que ce que j'ai fait cette nuit là est impardonnable... Je ne te demande pas ton pardon... ça ne changera rien mais...

- Hans... Nous en parlerons ce soir. Je t'attendrais après le repas. Le coupa la Nordique avec douceur.

Il hocha la tête et rentra à l'intérieur en prenant le seau d'eau. Anja emporta l'étrange pierre irisée avec elle et alla voir Volanaro pour lui raconter les derniers événements.

Ce dernier appela Hans et lui demanda ce qui s'était passé. Anja lui montra l'étrange pierre et tout le monde se rapprocha pour mieux la voir. Aucuns d'entre eux n'avait jamais vu une chose aussi étrange. Même les quatre Mers présent et leurs deux ou trois siècles d'existence.

Volanaro demanda à Anja s'il pouvait la garder quelques temps pour l'étudier.

- Bien sûr. Répondit la fillette en hochant la tête. Je me demande pourquoi cet homme me l'a confiée mais ça avait l'air important...

Le soir venu, Hans retrouva la petite fille dans sa chambre. Elle l'invita à s'asseoir en face d'elle dans un espace aménagé dans la roche.

- Anja... tu dois te demander ce qu'il s'est passé le soir où tu nous as rejoint. Commença le vampire, mal à l'aise.

Elle acquiesça. Le Nordique triturait ses mains nerveusement. Il poursuivi :

- Je vais commencer par le début. Tu comprendras mieux. Cela fait maintenant sept mois que j'ai été changé en vampire. J'étais un messager autrefois. Le Jarl de Blancherive m'avait envoyer délivrer un message à Solitude pour le général Tullius. Un message important concernant la guerre civile que je devais lui remettre en main propre. Ce que je fis. Seulement, alors que je me promenais le long des quais de la capitale, on m'a frappé par derrière et emmené dans un lieu obscur. Je te passe les détails, mais toujours est-il que j'ai été transformé contre mon gré en monstre. Je ne suis pas resté longtemps avec mes pairs. C'étaient des animaux... ils tuaient ou transformaient les autres pour le plaisir. Au bout d'une semaine je leur ai faussé compagnie. J'étais perdu, seul, et je ne pouvais retourner dans cet état chez moi à Pondragon. Je n'avais plus ma place parmi les miens.

Hans sera les poings sur ses genoux. Il renifla, luttant pour ne pas pleurer. Compatissante, Anja posa une main sur son épaule et l'encouragea à continuer. Il reprit d'une voix tremblante :

- Volanaro m'a trouvé désorienté quelques jours plus tard. Je... J'avais tué un garçonnet de cinq ans. Un petit Rougegarde qui avait échappé à la vigilance de ses parents. Par les Huit... je l'ai vidé de son sang... Lorsque j'en ai pris conscience, j'ai cru que j'allais perdre définitivement la tête. Au sens propre comme au figuré. Volanaro se tenait devant moi, l'épée à la main, prêt à mettre fin à ma misérable existence. Il m'a dit qu'on l'avait envoyé nettoyer le repaire de vampire duquel je m'étais enfui. Il avait retrouvé ma trace, j'étais le dernier suceur de sang encore en vie. J'ignore exactement ce qu'il a vu en moi lorsque ses iris dorés ont croisé mon regard larmoyant, mais il ne m'a pas achevé ce jour là. Depuis je lui ai posé la question bien sûr, et tu sais ce qu'il m'a dit ?

- Que t'as t-il dit ?

- Qu'il avait vu un gamin déboussolé. Et qu'il aurait aimé qu'on lui tende la main comme il l'a fait avec moi. Ensuite il a brûlé le cadavre du garçon pour qu'il n'en reste aucune trace, et il m'a amené ici avant de retourner à Solitude pour empocher la récompense promise.

Anja ne pouvait s'empêcher de compatir à l'histoire tragique de Hans. La vie n'avait pas été tendre avec lui. Même si ça n'excusai en rien ses crimes. Elle inspira profondément et se jeta à l'eau. Il fallait qu'elle sache. Pour pouvoir faire définitivement table rase du passé.

- Hans. Que s'est-il passé le jour où... ?

- Désolé... je ne voulait pas t'ennuyer avec mon passé pitoyable...

- Hum... Volanaro a fait son possible pour m'inculquer des règles, afin de me protéger et de protéger les autres. Mais c'était difficile pour moi. Tu sais quand tu es affamé... Remarque tu es jeune, peut-être que tu n'as jamais connu cette sensation. Quand tu es vraiment affamé, pas une petite faim après une journée de travail, non. Je te parle de la vrai faim. Celle qui te ronge les tripes, qui t'empêche de réfléchir de manière cohérente. Qui te dévore et te brûle de l'intérieur...

Anja le coupa :

- Il y a deux ans, nous avons eu un hiver rude. Mes parents ont tout fais pour que je ne meurs pas de faim. La famine nous guettait mais nous avons survécu. Je n'ai jamais connu une telle sensation de faim depuis lors.

- Alors tu comprends ce que je veux dire... Je crevais de faim ce soir là et je me suis éclipsé. J'ai erré pendant des heures et je suis tombé sur ta maison. Au milieu des bois, loin de toute civilisation... Je me suis dit que personne ne me dérangerait ici. Je... je ne me cherche pas d'excuses. Je n'arrive pas à me pardonner les atrocités que j'ai commises. Ni ce soir là, ni les fois précédentes...

- Hans. Comment sont-ils morts ?

- S'il te plaît c'est important pour moi...

- J'ai assommé ton père et l'ai ligoté et bâillonné avec ce que j'avais sous la main. Des draps en l'occurrence. J'ai fais la même chose avec ta mère. Ta mère n'a jamais rouvert les yeux depuis qu'elle s'était endormie. Je l'ai mordue et ai bu tout mon saoul. Ton père à repris connaissance à ce moment là. J'ai vu un mélange de haine, de dégoût et de terreur dans ses yeux. Il a essayé de parler, de crier, mais le bâillon l'en empêchait. Je l'ai vu regarder avec inquiétude les escaliers et l'étage. Je n'y ai pas fait attention sur le coup mais je sais maintenant que ton père craignait pour ta vie. Lorsque j'ai étanché ma soif, le cœur de ta mère avait cessé de battre. Je pense qu'elle n'a pas souffert. Elle est resté inconsciente tout du long... Il n'osa pas poursuivre, se mordant la lèvre inférieure.

- Et mon père ? Le pressa d'une voix tremblante l'enfant, les yeux embués de larmes.

- Je ne voulais laisser aucun témoin. De peur d'être traqué comme une bête... Alors je lui ai tranché la gorge à l'écart. Je n'ai pas voulu le regarder alors que je prenais sa vie. Mais il tremblait. De peur ? De colère ? Je ne le saurais jamais. Sa mort a été rapide en tout cas. Volanaro m'a retrouvé peu après. La suite, tu la connais...

La fillette connaissait enfin la vérité sur les évènements de cette terrible nuit. Elle resta muette, les larmes roulant sur ses joues. Le vampire regarda penaud la petite Nordique, attendant qu'elle le traite de tout les noms ou bien qu'elle le frappe de ses petits poings en hurlant, mais elle se contenta de pleurer silencieusement en serrant les poings sur sa robe bleue.

- Anja... Dis quelque chose, je t'en pris... L'implora t-il.

Le chef de famille qui se tenait à l'entrée de la pièce, de l'autre côté de la paroi rocheuse, avança dans la chambre.

- Laisse-la Hans.

- Oui chef...

Le vampire sortit sans un mot de plus, laissant le Haut-Elfe seul avec sa protégée. Il s'assit aux côtés d'Anja et posa une main sur sa tête. Elle éclata en sanglot, le serrant dans ses petits bras et enfouissant son visage ravagé par le chagrin contre son torse. Elle pleura longtemps. Jusqu'à ne plus pouvoir le faire. Volanaro était quelqu'un de patient quand la situation le nécessitait. Il attendit qu'elle se confie à lui si elle en ressentait le besoin. Elle renifla avant de murmurer :

- Je le déteste... Je le déteste Volanaro !

L'Altmer ne répondit pas. La laissant vider son sac. Sa longue existence lui avait appris qu'il fallait laisser le temps faire son œuvre et laver les blessures, même si ça pouvait prendre des années ou au contraire, toute une vie.

Il la berça doucement, chantonnant une berceuse que sa mère lui chantait lorsqu'il n'était encore qu'un petit elfe insouciant. Celle qu'il préférait et qui avait le don de l'apaiser lorsqu'il n'allait pas bien.

Même si cette balade était assez triste en réalité. Elle parlait d'une jeune Altmer qui venant de se marier, prenait un bateau avec son époux avant que la mer ne l'emporte au fond de l'eau. Laissant son aimé en proie au chagrin.

Anja le tira de ses pensées, amère :

- Je ne pourrais jamais lui pardonner...

- Je sais. Et je pense que lui non plus.

Ce n'était pas tout à fait vrai. Il comprenait sa peine, mais ne pouvais pas réellement se rendre compte de ce qu'elle traversait. Lui n'avait pas perdu ses parents de cette manière. Bien entendu, la plupart des mortels étaient à un moment donné orphelins d'une certaine façon, mais les parents de Volanaro étaient toujours en vie, en sécurité à Alinor, capitale de l'Archipel de l'Automne. Du moins, ils l'étaient quand il avait quitté son foyer. Il embrassa distraitement le crâne de la fillette et continua de fredonner sa chanson.

Anja releva la tête au bout d'un moment.

- C'est beau ce que tu fredonnes... C'est quoi ?

- C'est une balade de mon pays. Elle s'appelle « Ma belle épousée d'Alinor ». Ma mère me la chantait quand j'étais petit.

- Tu me l'apprendras ?

- Seulement si tu me fais un beau sourire...

La petite sécha ses larmes et se forçat à sourire. L'elfe lui caressa affectueusement les cheveux puis se leva.

- Au fait, j'ai vais emmener la pierre que tu m'a confier à Fortdhiver. Je connais quelqu'un là-bas qui pourra sans doute me renseigner dessus.

- Tu vas à l'Académie des mages ? Demanda la fillette, des étoiles plein les yeux.

- Oui. Sourit l'elfe, étonné par les connaissance de l'enfant.

- Je peux t'accompagner ? J'ai toujours voulu la voir de mes propres yeux !

- Je regrette Anja mais ce n'est pas un endroit pour une enfant.

- Je t'en pris Volanaro... Je me ferais discrète, tu ne me remarquera pas. C'est juré !

- Le voyage promet d'être long et périlleux. Le pays est en guerre et il y a des rumeurs sur le retour des dragons. Je ne peux pas t'emmener avec moi sans te mettre en danger.

- Je risque plus de mourir d'ennui ici, qu'à tes côtés... S'il te plaît ! S'il te plaît ! S'il te plaît ! L'implora t-elle en joignant les mains.

L'Altmer la regarda avec sévérité.

- Non.

- Pitié...

- J'ai dit non ! Fin de la discussion... Maintenant va te coucher, je partirai demain matin.

- C'est injuste ! S'indigna la gamine. C'est à moi que l'on a confié cette pierre ! Je m'ennuie moi !

Elle marquait un point. Techniquement la pierre était à elle. Mais c'était risqué...

- Je ne vais pas m'amuser Anja ! Je me met déjà en danger en me rendant là-bas.

- Pourquoi ?

- Peu importe... Va te coucher maintenant.

- S'il te plaît...

L'elfe se frotta les yeux avec son pouce et son index, irrité par l'attitude de la Nordique.

- Stendarr me préserve de l'entêtement de cette enfant ! Tu n'abandonne donc jamais ?

Anja pris un air faussement indigné en croisant les bras, et lui tira la langue avec malice.

- Jamais ! Père me le disait souvent. Quand j'ai une idée derrière la tête je ne l'ai pas ailleurs !

- Les Divins nous garde ! C'est entendu... Mais ! Tu devras suivre mes instructions à la lettre. C'est clair ? C'est non négociable.

- C'est juré ! Merci ! Merci Volanaro ! Tu es le meilleur !

- C'est cela oui...

La gamine lui sauta dans les bras et déposa un baiser sur sa joue.

- On part demain à l'aube alors veille à être prête, sinon je n'aurais aucun scrupule à partir sans toi...

- Je serais ponctuelle.

- Alors dors maintenant. Tu en aura besoin. Moi aussi d'ailleurs. Ajouta t-il en baillant.

Au moins cette expédition lui changera les idées, pensa l'Altmer en quittant la chambre, épuisé par cette joute verbale. Et voilà qu'il avait mal à la tête maintenant !