MENTEUR, MENTEUR


Spoilers :
Harry Potter et la chambre des secrets
Disclaimer : Les personnages appartiennent entièrement à JK Rowling, qui les prête gentiment à qui veut écrire des fics... Merci, Mme Rowling.
A propos de cette fic : Elle est déjà entièrement écrite et comporte 5 chapitres. Les chapitres 1 à 4 seront postés à raison d'un chapitre par semaine. Le chapitre 5 arrivera le vendredi suivant la mise en ligne du chapitre 4.
Grand Merci à mon équipe de relecteurs de choc : Lilwenn et Fenyx Kell.


En Arménie.

Gilderoy se rendit le lendemain au Portodrôme International de Londres, tel un conquérant. Il tendit à l'hôtesse le papier que lui avait remis la responsable du bureau des départs la veille, pour pouvoir se rendre en Roumanie. Elle regarda à peine le papier et l'informa sèchement qu'il devait d'abord se faire enregistrer à l'accueil du Portodrôme et récupérer son billet d'embarquement, ainsi que c'était marqué sur son papier. Rougissant, il fit demi-tour et avisa le bureau d'accueil, qui occupait environ la moitié de l'espace, au centre de la salle. On pouvait difficilement ne pas le voir. Il se ressaisit, et se rendit à l'accueil, où une hôtesse très gentille s'occupa de son dossier.
"Lockhart, Gilderoy, lut-elle sur le papier qu'il lui tendait.
- C'est moi." fit-il avec son sourire le plus charmeur. L'hôtesse rougit et continua l'enregistrement en souriant.
"Vous allez donc en Arménie, départ à 10 heures...
- Non, coupa Gilderoy. Je vais en Roumanie.
- Excusez-moi, monsieur Lockhart, mais il est écrit Arménie, sur votre papier.
- Et bien moi, je vous dit que je vais en Roumanie !" S'énerva Gilderoy.
Visiblement agacée, l'hôtesse lui expliqua qu'elle connaissait la procédure de départ des employés des Editions de Traverse et que ce serait bien la première fois qu'il y aurait une erreur sur l'un des billets. Mais que s'il insistait, elle était d'accord pour appeler la responsable des départs afin d'avoir confirmation de sa destination.
Gilderoy insista.
L'hôtesse prit alors sous le comptoir un petit cube en étain qui ressemblait vaguement à un quribet, si Gilderoy se souvenait bien de ses cours d'étude des moldus. Elle tapota dessus avec sa baguette et un feu magique s'alluma sur le dessus du cube. Elle prit ensuite une pincée de poudre, la répandit au-dessus des flammes et appela :
"Jessica, bureau des voyages, Editions de Traverse."
Quelques secondes passèrent, puis la tête de la jeune femme qui avait remis son papier à Gilderoy apparut dans les flammes.
"Eleanor, c'est déjà l'heure de ta pause ?
- Non, c'est dans deux heures. Je suis avec Gilderoy Lockhart, il dit devoir partir en Roumanie, mais tu as écrit Arménie, sur son billet.
- Il part en Arménie, répondit Jessica, en retenant un soupir exaspéré.
- Sûre ?
- Certaine.
- Merci. Tu prends ta pause avec moi, comme convenu ?
- Bien sûr. On se retrouve chez Florian Fortarôme ?
- Entendu !"
Eleanor tapota sur le cube en étain et le feu magique disparu. Elle regarda Lockhart avec dédain tandis qu'elle éditait le billet d'embarquement. Il était rouge cramoisi et ne la regardait pas.
Le reste du voyage se passa sans trop de problèmes.


"C'est vous, Lockhart ?"
En entendant cela, Gilderoy bondit dans les airs en hurlant. Il venait à peine d'arriver par portoloin qu'il se faisait déjà agresser par un inconnu.
"J'étais prévenu, mais tu es quand même pire que ce que je croyais, gamin." Gilderoy se retourna. Il faisait face à un vieux sorcier au visage ridé et à l'apparence bourrue. Son regard s'attarda sur les cheveux indisciplinés ; il aurait bien besoin d'un sort ou deux de mise en pli. Ainsi que d'un sort antirides. Son apparence était vraiment effrayante. Pauvre Gilderoy ! A cet instant précis, il regrettait de ne pas être resté auprès de sa Mère.

"Et bien, gamin, tu ne dis rien ?" Reprit le petit vieux. "Bon, pas grave, on n'a pas de temps à perdre en parlotte. Moi, c'est Sivaslian. Krikor Sivaslian. Et tu peux m'appeler Krikor. Et toi, donc, c'est Gilderoy Lockhart."
Gilderoy approuva d'un signe de tête. Les sourcils indisciplinés de Krikor lui donnaient la nausée.
"Très bien," reprit Krikor. "Sais-tu pourquoi tu es ici aujourd'hui ?
- Oui... Je dois trouver un thème pour les Editions de Traverse.
- Pardon ?
- Un thème... Pour des livres..." précisa Gilderoy en bégayant.
Krikor hurla de rire. Il se tint les côtes quelques instants avant de regarder Gilderoy dans les yeux. Décidément, ces sourcils posaient un véritable problème à Gilderoy.

"Désolé de te décevoir, gamin, tu n'es pas là pour rêvasser à ce que les vrais auteurs employés par Rutherford pourraient bien écrire à l'avenir... Tu es là pour m'aider, tout simplement.
- Mais... Mais et les éditions ?
- Bof. Juste un prétexte.
- Mais... Mais pourquoi moi ?
-Rutherford est un copain et il sait que j'aime bien effrayer les petits cons dans ton genre."

Gilderoy garda le silence, vexé. Mais il ne put s'empêcher de fouiller dans sa mémoire à la recherche de quelque chose à dire. Il tenta de parler de la fois où il avait joué au Quidditch à Poudlard et aidé son équipe à remporter la coupe. Krikor le coupa et lui dit d'arrêter de parler comme s'il s'appelait Podmore. Gilderoy déglutit et se tut, ne sachant pas comment Krikor pouvait connaitre les exploits de Podmore au Quidditch. Finalement, il trouva un sujet de conversation intéressant.
"Monsieur ?
- Krikor.
- Monsieur Krikor ?
- T'es bouché ou quoi, gamin ??? Je t'ai dit de m'appeler Krikor, pas de me donner du monsieur à chaque phrase !!!
- Oui, monsieur. Pardon mons... Euh." Gilderoy se tut, effrayé par le regard meurtrier de Krikor.
"Krikor ?" tenta-t-il, à voix basse.
"Oui, gamin ? Que veux-tu savoir ?
- Je dois vous aider à faire quoi ?
- Sauver un village d'une horde de loup-garous. Rutherford ne te l'a pas dit ?
- ...
- Apparemment, non. Curieusement, ça m'étonnerait qu'il ait oublié ce détail. Mais bon, passons. La pleine lune est demain soir. Là, on va dormir au village et demain, on interroge les habitants pour connaître les habitudes de la horde et organiser la défense."

Krikor s'arrêta et prit le temps d'asperger le jeune évanoui à ses pieds.

"Ca va mieux ?" Demanda-t-il à Gilderoy. "Alors on y va !" dit-il sans attendre de réponse. Gilderoy crut qu'il ne pourrait pas se relever. De toute façon, mieux valait fuir ce fou furieux !
Mais il était encore dans la forêt ; aussi, se releva-t-il très vite pour suivre Krikor. Il lui faisait peur, mais pas autant que cette forêt lugubre.

Ils marchèrent environ une demi-heure, avant que Gilderoy n'aperçoive enfin la lisière de la forêt. Il songea courageusement à s'enfuir, mais Krikor le fit passer devant lui en le menaçant de sa baguette. Ce vieux sorcier avait tout prévu, apparemment.

Gilderoy ouvrit donc la marche jusqu'au village. La plupart des maisons étaient en bois, certaines semblaient même avoir des murs de paille tressée. Quelques-unes étaient en pierre. Elles n'avaient pas de terrasse, comme il avait déjà pu en voir lorsqu'il était allé en France, pour un séjour linguistique (où il s'était, évidemment, ridiculisé en voulant faire croire qu'il savait parler français ; la tête que ses hôtes avait faite devant ses camarades en l'entendant baragouiner avait suffit à lui faire perdre le peu de crédibilité qu'il avait déjà). En fait, c'était tout l'étage qui faisait une avancée au-dessus de la rue, masquant le soleil et apportant une fraîcheur relative dans la journée.
Cette architecture donnait plutôt à Gilderoy l'impression que les maisons en question allaient s'effondrer d'une seconde à l'autre, déséquilibrées par le poids de l'avancée. Il préférait grandement les maisons anglaises où les architectes n'étaient pas pris de fantaisies dangereuses, comme coller des terrasses ou des pièces entières sur une façade.

Krikor conduisit Gilderoy jusqu'à une maison qui ressemblait à toutes les autres. Krikor l'informa qu'il s'agissait d'une maison d'hôtes. Un hôtel, s'il préférait. Ils se présentèrent devant le gardien, Krikor lui parla bizarrement et le gardien lui tendit une clé. Le vieux sorcier fit monter Gilderoy à l'étage et lui montra leur chambre.
"Mais, mais... On ne va quand même pas...
- Quand même pas quoi, gamin ?
- ...Dormir dans la même chambre ?
- Si, gamin. Si je te laisse avoir ta propre chambre, je sais parfaitement que demain matin, tu ne seras plus là.
- Je pourrais transplaner, si je veux.
- Si tu veux. Tu te sens, de transplaner à travers toute l'Europe, gamin ? A moins que tu ne veuilles faire des étapes, mais fais attention à l'endroit où tu atterriras, tu ne sais pas sur qui tu tomberas..."
Gilderoy, qui avait oublié qu'il ne savait pas transplaner, se mit à bouder. Krikor sortit de son sac de quoi dîner et il invita Gilderoy à se servir. Qui ne se fit pas prier.

Enfin, la nuit étant tombée, Krikor souhaita une bonne nuit à Gilderoy, qui se retrouva face à un cruel dilemme. Effectivement, leur chambre se trouvait au premier étage. Krikor avait pris le lit qui se trouvait au milieu de la pièce, laissant à Gilderoy le lit près de la fenêtre. Ce qui signifiait... Que Gilderoy dormirait au-dessus de la rue. Il espérait fortement ne pas tomber... Il se coucha après avoir tourné en rond pendant une heure. Puis, il tâcha de s'endormir. Mais la perspective de tomber pendant son sommeil l'empêchait de dormir.
Au petit matin, quand Krikor le réveilla, il ressemblait à un Zombie.
"Allez, gamin, va te préparer. Ensuite, on ira prendre le petit déjeuner."
Krikor ne savait pas ce à quoi il s'exposait. Trois quarts d'heure après avoir vu Gilderoy disparaître dans la salle de bains, il ouvrit la porte d'un alohomora et somma Gilderoy d'être prêt dans la minute qui suivait. A contrecœur, Gilderoy arrêta ses petits préparatifs et se déclara prêt.

Après le petit-déjeuner, Krikor emmena Gilderoy au café du village. Les villageois essayaient d'être joyeux et de faire comme si de rien n'était, tandis que Krikor parlait au barman.
"Vous avez commandé quoi ?" Demanda Gilderoy, intrigué.
"Des cafés, gamin. Depuis hier, tu n'as toujours pas eu l'idée de te lancer un sort de traduction ?
- Euh." Fut la seule réponse de Gilderoy. Krikor soupira et marmonna des phrases incompréhensibles, en attendant les cafés. Il s'installa à une table et Gilderoy fit de même. Krikor en profita pour pointer sa baguette sous la table et murmurer "transfero". Gilderoy parvint à ne pas hurler lorsqu'il se rendit compte qu'il comprenait ce que disaient les villageois. Krikor lui murmura un "tu as déjà oublié que tu es sorcier, gamin ?" rageur et attendit son café.
Quand ils furent servis, Krikor dit, suffisamment fort pour que tout le monde entende "C'est la pleine lune, ce soir, gamin. T'as pas oublié ?"
Instantanément, les discussions stoppèrent et tous les villageois se figèrent. Un adolescent s'approcha de leur table, l'air revêche.
"Exactement, Papi, ce soir, c'est la pleine lune. Et alors ?
- Et alors, c'est la nuit des loups-garous" répondit posément Krikor. Aussitôt, tous les villageois décidèrent de rentrer chez eux. Seul l'ado rebelle s'installa à la table de Krikor.
"Vous êtes qui, d'abord, tous les deux ?
- Krikor Sivaslian, chasseur de loups-garous. Lui, faut pas s'en occuper.
- Ecoutez, monsieur Sivaslian, ici, on protège les animaux. Vous n'en tuerez aucun.
- Je ne chasse pas les loups. Je chasse les garous.
- Il n'y a pas de garous par ici.
- Si. Toute une horde. Qui vient ici toutes les nuits de pleine lune terroriser ton village. J'ai besoin de savoir comment ils attaquent, d'où ils viennent et ce que vous faites contre eux."
Krikor et l'ado se regardaient droit dans les yeux. Mais le jeune n'était pas de taille à intimider un sorcier tel que Sivaslian. Il baissa les yeux et expliqua :
"Ce sont des amis. Ils ont été mordus par un anglais qui était de passage dans la région. On ne sait pas ce qu'il était venu faire dans notre pays. Apprendre la magie noire, je crois. Mais on n'a pas ça ici ; ça l'a mis en colère, il est parti. A cette époque, nous sortions toutes les nuits de pleine lune, pour faire la fête. Il est arrivé au milieu des préparatifs et nous a regardés finir. Quand la pleine lune s'est montrée, il s'est transformé et a mordu tous ceux qui étaient proches de lui. Et il est reparti. Le lendemain matin, un parchemin sur la place disait 'Subissez la malédiction de Greyback à jamais !' et effectivement, la horde grandit de mois en mois. Nous nous protégeons, nous tentons de les protéger. Mais les loups-garous sont malins, sous l'influence de la pleine lune. Certains échappent à notre vigilance. Ils ont déjà contaminé d'autres villages. Mais ce sont des amis. On ne les tuera pas. On ne vous laissera pas les tuer.
- Sorcier, gamin ?
- Oui.
- Formé ?
- Très peu.
- Dire que les Anglais ont la meilleure école au monde et qu'ils en sortent... Ca." Dit Krikor en regardant Gilderoy avec mépris. "Et nous, nous pourrions avoir de très bons sorciers, mais nous n'avons pas d'école où les former. Quel gâchis ! Mais bon. Nous ne referons pas le monde... Comment tu t'appelles ?
- Adour.
- Bien. Alors écoutes, Adour. Je ne suis pas venu tuer tes amis, mais tuer des garous. Pour cela, on peut y aller à la moldue, en trucidant la bête. Ou à la sorcière. Et là, il y a des moyens de tuer le loup à l'intérieur de l'homme sans tuer l'homme.
- Comment ? A part...
- Le sort d'homomorphus.
- On y a pensé, évidemment. Mais on a abandonné. Réaliser ce sort une fois revient à risquer sa vie. Rien que l'apprendre, c'est risquer sa vie !!!
- Je le maîtrise."
Adour regarda Krikor dans les yeux. Quelques minutes s'écoulèrent, pendant lesquelles Gilderoy hésita à parler. Finalement, Adour baissa les yeux et affirma qu'il faisait confiance à Krikor.

Krikor passa la matinée à interroger Adour sur les habitudes de la horde. Gilderoy suivait. Il écoutait, d'abord boudeur, les explications d'Adour puis celles de Krikor, qui voulait savoir si Adour pourrait les aider. Lorsque Krikor expliqua le principe de l'homomorphus, la bouderie de Gilderoy devint de l'effroi. Enfin, lorsqu'il fut clair qu'Adour ne pourrait pas aider Krikor dans son combat contre les loups-garous, son effroi devint de la terreur.

Finalement, il fut décidé qu'Adour se tiendrait en retrait du lieu de bataille, en sécurité, pour faire léviter jusqu'à lui les corps des loups-garous redevenus humains et inconscients. Gilderoy cherchait toujours un moyen de s'esquiver, mais Krikor le surveillait étroitement. Après le déjeuner, Adour partit parler aux gens du village, afin d'avoir leur aide. Krikor, lui, emmena Gilderoy aux alentours de la forêt, pour lui apprendre le sort d'homomorphus. Le principe de ce sort est très simple : le sorcier se met en danger de mort en utilisant sa magie. Ensuite, il concentre ce danger sur sa baguette puis dans le sort qu'il lance au loup-garou, ce qui est mortel pour la bête tapie à l'intérieur de l'humain. Ainsi, le loup-garou est vaincu, mais pas l'homme, qui reprend sa forme humaine.
Le risque de ce sort est, bien évidemment, si on n'arrive pas à concentrer le danger de mort dans le sort d'homomorphus. Comme le sorcier qui pratique le sort ne peut pas être un loup-garou, il n'a pas de personnalité animale à qui faire courir le danger. C'est alors lui qui meure. D'où le fait qu'extrêmement peu de sorciers de par le monde s'intéressent à la pratique de ce sort.

La tentative d'enseignement de Krikor s'avéra être une catastrophe. Gilderoy Lockhart était tellement nul qu'il n'atteignait même pas le niveau où tenter de pratiquer le sort le mettait en danger de s'égratigner...
Mais Krikor espérait vaguement que, dans le feu de l'action, les talents de Gilderoy se révéleraient. Aussi, ne le laissa-t-il pas s'éloigner de lui de tout l'après-midi.

Enfin, après avoir dîné deux heures avant le coucher du soleil, Krikor et Gilderoy se retirèrent dans leur chambre pour se reposer. Krikor cherchait surtout un moyen d'éviter les villageois, qui les dévisageaient, fortement intrigués. Et, du fait qu'ils commençaient à parler plus librement des lycanthropes depuis que Krikor avait acquis la confiance d'Adour, il voulait surtout éviter que Gilderoy ne s'évanouisse en entendant leurs récits.


Gilderoy, fidèle à lui même, ne se souvient plus de ses cours d'étude des moldus ; le feu portatif de l'hôtesse ne lui rappelait pas un quribet, mais bien évidemment, un briquet.
Je dédie ce chapitre à Angora, Sorcinette éleveuse de Scroutt à Pétard et surtout marraine d'Adour... Elle m'a aidée à choisir son prénom, un soir où l'inspiration faisait défaut... ;)
Panthère, Mickanubis, Cassie-chan Black... Merci pour vos reviews. ;)

A mercredi prochain !
Steamboat Willie.