Chapter 2: Chapter 2

Comme le premier chapitre a été très court, je poste tout de suite le chapitre 2!

J'espère que vous aimerez!


Chapitre 2: le concours

_ Natsuki, c'est l'heure. Tu te dois d'aller les accueillir.
_ Ne...

Un grognement suivit cette non-réponse et la directrice prit une grande inspiration. Même après toutes ces années, elle ne se ferait jamais à l'idée de parler devant une foule si dense.

_ Ara, je sais bien que ma Natsuki n'aime pas ça... Mais moi, j'adore la regarder lorsqu'elle ne peut pas se défendre...
_ Oi! Shizuru! Tu es plutôt censée m'aider, non? fulmina la brune, lui décochant au passage un regard assassin.

Un petit rire fut la première chose qui sortit de la bouche de la taquine Shizuru.

_ Allez, courage Natsuki.

L'aînée ne cherchait plus à gagner leurs petits jeux taquins, comme elle le faisait avant. Cela avait depuis beaucoup travaillé l'esprit de la directrice, mais elle se contentait de se convaincre que, le temps passant, les gens changeaient.

Les deux femmes sortirent de concert du grand bureau et quittèrent l'établissement pour se poster près d'un chapiteau jouxtant la statut de la première Otome.

Je voyais de toutes parts des jeunes filles, souvent accompagnées de leurs proches, s'extasier devant les femmes qui s'avançaient élégamment.

"Regarde, c'est la directrice, Kruger Natsuki, le Cristal Argenté des Glaces!" "oh! et là" "oh!" "wouah" "sugoi! sugoi!"

Je restais impassible face à tant d'hystérie. Je ne comprenais pas, ni ne pouvais le faire, ce que représentaient les Otome Star à leurs yeux.
Aussi majestueuses soient-elles...
Je reconnus sans peine Nao Zhang, qui ne semblait pas concernée par la scène et Miss Maria Graceburt, aussi froide et terrifiante qu'on me l'avait décrite. Derrière elles, se tenaient des élèves Perles mais j'éprouvais des difficultés à les identifier. A gauche de la scène, une chevelure blonde près d'une petite femme aux cheveux courts et aux lunettes ne pouvaient être que Yukino Chrysant et Haruka Armitage... L'implacable Topaze.

_ Hum... Bonjour à toutes... Et à tous...

'Timide et sauvage... Mais tellement belle, avec ses cheveux sombres volant, son regard sérieux et mystérieux, cette façade que...'
Je stoppais mes pensées. Je me devais d'être attentive.

_ ... Présidente de l'académie Garderobe, Natsuki Kruger. Comme vous le savez, les différents Etats ont décidé d'un commun accord de réduire le nombre d'Otome...

'Quelle erreur...'

_ ... Par conséquent, la sélection de cette année sera extrêmement difficile, et seulement cinq postulantes deviendront Mai Otome Corail. Je laisse la parole à Viola Shizuru, pilier de l'académie, qui va vous expliquer en détails le déroulement de ces deux journées.

"Ara... Je n'étais pas censée te suppléer dans ta tâche... Bien joué, Natsuki... à charge de revanche..."

Je crois que je fus la seule à distinguer ce regard amusé entre les deux protagonistes. Malgré cela, mon cœur cessa de battre un instant en voyant s'approcher l'Améthyste pleine de Grâce. Elle n'avait pas encore parlé qu'elle déployait déjà son halo de charisme à travers la foule. Personne ne bougeait ni ne parlait, comme pour ne pas briser la magie qui émanait de cet instant.

_ Ara... Je suis Viola Shizuru, comme l'a 'gentiment' précisé Madame la directrice. Vos tests commenceront dès cette après-midi. Vous serez préalablement invitées à vous rendre face aux tableaux d'affichage installés pour l'occasion afin de voir à quel groupe vous avez été affectées. Pour chaque groupe, un ordre différent de tests a été mis en place car, ma foi...

Son regard balaya l'assistance.

_ Ma foi, vous êtes encore bien nombreuses cette année.

Son sourire ne faiblissait jamais cependant qu'elle parlait. Mais ce n'était pas un sourire franc. je le savais pertinemment mais ne pouvait m'empêcher de ressentir toute l'admiration qui faisait s'émerveiller les jeunes filles autour de moi.

A présent, je ne l'écoutais plus, mes yeux voguant successivement de cette Otome si sûre d'elle à son alter ego aux cheveux de nuit.

'Ara...' je songeais...

Avant même que les applaudissements ne s'élèvent de la place, j'étais face aux tableaux d'affichage.

Groupe 3:

...

KAMAO Xylia

Je pensais qu'elle en m'en voudrait pas d'avoir utilisé son prénom comme nom de famille de substitution à mon identité. Je ne la reverrai plus de toutes les façons, et il fallait que je cache la mienne à tout prix.

Plus bas, un autre tableau indiquait le planning de la journée.
Nous devions nous regrouper vers midi pour un repas collectif, puis, à 14h, je devais m'atteler à un devoir sur l'Histoire des Otome. Vers 16h30, un autre écrit sur la géopolitique actuelle m'attendait.
Si le premier était un sujet libre, le second était un test sous forme de questions ouvertes, ce qui me soulageait, même si personne ici n'était mieux préparée que moi.

'Quelle barbe!' j'aurais préféré avoir un écrit et un test physique par jour.
De colère, je tapais la tableau.

_ Ara... Nous n'aimons pas trop les trublions par ici.

Je retins mon souffle. Cette voix, cet accent, je venais de les entendre. Comment avait-elle fait pour me rejoindre si vite?

_ Je vous souhaite vraiment de nous prouver que vous êtes digne de devenir une Otome, mademoiselle... Mais j'apprécierais que vous écoutiez ce que j'ai à dire jusqu'au bout, la prochaine fois.
_ Kan... Euh... Gomen nasai, Shizuru-sama. Mais je connaissais le moindre mot que vous alliez prononcer et je voulais être la première...
_ Etre la première? Voilà qui me semble primordiale pour devenir Otome, n'est-ce pas?

Mon sourire surfait n'avait pas quitté mon visage et ce mirage tourna le dos, sous les yeux étrangement surpris de la directrice. Passant près d'elle, elle posa sa main sur son épaule.

'Ainsi, c'est comme cela que leur jeu s'est installé. Baka!'

Ma mâchoire se crispa un instant. Je regardais le tableau une dernière fois.
Demain, à 10h, je serai amenée à passer la visite médicale.

Mon coeur se serra.

_ Youko-sensei...


Je savais que le repas collectif du midi n'était qu'une façon comme une autre de nous observer dans notre rapport aux autres. Je rangeais dans un coin de ma tête mon caractère solitaire et prenais place à une table vide, un sourire aux lèvres pour celles qui viendraient me rejoindre.
Je n'eus pas à attendre longtemps qu'un groupe de cinq filles, qui semblaient se connaître, s'installa. Je les saluais de la tête. Elles devaient avoir dans les quinze ans, peut-être moins, et leurs visages de fans invétérées ne me donnaient pas envie de faire plus ample connaissance.

Il ne restait que deux places, l'une à ma droite, l'autre en face de moi.

Je me retournais vers l'entrée et croisais le regard maladroit d'une jeune fille qui, timide, rompit aussitôt le contact visuel pour fixer le sol.

_ Dégage!

Une adolescente venait de l'évincer violemment d'un coup d'épaule et, sans en comprendre les raisons, je me levais calmement, mon visage aussi fermé et dur que d'habitude.

_ Hey! Toi, la non-civilisée!

La peste se retourna et s'avança d'un pas menaçant. Le temps qu'elle arrive à ma hauteur, je tirais la chaise près de moi et proposais d'un geste la place à la jeune fille terrorisée.

_ C'est à moi que tu causes, espèce de larve?

Déjà, autour d'elle se précipitaient des jeunes admiratives devant leur aînée. Je ne pouvais m'empêcher de sourire de leur naïveté.

_ Xylia.
_ Quoi?
_ Mon nom est Xylia.
_ Qu'est-ce que ça peut me foutre?
_ Je trouve que c'est le minimum que l'on puisse faire: se présenter à ses ennemis.

Je lui envoyais alors mon plus beau sourire et vins me rassoir près de l'inconnue, sans prêter attention à la menace qui s'avançait dans mon dos. Je prenais la voix la plus tendre que je pouvais:

_ Hey... Ça va toi?

Je levais brusquement mon bras droit et attrapais le poignet qui s'abattait sur elle. Sans même un regard, je le pliais afin de faire une clé d'immobilisation à la fille agressive.

_ TsssssT..T.T... tu fais mal, salope!
_ Attaque-toi à des personnes qui peuvent se défendre, dorénavant.

Je relâchais le poignet. Le silence obtenu par notre altercation me permit de distinguer les bruits de pas qui s'éloignaient.
Je reposais tranquillement ma main sur la table et approchais celle de gauche vers ma voisine, l'invitant à me la serrer, ce qu'elle fit après une hésitation.

_ Je m'appelle Xylia. Kamao Xylia.
_ Luiri... euh... Je veux dire Mari... Mari Luiri.
_ Enchantée. Tu sais, tu ne devrais pas te tenir comme ça.

Je plaçais une main dans son dos et l'autre sur le haut de sa poitrine. Je resserrais doucement l'étreinte, la contraignant à se redresser. La main posée sur son torse se ferma tendrement et, l'index ainsi plié vint relever le menton de celle qui, à présent, ne respirait plus.

_ Ara... Voilà qui est beaucoup mieux en effet!

Je levais les yeux en direction de la voix.

_ Puis-je?

Nous étions déjà sept à table, mais j'eus l'impression que cette question m'était tout particulièrement destinée.

_ Eto... Les filles, cela vous pose un problème si Shizuru Viola se joint à nous?

J'avais habilement évité de répondre par moi-même et m'en félicitais intérieurement.

La réaction hystérique que j'avais prévue ne se fit pas attendre.
Déjà, les cinq 'amies' accaparaient l'attention de leur idole. Je ne m'en plaignais pas, me moquant, intérieurement, du peu d'intérêt que cette dernière masquait parfaitement.

J'en profitais pour regarder autour de moi et vis que les Mai Otome Star avaient pris place à diverses tables. Je notais que Natsuki se trouvait à celle derrière moi, face à Shizuru. Je crus remarquer qu'elle avait du mal à déloger ses yeux de notre table. Aussi, je la fixais, et lorsqu'elle eut croisé mon regard, je lui offris mon plus beau sourire et mes yeux se plissèrent de malice.
Elle ne parvint pas à masquer sa gêne et baissa la tête.

'Natsuki... Encore en train de rougir... Ma...'

_ Ara... Désolée de vous interrompre dans vos pensées, mais nous sommes en train de nous présenter, et il me semble que c'est votre tour.
_ Gomen ne. Je suis Kamao Xylia.
_ C'est tout?
_ C'est mon nom, ça ne suffit pas pour une présentation?

Je me tournais alors vers Mari et entamais une discussion sur ses origines afin de ne plus m'entretenir avec mon vis-à-vis.

'Pourquoi me cherches-tu comme ça, Shizuru? Arg... Tu ne devrais pas. J'aurais dû me rapprocher de l'endroit où Nao se trouvait... Arf... ce qui est fait et fait. Finissons ce bento le plus rapidement possible.'

_ Et toi, Kamao-san?

Elle avait une voix douce qui collait parfaitement à son physique. Mais, je n'aurais su dire pourquoi, je savais que cette douceur cachait quelque chose. Je voulais qu'elle prenne confiance en elle.

_ Tu peux m'appeler Xylia.
_ Hum... Xylia-chan?

Je souris de surprise.

_ Si tu veux.

Je pensais que cette diversion l'aurait fait abandonner sa question, mais elle la réédita sans attendre. Prise au piège, je répondais.

_ Moi... Pour faire court, je ne suis pas d'ici. Mon père... Eh ben... C'était compliqué mais il est mort quand j'avais cinq ans, je n'ai presque pas de souvenir. Et ma mère...

Je baissais les yeux. Je ne voulais pas en parler. Pas ici, pas comme ça.

_ Ma mère est décédée aussi, il y a quelques années déjà. Ils m'ont laissé un certain héritage, pour réaliser mes rêves. Alors me voici.

Je savais que Mari n'était pas ma seule auditrice, et j'en étais profondément gênée.

_ Ara... Quelqu'un veut du thé?

Je résistais à la proposition et refusais poliment. En me levant, j'attrapais un sac marron sur le sol et tournais la tête vers ma droite.

_ Nous nous reverrons sûrement bientôt Mari... Oups... Mari-chan. Je crois que je vais avoir du mal à m'y faire!

Je passais ma main dans mes cheveux gris en bataille et accepta de bon cœur le petit rire que Mari m'offrait.
J'entendis lorsqu'elle me demandait où j'allais, mais je ne voulu pas répondre. Mon sac en bandoulière, je partais tranquillement.

Je savais que Shizuru et la nerveuse me suivaient du regard. Si je connaissais les intentions de cette dernière à mon égard, je restais interdite face à l'expression inexistante de la Star Otome.
Cependant, je savais qu'elle avait déjà un avis sur moi.


L'heure avança rapidement et, à 18h45, je pénétrais dans la chambre double qui m'avait été attribuée.
Sur le registre, des ratures signifiaient que l'on m'avait délibérément changée de chambre. J'avais donc regardé par curiosité le nom de celle qui la partagerait avec moi. Un sourire avait alors fendu mon visage.

La porte s'ouvrit calmement et je me retournais:

_ Welcome Home, Mari!
_ Xy... Xylia-chan?

Je lui expliquais ce que j'avais vu sur le registre. Elle souriait.

_ Il faut croire qu'aujourd'hui, j'ai un ange gardien!
_ Ah?
_ Oui! Je n'avais jamais fait de tels scores en sport. Et, pour le combat, même si j'ai perdu, Shizuru-sama est intervenue en ma faveur. Elle ne m'a mis que 50 sur cent en force, 70 en combattivité mais 100 pour la grâce de ma danse.
_ C'est une bonne nouvelle alors!
_ Dis, tu es bien sereine après tes écrits...
_ Eto... Oui, j'ai raconté une partie deux derniers épisodes de bataille. Personne ne les connaît aussi bien que moi, je crois! Enfin, sauf les personnes présentes à ce moment-là. Pour l'autre test, il suffit de lire les journaux!

Après un repas salvateur, nous partîmes dans les contrées mystérieuses du rêve.
Le réveil tonitruant de Miss Maria ne tarda pas à nous sortir de nos songes et je m'étonnais que la nuit fut passée si vite.

Comme je l'avais prévu, je finissais première, tout groupe confondu, des épreuves sportives. Après tout, je n'avais pas eu la même vie que mes concurrentes.
Mon combat allait commencer dans quelques minutes.
J'avais choisi la spécialité Ju-jitsu car je ne voulais pas porter d'armes... même s'il y en avait une que j'affectionnais tout particulièrement.

Je ne pus réprimander un sourire malsain lorsque mon adversaire du jour se dévoila.

_ Ainsi, ton prénom est Yura.
_ Xylia!

Elle avait prononcé mon prénom comme on crache du venin. Inconsciemment, sa main attrapa le poignet opposé. Toutes les personnes assistant au combat pouvaient lire la haine sur son visage.

_ Hadjime! (*commencez!)

Nous ne bougions pas. J'attendais qu'elle laisse ses sentiments néfastes l'emporter.
Alors qu'elle s'avançait rapidement vers moi, elle décocha un Tsukkake (* coup de poing direct).
J'esquivais l'attaque, attrapais son kimono à la manche et au col tandis que je tendais ma jambe sur le côté, me retournant presque, l'entraînant avec moi pour un magnifique Tai Otoshi (*renversement du corps par barrage de la jambe).
Mon adversaire au sol, je posais un genou sur sa tête, l'autre sur ses côtes, prenant soin de ne pas lâcher son bras et finis mon mouvement par une clé de bras. A en juger pas le cri qu'elle lâcha, je n'avais pas raté ma technique.

_ Soremade! (*fin du combat)

Je me relevais et tendais la main vers la vaincue, toujours au sol. Elle la repoussa vivement et, avant que je n'ai pu comprendre, elle me plaqua rageusement au sol, à la manière d'un rugbyman. Elle entreprit de m'immobiliser par un étranglement.
Je réussis à me dégager par la force et me relevait, une pointe d'incompréhension et de colère dans les yeux.

Cependant, je marchais vers la ligne de salut, réajustant mon kimono et refaisant le nœud ma ceinture.
Mon adversaire, à genoux, ne bougeait pas. Je voyais néanmoins des perles d'eau couler sur le tatami.
Je baissais les yeux. Même si son parcours avait été excellent, je savais que la directrice ne tolèrerait pas ce genre d'actes. Elle venait de briser son rêve elle-même.

Je murmurais:

_ Gomen...

Une voix me sortit de ma mélancolie.

_ Hum hum. Carlstro Yura, relevez-vous s'il vous plaît, que j'annonce les résultats.

Malgré l'ordre de Natsuki, elle ne bougea pas, à présent entièrement recroquevillée sur elle-même. Je saluais et me dirigeais vers nos juges du jour.

_ Madame la directrice, pourriez-vous, aux vues des circonstances, procéder au prochain combat avant de nous faire part de vos résultats?

Elle semblait perturbée par ma requête et tourna la tête en direction des deux autres membres du jury.

_ Mais! Mais! c'est une honte! Comment une Otome peut-elle se comporter ainsi! Mais! Il faut du contrôle de soi! Et de la persévérance!
_ Calme-toi, Haruka. Elle n'est pas une Otome. Et l'erreur est humaine... Je suis pour le report des résultats, cela me semble une sage décision.

Natsuki hocha la tête pour acquiescer.

_ Arigato, madame la directrice. Arigato, Madame la présidente d'Airies.

Seule Haruka ne semblait pas convaincue.
Je m'inclinais afin de leur notifier mon respect le plus sincère.

_ Yura, lève-toi!

Ma voix sèche la fit sortir de sa torpeur.

_ Encore toi!
_ Gomen. Je ne vois pas qui d'autre. Tes compagnes fanatiques ne sont pas là.

Nous ne parlions pas durant le combat qui suivit.
Quelques minutes plus tard, nous étions de nouveau face à face sur le tatami. Après un bref salut, nous nous tournions vers le jury.
Médusées, nous attendions les résultats.

_ Carlstro Yura, vous êtes disqualifiée. Quant à vous, Kamao Xylia, vous obtenez 100 pour la force, 60 pour la combativité, et 100 pour l'élégance. Je note dans votre dossier le fair-play dont vous avez fait preuve, à la demande d'Haruka Armitage.

Arrivée dans mon logement provisoire, je me glissais dans un bain bouillant et laissais mon esprit vagabonder.

Flash-Back

10h.

Nous étions une vingtaine à attendre devant l'infirmerie. Je fus soulagée d'entendre que la scientifique docteur ne nous obligeait pas à suivre un ordre alphabétique pour notre passage. Ainsi, je laissais les plus pressées se précipiter à la visite médicale.
La patience était une de mes qualités indéniables, mais mon but était tout autre.
Je serrai mon sac contre moi.

Lorsque je fus enfin seule, j'entrais dans la salle sur-équipée.

_ Hum... Kamao Xylia, je suppose?

Je restais un instant comme figée devant l'adulte qui me faisait face. Mes muscles n'osaient bouger et je ne sentais plus l'air glisser sur mes cordes vocales.

_ Xylia?
_ Eto... euh... Oui. Bonjour.
_ Bonjour, je suis Youko Helene. C'est assez étrange, hier midi, j'aurais parié que vous n'étiez pas timide.

'Hier midi? Mais où était-elle? Je ne l'ai pas vue...'

_ Gomen nasai, Youko-sama, j'étais dans mes pensées. C'est que... Il faut que je vous parle...
_ Très bien, je suis là pour ça... Mais tout d'abord...

Elle me montra un cintre suspendu à une barre de fer.

'Oi... j'avais pas pensé à ça...'

Je m'exécutais, scrutant les réactions de l'infirmière.
Très vite, alors que j'étais en sous-vêtements, elle lâcha:

_ Mais qu'est-ce que...
_ Coups de couteaux, quelques balles aussi...
_ Mais...
_ Laissez-moi vous raconter mon histoire.

Je laissais mon interlocutrice abasourdie et presque larmoyante dans la salle vide près d'une heure plus tard.
Mais au moins, elle m'avait promis son aide, et son silence le plus absolu sur cette discussion. Je n'en attendais pas moins d'elle.

Ma première mission était en marche.