Kalimera ! =)
Ça fait déjà plus de deux mois que j'ai posté le chapitre 1 ? o.O Le temps passe si vite… !
Encore un grand merci à mes reviwers, vos messages me font vraiment chaud au cœur ! ^-^ (Par contre, je ne sais pas pourquoi, mais trois reviews ont étés laissés sous "Guest"… Le site a dû avoir un souci quelque part, grmbl).Mais sinon, voici les réponses à vos reviews !
Guest 1: Merci pour ta review et contente que ça te plaise ^^ !
Arala87: Merci, ça me fait chaud au cœur ! =^_^=
Guest 2: Merci ^^ Suis contente que ça te plaise =) Je suis du même avis pour Eaque, j'adore son caractère et (surtout) son côté gamin x3
Guest 3: Merci pour ta review ! ^^ Je préfère voir Minos avec Albafica, mais c'est difficile de trouver une façon de les mettre ensemble :-/ Comment va-t-il se déclarer… Mystère et boule de gomme ! x3
Leia26: Contente que ça te plaise et merci pour ta review ! ^^
Galaxian explosion: Merci beaucoup pour ta review =3 Pour Minos, je m'en étais bien doutée ! x3 Contente que ça t'ait plu ! n_n
Satsuki: Hihi, merci pour ta review ^^
Je n'ai oublié personne ? Okay !
Et sinon, comme toujours…
Disclamer: Saint Seiya et Lost Canvas sont à Masami Kurumada et Shiori Teshirogi et Flamme appartient à Slai.
Chanson utilisée pour la fic: Flamme, de Slai
Note/avertissement quelconque: Rien pour le moment
Un p'tit résumé, histoire de se remettre dans le bain ?
Eaque hésite à avouer ses sentiments à Kagaho et fait part de ses doutes à Rhadamanthe et Minos. Ses collègues lui conseillent alors d'écouter son cœur et de se déclarer. Un peu plus tard, Eaque s'en va à ses appartements mais ne parvient pas à se concentrer sur son travail, les paroles de ses deux meilleurs amis hantant son esprit. Finalement, la nuit portant conseil, le Garuda se lève le lendemain avec l'esprit clair. Il dira tout à Kagaho. Qui ne tente rien n'a rien, comme on dit…
Bon, je crois que c'est tout… =)
Sur ce, bonne lecture~ ^-^
Chapitre 2, À force de jouer avec le feu, on se brûle
Et le voilà parti, vêtu d'un simple jeans foncé et d'une chemise noire, entrouverte vers le haut, laissant voir une partie de son torse musclé, une chaînette en argent autour du cou et ses cheveux ramenés en une queue de cheval haute, d'où quelques mèches partaient en pétard par-ci, par-là. Ce style lui donnait un petit côté très bad boy et le Garuda était juste à tomber -même que certains Spectres et servantes se retournaient sur son passage avec un sourire appréciateur.
Une fois arrivé devant la porte des appartements du Bénou, le jeune homme prit une bonne inspiration pour se donner du courage et, tâchant de paraître décontracté, frappa trois coups.
... Mais personne ne répondit.
Le Juge haussa un sourcil et répéta son geste. Et cette fois, la voix exaspérée de Kagaho lui parvint de l'autre côté:
« J'arrive ! »
Il ne suffit que d'entendre le son de sa voix pour que toute la confiance du Juge s'écroule, comme si, telle une flamme fragile, elle avait été balayée par un coup de vent...
Au fond, avait-il bien fait de venir ici ? Il voulait vraiment parler de ses sentiments à Kagaho, mais... était-ce vraiment la bonne chose à faire ?
Je m'éteins comme une flamme
Lorsque j'entends ta voix
Non, au fond, c'était une mauvaise idée. Mieux valait qu'il parte avant que le jeune Spectre ne lui ouvre la porte. Il y avait trop de risques qu'il le perde à jamais, s'il ouvrait la bouche.
Il tourna les talons, mais alors qu'il s'apprêtait à partir, il entendit la porte s'ouvrir, puis la voix de l'oiseau de feu derrière lui, à moins d'un mètre.
« Eaque ? »
Il était si près de lui qu'il pouvait sentir son souffle chatouiller sa nuque dégagée.
Je frissonne d'amour quand je sens
Ton souffle derrière moi
Se contrôlant pour ne pas faire quelque chose qu'il regretterait toute sa vie, comme par exemple se retourner et l'enlacer avant de l'embrasser, le Juge lui fit face avec son habituel sourire enjoué:
« Salut Kaga !
- Mais que fais-tu ici, au lieu d'être au Tribunal ? demanda le jeune homme, visiblement surpris.
- C'est mon jour de congé, répondit le Garuda avec un clin d'œil. »
Il eut deux secondes pour se décider. Faire face ou partir ? Courage, bon sang ! Il était le Spectre de l'Etoile Céleste de la Supériorité !
Il savait les risques qu'il prenait. Mais il décida de rester.
« Au fait, je peux entrer ? J'aimerais te parler... »
Le Spectre haussa un sourcil et s'écarta pour le laisser passer.
- Bien sûr, entre. À propos de quoi tu veux parler ?
- Eh bien..., fit-il en entrant. »
Sa confiance s'ébranla à nouveau... avant de s'effondrer.
« Hem... bon, tu sais quoi ? Au fond, ça peut attendre, je pourrais passer un autre jour, si vraiment. »
Eaque, le rose aux joues, voulu sortir de la pièce, mais Kagaho ferma la porte devant son nez en croisant les bras, dubitatif.
- Tu viens ici et tu me dis ensuite que ce n'est pas important ? Et tu as l'air bizarre, qu'est-ce qu'il y a ?
- Pour mon "air bizarre", je ne fais pas exprès. »
L'oiseau de feu fronça les sourcils et son supérieur ajouta, en se forçant à agir comme si de rien n'était:
« Oublie, ce n'est rien. »
Comment pouvait-il dire à Kagaho que c'était lui qui lui faisait cet effet-là ? Sa voix semblait l'hypnotiser, c'était à peine s'il arrivait à aligner deux pensées cohérentes suivant les moments où il était en sa compagnie...
Tu me rends fou, je ne peux plus penser
Lorsque j'entends ta voix
Le Bénou finit par s'exaspérer devant l'attitude étrange de son ami.
« Bon, qu'est-ce qu'il y a, à la fin ? Tu voulais me parler, alors dis-moi une bonne fois pour toutes ce que tu avais à me dire et pars, j'ai autre chose à faire que d'attendre une réponse qui ne vient jamais ! »
Le Garuda soupira en secouant la tête, ne pouvant empêcher ses lèvres de s'étirer en un sourire. Sa gêne et son hésitation se muèrent presque en hilarité. Dire les choses directement étaient tellement dures, parfois ! Et dire qu'il n'avait qu'à sortir trois mots !
Néanmoins, la réplique du noiraud avait titillé sa répartie. Étant donné qu'il n'arrivait pas à parler à cœur ouvert, autant jouer...
Ce qui était sa spécialité.
« Comme quoi ? répliqua-t-il. Tu es un simple Spectre, tu n'as pas grand-chose à faire de tes journées, non ? Tu n'as pas une tâche bien précise aux Enfers et d'ailleurs, tu passes tout ton temps tout seul. »
L'Egyptien fronça les sourcils et siffla:
« Ne joue pas à ça avec moi, Eaque...
- Ohh... Et pourquoi ? Tu as peur que je touche un point sensible ? Pourquoi tu n'aimes pas la compagnie ?
- Eaque, ça suffit ! Sors de chez moi !
- Non. »
Bien que la réponse d'Eaque le surprit, Kagaho se reprit rapidement en ordonnant, d'un ton plus ferme, plus autoritaire:
« Je t'ai dit de partir, tu n'as pas entendu ?! De quel droit tu refuses ?!
- Je suis un Juge, j'ai tout le pouvoir que je veux, répondit calmement l'Étoile de la Supériorité. Et j'avais quelque chose à te dire, tu te souviens ? Je ne partirai pas avant de te l'avoir dite. »
Le jeune homme face à lui trancha l'air d'un mouvement vif du bras en s'exclamant:
« Je ne veux rien entendre ! Ce n'est pas parce que tu es l'un des trois Juges des Enfers que tu dois te croire tout permis ! Sors !
- Et si je refuse ? affirma le Népalais en s'approchant de lui.
- Eaque, recule ! ...Eaque, ne m'approche pas ! Eaque ! »
N'obtenant aucune réponse de son ami et le voyant se rapprocher plus de lui, le Bénou invoqua ses flammes pour le dissuader d'avancer encore. Mais l'ancien roi d'Egine n'en avait cure et continua d'avancer. Le jeune Spectre recula alors d'un pas, lui ordonnant à nouveau de s'arrêter.
Pour finir, jugeant le Garuda trop près de lui, Kagaho annula ses flammes, ne voulant au fond pas brûler mortellement son unique ami. Il continua donc de reculer en lui envoyant un regard noir -seule arme qu'il lui restait- si bien qu'il finit par sentir son dos butter contre le mur à force de s'être éloigné d'Eaque, à qui avancer n'avait pas posé de problème.
« Tu n'as pas à avoir peur de moi, Kaga, souffla doucement le Juge.
- Je n'ai pas peur, contra l'oiseau de feu.
- Tu reculais.
- Je n'aime pas le contact humain. Et je ne voulais pas que tu m'approches.
- Pourtant, tu passes quelques fois du temps avec moi.
- Et alors ? Avec toi, c'est différent.
- Je suis pourtant comme n'importe quel Spectre, si ce n'est plus chiant, sourit l'aîné. »
Sa phrase tira un mince sourire à l'Egyptien.
« Pour ça, tu n'as pas tort... Et pour la quatrième fois, ajouta-t-il en reprenant son sérieux, sors, tu m'énerves, à toujours insister ! »
Eaque poussa un soupir.
« Avant ça, j'ai juste une chose à te demander. Rien qu'une.
- Laquelle est-ce ? rechigna le jeune homme, légèrement méfiant.
- Tu verras. Mais avant ça, fit le Garuda en reculant, viens. Il faut qu'on soit face à face. »
Le Bénou pencha la tête sur le côté, les bras croisés sur son torse, et fixa son supérieur les sourcils légèrement froncés, comme s'il hésitait entre le pour et le contre. Il finit par se décider et maugréa, espérant qu'après ça, son ami veuille bien le laisser:
« Ok... »
Il s'avança vers lui et, les bras toujours croisés, sur ses gardes, le regarda dans les yeux.
« Et ensuite ? »
Le Juge sourit et tendit une main, paume en l'air.
« Donne-moi ta main.
- Eaque..., soupira le Spectre, franchement agacé.
- S'il te plaît, insista son confrère. Pose juste ta main sur la mienne, c'est tout. »
Kagaho grommela quelque chose, mais finit par poser sa main sur celle d'Eaque. Tant que son ami partait ensuite rapidement... Et surtout, il savait qu'il était têtu et du genre à ne pas abandonner avant d'obtenir ce qu'il voulait... Il se croyait sans cesse supérieur à tout...
Eaque ne put réprimer un sourire lorsque leurs mains entrèrent en contact.
« Il a la main chaude, songea-t-il en se retenant pour ne pas caresser du pouce la peau couleur caramel. Chaude et douce. »
« Alors ? demanda-t-il. Ce n'est pas si sorcier, un simple contact humain, hein ? le taquina-t-il gentiment.
- Commence pas, d'accord ? J'ai accepté uniquement pour te faire plaisir et que tu me laisses tranquille après !
- Pour me faire plaisir ? Mais c'est gentil, ça... »
Il lui fit un clin d'œil, puis referma ses doigts autour de la main de l'Egyptien, qui eut alors un mouvement de recul.
« Reste tranquille, lui intima le Népalais avec un sourire, tenant toujours sa main captive.
- Eaque, je n'ai pas l'habitude de trucs comme ça et j'en ai horreur. Lâche-moi.
- À une condition.
- Laquelle ? »
Le Juge eut un sourire mutin.
« Tu dois me toucher quelque part. Le bras, l'autre main, la joue... N'importe où, mais il faut que ça vienne de toi. »
L'oiseau de feu écarquilla les yeux et brailla:
« Et puis quoi encore ?! Lâche-moi, je te dis, ordonna-t-il en posant sa main libre sur celle du Troisième Juge, tirant dessus pour tenter de libérer sa main captive. »
Eaque tenta alors sa plus redoutable attaque, qu'il n'utilisait qu'en temps de paix et qu'il avait élaboré spécialement pour ce genre de situation: les Petits-yeux-chibis-larmoyants-tout-trognons-et-suppliants:
« S'il te plaît..., plaida-t-il avec une moue adorable. Aller...
- Je peux savoir pourquoi je le ferais ?
- Simplement parce que je veux prouver que les autres ont tort, et que tu es capable de toucher quelqu'un sans que ce soit dans un combat et que ça ait une part d'humanité.
- L'humanité n'a rien a voir là-dedans.
- Oublie ce que j'ai dit en dernier, alors. Ne me dis pas que tu n'es pas capable de toucher quelqu'un ? pouffa-t-il.
- Pff ! Encore un pari idiot, hein ?
- Non. Je le fais pour moi. »
Le jeune Spectre l'observa longuement dans les yeux, comme s'il les scrutait à la recherche de la vérité.
« Je te le jure, ajouta l'ancien roi d'Egine avec sincérité.
- ...Bon, d'accord, soupira finalement le Bénou. T'es vraiment bizarre..., lâcha-t-il en le regardant en coin. »
Kagaho réfléchit un instant. Il pouvait le toucher n'importe où...
L'idée de lui envoyer un coup de pied bien centré dans une zone précise de son anatomie lui traversa l'esprit, mais ça n'aurait pas été loyal et son ami n'avait -pour le moment- rien fait de déplacé.
Où le toucher ? L'autre main ? Le bras ? Il était persuadé qu'Eaque trouverait une excuse pour rester vers lui encore un peu, comme par exemple lui demander de le toucher à un autre endroit et se moquer ensuite un peu de lui en voyant qu'il n'aurait pas envie. Bon, alors autant y aller franchement dès le début pour qu'il lui fiche la paix une bonne fois pour toutes. Le torse ? Non, la chemise était entrouverte... ...Le ventre ? Non, on oublie, pas question.
Il finit par choisir un endroit et leva sa main libre, l'autre étant toujours prisonnière dans la main de son supérieur. Il la posa ensuite à l'endroit décidé et demanda avec un léger sourire en coin, les yeux plissés, où dansait une lueur narquoise:
« Ici, ça te va ? »
Le cœur d'Eaque fit un bond.
Kagaho avait posé la main sur sa joue.
« Ou... oui, balbutia-t-il. Hum ? Hé, tu as la main chaude... C'est agréable. »
Il ferma les yeux pour mieux savourer la douceur sur sa joue et poussa un petit soupir. Il pouvait enfin sentir la main de son Oiseau sur sa peau... Certes, pas de la façon dont il rêvait vraiment -il avait un peu forcé Kagaho, là...- mais tant pis...
Je succombe quand tu laisses ta main
Posée sur moi comme ça
Le Bénou, resta sans bouger quelques instants et finit par tourner la tête sur le côté pour ne pas le regarder, un peu perdu. Étonnamment, il arrivait de moins en moins à s'énerver...
Le contact, côtoyer les autres... Il n'avait pas l'habitude de tout ça, il devrait donc être fou de rage qu'Eaque joue ainsi avec lui et que lui accepte toujours de céder à ses petits caprices...
En réalité, le seul contact avec autrui qu'il avait jamais eu, c'était quand il était humain et qu'il avait Sui, son petit frère, auprès de lui... Et là... étrangement, il retrouvait cette même chaleur avec Eaque.
Ce dernier, attendri par son trouble et dans un élan incontrôlé, posa sa main libre sur la joue du jeune Spectre et la câlina doucement du pouce. Kagaho sursauta, ses joues se colorèrent d'une teinte rosée encore jamais vue chez lui, et il détourna le regard une nouvelle fois, gêné et ne sachant comment réagir. Lui envoyer son poing en pleine figure, lui dire simplement d'arrêter ? Le brûler au troisième degré ?
« Kagaho..., fit le Juge d'une voix douce, ne détourne pas les yeux, regarde-moi... »
Ne détourne pas les yeux
Mon coeur vois-tu ne bat que pour eux
L'Egyptien ouvrit la bouche, la referma, puis murmura en fermant les yeux, crispé:
« E... Eaque, arrête. Lâche-moi.
- Regarde-moi et dis-le moi en face, souffla l'aîné en se penchant légèrement vers son oreille. Regarde-moi et dis-le... »
Kagaho rouvrit lentement les yeux, dévoilant deux prunelles voilées par une étrange confusion, et les riva à nouveau à ceux du Juge. Mais quand il le vit si près de lui, leurs visages à peine à environ 10 centimètres l'un de l'autre, il voulu reculer farouchement d'un pas, mais Eaque raffermit sa prise, lui saisissant les deux poignets. Le Bénou secoua la tête.
« Arrête, lâche-moi, Eaque... !
- Alors dis-le..., chuchota le jeune homme en approchant son visage du sien. »
Mais Kagaho était comme paralysé, il ne pouvait plus esquisser le moindre mouvement, totalement incapable de bouger, et son esprit était comme embrumé. Qui écouter ? Sa raison, qui lui hurlait de repousser farouchement son ami et le gifler, voir l'attaquer, pour oser le toucher de la sorte, oser être si près de lui... ? Ou cette autre voix, à qui il ne pouvait attribuer une provenance, qui elle, lui conseillait de se laisser faire, qu'il n'y avait aucun mal à ça... ?
Et pour la première fois, tout son être semblait se tourner vers la seconde voix et l'écouter.
« Eaque..., commença le jeune homme en levant les yeux vers lui.
- Shht..., murmura son aîné en s'approchant lentement.
La distance entre leurs visages diminua petit à petit...
Mais alors que leurs lèvres ne se trouvaient qu'à quelque cinq centimètres, la voix sévère de Pandore retentit soudain derrière la porte, accompagnée de coups répétés contre le bois.
« Kagaho ! Kagaho, j'ai besoin de toi, sors d'ici ! Je veux que tu sois dans les jardins dans dix minutes ! »
La bulle dans laquelle le Bénou et le Garuda se trouvaient vola alors en éclats et l'Egyptien sembla reprendre ses esprits. Il écarquilla les yeux et repoussa brusquement son supérieur, le souffle court.
« Je... je dois y aller, Pandore me demande, bredouilla l'oiseau de feu, encore troublé, avant de sortir en courant de la chambre. »
Eaque resta quelques minutes dans la même position, les bras ballants et la bouche entrouverte, puis alla donner un puissant coup de pied dans la pauvre et innocente petite corbeille à papier, qui n'avait rien demandé à personne et qui vola à travers la pièce, pour évacuer sa rage.
« Chier... ! »
Il y était presque... et il avait raté son coup ! Et à cause de qui ? De Pandore ! P.a.n.d.o.r.e... !
Et pourquoi avait-elle besoin de Kagaho, hein ? Peut-être que Mâdame avait voulu faire un joli feu de bois dehors et qu'elle avait eu besoin d'aide pour l'allumer ? Mais pourquoi est-ce qu'elle ne ferait pas quelque chose d'intéressant et qui plairait à tout le monde, pour une fois... ? Comme par exemple allumer un beau gros bûcher, grimper dessus et se laisser carboniser ! Ça, ça ferait plaisir à chacun d'eux ! Et tiens, ça leur permettrait à tous de faire une grande fête, enfin délivrés de cette sale sorcière... D'ailleurs, ce n'est pas sur des bûchers qu'elles étaient brûlées autrefois, les sorcières ? Tiens tiens... Il devrait en parler aux autres, un de ces jours...
Et il était prêt à parier que Kagaho serait ravi d'avoir l'honneur d'allumer le bûcher lui-même, vu comme lui et la prêtresse de leur Seigneur se détestaient.
L'espace d'un instant, l'idée d'aller faire une balade dans les jardins traversa l'esprit du Juge mais, bien qu'il avait envie de parler encore à son bel Oiseau, la perspective de croiser Pandore lui hérissa le poil.
La personne qu'il aimait le plus au monde et celle qu'il haïssait plus que tout, les deux réunies au même endroit...
Super...
Finalement, il décida de rester dans la chambre de son bien-aimé et d'attendre son retour. Il alla s'asseoir sur le lit, défit l'élastique qui nouait ses cheveux et patienta sagement, perdu dans ses pensées tandis que le temps passait. Proches... ils étaient si proches, tout à l'heure. Et le mieux, c'était que Kagaho n'avait pas semblé enclin à le repousser.
Il avait pu lire diverses émotions dans ses prunelles: incompréhension, appréhension, une légère touche de surprise mêlée de doute...
Ce qu'il y avait lu l'avait réjoui. Certes, il y avait aussi décelé un peu de peur peut-être, mais pas de terreur ou de crainte. Pas de dégoût, ni de répugnance. Pas de mépris, pas de rejet.
Il n'avait jamais vu un tel tourment dans ses yeux. Des yeux magnifiques, d'ailleurs... Deux joyaux, deux sublimes améthystes dont il rêvait chaque nuit de les voir briller de tendresse et d'amour pour lui. De voir son amour se refléter dans les yeux de Kagaho...
Et toute la nuit, je ne vois qu'eux...
Le jeune Spectre revint vers la fin de l'après-midi. Il ne remarqua pas tout de suite la présence du Juge, resté dans ses appartements et assis sur son lit.
Eaque voulu lui signaler sa présence, quand...
Il remarqua combien l'oiseau de feu semblait exténué et d'une humeur tellement sombre et massacrante qu'il semblait prêt à déclencher un incendie, voire faire exploser cette partie des Enfers, à la moindre contrariété ou autre petite chose s'y apparentant...
Gloups.
Se faire tout petit et se taire en priant qu'il ne le voit pas lui parût la meilleure chose à faire pour sa santé et pour la sécurité du monde souterrain.
Sauf que justement, comme par le plus grand des hasards, Kagaho finit par le remarquer et s'arrêta net.
Les deux jeunes hommes se dévisagèrent quelques secondes sans rien dire, avant que le cadet ne se décide à briser le silence.
« Que fais-tu ici ? demanda-t-il en s'assombrissant.
- Je ne suis pas parti, avant. Je t'ai attendu jusqu'à maintenant, j'avais à te parler.
- Sors. »
Claire, nette et précise. Aussi tranchante qu'une lame... et dénuée d'émotion. Froide et glaciale. Voilà comment avait été la réponse du Bénou.
« Attends, Kaga, commença le Juge en se levant. Pour ce qui s'est passé avant, je...
- Eaque, l'interrompit le jeune Spectre. Sors de ma chambre. Tout de suite.
- Mais...
- SORS ! Je veux être SEUL, VA-T-EN ! »
Eaque recula d'un pas, puis baissa la tête. Il se mordit la lèvre et ferma les yeux en se maudissant. Et voilà, il avait perdu Kagaho... il l'avait perdu à jamais.
« ...Très bien, répondit-il. Je ne vais pas te déranger plus longtemps... »
Il sortit de la chambre, continuant de fixer le sol pour ne pas avoir à affronter le regard de Kagaho. Quand il passa à côté du jeune Spectre, lui qui ne demandait jamais pardon, il lui murmura, d'une voix navrée, sincèrement désolé:
« Je m'excuse... »
Et il referma la porte derrière lui une fois dans le couloir.
Le cœur lourd, le Népalais prit la direction de ses appartements, remerciant son étoile -maléfique ?- de ne croiser personne.
Il ne s'était pas contrôlé et avait voulu l'embrasser... mais quel idiot il avait été ! Kagaho n'avait pas réagi tout de suite uniquement à cause de la surprise. Sa réaction avait été naturelle... Alors il ne fait aucun doute qu'une fois remis, il l'aurait repoussé et crié dessus comme il venait de le faire. Il aurait dû s'en douter...
Et à présent... il était sûr que jamais son rêve ne pourrait se réaliser. À savoir, avoir la joie que ses sentiments soient réciproques.
...§*§*§°O.o_q.p_o.O°§*§*§...
Kagaho n'avait pas bougé, poings et dents serrés. Deux pensées se chamboulaient dans son esprit: au fond, pourquoi ne pas courir après Eaque et lui demander des explications sur son comportement ? Ou bien rester ici... seul...
Il secoua vivement la tête. Être seul ne lui faisait pas peur ! C'était son choix, il ne voulait pas de compagnie ! Des amis, du contact humain... Ça ne servait à rien, à rien du tout ! Pourquoi s'encombrer de telles choses ? Il n'avait besoin de rien, de rien et de personne si ce n'est son Seigneur, Hadès !
Mais...
Étrangement, avec Eaque, c'était différent...
Il aimait bien passer un moment avec lui -et il avait encore du mal à se l'avouer. Et... il n'avait pas rêvé, avant ? Eaque avait vraiment essayé de... ? Et lui... il n'avait pas pensé à le repousser.
Il... n'avait... pas voulu.
L'oiseau de feu hésita, se tourna vers la porte d'entrée fermée... Puis jeta un œil en direction de son lit, où il avait prévu de faire une sieste en rentrant... Avant de regarder la porte à nouveau.
Il se passa une main dans les cheveux, soupira, puis s'élança en courant hors de sa chambre.
« Eaque ! »
À suivre…
Voilà, fin du chapitre 2 ! ^-^
À présent, que va-t-il se passer ? Kagaho et Eaque pourront-ils avoir une discussion raisonnable ? Ou la colère et l'incompréhension vont-elles venir s'y mêler ?
Sur ce, à très bientôt ! ;-D
