[HxK] Le Bruit du Silence (Chapitre 2)
Titre : Le Bruit du Silence
Genre : Romance
Personnages : Heiji x Kazuha, Shinichi x Ran
Statut : Fini / Série. Chapitres : 7/7
Avertissement : Lisant moi-même DC en VO, j'ai tendance à préférer l'usage des appellations à la japonaise. Cela signifie que dans mes fics, si je peux éviter, Shinichi et Heiji ne nomment pas par leur prénom Kazuha pour le premier, Ran ou Ai pour le second. N'en soyez pas surpris.
En japonais, Heiji emploie « Nee chan » pour Ran. Et Shinichi utilise toujours le pronom personnel « Kanojo » = elle pour parler de Kazuha.

2. La mystérieuse lettre

L'enquête dura trois heures. Et quand les deux détectives eurent terminé leur déposition auprès du policier Otaki, ils eurent droit bien malgré eux à plusieurs petites surprises. La première fut de découvrir que leurs amies avaient disparues du Kaiyukan sans prévenir. Ils auraient dû s'attendre à la seconde pourtant, car aucune des adolescentes ne répondit ensuite à leurs coups de téléphone. Puis, de retour à la maison de Heiji, Shizuka leur fit part de la troisième. Les filles étaient passées plus tôt dans la soirée pour prendre les affaires de Ran chan car cette dernière allait passer la nuit chez Kazuha-chan. A mesure que la soirée se déroulaient, la contrariété fit place à de l'incompréhension puis à de la déception sur le visage des deux détectives. Shinichi en particulier ne s'était pas attendu à une réaction aussi forte de la part de son amie d'enfance. En temps normal, elle se montrait relativement compréhensive vis à vis de ses petites manies de détective. Il se demanda ce qu'il avait pu faire de différent par rapport à d'habitude pour provoquer une telle froideur dans les réactions de la jeune fille. Était-ce une maladresse qu'il avait commise ? Ou était-elle plus fâchée qu'à l'ordinaire parce qu'il venait à peine de rentrer ? Non, il en doutait. Elle avait passé toute la semaine auprès de lui sans le lâcher donc il n'y avait pas de raison qu'elle réagisse soudain si fortement. Ou alors, c'était la copine de Hattori qui l'avait poussée ? Mais quand même, Ran était plutôt du genre à tempérer les choses en temps normal ... à moins... à moins que cette fois ait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase...

Après le repas, ils montèrent sans dire un mot dans la chambre de Heiji et reprirent la discussion à ce moment-là.
- Mais qu'est ce qui lui prend à cette idiote ? C'est pourtant elle qui voulait faire ce restaurant au SANBANGAI à Umeda...
- Elles sont surement fâchées, dit sagement Shinichi. On les a lâchées pour une enquête et je suppose que l'idée ne les a pas forcement emballées...
- Oui mais quand même, protesta Heiji, un homme est mort ! Il fallait bien que quelqu'un s'occupe de cette affaire.
- Mets-toi à leur place un peu. On les plante comme ça, sans préavis alors qu'elles se faisaient visiblement une joie de passer un samedi tranquille. On a gâché les projets de l'après-midi. Donc elles étaient peut-être simplement trop dégoutées et ont décidé de gâcher ceux de la soirée ? En d'autres termes, elles nous en veulent.
L'adolescent d'Osaka haussa un sourcil d'un air pensif puis poussa un soupir en levant les yeux vers le plafond.
- Je suppose que tu as raison. Enfin bon, il n'y a pas de quoi nous en faire tout un plat non plus... mais j'imagine que Nee-chan a de quoi t'en vouloir... après cette affaire avec les hommes en noir...
- Oh, arrête de rejeter toute la faute sur moi. Je te rappelle que ta copine non plus n'a pas répondu à tes appels tout à l'heure.
- Kazuha ? ... oui, bon. Elle a juste mauvais caractère. Ce n'est pas pareil...
Pour accompagner ses paroles, il balaya l'air de la main comme s'il parlait d'un détail insignifiant. Mais Shinichi voyait bien que ses joues halées étaient légèrement plus rouges que d'habitude.
- Bah, je suppose qu'elles nous passeront un savon demain matin. On ferait mieux de se coucher. Kazuha avait encore prévu une liste phénoménale de choses à faire demain alors autant profiter d'une bonne nuit de sommeil...

Malheureusement, contrairement à leurs suppositions, les filles n'avaient visiblement pas fini de les étonner. A leur réveil, ils reçurent chacun un email sur leur téléphone les informant qu'elles avaient changé le programme de la journée. Le message disait en substance qu'elles préféraient passer la journée toutes les deux à faire du shopping et qu'ainsi elles n'empêcheraient pas leurs deux parfaits crétins d'amis d'enfance obsédés des enquêtes de faire régner la justice dans la ville d'Osaka.
- Hattori, qu'est-ce que tu disais hier soir à propos de se faire passer un savon ?
Le détective de l'Ouest tenait toujours son téléphone portable, le regard ahuri. Il était encore en pyjama, et se passait une main dans ses cheveux ébouriffés.
- Ha ha ha ... elles sont VRAIMENT fâchées ce coup-ci on dirait ?
Il se tourna vers son ami lui aussi en pyjama. Le détective de l'Est affichait également une mine complètement désolée.
- Je crois qu'on va devoir penser à se faire pardonner, lança ce dernier tout en réfléchissant.
- Hein ? Ça ne va pas la tête !? s'écria le garçon d'Osaka. Pourquoi est-ce qu'on devrait se faire pardonner ? Elles sont aussi en tort que nous. Ce sont elles qui mettent nos plans en l'air depuis hier soir. Tu ne vas pas te laisser avoir par leurs manigances ?
- Et qu'est-ce que tu proposes, si tu es si malin ?
Mais son ami ne lui répondit pas. Il finit de rassembler des vêtements pour aller se changer et parti sans un mot vers la salle de bain. Une fois seul dans la chambre, Shinichi se laissa tomber sur le lit de son meilleur ami. Il était faible de dire à quel point il était déçu. Après tous ces mois à vivre avec Ran sans pouvoir se comporter naturellement, c'était naturel qu'il souhaite passer le maximum de temps avec elle. Bien sûr, avec le recul, il comprenait qu'à force les filles puissent leur en vouloir. Il n'était pas aussi têtu que Hattori. Mais savoir qu'elles avaient décidé de passer la journée sans eux le peinait considérablement.
Quand le jeune tokyoïte fut à son tour habillé, ils se dirigèrent vers la cuisine. La mère de Heiji s'était levée comme toujours très tôt pour préparer le petit déjeuner. La table était impeccablement dressée. Sans se faire prier, Heiji s'assit et s'empara de son bol de riz. Shinichi s'assit à son tour et regarda le repas japonais qui l'attendait. Il y avait de la soupe de miso, du poisson grillé, du riz blanc et une petite salade de légumes frais. A son tour il saisit ses baguettes quand Shizuka s'approcha de lui en lui tendant une enveloppe.
- Il y avait ça dans la boite aux lettres ce matin.
Le détective de l'Est regarda le courrier que la mère de son ami lui tendait. Il s'agissait d'une enveloppe blanche avec le nom « Kudo Shinichi » imprimé dessus. Heiji s'était interrompu à son tour et fixait le papier avec une curiosité non dissimulée.
- Tu reçois du courrier chez moi maintenant ? tu n'as pas fait rectifier ton adresse auprès de la poste ?
- Non, ce n'est pas ça. Regarde, il n'y a pas d'adresse sur l'enveloppe. Juste mon nom. Quelqu'un est passé déposer cette lettre chez toi.
Le lycéen a la peau halée fronça les sourcils.
- Et qu'est-ce qu'elle dit ?
Shinichi posa ses baguettes devant lui et saisit l'enveloppe qu'il examina sous tous ses angles avant de l'ouvrir. Elle ne contenait qu'un simple morceau de papier blanc avec un message tapé a l'ordinateur.

« Serez-vous assez rusés pour résoudre cette énigme ?
Aurez-vous assez de cran pour percer ce secret ?
La clef du mystère se cache au bout du chemin vermillon.
Le premier indice se trouvera au guichet de la gare, face à vous.
Bonne Chance. »

Il n'y avait pas de signature. La police était des plus standards et n'avait aucune particularité. Après avoir étudié la missive sous tous ses plans il la tendit sans mot dire à son meilleur ami. Celui-ci se renfrogna quasi immédiatement en découvrant le message. Puis il regarda Shinichi et lui demanda :
- Qu'est-ce que tu as l'intention de faire ?
- Bah, on n'a rien de spécial à faire aujourd'hui puisque les filles nous ont lâchés, pas vrai ? Ça ne te titille pas ? Ça pourrait être amusant après tout.
- ... Je ne sais pas, répondit Heiji d'un air contrarié. Mais après tout, tu es là pour te changer les idées alors...
Shinichi dévisagea son ami qui s'était remis à manger sans dire un mot. Quelque chose dérangeait manifestement son meilleur ami mais il ne voyait pas ce qui pouvait en être la cause. Il reprit à son tour ses baguettes et se mit alors à réfléchir à l'énigme qu'on lui avait envoyée. La personne qui lui avait adressé cette lettre savait qu'il se trouvait à Osaka aujourd'hui. Cela limitait donc considérablement le champ de ses recherches. D'un autre côté, après l'aide qu'il avait apporté à l'enquête de hier, il était possible que son nom soit associé à celui de Heiji dans l'édition des journaux du matin. Visiblement, il manquait de pièces pour pouvoir essayer de se lancer dans de quelconques théories...

Une fois le repas fini, les garçons se mirent d'accord pour se rendre directement à la gare chercher ce fameux indice. Une fois de plus, le temps était au beau fixe, sans un nuage. Ils se rendirent à pied au centre-ville de Neyagawa. Le soleil tapait fortement, faisant perler des gouttes de sueur sur les tempes des deux adolescents. Il était à peine onze heures passées mais ce genre de températures était loin d'être inhabituel en fin du mois de mai dans la région d'Osaka. Au bout d'un quart d'heure de marche silencieuse, Shinichi se décida à demander à son ami :
- Tu comptes me faire la gueule encore longtemps ?

- Si tu me disais pourquoi tu es contrarié, je pourrais éventuellement voir en quoi je peux y remédier.
- Je ne fais pas la gueule. Tu te fais des idées.
- Bon voyons, à d'autres va ! Vas-y crache le morceau.
Le détective de l'Ouest lança un regard en biais mine de rien.
- ... je me demandais pourquoi tu tenais tant à résoudre cette énigme...
- ?... Tu te fiches de moi là ou quoi ? Tu es le premier à te jeter sur le premier mystère du genre et à venir me chercher pour m'entrainer dedans. Et tu te demandes pourquoi je suis curieux de résoudre celui-là ?
- Ne fais pas l'innocent, allez. Pourquoi tu as reçu cette lettre à ton nom, d'abord ?
- Ca, je voudrais bien le savoir. Et c'est justement en la résolvant qu'on finira par trouver qui est son expéditeur.
Cette fois, Heiji s'arrêta.
- Mais arrête ! Tu sais parfaitement qui a envoyé cette lettre !
Shinichi se retourna à son tour.
- Hein ? Tu veux dire que tu sais, toi, qui l'a envoyée ?
- Ne fais pas celui qui ne comprend pas.
- Je te jure que je ne mens pas, continua-t-il en le jaugeant du regard. J'ai bien quelques idées qui me sont passées par la tête mais à cause de l'enquête de hier soir, je pense que n'importe qui dans cette ville peut se douter que je suis encore à Osaka. Les journaux et les infos télévisés ont dû en parler sans parler des visiteurs du Kaiyukan qui ont assisté à notre démonstration hier soir.
Heiji sembla réfléchir un moment puis détourna le regard. Il était visiblement légèrement convaincu.
- Espèce d'idiot, lui répondit-il. Pourquoi faire parvenir le courrier chez moi si c'est le cas ?
- Si je suis en visite à Osaka, il est difficile de savoir dans quel hôtel je peux être descendu donc autant me faire parvenir la lettre par ton intermédiaire. On a résolu l'affaire d'hier en équipe après tout. Quant au fait de savoir ton adresse, tu as déjà reçu ce genre de demande directe chez toi, non ? Quelle est la surprise là-dedans ?
- ... Tu n'avais rien remarqué sur la lettre ?
- Tu veux parler du parfum ? Je dirais qu'il s'agit d'un encens au jasmin.
- ... C'est l'encens préféré de Kazuha. Elle en fait toujours bruler quand je vais chez elle.

Au moment où le détective de l'Ouest lui fit part de cette évidence, Shinichi compris ce qui lui avait échappé. N'ayant jamais mis les pieds chez l'amie d'enfance de Heiji il n'avait aucune raison de connaitre les parfums que cette dernière aimait. Quant à la réaction de Hattori, elle était maintenant parfaitement évidente.
- Donc en gros, tu fais la gueule parce que tu es jaloux qu'« elle » m'ait écrit.
- I...idiot ! Je ne suis pas jaloux ! Je me demandais juste pourquoi tu as reçu cette lettre...
- Et pas toi ?
Tous les deux avaient repris leur route en direction de la gare.
- Tu sais, poursuivit-il comme Heiji ne répondait pas, je pense que l'énigme vient bien des deux. Après tout Ran est allée dormir chez « elle » et elles ont pu comploter leur petit projet sans éveiller nos soupçons. Ensuite, la lettre m'était adressée pour qu'on soit sûr de l'ouvrir le jour même. Si la lettre était à ton nom, tu aurais pu la mettre de côté et la garder pour le soir même, après tout.
Ils atteignirent alors la gare de Neyagawa-shi. Sans un mot, ils se dirigèrent vers les guichets et commencèrent à examiner les machines. Ils s'étaient attendus à y trouver une nouvelle enveloppe ou un morceau de papier mais après une étude minutieuse des guichets, ils durent se rendre à l'évidence qu'il n'y avait rien.
- Un employé de la gare a très bien pu jeter ce qu'elles ont laissé, annonça Heiji en leva les yeux vers le panneau lumineux qui indiquait la liste des gares.
- Je peux aller demander à quelqu'un si tu veux, proposa Shinichi. Il y a justement un employé la b...
Mais il sentit qu'on le retenait par le bras. En se retournant, il vit que le détective avait toujours les yeux fixés sur le panneau.
- Attends Kudo. Regarde ça. Dis-moi si tu comprends la même chose que moi.
A son tour, il se mit à détailler l'enseigne qui présentait les différents arrêts de la ligne Keihan. A droite, le terminus arrivait en plein centre d'Osaka, pas loin d'Umeda. Mais à l'opposé, le train finissait son parcours proche du centre-ville de Kyoto. Il récapitula mentalement les principales stations ou s'arrêtait l'express : Kyobashi, Hirakata-shi, Kuzuha, Chushojima, Tanbabashi...
- Kudo, tu connais un peu les lieux touristiques qu'il y a dans le coin ? demanda alors Heiji en guise d'indice.

Les deux détectives croisèrent leur regard un sourire confiant sur le visage.
- Cette fois, je vois ce que tu veux dire et je pense être d'accord, confirma Kudo Shinichi.
Alors qu'ils étaient en train en d'acheter des tickets, Heiji fit glisser la visière de sa casquette devant son visage. L'énigme promettait de ne pas être si inintéressante finalement...

A suivre...