Chapitre 2
Aujourd'hui, Harry et Théo sont venus. Ils m'ont donné des nouvelles de l'équipe et m'ont assuré que mon remplaçant au poste de poursuiveur était beaucoup moins brillant que moi. Je crois qu'ils ont vu que je les entendais car ils ont commencé à crier comme des fous quand j'ai souri. Ils hurlaient tellement qu'une infirmière à la voix sèche est venue leur dire de se taire car ils troublaient le travail des médicomages.
Juliette est revenue hier. J'ai senti sa présence à l'instant où elle est entrée dans la pièce. Pourtant elle ne faisait pas de bruits et elle semblait être rester près de la porte. Mais son odeur l'a trahie. J'ai sentie son parfum, cette fleur qui m'obsède. Elle n'a pas bougé pendant un long moment puis elle a posé tout doucement sa main fraîche sur mon bras.
« Bonjour, Drago. C'est moi, Juliette. Il fait un temps splendide. Réveillez-vous vite pour voir ce soleil, » a-t-elle dit de sa voix douce et chaude.
Juliette a la même conviction que les médicomages. Mais elle parle avec beaucoup plus d'émotion alors que les médicomages, eux, parlent d'un ton froid et professionnel. La jeune femme doit être débutante ou nouvelle dans le service car elle n'est pas encore endurcie par le temps.
Tiens, je sens quelqu'un près de moi. Une main qui prend la mienne. Une grande main d'homme. C'est mon père.
« Je ne sais pas si tu m'entends Drago. Je suis désolé d'avoir été si peu présent pour toi. »
Il y a une grande émotion dans sa voix grave. Je me demande s'il s'en veut vraiment. Après tout, il n'a jamais été très présent pour moi. Quand j'étais enfant, la seule personne qui s'occupait de moi était notre vieil elfe de maison, Dobby. Mon père travaillait sans cesse et ma mère était tout le temps avec ses amies. Parfois elle m'exhibait devant la famille, surtout pendant les fêtes. Bien sur, il y avait Tante Bella. Je me rappelle qu'elle m'emmenait toujours avec elle quand elle sortait faire les boutiques. J'adorais voir ma tante au milieu de tous ces gens, voir le regard que les hommes posaient sur elle. Et puis il y avait Androméda. Mon autre tante. Tout comme ma mère, elle n'a jamais vraiment fait attention à moi. Et de toute façon, on ne l'a plus vu quand elle partie avec moldu. Ses parents étaient trop choqués et n'ont plus jamais voulu la revoir. Aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'elle devient.
Après Poudlard, mon père avait prévu pour moi une grande carrière au ministère de la Magie. Je n'ai jamais voulu de cette vie et quand j'ai décidé de vivre du Quidditch, il m'a coupé les vivres.
A nouveau la voix de mon père me parvient.
« Le médicomage Cullen m'a dit que tu devrais bientôt te réveiller. Et à partir de ce moment, la rééducatrice – une jeune femme charmante – te réapprendra à marcher normalement. Elle fera tout son possible pour que tu puisses à nouveau voler. »
Une pause. Je me demande quelle absurdité il va me sortir maintenant.
« Tu sais Drago…Ta mère et moi, nous nous inquiétons énormément pour toi. Nous avons contacté les meilleurs médicomages de Grande-Bretagne. Et…nous avons porté plainte contre le conducteur de la voiture volante. Il n'a eu qu'une amende à payer, son père est quelqu'un de très influant. Peut-être pas autant que moi, bien sur… »
Et voila, il recommence avec son putain d'orgueil…
« …mais je ne sais pas trop comment il a réussi à s'en sortir. Et puis…comme tu n'es pas encore réveillé, on ne peut pas mesurer les dégâts…Bon. Je vais y aller. Ta mère passera te voir demain. »
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Quand Harry entra dans la chambre et vit son ami Drago immobile, il ressentit un pincement au cœur. Il espérait sincèrement qu'un jour, il remonterait sur un balai. Une infirmière lui avait dit que Drago bougeait et montrait des signes de vie de plus en plus souvent. Parfois même, il clignait les yeux. Et pourtant Harry s'inquiétait. Il savait que quand son ami se réveillerait, s'il se réveillait un jour, plus rien ne serait comme avant.
Théo s'avança vers le lit blanc et s'assit sur la chaise qui reposait à côté. Il commença à parler avec animation du nouveau poursuiveur, beaucoup moins rapide et précis que Drago.
Harry regarda avec tristesse son ami allongé depuis plus de deux mois. Il soupira et s'assit de l'autre côté du lit en écoutant Théo comparer l'Eclair de Feu et le Souffle d'Argent, le tout dernier balai sortit.
¤¤
Lorsque Drago a eu son accident, j'ai tout de suite voulu aller le voir. Mais évidemment son père m'en a empêché. Lucius Malefoy, Ministre de la Magie ne voulait pas que j'aille voir mon neveu. Bien sur, je ne l'ai pas écouté. Il me déteste depuis toujours. Depuis Poudlard , en fait. Il n'a jamais accepté que je rejette un de ses plus proches amis. Severus Rogue. Je suis sortie avec lui quelques temps. Bon, un peu plus que quelques temps…quatre ans et sept mois pour être précise. Et bien avant ça, Lucius m'a haïe. Je ne comprends toujours pas pourquoi mais à vrai dire cela tombe bien puisque moi aussi je ne peux pas le supporter. Je regrette sincèrement d'avoir laisser ma sœur épouser cet imbécile. Mais elle se disait amoureuse…On voit maintenant où elle en ai…Elle ne voit jamais son mari, encore moins son fils. Ma pauvre Narcissa, tu n'as jamais su choisir chaussure à ton pied. De toute façon, tout cela est du passé, et cela ne sert à rien de ressasser de vieilles rancunes. A présent, je suis avec Rodolphus, je suis heureuse et même si je n'ai jamais pu avoir d'enfants, il y a Drago. J'ai été un peu comme une mère pour lui, vu que la sienne n'était pas là. Et à nouveau aujourd'hui je suis là pour lui.
Ma première réaction quand j'ai vu mon neveu a été « Merlin qu'il est beau ». Cela faisait deux ans que je n'avais pas vu Drago et il avait beaucoup changé. Même avec ses hématomes sur le corps et le visage il gardait cette beauté froide qui a fait craqué tant de filles. Il semblait si paisible qu'un instant j'ai cru qu'il dormait. Et j'ai vu ces drôles de fils sur ses bras. Des trucs de moldus. Je me demande comment Lucius a pu laisser les médicomages utiliser des moyens moldus, lui qu'il les déteste tant. Je ne sais pas s'il m'a entendu où s'il a sentit ma présence, mais quand je me suis approchée de son lit, j'ai vu un petit sourire. Très furtif. Quand je lui ai prit la main, j'ai sentis ses doigts serrer les miens. Cela m'a tellement fait plaisir que j'ai pleuré. Ah, pleurer. Cela faisait des années et des années que je n'avais pas pleurer. Depuis le départ d'Androméda. J'ai détesté mes parents pour ce qu'ils lui avaient fait. Encore aujourd'hui, je limite mes visites chez eux aux fêtes.
J'ai laissé Drago peu de temps après. Je lui ai promis de revenir et à nouveau, il a souri.
Ensuite je suis rentrée à Oxford. Rodolphus m'attendait. Il a dû me consoler toute la soirée. Et puis, Lucius a appelé. Il m'a passé un savon.
Je t'avais dit de ne pas aller le voir !
C'est mon neveu, il a eu un accident, j'ai le droit de le voir !
Non ! Et..
Je te préviens, n'abuse pas de ton statut de ministre, pour moi tu n'es rien que l'abruti qui a épousé ma sœur !
Je suis aussi le père de Drago figure-toi !
Ah bon ! Première nouvelle, je ne te considère pas vraiment comme un père. Et on ne peut pas dire que tu t'ais beaucoup occupé de ton fils depuis qu'il est gamin !
Et toi ? Tu n'es pas sa mère que je sache ! Je sais comment j'ai élevé Drago…
Je suis comme une mère pour lui ! Jamais, je dis bien jamais, jamais Drago ne t'as considéré comme un père…
Il n'a pas répondu. J'ai entendu un sifflement furieux et il a raccroché. Je pense qu'à partir de maintenant, nous ne nous reparlerons plus sans nous hurler dessus.
