Cette suite, un peu imprévue, car la Civil War, je la sens pas du tout, mais alors, pas du tout ! Donc en voici une alternative, inspirée des films, comics, quelques vidéos...

je veux la dédicacer à ceux qui me donnent l'envie à nouveau d'écrire et partager ce texte, je les mets en vrac (en espérant n'oublier personne) : Yumika Plume (rating M de ta faute), Lisen-Chan (ma jumelle cosmique), Soullakh (ma perle des îles), Glasgow (mon modèle, faut bien le dire), Uki96 (pour ta folie douce), Marianclea (c'est pas du Stucky mais j'espère te convertir... ), Barjy02 (parce que tu es une belle rencontre)... merci d'être là, vous êtes mes muses azimutées!


2. LES NUITS BLANCHES

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Steve entra dans leur chambre tout en défaisant sa cravate qu'il balança sur le sol. Tony fit claquer sa langue avec un sourire en coin.

« Tu m'as l'air impatient, Cap'. Une nuit de folie en perspective, j'adhère. »

Steve se retourna vivement vers lui et le fusilla du regard.

« Ne fais pas le malin, Tony, je te jure que c'est pas le moment.

- Rhooo, détends-toi.

- Me détendre ? Tu plaisantes, j'espère ! Tu te rends compte de ce que tu as fait ? T'avais pas le droit de m'entraîner là-dedans, non, t'avais pas le droit. »

Steve fulminait, faisant les cent pas dans la chambre. Un seul mot de trop et ils en viendraient aux mains. Cette soirée... comment avait-il pu être aussi stupide ? Il avait cru à un banal restaurant en amoureux, depuis que Tony avait choisi de disparaître un temps, ils s'accordaient des moments rien que tous les deux, loin de la Tour. Il lui avait demandé de s'endimancher, il l'avait fait de bonne grâce, remerciant le ciel quand il avait vu son amant dans son costume sombre et sa chemise immaculée.

Si beau que je ne pense qu'à tout lui enlever.

Mais la surprise n'avait pas été celle espérée. Ils s'étaient retrouvés au milieu d'une séance du Congrès, invités au premier rang. Des cravatés qui vociféraient, insultaient les Avengers, trop de dégâts, des êtres incontrôlables, trop de secrets. Ils déversaient leur bile, tout y passait, personne ne parlait plus des extra-terrestres, c'était du passé et le fait qu'ils aient failli tous y perdre la vie ne les concernait pas. Et face à cette assemblée, le grand Tony Stark avait été invité à prendre la parole. Steve l'avait regardé monter à la tribune, littéralement en apnée.

Non, Tony, je t'en prie, non...

Il l'avait supplié du regard, Tony s'était détourné et alors, il avait juré de la bonne foi des super héros, les avait louangés. Sous les huées.

« Messieurs, pour gage de bonne volonté, je propose un registre : chaque héros masqué devra s'y faire enregistrer et révéler sa véritable identité. Ainsi, nous ne pourrons pas être plus transparents, parole d'Iron Man.

- Monsieur Stark, et ceux qui refuseront ?

- Le Shield gérera la chose. Il propose d'amnistier ceux qui sont recherchés, certains ont emprunté une voie qu'ils n'ont pas choisie, ça permettrait de recenser tout le monde sous la même bannière, une sorte d'allégeance. Nous travaillons pour le Shield, à eux de gérer leurs troupes. Nous serons invincibles, notre Nation ne risquera plus rien, je vous le dis, nous vous protégerons et pour cela, nous n'avons nul besoin de nous cacher. »

Sur ces derniers mots, Tony l'avait regardé, comme s'il parlait d'autre chose, une chose bien plus personnelle entre eux. Steve était sorti alors que la salle applaudissait. Tony était un show-man, il se sentait dans son élément et depuis que Fury ne dirigeait plus le Shield, l'organisation était devenue plus obscure mais il ne s'était pas rendu compte à quel point. Le soldat était encore un anonyme mais pour combien de temps ? Il avait craint un instant que son amant ne révèle son identité devant tout le monde mais ça au moins, il ne l'avait pas fait. Il l'avait attendu à la voiture puis étaient rentrés à la Tour dans un silence tendu.

À présent, Steve étouffait de colère, de rage, de déception. Ils étaient de retour chez eux, cette chambre où ils dormaient ensemble toutes les nuits depuis quelques mois.

« Allez Steve, arrête. Tu sais qu'il fallait calmer les choses, c'était un bon moyen.

- Tu t'es engagé au nom de tous, tu n'avais pas le droit. Pour qui tu te prends, bordel ?!

- Oooh, voilà que tu jures comme un charretier, la situation est grave.

- Ne te fous pas de moi. Oui, elle est grave, dramatique même.

- Bon, ça suffit. J'ai seulement pris mes responsabilités, qu'est-ce que tu avais à proposer de mieux ? Marrant parce que j'ai pas entendu le son de ta voix, là-bas.

- Je n'étais au courant de rien, tu t'es bien gardé de partager tes plans foireux ! Que voulais-tu que je fasse une fois que tu avais lâché ta bombe ? Que je me lève, grimpe sur la table et claironne que j'étais le Capitaine America ? »

L'expression fit grimacer l'ingénieur. Lancer des bombes, sûr qu'il était doué pour ça.

« Tout ça ne changera rien, on signera quelques autographes et voilà, pas de quoi en faire un drame, je le fais tous les jours.

- Banner au milieu d'une foule hystérique ? Natasha qui travaille sous couverture ? Je ne veux pas qu'on me reconnaisse dans la rue, je ne veux pas... je ne veux rien de tout ça, je suis un soldat, point barre, pas un monstre de foire, j'ai déjà donné. »

La scène, les danseuses, les hommes qui se moquent, les femmes qui rient derrière leurs mouchoirs, les gamins qui jettent des cailloux...

« On n'avait pas le choix.

- On a toujours le choix sauf que tu ne supportes pas quand il n'est pas de toi. T'as juste voulu jouer au chef. Tu sais quoi ? Ben tu vas l'être, moi, je me barre.

- Tu ne peux pas. J'ai promis au Shield que tu serais celui qui traque et enferme ceux qui ne veulent pas s'enregistrer. »

Steve faillit s'étrangler.

« Quoi ?!

- Les gens te suivront, t'auras à arrêter personne. Il suffira que tu fasses ton numéro de gendre idéal de l'Amérique et...

- Tu m'écœures. J'avais confiance en toi, Tony.

- Et tu peux, je fais ça pour nous.

- Non, tu le fais pour toi. Je vais prévenir les autres et je m'en vais. »

Tony eut un moment de panique, cette affreuse sensation qui lui donnait la nausée, faisait tanguer l'horizon, le privait d'air.

« Steve... »

Mais ce dernier lui tourna résolument le dos et sortit en claquant la porte. Tony se laissa tomber sur le lit, essayant de se reprendre mais l'angoisse l'étouffait. Des semaines que ça ne lui était pas arrivé, la crise de panique revenait au pire moment, il fallait qu'il parle à Steve, qu'il le retienne. Il fallait qu'il lui explique... il fallait...

Les minutes passèrent dans une sorte de brouillard, il n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé jusqu'à ce qu'il entende la voix métallique de Jarvis.

« Monsieur, je dois vous informer que Monsieur Rogers a quitté la Tour avec Mademoiselle Romanoff et Monsieur Barton les accompagne.

- Et Banner ?

- Il prépare ses affaires. Dois-je lui transmettre un message ?

- Non.

- Voulez-vous que j'appelle Mademoiselle Potts ?

- Non, Jarvis. Trouve-moi juste du whisky, je vais en avoir besoin.

- Vous aviez arrêté et m'avez demandé de ne pas vous écouter si vous me faisiez une telle demande.

- Mise à jour, fais ce que je te dis.

- Bien, Monsieur. »

La nuit allait être longue dans cette chambre devenue trop vide. Tony but et but encore, jusqu'à s'écrouler après une nuit blanche.

OoO

Steve tournait et se retournait dans le lit de la chambre d'hôtel où il avait échoué. Un petit établissement sordide, bien loin du luxe de la Tour. Il avait déjà fait trois-cents pompe, pris deux douches, cinq cent tractions mais il se sentait toujours comme chargé d'électricité. À bout de patience, il s'habilla d'un jogging, mit ses baskets et alla courir dans le parc. Il faisait nuit, les lumières de la ville qui ne dormait jamais étaient plus rares dans ce coin de verdure. Il courait, comme pour fuir ses souvenirs qui le rattrapaient sans cesse.

Tu te démènes dans ton labo, tu ne te rappelles même plus que je suis là alors, je te dessine, à ton insu... des traits noirs sur le papier blanc, je meuble le blanc, remplis le vide.

Et dans ces ténèbres, malgré lui, ses yeux cherchaient une étincelle de blanc.

Le blanc d'un tee-shirt qui laisserait passer une lumière bleutée, le blanc des yeux autour des orbes si noirs, le blanc de nos semences mélangées quand on fait l'amour... La force de la nature pour une relation contre nature, le naturel de notre union...

Au bout de cinq tours, il s'arrêta, enfin essoufflé, enfin fatigué. La sueur courant le long de son dos le fit frissonner.

Le blanc de la glace.

Seul, il avait de nouveau froid. Il s'en retourna vers la chambre anonyme pour finir sa nuit blanche...

OoO

Steve avait dû s'assoupir quand sa porte s'ouvrit à la volée sur Clint suivi de Natasha.

« Vise la télé. »

Sur l'écran, un présentateur semblait sautiller sur place. Il se tenait aux côté de Tony et tout d'abord, Steve ne vit que lui seulement une semaine de séparation et il lui manquait à en crever. Puis Clint monta le son.

« Nous avons la joie d'accueillir en exclusivité Tony Stark, alias Iron Man en personne. Mais il n'est pas venu seul. Mesdames, messieurs, je vous prie de faire une ovation à Peter Parker, alias Spiderman ! »

Une foule en délire applaudit, on aurait dit un concert de rock-stars. Dans les journaux, l'homme-araignée était aussi décrié, on le critiquait sans savoir, sans chercher à comprendre. Mais là, en pleine lumière, les gens lui faisaient fête, comme si mettre un visage sur les héros les rendaient plus humains.

C'était peut-être ça, peut-être que Tony, toujours visionnaire, avait raison ?

« C'est encore un gamin », commenta Clint.

Steve ne put que hocher de la tête. Il avait l'air un peu perdu aux côtés de l'ingénieur toujours à l'aise dans ce rôle. Oui, un gamin que Tony venait de jeter dans la fosse aux lions. Tony qui souriait à la foule, posait sous les flashs des photographes, serrait des mains... et cette putain de chemise blanche qui le faisait paraître lumineux. À vous écorcher la rétine.

Et sous l'image, un bandeau qui demandait aux super héros de se présenter au Shield sous peine de poursuites. Steve ferma les yeux... la guerre de 40... les étoiles jaunes sur les poitrines des Juifs... les camps de la mort... Le monde n'avait-il donc rien appris ? Il fallait arrêter Tony, coûte que coûte...

OoO

Tony était rentré, un mal de tête lui taraudant les tempes, rien qu'une bonne bouteille ne pourrait faire passer. La Tour était vide, seuls ses robots étaient là, répondant à chacun de ses désirs. Mais ce soir, il n'avait envie de rien, juste boire et...

Il se rendit à la salle de cinéma, s'empara de vieilles bobines qu'il mit directement sur l'appareil antique. Il les avait reçues ce matin.

« Jarvis, lumières. »

La pièce fut aussitôt plongée dans le noir puis l'appareil distilla son rayon de lumière fantomatique en ronronnant. Et là, sur l'écran blanc, il apparut. Capitaine America dans les années 40. L'enfant chéri de l'Amérique. Il sourit quand on le montra un peu gauche, obligé à un spectacle ridicule, il serra les poings en le voyant au combat, sa gorge se serra quand il le vit sourire à d'autres que lui, d'autres qui n'existaient plus, n'osant penser à d'autres qui le remplaceraient.

D'autres images et il vit son père avec Steve, autour du premier bouclier. Ils étaient amis intimes, ça se voyait. Son père avec qui il s'était toujours senti en compétition, même là, même des dizaines d'années plus tard alors qu'il était mort et enterré. Il but une longue rasade d'alcool qui lui brûla la gorge. Il se releva, remit la bande au début et se réinstalla pour une nouvelle nuit blanche.

OoO

« Steve, tu as vu ça ?, l'interpella Natasha.

- Quoi ? »

Elle lui tendit le journal avec en page Une, l'agression de la tante de Peter Parker, elle avait dû être mise en sécurité. Steve jura en pensée.

« Il faut qu'on arrête ça.

- Stark ne t'écoutera pas.

- Alors, je l'y obligerai. »

OoO

« Capitaine America a des alliés, c'est lui qu'il faut arrêter.

- Comment ? C'est un super-humain.

- Il n'est pas immortel. »

Tony tourna la tête vers les deux hommes.

« Laissez-moi m'en occuper.

- Monsieur Stark...

- C'est à moi de le faire. Une fois hors course, il n'y aura plus de problème. Je m'en charge. »

OoO

Cette fois, ils y étaient. En pleine ville. Un combat de rue. Un combat de gangs. Steve, Natasha et Clint d'un coté et de l'autre, des dizaines d'agents du Shield surentraînés, Spiderman et Iron Man. Une guerre civile. Des coups de feu, des explosions, le sifflement des flèches dans l'air, celui de l'homme-araignée se balançant au bout de sa toile. Les forces étaient inégales mais à priori, l'ordre était donné de ne pas tuer, les trois amis y seraient sûrement déjà passés mais ce n'est pas pour autant que c'était une promenade de santé. S'ils étaient arrêtés, il n'y aurait plus personne pour se dresser face à un gouvernement et l'organisation toute puissante. Bien-sûr, certains des super-humains pourraient y trouver leur compte, ils seraient amnistiés de leurs crimes... donc les plus incontrôlables. Ce serait une folie.

New-York, pas encore remise des derniers dégâts, subissait à nouveau : les cris, les sirènes, la pierre qui s'écroule, le verre qui explose, tout y était et ça n'allait certes pas redorer leur blason. Il fallait que ça cesse. Steve repoussa d'un coup de bouclier Spiderman qui se jetait sur lui et l'envoya valdinguer à travers la vitrine d'un magasin. Il espérait juste qu'il ne se relève pas avant que tout ce cirque soit fini et il était temps d'abréger. Il était temps d'affronter son ex-amant en armure.

Deux regards échangés, personne ne voulait reculer. Tony avait abaissé la visière de l'armure, fermé les yeux quelques instants en priant pour que ce cauchemar s'arrête. Steve avait dégluti puis serré le bouclier dans son poing fermé, un goût de bile au fond de la gorge.

Il faisait soleil, les rayons répercutaient l'or de l'armure, l'argent du bouclier, deux éclats de lumière qui se jetaient l'un contre l'autre.

La même scène, sauf que ma bouche dévore la sienne...

Métal contre métal, le bruit est assourdissant. Ils se rendent coups pour coups. Les murs s'écroulent, les cris de la foule. À bout de souffle.

Quand les mouvements de hanches nous asphyxient...

Malgré la crainte de blesser l'autre, ils ne se retiennent pas. Trop d'enjeux, trop de spectateurs, trop de rage. Ils auraient tellement besoin d'être seuls.

Enfermés dans notre chambre, nos draps froissés...

L'Iron Man lève les mains, tire ses rayons tout en avançant. Le Capitaine America ne recule pas, ce serait lui donner trop de poids.

Comme cette première fois, avant ce premier baiser...

Le poing métallique cogne le bouclier qui encaisse, qui se fend, qui se brise et le gant finit dans l'abdomen du soldat, qui s'écroule, souffle coupé, douleur brûlante. Qui à part son inventeur pouvait trouver une faille dans le symbole de métal du Capt'ain ? Personne.

Non, bordel, non !

Steve gît au sol, ses doigts agrippent la poussière, il ne peut pas se relever, ne retient que du vide.

Reste au sol, putain, reste au sol !

Puis sa grande carcasse soulève les épaules, plante un genou dans la poussière.

« Cap', reste où tu es.

- Pour ça... faudra... me tuer. »

Il se redresse, son regard balaie les alentours. La ville n'est que ruines. Le combat sera mortel. C'est à ce moment qu'un grognement les fait se détourner de l'adversaire. Le Hulk est apparu de nulle part, tenant entre ses bras un Spiderman inconscient, le costume déchiré, sanguinolent. Le monstre vert l'a déposé à leurs pieds, Steve a alors levé les bras en signe de reddition. Le Shield l'avait encerclé. C'était fini.

OoO

Steve était aux arrêts. Il n'avait pas fait de vagues, choisissant de rester calme le temps que Natasha et Clint puissent s'enfuir. Cette fois, on le menait à travers les couloirs sombres sous la terre. Le Shield et ses bases secrètes. Il était menotté, entouré de quatre agents armés, il aurait pu s'enfuir mais on l'emmenait voir le nouveau directeur. Il l'attendait, ne sachant à qui il aurait à faire depuis que Fury avait été assassiné.

En fait, tout était parti à vau-l'eau à partir de là. Leur chef disparu, il avait fallu faire face aux critiques et aux attaques, les médias s'en étaient donné à cœur joie. Eux, les Avengers, n'y connaissaient rien à tout ça, ils étaient prêts à se battre pour sauver le monde mais la politique était un monde à part. Un directeur fantoche avait pris la place, un homme qui disait amen à tout ce qui venait du Congrès. Certains sénateurs étaient plus acides que d'autres, ils avaient visité la base,voulu vérifier les programmes, demandé qu'on leur donne accès à tout. La seule chose qu'ils n'avaient pu obtenir était d'approcher les super-héros, à chaque invitation, c'était dérobade et ricanements, à chaque convocation, rebuffade et fuite en avant. Ils en riaient souvent entre eux quand ils se retrouvaient autour d'un repas à la Tour, loin du tumulte, des paparazzis et des bureaucrates. Ils n'auraient sans doute pas dû.

Clint me balance une miette de pain, je lui renvoie le projectile, il vise Thor qui réplique d'une cuillère de purée. Toi évidemment, tu en prends une poignée qui atterrit en plein de visage de Bruce. Tout le monde se fige, personne ne tient à voir le Hulk s'inviter à la tablée. Mais Banner éclate de rire, se précipite sur le frigo et sort une bombe de chantilly. À partir de là, c'est la guerre. Natasha s'est placée en retrait, une seule tache sur sa tenue et il y aura des morts. Tu te caches derrière la canapé après volé la crème sucrée au physicien. Quand tu te planques après m'avoir aspergé, je saute par-dessus le sofa et te tombe dessus. On finit au sol, à se lécher et se mordiller. On entend au loin ''non mais c'est gênant'', ''prenez une chambre'', ''ils sont jamais fatigués''. Évidemment, je ne sais plus où me mettre, toi, tu t'en fous, te pends à mon cou et m'embrasse en rigolant. Alors, j'oublie tout...

Steve esquissa un sourire à ce souvenir mais la réalité était bien différente. Il perçut des bruits de pas, nombreux et une petite armée entra, Tony à leur tête. En costume et chemise blanche, le visage fatigué.

Souviens-toi... toi et moi... dans ce lit... à parler, refaire le monde... souviens-toi...

« Dis-moi que c'est une blague, Stark. Dis-moi que tu n'es pas le nouveau directeur.

- Désolé de te décevoir mais c'est le cas.

- Tellement prévisible, en fait. Plus besoin de vendre des armes pour tuer des gens, tu as les plein pouvoir du gouvernement, félicitations. »

Tony accusa le coup. Un coup bas. Il ne fit que deux pas et planta son poing dans le ventre du soldat qui se plia en deux. À sa posture raide, il avait deviné que ce dernier souffrait encore de leur combat. Un autre coup bas, un prêté pour rendu.

« Où sont les autres ?

- Va te faire foutre, Stark !

- Enfermez-le et vous pouvez jeter la clé. »

Il repartit comme il était venu et Steve fut jeté dans une cellule d'acier où il s'écroula sur un lit plus dur que la pierre. Il aurait voulu dormir, tout oublier mais les images de combat, en dehors et sous les draps, ne lui laissaient aucun répit. Une autre nuit blanche.

OoO

Tony avait pris des nouvelles de Peter à l'hôpital, il se remettrait. Puis il était rentré à la Tour, directement dans la salle de cinéma et avait repris sa projection, toujours les mêmes bobines, les mêmes images. Steve était sur ce mur blanc et Tony buvait, repoussant les larmes qui menaçaient, qui lui piquaient les yeux, qui lui brouillaient la vue d'un rideau liquide.

Il passerait toute la nuit ici, refusant de se rendre dans sa chambre, là où ils s'aimaient, avant. Il ne pourrait fermer les yeux, sinon, il rêverait de lui, encore et encore. Insupportable. Le manque de lui était invivable. Il l'avait connu ce manque, avec l'alcool, là, c'était pareil puissance mille. Il l'avait déçu, il le savait et s'en voulait. Pour le jeune Parker aussi. Il avait failli y rester, lui qui répugnait à se battre contre Capitaine America qu'il admirait. Encore un.

Demain, il faudrait continuer, faire bonne figure, gérer toute une organisation. Il avait rendez-vous avec le Général Truc-muche, il voulait lui remettre une médaille, sourire aux photographes. La bonne blague ! Et puis il faudrait interroger Steve qui jamais ne céderait. Pour ça qu'il l'aimait, ce soldat buté...

OoO

Steve avait eu droit à une douche et des vêtements propres, civiles, comme pour lui montrer qu'ici, il n'était qu'un prisonnier comme les autres, peu importait son grade de Capitaine America. Il n'avait pas ou peu fermé l'œil.

Cette cellule ressemble à la glace, froide, juste cette ampoule qui distille sa lumière blanche. J'ai froid. Si froid. Enfermé. Inutile. Le temps s'étirant à l'infini. Le manque... de lui. Même après tout ça. Insupportable.

Il entendit la serrure de la lourde porte d'acier et se tendit, le deuxième round allait commencer. Le Shield ferait tout pour lui faire avouer où étaient Natasha et Clint alors qu'il ne le savait pas lui-même. Il se redressa et leva le menton, pas question de montrer une quelconque faiblesse. Mais sa mâchoire faillit se décrocher quand il vit qui entrait. Un fantôme à allure de pirate.

« Fury ? Mais que... vous êtes censé être mort.

- Non, ça va plutôt pas mal. Venez, les questions vont devoir attendre, je viens vous sortir d'ici. On n'a pas beaucoup de temps, Romanoff nous attend dans une voiture à l'extérieur.

- Comment êtes-vous entré ?

- J'ai encore quelques relations mais nous devons nous dépêcher. Tenez, prenez ce pistolet.

- Et Stark ?

- Peu importe Stark.

- Partez devant, je vous rejoins.

- Rogers ! »

Mais déjà, le soldat filait dans les couloirs. Pas question qu'il s'en aille sans avoir réglé ses comptes avec le traître aux Avengers. Fury était vivant ! Et lui-même s'en voulait d'avoir abandonné si facilement, il avait fui la Tour au lieu de tenter de contrôler Tony. Il n'aurait jamais fait ça avant eux car c'était bien ça le problème, il s'était senti trahi en premier par son amant turbulent, leur relation lui avait obscurci l'esprit. S'ils n'avaient pas été ensemble, il aurait réagi dès le début, en affirmant sa place de leader. Mais non, il avait juste fui et sans le charismatique directeur du Shield, toute l'équipe s'était trouvée éparpillée.

Même leur dernier combat n'avait été qu'une mascarade, il n'aurait jamais pu lui faire mal et lui avait laissé la victoire un peu trop facilement. Il était plus que temps qu'il répare ses manquements, c'était son rôle de super-soldat d'arrêter Iron Man. C'était pour ça qu'on l'avait doté du sérum, sorti des glaces, c'était pour ça qu'il devait agir en tant que Capitaine America et non pas comme Steve Rogers.

Soudain, une sirène, l'alerte était donnée. Steve courut, cherchant où pouvait être ce bâtard de directeur dans ce dédale. Cinq agents se dressèrent devant lui, il n'en fit qu'une bouchée. Ce n'était vraiment pas le moment. L'un d'eux essayait de se relever, il l'empoigna par le col.

« Où est Stark ?

- Je ne...

- Si tu me réponds que tu ne sais pas, tu deviens totalement inutile et j'écrase ta tête d'une seule main.

- Couloir D, porte 212.

- Bon garçon. »

Et il l'assomma d'un coup de poing. Il n'était plus qu'à quelques dizaines de mètres de l'instant de vérité.

(à suivre)


Oui, je coupe làààààà ! (mais ça vous fera une autre lecture dans pas longtemps, même très vite si vous êtes sages)

Au plaisir !