Chapitre 2: Le journaliste macabre
Watson n'était pas reparti, bien trop inquiet pour son ami. Le détective se traînait, l'oeil morne, de pièce en pièce, ne semblant pas savoir à quoi ce mettre. Il jouait quelques minutes du violon, arrêtait pour se mettre à la boxe, lisait les journaux à la recherche d'une éventuelle enquête, s'attelait à divers expérience de chimie... mais il finissait toujours par s'asseoir dans son fauteuil pour regarder, l'oeil éteint, les flammes de la cheminée. Watson n'aimait pas voir l'homme dans cet état, et tentait de l'occuper comme il pouvait, trouvant toujours un sujet de conversation qu'Holmes faisait mine d'apprécier. Mais intérieurement, il voulait simplement faire marcher son cerveau.
A la grande surprise du docteur, Holmes se prit d'un intérêt débordant pour les articles de Gabriel, allant même jusqu'à fouiller les archives. Des articles de grandes qualités d'ailleurs. Gabriel occupa Holmes un bon moment, ses écrits étant, en général, plutôt longs et détaillés. Le détective les lisait en prenant des notes, un sourire en coin. A plusieurs reprises, Watson tenta de jeter un coup d'oeil à ses dernières, curieux de savoir ce que l'homme pouvait bien griffonner au sujet du journaliste. Mais à chacune de ses tentatives se soldèrent par un échec, le détective semblant vouloir garder pour lui, et pour lui seul, le secret.
Un matin pourtant, il se présenta devant Watson, un journal à la main et lu à voix haute, un passage d'article que le docteur n'eut aucun mal à identifier comme signé de la main du journaliste qui avait partagé leur compartiment quelques semaines plus tôt.
"La pièce est une petite pièce toute en hauteur, un cagibi. L'homme a été retrouvé mort dans le placard de son bureau. Aucune fenêtre, juste une porte, se trouvant actuellement derrière moi. Les murs étaient à l'origine tapissait de blanc, une tapisserie vieille et usée, se décollant par endroit. Mais à la lueur de la torche de l'agent se trouvant derrière moi, je peux voir une giclé de sang. Une grande giclé de sang.
Le corps a été retrouvé hier, une grande griffe, faite au rasoir aux dire des médecins légistes, lui barrant le cou sur toute sa longueur. Je n'ai pas pu voir le cadavre, mais on parle d'un homme d'une cinquantaine d'année, du nom de Georges Hod, avocat. Un homme sans histoire de ce que révèle l'enquête, mais elle ne fait que commencer.
L'hypothèse du moment se tourne vers un règlement de compte, métier dangereux que celui d'avocat. L'enquête piétine."
Le détective coupa là sa lecture alors que Watson se beurré une tartine. Le docteur ne leva la tête qu'après un certain temps, persuadé que son ami allé continuer de sa propre initiative. Une fois que Holmes eu capté le regard de son interlocuteur, il daigna enfin s'expliquer.
"Vous savez que les articles de votre cher Gabriel m'en apprennent autant sur lui que ses vêtements?" Lança t-il avant d'attendre une réponse.
Watson versa un verre de jus d'orange qu'il tendit au détective. L'homme le prit sans quitter le médecin des yeux.
"Et qu'avez vous découvert?" finit par soupirer Watson, la voix trahissant son agacement.
"Notre jeune journaliste est quelqu'un d'ordonnée. Ses articles sont construits de façon à ne traiter qu'une seule information à la fois et ceux dans un ordre chronologique en fonction de ce qu'il voit et de ce qu'il entend. Il traite les informations une à une. Mais on peut aussi se rendre compte ce côté maniaque en le regardant écrire. Il écrit de façon linéaire, rature d'une ligne droite propre et n'oserait jamais, au grand jamais, utiliser la marge."
"Contrairement à vous Holmes." Rit Watson en pointant du doigt la masse de mots qui s'étalait sur le carnet de note du détective.
"C'est... hum... exact."
"Néanmoins." Fit remarquer le médecin. "Il ne semble appliquer cette rigueur qu'à son travail. Son comportement n'a rien de très ordonné." Il mima le garçon en faisant mine de regarder partout de manière hystérique, chose qui fit sourire le détective.
"Il ne laisse pas de place au hasard, vous pouvez me croire Watson. Je suis prêt à parier qu'il fait des listes et qu'il classe tout. Ses habits étaient parfaitement repassés, ses cheveux bien coiffé -ils ne dépassaient pas, ou peu, de sa casquette- et même si ses chaussures étaient usées, il avait changé les lacets quelques jours auparavant. Je ne sais pas s'il aime réellement l'ordre néanmoins, il n'aime pas les surprises... un lacet qui casse au mauvais moment par exemple."
Watson secoua le tête. Sur à présent d'avoir toute l'attention de son camarade, le détective prit une longue gorgée de jus d'orange et se laissa tomber sur un des sièges installés autour de la table. Il posa son verre et le fit tourner entre ses doigts fins tout en continuant ses explications.
"Je peux aussi affirmer qu'il a d'excellent rapport avec la police." Il marqua une pause. "Il est très rare qu'il n'arrive pas à se rendre sur le lieu d'un crime."
"Mais." Le coupa Watson. "Les dessous de table pour avoir l'exclusivité sont choses courantes entre journalistes et forces de l'ordre."
"Lorsque ce genre de choses arrivent, on s'arrange pour faire passer le journaliste alors que personne ne regarde. La fouine se débrouille alors comme une grande. Hors notre ami est en présence d'un policier lorsqu'il observe la scène de crime. "Mais à la lueur de la torche de l'agent se trouvant derrière moi, je peux voir une giclé de sang." Relu Holmes. "J'en conclu donc qu'il connaît quelqu'un dans la police. Mais je ne peux rien dire sur la date de rencontre, avant ou après le début de sa carrière dans le journalisme."
Watson secoua la tête. Le silence durant, il en conclu que Holmes avait finit et il se remit donc à savourer son repas, tendant le bras pour prendre la dernière viennoiserie. Holmes, ses reflex de sportif prenant le pas, s'en empara avant lui.
"Ce n'est pas très bon pour votre embonpoint cher ami." Lança Holmes sur un ton de reproche, tapotant son ventre plat. Watson fit la moue, soulevant les épaules.
"Je n'ai plus personne à séduire Holmes."
Le détective se mit à rire de bon coeur, arrachant à pleine dent un bout de croissant qu'il mâcha lentement avant de reprendre la parole.
"Mais le point important à souligner est qu'il n'écrit que sur des meurtres."
"Qui? Mon embonpoint?" Questionna Watson, reprenant difficilement le fil de la conversation.
"Gabriel! Qu'une chronique surnomme d'ailleurs le journaliste macabre." Répondit Holmes, une pointe d'agacement dans la voix.
"Et alors?"
"Alors? Un si grand intérêt pour l'homicide n'est jamais bon signe. Il peut indiquer bien des choses. La première n'est pas très réjouissante..."
"Holmes" Le coupa le médecin. "Très sincèrement, je ne pense pas que ce jeune homme puisse être un meurtrier."
Le visage de Holmes s'illumina brièvement. "Je vois que vous me suivez à nouveau. Mais moi non plus je ne penche pas pour cette théorie. Je pensais plutôt qu'il put être témoin, voir -et je ne lui souhait pas- être le rescapé d'une affaire bien triste."
"Je pense que vous allez un peu loin en conclusion mon cher. Et je suppose surtout que vous êtes allé vérifier vos dire."
"Effectivement, et ce que j'ai trouvé va vous étonner au plus haut point, figurez vous que..."
Le détective fut coupé par un bruit provenant de l'étage inférieur. On toquait. Holmes perdu aussitôt le fil de ses pensés. Son seul ami se trouvant actuellement à ses côtés, le regardant un bout de tartine beurrée dans la moustache, ces coups ne pouvaient signifier qu'une chose: une affaire. Le détective bondit, jetant sans ménagement son croissant entamé sur la table et il disparu par l'encadrement de la porte alors que le médecin n'avait pas encore esquissé le moindre mouvement. Watson finit par se lever sans hâte et se dirigea à la suite de son ami dans le but de saluer leur nouvel invité.
Un cri de colère, on pourrait dire de rage, lui fit cependant accélérer le pas. Il avait rarement entendu Holmes vociférer de cette manière et il se mit presque à courir. Lorsqu'il arriva enfin dans la petite pièce peu meublée qui tenait lieu de vestibule, il se stoppa net devant l'étrange spectacle qui se déroulait au niveau de la porte. Holmes, appuyé de tout son poids sur le battant, luttait contre le visiteur. Ce dernier, que Watson ne pouvait qu'entendre, tentait en vain de pénétrer dans l'appartement. La voix du visiteur n'était pas inconnue au médecin mais il n'eut pas le temps de l'identifier, déjà le détective prenait le dessus et, après avoir violemment claqué la porte, tournait la clé par deux fois dans la serrure. La dessus, il fit demi tour avant de remonter, droit comme un piquet, l'escalier qui menait à la pièce à vivre.
Il ignora royalement Watson et les cris du visiteur qui tambourinait toujours contre la porte.
"Monsieur Holmes!" Génia ce dernier et Watson reconnu soudain la voix de Gabriel.
L'identité du visiteur expliquait la réaction du détective bien que le docteur la trouva un tantinet excessive.
Après un temps d'hésitation Watson déverrouilla la porte pour laisser entrer le jeune journaliste. Le garçon entra avec précaution dans la pièce, se protégeant la tête de ses deux bras. Voyant Watson il se détendit sensiblement et laissa retomber ses mains. Le médecin ne put s'empêcher de laisser ses yeux glisser jusqu'aux lacets du garçon. Holmes n'avait pas mentit, ils étaient en effet neufs ce qui contrastait bizarrement avec l'aspect miteux des souliers.
"J'ai comme le sentiment qu'Holmes ne m'apprécie pas vraiment." Déclara t-il sortant son interlocuteur moustachu de ses pensés. Il porta ensuite la main à sa casquette. Mais au lieu de la retirer comme Watson s'y attendait il la remit consciencieusement en place.
"Heureux de vous revoir docteur." Lança t-il tout sourire.
Les deux hommes se serrèrent chaleureusement la main. Du même coup, l'ex médecin militaire continua ses observations et si l'on regardait la main gauche du garçon on pouvait deviner sans problème qu'il était écrivain. Sa main était tachées d'encre de couleur noire et de trace d'un crayon de papier gras.
Watson voulu débarrasser le garçon de son manteau mais, d'un geste brusque, celui ci se dégagea et il s'excusa aussitôt de sa maladresse.
"Je... je n'aime pas que l'on touche à mes affaires" Expliqua t-il en s'engageant dans l'escalier, le médecin lui emboîtant le pas.
C'est donc vêtu de son manteau et de sa casquette que le journaliste entra, sous le regard courroucé de Holmes, dans la pièce à vivre. Le détective ne put néanmoins s'empêcher de repérer l'air désapprobateur de son ami médecin fort attaché aux notions de politesse. Il fixait la casquette comme s'il s'agissait du diable en sa demeure. Lorsque Gabriel arriva à la hauteur de Holmes il le salua le plus poliment du monde.
"Je viens en paix et vous apporte un cadeau." Ajouta t-il tout en refusant d'un geste de la main la chaise que Watson lui offrait. "Une affaire monsieur Holmes."
Le visage du détective changea aussitôt d'expression et il paru presque content de voir Gabriel sous son toit.
Le journaliste se déplaça vers la fenêtre la plus proche contre laquelle il s'appuya tout en regardant la vue. Il sortit de sa poche un carnet et un crayon de papier gras. Watson eu un sourire en voyant se dernier et se félicita intérieurement d'avoir su faire preuve d'un minimum d'observation. Comme quoi les méthodes du détective qui lui servait aussi d'ami n'étaient pas si sorcière à appliquer. Durant un long moment, plusieurs minutes si l'on se veut exact, il ne se passa rien. Le silence ne fut troublé que par l'agitation exaspérée de Holmes.
"Hé bien!" finit t-il par lancer ne tentant même pas de cacher son impatiente faisant fit de ces bonnes manières.
Gabriel tourna lentement la tête vers le détective semblant reprendre conscience. Il cligna par trois fois des yeux et secoua la tête à la manière d'un chien s'ébrouant. Enfin, d'un geste lent, il se mit à écrire sur son carnet. Presque aussitôt sa voix se fit entendre.
"J'ai été informé tôt ce matin par un de mes contacts -je garderai son nom secret monsieur Holmes- qu'un corps a été trouvé dans un hôtel. Aucun doute n'est possible il s'agit d'un meurtre. Bien sanglant par ailleurs." Ajouta t-il comme pour lui même, grimaçant légèrement. "Je me suis aussitôt rendu à l'adresse du dit hôtel, "le Saint François". Ne me demandez pas de vous décrire ce que j'y ai vu. C'était..."
Il marqua une longue pause durant laquelle il sembla découvrir ses notes. Sa main stoppée, immobile, en plein milieu d'une phrase, semblait attendre, tout comme Holmes, qu'il reprenne son récit. Le détective finit par détacher ses yeux des flammes de la cheminée et lança, un sourire mauvais en coin, ce qui se voulait être un sarcasme.
"Pour un journaliste vous manquez de vocabulaire."
Le jeune homme tourna la tête vers le détective.
"Horrible, atroce, une vision d'horreur, à vous faire vomir tripes et boyaux. Il y a tellement de mots pour qualifier ce que j'ai vu monsieur Holmes que le question n'est pas de trouver un mot, mais de trouver LE mot."
Le visage du détective se crispa et s'enfonça dans son fauteuil, s'empourprant légèrement.
Gabriel reprit son récit en même temps que son crayon se remettait à gratter le papier.
"Donc, oui... Au fond je préfère que vous voyez cela de vos propres yeux. Pour le moment on ne sait pas grand chose de la victime. C'est un curé, d'une toute petite paroisse, sans histoire. Le Père Stocks si mes souvenirs son exact." Il fouilla un instant dans son carnet afin de vérifier ses dire. "Je n'ai pas eu le temps de vraiment me renseigner, dès que j'ai vu les murs j'ai filé chez vous monsieur Holmes."
"Les murs?!" S'étonna Watson qui jusqu'alors avait préféré faire semblant de ne pas exister, redoutant un conflit majeur entre les deux hommes.
Gabriel tourna vivement la tête vers le médecin l'air grave.
"C'est toute une histoire, je peux vous le jurer."
Le "saint François" n'avait rien de bien particulier. Il n'était ni luxueux, ni miteux et c'était bien là sa véritable particularité. Même Holmes, avec son sens de l'observation poussé à l'extrême, avait bien du mal à caractériser l'endroit. Le gérant était un homme d'âge mur, maigre, portant une moustache semblable à celle de Watson, bien que la sienne ne fut pas blanchie par le temps. Il daigna sortir de derrière son comptoir lorsque Holmes demanda à voir un agent de police. Alors que le gérant s'éloignait le détective laissa glisser ses yeux dans la pièce.
Dans un coin se trouvait un fauteuil en feutrine verte. Il trônait à côté d'une plante en pot de taille impressionnante. Si imposante que ses feuilles de très grande taille tombaient sur l'accoudoir du siège. Le parquet n'était pas verni mais on prenait soin de le nettoyer aussi souvent que possible. Abîmé en certains endroits il donnait à la battisse un air ancien. Le comptoir, d'un bois rouge de basse qualité, avait été vernie de façon maladroite, si bien que des traces de doigts parsemaient sa surface. Le gérant notait consciencieusement les arrivés et les départs dans un grand livre qu'il laissait ouvert de son côté du comptoir. Dans un coin deux tables reposaient entourées de chaises rembourrées ou non. Leurs dossiers ronds attirait le regard de Watson qui commençait à avoir mal aux jambes.
Alors que le détective s'apprêtait à lancer une pic à son ami il fut interrompu par le cérémonial:
"Holmes, Watson!" Du commissaire Lestrade qui semblait surprit de les voir ici présent.
Holmes serra la main du si célèbre agent de Scottland Yard en le gratifiant d'un sourire. Lestrade était un homme à la figure étrange. Le genre de personne plus proche de la laideur que de la beauté. Il n'était pas non plus repoussant. Il se tenait toujours droit dans ses affaires, essayant de faire comprendre par ses gestes et sa stature qu'il était un homme important. Ils n'eurent pas le temps de discuter que déjà Gabriel s'élançait dans l'escalier qui menaient aux étages. Lestrade le regarda filer en rigolant.
"Il est toujours aussi impatient votre ami?"
"Ce n'est pas mon ami." Marmonna simplement Holmes en lui emboîtant le pas, sa curiosité à vif.
Il grimpa quatre à quatre les marches recouvertes d'une bande de tapis vert qui continuaient son chemin dans le couloir. Il n'était pas dur de deviner dans quelle chambre avait eu lieu le meurtre. Une porte étaient encadrée par deux agents et des gendarmes entraient et sortaient de la pièce avec un air des plus sérieux. Gabriel sortit soudain de la chambre et fit signe au détective de se dépêcher. Holmes remarqua au passage que le garçon avait déjà sortit son carnet.
Lorsqu'il rentra enfin dans la pièce le détective se stoppa net. Il resta tellement longtemps interdit à contempler le spectacle que Watson se cogna à son dos, absorbait par une conversation animé avec Lestrade. Le médecin releva la tête en se tenant le nez et se figea à son tour.
"Impressionnant hein?" Marmonna l'agent de Scottland Yard en passant devant eux.
La pièce était de taille moyenne. Le sol était du même bois que le hall et elle était joliment meublée. Une petite commode en bois clair tenait compagnie à une armoire dont les portes comportaient des panneaux de verre laissant apparaître aux yeux de tous son contenu. Proche du lit se trouvait une petite table de chevet comportant un tiroir et sur laquelle était posée une lampe et une bible. Mais pour le moment le regard des deux compères restait fixé sur le lit où gisait un corps mutilé. Ses poings et ses pieds avaient été lié au lit, il était nu, comme s'il s'apprêtait à participer à une forme débridée de pratique sexuelle. On avait d'ailleurs tenté de lui donner une position semblant représentait un homme en pleine orgasme, sa tête ayant été tirée en arrière afin qu'il regarde la tête de lit. La rigidité cadavérique l'avait pour le moment figé dans cette position que Holmes trouvait particulièrement humiliante. L'âme de médecin du docteur Watson ne s'était que peu attardée sur l'attitude du cadavre pour s'intéresser de plus prêt aux plaies.
Il n'y en avait pour ainsi dire que deux majeurs, les autres n'étant que des coupures sans grand intérêt médical. Le torse de l'homme portait donc deux entailles, la première partait du plexus solaire et descendait jusqu'à son bas ventre. La second tailladait son torse d'un côté à l'autre dans le sens horizontale. Watson pouvait affirmer en un simple coup d'oeil que ce n'était pas l'oeuvre d'un médecin, les plaies ayant été faites trop grossièrement. Mais le symbole était là: le curé était tatoué en pleine chaire d'une croix chrétienne qui lui avait été fatale.
Mais alors que Watson semblait tout simplement absorbait par le cadavre, l'attention de Holmes était maintenant tourné vers les murs. Ceux ci était recouvert de feuilles blanches collaient dans un désordre total à l'aide d'un liquide rouge qui passait à travers. N'importe quel imbécile aurait deviné sans problème qu'elle était imbibées de sang. Le détective s'approcha d'un pan de mur où des feuilles avaient été fraîchement arrachées. Le mur, blanc à l'origine, était taché du liquide rougeâtre.
"Mais..." Bredouilla Holmes en se penchant vers les salissures. "C'est... des mots?..."
"Exactement." Lui répondit un jeune agent derrière lui. "Il y a tout un chapitre écrit sur trois de ces murs Monsieur Holmes. Enfin, on termine d'arracher les feuilles, ça prend du temps si on veut pas abîmer ce qu'il y a en dessous." Expliqua t-il.
Holmes se redressa et se tourna vers son ami médecin qui continuait de regarder le cadavre. Gabriel vint se placer à côté de lui tout sourire, sa main écrivant sur son carnet comme si elle n'avait pas besoin que son propriétaire s'occupe d'elle.
"Alors, c'est pas intéressant tout ça?" Lança t-il, fier de lui.
"Je dois avouer que c'est assez troublant." Marmonna le détective dont les yeux vagabondaient d'un bout à l'autre de la pièce.
Il n'y avait pas vraiment grand chose à voir. Bizarrement seul les murs et les draps étaient maculaient de sang. Le reste des meubles n'avait vécu aucun moment difficil. Il ouvrit l'armoire mais, comme le laissait deviner ses carreaux, elle ne contenait rien. On pouvait alors supposer deux choses: elle avait été soit vidée, soit l'homme n'avait pas l'intention de coucher là. Lorsqu'il prit la bible dans ses mains il remarqua qu'elle était neuve. Elle dégageait l'odeur caractéristique du cuir frai, odeur que le détective aimait particulièrement. Il la feuilleta dans le but de trouver une information quelconque. Malheureusement elle ne lui apprit rien, sortant tout juste du magasin. Il râla intérieurement.
Il s'intéressa donc au bout de mur déjà visible. Il pu ainsi apprendre que le jeune homme ne mentait pas et que le récit qui y était écrit portait pour nom "Les enfants du prêtre". Les bouts restant n'avaient ni queue ni tête puisqu'on ne pouvait pas encore les relier les uns aux autres
"Monsieur Holmes!" Hurla soudain quelqu'un dans son dos.
Le détective se retourna prestement et, reflex lui venant du la boxe, monta ses poings au niveau de son visage. Il les fit bien vite descendre comprenant qu'il ne risquait rien et que le cri venait d'un jeune garçon voulant simplement lui faire porter son attention sur un bout de mur dont on venait de retirer les feuilles. Il se pencha pour lire la phrase qu'y venait d'être révélée. De toute évidence il s'agissait de la conclusion du chapitre. Et on pouvait y lire ceci:
"Qu'elle ne fut pas la surprise du grand détective Sherlock Holmes de découvrir son nom écrit à même le mur, comme s'il s'agissait seulement d'une des nouvelles écrites par son cher ami, le docteur Watson."
