Hijack Week : June
Salut tout le monde ! Voilà enfin la Hijack Week de juin. Le thème général est : citations de film.
Deux contraintes : écrire un OS sur le thème du jour, et insérer du hijack !
Si vous vous sentez inspiré par un thème, n'hésitez pas à écrire, je me ferai une joie de vous lire.
21/06 27/06
Day 1. I'm on the naughty list ? (ROTG)
Day 2. Then I won't speak. Just let me show you. (HTTYD)
Day 3. You know, sometimes all you need is twenty seconds of insane courage. Just literally twenty seconds of just embarrassing bravery. And I promise you, something great will come of it. (We bought a zoo)
Day 4. Why are you trying so hard to fit in when you were born to stand out ? (What a girl wants)
Day 5. Excuse me, barmaid ! I'm afraid you brought me the wrong offsprings ! I ordered a extra-large boy with beefy arms, extra guts and glory on the side. This here, is a talking fish-bone. (HTTYD)
Day 6. You're all hard work and deadlines, and I'm all snowballs and funtimes. (ROTG)
Day 7. I'm with you to the end of the line (Captain America 2 Winter soldier)
Merci à Aangelik pour sa correction.
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Day 2. Then I won't speak. Just let me show you. (HTTYD)
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La première fois qu'Harold rencontra Jack, ce fut loin d'être le coup de foudre.
Lundi matin, dans le métro. Dieu qu'Harold pouvait détester le métro. Lui qui aimait les grands espaces et la solitude, se retrouver confiné dans une rame, collé à des gens empestant la sueur à même pas sept heure du matin, c'était l'enfer.
De plus, Harold avait le don pour tomber sur des gens étranges. Une fois, une vieille dame avait refusé de le lâcher tant qu'elle ne lui avait pas lu son avenir dans les lignes de sa main. Après lui avoir prédit qu'il finirait sa vie avec un bonhomme de neige et un chat, il avait ri. Il ne sortait jamais quand il neigeait et les chats, très peu pour lui. Le pire, c'était qu'après l'avoir harcelé pendant un bon quart d'heure, la femme avait même refusé l'argent qu'il voulait lui donner, persuadé que c'était là le but de son acharnement.
Une autre fois, il était tombé sur un homme, la trentaine, qui rentrait apparemment de soirée. C'était ce qu'Harold avait déduit, vu l'odeur d'alcool qui émanait du bonhomme. Ca, et le fait que ledit bonhomme lui avait vomi dessus peu après.
Mais aujourd'hui, il était probablement tombé sur le pire cas auquel il n'avait jamais eu affaire. Un jeune homme, les cheveux blancs, avec un grand sourire, s'était placé derrière lui après lui avoir fait un clin d'œil. C'était après que le métro ait pris son départ qu'Harold avait repéré le problème : le jeune homme, apparemment très émoustillé par les hommes en costume, avait commencé à montrer à Harold combien il l'appréciait. Rien de bien vulgaire, si ce n'est la main qui se perdait à certains endroits, tels la hanche, la poitrine voire l'entrejambe, sous prétexte de « se raccrocher ». Ce qui avait poussé Harold à presque fuir le wagon une fois à l'arrêt. Il détestait vraiment le métro.
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La première fois qu'Harold fut présenté à Jack, il dut se retenir de rire.
« - Harold, le patron veut te voir.
- Bonjour, Astrid. Il t'a dit pourquoi ? répondit le jeune homme.
- Non, juste que tu devais venir le plus vite possible », répondit la blonde, avant de retourner à son bureau.
Encore relativement étonné, Harold ferma son ordinateur. Le patron de sa boite appelait rarement les travailleurs à son bureau. Habituellement, il préférait, et de loin, déambuler dans les couloirs et taper la discussion à ceux qui passaient par là.
Arrivé devant la porte, le jeune homme frappa.
« - Entrez, Mr. Haddock, répondit une grosse voix.
- Vous m'avez fait demander, Monsieur North ?
- Oui, oui. Je vois que la jeune Astrid est toujours aussi efficace. Mr. Haddock, je souhaitais vous présenter la personne dont je vous avais parlé la semaine dernière.
- Votre neveu ? Celui qui souhaite avoir un stage dans l'entreprise ? Vous m'aviez dit devoir encore y réfléchir.
- Eh bien, il vient d'avoir 18 ans et, même s'il est encore un peu gamin, je pense qu'il devrait s'en sortir. Jaaaack ? Viens ici, s'il-te-plaît. »
Là, sous les yeux curieux d'Harold, apparut… Le jeune homme du métro ! Pas celui qui lui avait vomi dessus, plutôt le petit pervers qui trouvait amusant de le tripoter il y a quelques semaines. Et celui-ci paraissait encore plus surpris qu'Harold. Et gêné, vu la rougeur qui commençait à lui monter aux joues. Le brun laissa un sourire fleurir sur son visage. Ça allait être amusant, finalement.
« - Jack, je te présente Harold Haddock. C'est un très bon employé, et comme il n'a que trois ans de plus que toi, je me suis dit que ce serait une bonne idée de te mettre avec lui pour la semaine. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Je… C'est probablement une bonne idée, répondit Jack, la voix un peu faible.
- Et vous, Mr. Haddock, cela vous convient-il ?
- Je n'y vois pas de problème. Bien, Jack, commença Harold, en appuyant sur le prénom de l'autre garçon, que dirais-tu de me suivre ? Je pense qu'un tour des bureaux serait un bon début. »
Se contentant d'hocher la tête, le garçon aux cheveux blancs le suivit hors du bureau.
Il fallut deux jours à Jack pour lui adresser la parole. La veille et l'avant-veille, il s'était contenté de le saluer d'un signe de tête et il rougissait à chaque fois qu'Harold lui parlait, ce que le plus vieux n'avait pas arrêté de faire, histoire de réaliser sa petite vengeance.
« - Si… Si tu pouvais ne rien dire à mon oncle vis-à-vis de ce qui s'est passé dans le métro, ce serait gentil.
- Le fait que tu harcèles les gens innocents dans le métro en laissant se balader tes mains ?
- Surtout le fait que je fais ça à des hommes, en fait…
- Je vois. Bon, et bien il est temps de se mettre au travail !
- … Merci. »
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La première fois qu'Harold prit un verre avec Jack, se fut suite à une rencontre plutôt inattendue.
Harold attendait, serré dans la foule. D'habitude, il n'aimait pas beaucoup cela, mais aujourd'hui ça valait la peine. Aujourd'hui, dans une grande librairie londonienne, son auteur préféré, Terry Pratchett, dédicaçait ses livres. Et pour trente secondes de dialogue avec l'homme, Harold aurait bien attendu des heures au milieu d'une bande de hippies revenant d'un festival de musique dépourvu de douches. Bon, peut-être pas à ce point-là. Mais attendre avec des gens relativement civilisés qui aimaient la même chose que lui, il pouvait supporter.
Il n'était plus qu'à quelques mètres de l'auteur, quand…
« - Pardon, excusez-moi, pardon… fit une caisse armée d'une paire de jambe.
- Aïe, s'exclama Harold, alors que la caisse lui marchait sur les pieds.
- Oh, je suis vraiment désolé monsieur ! Je ne vous avais pas vu, je… Harold ?
- Bonjour Jack.
- Qu'est-ce que tu… ? Oh, tu es sans doute là pour Pratchett, dit le jeune homme, en avisant l'exemplaire de « Mécomptes de Fées » dans les mains du brun.
- Tout juste. Tu travailles ici ?
- Oui. D'ailleurs, je n'ai pas vraiment le temps maintenant. Mais si tu veux, je finis à 18 heures, on pourrait… tenta le jeune homme, en cherchant ses mots.
- Je connais un bon café à deux pas d'ici, répondit Harold, en venant à sa rescousse.
- Ah, oui, euh,… Tu, tu m'attends devant le magasin, alors ? Normalement, je suis là à dix-huit heures.
- Pas de soucis. Bon, je te laisse continuer ton rangement et j'y retourne, avant que l'on ne me pique ma place. »
Harold passa son après-midi à la librairie. Vers 16h, il put enfin faire signer son exemplaire par l'auteur et échanger quelques mots avec lui. Après, il déambula le temps qu'il restait dans les rayons, débattit de qui était le meilleur entre le personnage de la Mort et celui de Mémé Ciredutemps avec un autre lecteur, débat qu'Harold et mémé Ciredutemps remportèrent, avant de craquer et d'acheter un livre qui le tentait depuis quelques temps « Le diable en Gris », de Masterton.
À dix-huit heures précises, il sortit du magasin. Jack arriva à son tour quelques minutes plus tard et, ensemble, ils prirent la direction du café.
Autour d'une tasse de café, ils discutèrent de ce qu'avait été leur vie depuis le stage de Jack dans l'entreprise North, il y a deux ans.
« - J'ai fini l'école, et depuis je navigue entre mes études et les petits boulots, raconta Jack.
- J'aurais plutôt pensé que tu reviendrais dans l'entreprise de ton oncle. Ça avait l'air de te plaire, pendant ton stage.
- C'était chouette, mais je ne préfère pas dépendre de ma famille pour le boulot. Et puis, je suis dans les études de littérature, donc travailler dans une librairie ne donne pas plus mal sur mon futur CV.
- Pas faux. Toujours pas de petit-ami ?
- Toujours pas. Avoir un petit-ami, c'est prendre le risque de devoir le dire à ma famille. Et…
- Je vois. »
Les deux hommes continuèrent à discuter toute l'après-midi, comme deux amis qui ne s'étaient pas vu depuis longtemps.
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La première fois qu'Harold embrassa Jack, cela ressembla un peu comme la fois où il l'avait rencontré. Avec moins de monde et deux partis consentants. Ou presque
Le jeune homme avait un peu de mal à croire ce qu'il venait de faire. Cela faisait maintenant plus de quelques semaines que lui et Jack se retrouvaient autour d'un verre le vendredi soir, à 18 h, quand le plus jeune avait fini son travail.
Au début, Harold avait eu peur de ne pas avoir de sujets de conversation ou d'ennuyer Jack. Mais au fil des rencontres, les deux hommes s'étaient découvert des points communs, eux qui n'avaient jamais réellement discuté pendant le stage de Jack, quelques années plus tôt.
Ainsi, ils aimaient tous les deux les animaux, même si Harold était plus chien et Jack plus chat. Ils aimaient lire, un peu de tout pour Harold, surtout des contes et du féérique pour Jack. Ils aimaient la vieille musique. Aller à la mer. Se promener. Alors leurs discussions tournaient autour de cela. Et parfois, de sujets plus épineux, comme la politique, la nécessité d'envahir les chaînes de télévision avec du foot à toutes les sauces durant la période du mondial et que telle ou telle série télévisée était la meilleure.
Après un certain temps, Harold avait pris l'habitude de raccompagner Jack chez lui, le jeune homme n'ayant pas de voiture et s'en retournant à pied après leur verre. Et c'était là que tout avait dérapé. Jack avait invité son ami à prendre un dernier verre, ce qu'il avait accepté. Il allait partir, l'autre voulu lui faire la bise et… Harold l'embrassa.
Au début, avec douceur, presque de la timidité. Puis, les mains se perdirent, une de celles de Jack allant se promener dans les cheveux bruns de son compagnon, l'autre sur le bras. La main gauche d'Harold se posa sur la hanche du plus jeune, sa droite se nichant dans la nuque.
Les choses auraient pu aller plus loin. Si seulement Harold n'avait pas eu peur. Si seulement il ne s'était pas enfui, sans laisser une chance à Jack de le retenir. Il monta dans la voiture, mit le contact et partit à toute vitesse.
Arrivé chez lui, il prit une décision : il ne devait plus revoir Jack. Le jeune homme le faisait vaciller sur ses positions. Il était hétéro, un pur et dur. Il aimait les femmes et leurs courbes et pas les muscles secs et les poils sur le torse. Point, à la ligne.
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La première fois qu'Harold revit Jack après leur baiser, il eut un peu peur.
TOC TOC TOC.
Qui diable pouvait bien frapper à sa porte un samedi matin à 7 heures, ronchonna Harold en lui-même en se levant. Astrid ne venait jamais, préférant sortir. Rustik n'était probablement pas levé. Et les jumeaux ne devaient sûrement pas savoir ce qu'était de frapper avant d'entrer. Alors qui diable était-ce ?
« - Bonjour Harold, lui dit un fantôme, qui se dandinait sur son paillasson.
- Euh, Sa-Salut.
- Je peux entrer ? »
Harold ne répondit pas mais se décala, laissant le passage libre. Jack s'y engouffra, avant de se diriger vers le salon, que l'on pouvait voir depuis l'entrée. L'avantage du deux-pièces.
« - Comment tu as eu mon adresse ? demanda directement le brun, en se passant de politesse.
- Tu pourrais dire bonjour, au moins.
- Répond-moi, Jack.
- Je suis passé voir mon oncle. Avec un peu de persuasion, il a bien voulu me la donner. »
Harold souffla, en se laissant aller dans le canapé. Le vieux North était impossible, parfois.
« - Qu'est-ce que tu veux ?
- Te voir. Ca fait quelques temps que tu n'es pas venu le vendredi soir. Depuis… Depuis que l'on s'est embrassé.
- Oui. Écoute, Jack, je… Je pense que c'est une mauvaise idée. Je ne sais pas pourquoi je t'ai embrassé. Je ne sais pas POURQUOI j'ai envie de le refaire. Je… Je ne suis pas comme toi. Je ne suis pas censé aimer cela.
- Comme moi ?
- Tu sais bien ce que je veux dire.
- Non, je ne sais pas. Il va falloir que tu m'expliques.
- Je ne suis pas homosexuel, Jack.
- Tu avais pourtant l'air d'apprécier m'embrasser.
- Justement !
- Eh bien,… Tu es peut-être « jacksexuel » ?
- Pardon ?
- Tu n'es peut-être pas attiré par les garçons, juste par moi.
- Presque pas narcissique, comme truc, ricana Harold.
- Qu'est-ce que l'on perd à essayer ? Dis-le-moi.
- 10 ans de certitude vis-à-vis de ma propre sexualité.
- Les certitudes sont faites pour être changées. »
Sur ces mots, Jack se pencha et captura les lèvres du brun. En se laissant emporter par le baiser, le second qu'il partageait avec un homme, Harold se dit que peut-être, cela valait la peine d'essayer. Juste pour ne pas mourir idiot.
Quand ils durent se séparer pour pouvoir respirer, Jack grimaça.
« - Haleine de matin », dit-il.
Et il envoya Harold se brosser les dents.
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La première fois qu'Harold rencontra sa future belle-famille, se fut aussi la première fois que celle-ci apprit que Jack était gay. Autant dire que l'ambiance était on ne peut plus joyeuse.
« - Je te demande pardon ? demanda le père de Jack.
- Je suis gay. Et Harold n'est pas un simple ami, il est mon compagnon. C'est chez lui que je vis depuis quelques mois. »
Harold se contenta d'un sourire hésitant quand l'attention convergea vers lui. Seule Emma, la petite sœur de Jack, lui rendit ce sourire.
« - Mon fils ne sera pas un pédé !
- Il n'y a pas de futur, papa. Je suis homo et ça ne changera pas. »
Le père de Jack sembla s'effondrer à ces mots.
« - Qu'est-ce… Qu'est-ce que j'ai fait de travers pour que tu deviennes comme ça ?
- Tu n'y es pour rien. Je suis comme je suis, point.
- C'est tous ces contes et ces dessins-animés, c'est ça ? Je savais que je n'aurai pas dû te laisser là devant, ça t'a pourri la tête. Et voilà que t'es devenu pédé !
- Papa…
- Sors de chez moi.
- Pardon ?
- Sors de chez moi ! Et emporte ton copain avec. Je ne veux plus te voir avant que tu ne redeviennes normal.
- Mais je SUIS normal !
- DEHORS ! »
Choqué par la violence de son père, Jack recula, avant de s'enfuir. Sans un mot, Harold le suivit.
À peine fut-il dehors que la mère de Jack le rattrapa.
« - Je… Je suis désolée pour mon mari, commença-t-elle.
- Vous n'y êtes pour rien.
- Il va se calmer. Jack n'a pas été très diplomate sur ce coup.
- J'espère que ça va aller mieux. Quand il m'en parle, on a l'impression que son père est limite un dieu.
- Et quand Edward parle de Jack, on croirait un prêtre parlant de Jésus, répondit Mme Frost dans un sourire. Dites… Dites à Jack que je l'aime, et que je vais essayer de calmer son père. Et veillez à ce qu'il ne fasse pas de bêtises.
- J'y veillerai, madame.
- Heureuse de vous avoir rencontré, Harold.
- J'en suis aussi heureux. »
En retournant vers sa voiture, où l'attendait déjà Jack, Harold se fit la réflexion que la soirée aurait pu être pire. Pas beaucoup, mais elle aurait pu.
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La première fois qu'Harold s'engueula avec Jack, se fût un dimanche matin, à propos d'un chat.
« - J'ai dit NON, Jack.
- Mais Harold…
- Cet appartement est déjà limite pour deux, alors pour trois…
- Dis que je prends trop de place, tant que t'y es !
- Je n'ai pas dit cela. Mais l'appartement est trop petit pour une troisième personne. Même pour un chat !
- Mais il est tout petit. Il ne survivra pas si je le remets à la rue.
- On pourrait le déposer à la SPA.
- Il est blessé, ils vont sûrement le faire piquer.
- Jack…
- S'il-te-plaît, Harold. Je dois partir travailler, là, mais promets-moi d'y réfléchir et de ne pas le jeter dehors aujourd'hui.
- Bon, bon, très bien. »
Sur ce, Jack partit, laissant Harold seul avec le fauve qu'il avait ramené au matin. Un fauve avec la queue cassée, les yeux qui coulent et qui faisaient grosso modo quinze centimètres de haut.
« - Bon, qu'est-ce que je vais faire de toi ? dit-il en s 'adressant au chat.
- Miou.
- Ta réponse ne m'aide pas, tu sais.
- Miou.
- Et voilà que je parle à un chat. »
Suivant ses habitudes du dimanche, il commença par flemmarder un peu devant les dessins-animés, qu'il regardait toujours alors que ses 25 ans approchaient, puis se mit à ranger un peu l'appartement.
Une fois cela fait, il se lança dans la vaisselle, qui traînait sur le bord de l'évier depuis trois jours. Pendant tous ses déplacements, le chaton continua de le suivre, comme un chiot suit sa mère.
Ce fut quand Harold commença les lessives que les problèmes arrivèrent.
« - Miou ?
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Miou.
- Je ne te comprends pas, tu sais.
- Miiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiou.
- Cesse de pleurer, tu veux ?
- Miou ?
- Oui, c'est à toi que je parle. Bon, je suppose que t'as faim ? Suis-moi. »
Le chat sur les talons, Harold se mit à fouiller le frigo. Trouvant une couenne de jambon et un peu de pâté, il les mit dans une assiette. Que le chat bouda.
« - Qu'est-ce qu'il y a ? C'est pas assez bien pour toi ? »
Le félin se contenta de bailler. Dévoilant son incroyable… Manque de dentition.
« - Ca c'est la meilleure ! Jack m'a rapporté un chat sans dents. Bon, si tu n'as pas de dents, tu dois encore boire du lait ? Il doit me rester une seringue quelque part.
Après avoir sorti une bouteille de lait, retrouvé la seringue et l'avoir remplie, Harold coinça le chat dans le creux de son coude et se mit à le nourrir.
C'est bien évidemment à ce moment-là que Jack arriva.
« - Eh bien je vois que tu l'aimes bien, ce chat, finalement.
- Oh, ça va, hein.
- Je suppose qu'on le garde alors ? Il va falloir lui trouver un nom…
- Que dis-tu de Toothless ?
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La première fois qu'Harold soupçonna réellement Jack de le tromper, cela faillit finir en catastrophe. Faillit.
« Jack, rendez-vous vendredi à 15h chez moi. Sois discret. Bises, A. »
C'était là le mot qu'Harold avait trouvé dans la veste de Jack, alors qu'il faisait sa lessive du dimanche.
Sur le pas de la porte de la salle de bain, Toothless regardait son maître/maman rester statique, alors qu'il fixait un petit bout de papier sorti du morceau de tissus que l'autre chat mettait sur son dos quand il sortait de la maison. Étrange.
Harold, quant-à-lui, ne pouvait empêcher les mots de tourner dans sa tête. Des dizaines de significations pouvaient leur être accordées. Mais une seule restait dans la tête du brun : Jack avait un rendez-vous. Il devait être discret. Il ne lui en avait pas parlé. Il le trompait.
Le raisonnement était peut-être rapide, mais Harold n'en doutait pas vraiment. C'était même plutôt étonnant que Jack ne l'ait pas trompé plus tôt. Après tout, le plus jeune était beau, malgré l'âge qui commençait à faire ses marques, et avait une personnalité enjouée, alors qu'Harold était plutôt banal et renfermé. Il n'assumait même pas son homosexualité, préférant dire qu'il était « Jacksexuel »… Pathétique.
Tout cela n'empêchait pas que découvrir cette trahison faisait mal. Surtout que vendredi 15h, c'était aujourd'hui. Jack lui avait dit devoir retourner à la librairie, qu'il avait fini par reprendre à l'aide de l'argent de North, pour vérifier ses stocks… Plutôt aller trousser Timmy, le nouvel employé qui lui faisait de l'œil, oui ! Et peu importe que le nom de ce gamin ne commence pas par A !
« - Harold ? C'est moi ! Tu es où ? J'ai une surprise pour toi.
- Je suis là, Jack.
- Ah ! Je… Ça ne va pas ?
- Je… J'ai trouvé le mot.
- Le mot ?
- Celui qui te donnait rendez-vous aujourd'hui, à 15h.
- Le… Le mot d'Astrid ?
- Avec une femme, en plus ? Et ma meilleure amie ? Tu es infâme, Jack !
- Mais… Qu'est-ce que tu vas croire là ?
- Je ne suis pas idiot, Jack. Même si j'aurais préféré que tu me dises clairement que tu voulais aller voir ailleurs.
- Mais, Harold… Je t'assure que…
- Tais-toi ! Je ne veux pas entendre tes excuses à deux balles.
- Bien. Alors si tu ne veux pas m'écouter, laisse-moi te montrer ce qu'Astrid avait pour moi.
- N'essaye… »
Jack avait déjà mis un genou à terre. Il tendait maintenant une petite boite, où était niché un anneau, un simple anneau d'or avec « Jack&Harold » gravé sur le dessus.
« - Je… Tu…
- J'avais demandé à Astrid d'aller me le chercher, pour plus de discrétion. Malheureusement, j'ai été idiot et je t'ai laissé voir le mot, ce qui t'a fait croire que…
- Je suis désolé, Jack. Je…
- Chuuut. Je t'ai déjà dit que je t'aimais. Aujourd'hui, je veux te le prouver. Je sais que l'on ne peut pas réellement se marier aujourd'hui, mais on peut le faire officieusement. Et le jour où ce sera autorisé, on sera dans les premiers à le faire, je te le jure.
- Jack…
- Harold Haddock, veux-tu m'épouser ?
- Oui ! »
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La première fois qu'Harold apprit à Jack qu'il n'avait jamais fait de bonhomme de neige, celui-ci fut scandalisé. Puis l'emmena dehors en faire un. Histoire de donner raison à une vieille femme des années plus tôt.
Essoufflé, Harold s'assit sur le perron. Depuis qu'il avait eu le malheur de dire à Jack qu'il n'avait jamais construit de bonhomme de neige, celui-ci n'avait eu cesse de le tirer dans le parc, pour en construire avec lui. Déjà trois fois, cette semaine.
Aujourd'hui, il avait tellement neigé qu'ils n'avaient même pas eu à se rendre au parc, la neige de jardin suffisant. Et maintenant qu'il était construit, Jack s'amusait à se mettre derrière et à le faire parler en agitant les branches-bras, pour le plus grand plaisir de Toothless, qui fixait les bouts de bois dans l'espoir de les attraper.
En regardant les deux personnes les plus importantes de sa vie jouer dans la neige, Harold repensa à tout ce qu'il avait vécu depuis sa rencontre avec Jack, dans le métro : le stage du jeune homme, la rencontre à la séance dédicace de Pratchett, leur premier baiser, l'arrivée de Jack dans son appartement, l'annonce à la belle-famille, avec qui ils s'étaient réconciliés depuis, l'adoption du chat, la demande en mariage, puis le mariage, en 2014. Il repensa même à la vieille femme qu'il avait rencontré il y a des années dans le métro. Finalement, elle avait eu raison : à 30 ans, il vivait avec un bonhomme de neige, et un chat.
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Bon, j'ai un peu dérivé, mais je trouve que le thème « Première fois » colle bien à la citation du jour. Et puis, j'y suis quand même retourné pour la partie sur la fausse infidélité de Jack ^^.
On se retrouve demain pour : « Day 3. You know, sometimes all you need is twenty seconds of insane courage. Just literally twenty seconds of just embarrassing bravery. And I promise you, something great will come of it. (We bought a zoo) »
Alors, review ?
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