Note: Une note ? Mais qu'est-ce qu'on s'en fout, pas vrai ? lool
Pour ceux qui lisent cette note (je les en remercie d'abord), j'ai décidé de continuer cette histoire, au diable mon manque de motivation !
CEPENDANT, et là arrive la partie la moins drôle: je pars en vacances le 10 juillet, donc vous n'aurez sûrement pas de suite avant Août.
Publication: Je compte publier un chapitre par mois, surtout en sachant que je compte faire des chapitres assez long (pour le plaisir des yeux, n'est-ce pas ? XD), j'estime que c'est un délai de publication tout à fait juste. (ça me permet de vivre entre les deux mdr)
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 1: Des recherches mouvementées
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« Doucement, Monsieur Potter ! »
Comment pouvait-elle lui demander d'aller doucement ? Cela faisait une semaine qu'il faisait ces rêves. Des rêves... vraiment étranges ! Même pas des rêves, des visions !
Chaque soir, à chaque fois qu'il fermait les yeux, il voyait ce que l'autre vivait.
« Je ne peux pas rester sans rien faire ! Je continue de le voir et ce qu'ils lui font... c'est vraiment horrible ! Comment pouvez-vous rester les bras croisés ! ? s'exclama t-il avec indignation.
- Je ne reste pas les bras croisés ! J'ai alerté le ministère, mais je ne peux rien faire tant qu'on ne trouve pas des preuves de ce que vous avancez !
- Ce que j'avance ? Mais je... C'est réel, protesta t-il. »
Le regard que lui envoya Mrs McGonagall lui donna froid dans le dos. Ses yeux étaient emplis de doute et d'inquiétude. Elle doutait donc de ce qu'il affirmait ? Elle doutait que les visions soient réelles ? Ces visions...
Harry se redressa, ses traits se durcirent tandis que son regard se posait sur Mrs McGonagall.
« Est-ce que vous pensez que je suis fou ? Demanda t-il avec dureté.
- Bien sûr que non ! Seulement... Vos visions concernent un animal ! Je ne peux rien faire, le ministère estime que ce n'est pas assez important pour intervenir. Vous ne savez même pas où il se trouve, comment pourrais-je faire quelque chose ?
- Je ne peux pas savoir où il est parce qu'il est enfermé dans une cage ! J'essaye pourtant... J'essaye de trouver où il est mais je... Il fait tellement sombre à chaque fois ! Je n'arrive pas à voir ! »
Sa voix était tellement amère... Il ne s'était jamais sentit aussi impuissant. Non, ce serait mentir, il s'était déjà sentit de la même manière quand il n'avait rien pu faire pour Sirius. Ce sentiment d'être désarmé... D'être faible... Il ne voulait plus jamais ressentir cela ! Alors il se fichait s'il s'agissait d'un animal ! Il ne voulait plus assister à tant de cruauté sans pouvoir agir. Soudain il fit un lien entre Sirius et ce qu'il voyait.
« C'est peut être un animagi..., dit-il pensivement.
- Nous avons déjà exploré cette thèse, le ministère a fait une enquête mais aucun animagi déclaré et de forme lupine n'a disparut. Je ne peux rien faire, Monsieur Potter... Et croyez-moi quand je dis que j'en suis désolée. »
Harry soupira, son regard transpirait la déception. Il était déçut de l'attitude de Mrs McGonagall. Il aurait préféré que le professeur Dumbledore soit toujours en vie, il était sûr que lui aurait fait quelque chose... Qu'il s'agisse d'un animal ou non. Il lui aurait donné des conseils, il l'aurait aidé à mieux comprendre mais il ne l'aurait pas laissé dans une telle anxiété.
Il secoua la tête, désappointé puis tourna les talons et sortit du bureau du directeur. Il ferma la porte derrière lui et soupira une fois de plus en levant le visage au plafond. Ses yeux se fermèrent alors qu'il repensait aux scènes auxquelles il avait assisté contre son gré.
Cela commençait toujours de la même manière. Il était enfermé dans une cage, une porte derrière lui s'ouvrait et les sévices commençaient. En une semaine, il avait assisté à tant de coup qu'il en avait la nausée. De plus, il ne faisait pas qu'assister à la scène quand il rêvait. Il était l'animal, il était le loup. On le frappait, on lui faisait du mal.
Jamais on ne le touchait avec les mains. Les personnes avaient peur, l'animal arrivait à sentir l'odeur rance et putride de cette terreur mêlée d'un plaisir sadique de faire du mal, de punir... Les coups étaient physique avant tout, puis les sorts arrivaient pour intensifier la douleur.
Harry n'arrivait plus à compter le nombre de blessure, le nombre de cicatrice faite... Il en était malade. Ces visions l'atteignaient durement, elles étaient crues, violentes et quand il se réveillait, il n'arrivait plus à faire la distinction entre lui et l'être à qui ont faisait tant de mal.
Un bruit de tissus le sortit de ses pensées et il rouvrit les yeux, tombant presque immédiatement dans les iris noisettes d'Hermione. Celle-ci le regardait avec un petit sourire contrit aux lèvres, signe qu'elle parvenait sans peine à deviner l'issue de sa discussion avec McGonnagall.
« Toujours rien ? Demanda t-elle tout de même.
- Non... Rien, répondit-il en passant une main lasse sur son visage.
- Tu pourrais peut-être... demander de la potion de sommeil à Mrs Promfresh ? Proposa t-elle.
- Non, c'est bon. Ça ira.
- Mais Harry... Tu n'as pas dormit tranquillement depuis une semaine ! Protesta t-elle vivement. »
C'était comme si Hermione avait les visions et non lui. Harry s'efforça de garder ses lèvres closes. L'anxiété et la frustration le mettait de mauvaise humeur et il n'avait pas envie de froisser Hermione pour ce genre de raison. Elle n'avait pas tort, mais il se refusait à manquer les visions.
« Je ne peux pas fermer les yeux sur quelque chose d'aussi important... Je ne veux pas manquer un seul détails qui me permettrait de le localiser. Tu comprends ? Énonça t-il patiemment. »
Hermione hocha lentement la tête bien que ses lèvres serrées laissaient deviner qu'elle n'était pas d'accord avec lui. Il n'y fit pas attention et reprit le chemin de la salle commune en trainant les pieds. Il se sentait si fatigué ! C'était vrai que ses nuits étaient tout sauf calme mais il dormait bon sang ! Alors pourquoi était-il si épuisé ?
Les pas de Hermione ralentirent derrière lui et il se tourna à demi vers elle en fronçant les sourcils. Elle lui jeta un petit coup d'œil, les yeux un peu vitreux, comme si elle était perdue dans ses pensées.
« Je viens de penser... à quelque chose... Je ... Il faut que j'aille à la bibliothèque pour vérifier ! Je vous rejoins ! Dit-elle en faisant rapidement demi-tour. »
Il la regarda presser le pas, quand elle fut hors de vue, il reprit son chemin d'un pas tranquille. Si Hermione semblait si pressée, c'est parce que c'était bientôt l'heure du couvre feu. Il avait tenu à voir la directrice avant d'aller se coucher et c'est pour cela qu'il était tous un peu décalé. Ron était resté dans la salle commune, plongé dans une partie d'échec.
La vue du portrait de la Grosse Dame aurait pu le faire bondir de joie si il n'avait pas été aussi exténué, il se contenta donc de grogner faiblement le mot de passe. Son regard fit mollement le tour de la pièce, il vit Seamus en train de disputer une bataille de carte explosive avec Dean, son ami de toujours. Lavande lisait un livre dans un coin tandis que Padma Patil faisait précautionneusement ses ongles aux vernis. Il chercha Ron des yeux mais n'eut pas à pousser plus ses investigations. Il était là où il l'avait laissé en partant, c'est-à-dire sur un canapé en face de Neville. Harry jeta un coup d'œil envieux au canapé et ne résista pas à se laisser tomber dedans quand il l'atteignit. Il poussa un soupire à fendre l'âme et posa ses mains sur son ventre, les yeux fermés.
« Alors ? Qu'est-ce que McGonagall a dit ? Demanda Ron discrètement.
- Rien de nouveau, marmonna t-il.
- Tu devrais peut-être aller te coucher, Harry ! S'exclama Neville joyeusement. »
Il lui répondit par un grognement alors qu'une torpeur le saisissait. Il était conscient d'être sur le point de s'endormir et il était tellement épuisé qu'il n'y résista pas.
Il ne fut pas étonné de se retrouver dans cette cage. Il y était depuis une semaine à chaque fois qu'il fermait les yeux sur sa vie et qu'il ouvrait les yeux sur son rêve. L'odeur régnant dans la pièce le prit une fois de plus à la gorge, persistante et rance. Il faisait sombre et au vu des nouvelles blessures qu'il sentait brûler son flanc, ses agresseurs lui avaient déjà rendu visite. Le loup était allongé, sa tête massive posée sur ses pattes avant, sa queue était immobile derrière lui alors que son regard perçant fixait quelque chose devant lui. Il grogna et poussa un gémissement désespéré en grattant les barreaux qui l'empêchaient d'atteindre la nourriture qu'on avait posé hors de sa portée. Une écuelle rouillée se tenait à à peine trois mètres de sa cage, elle contenait la seule odeur qui ne lui donnait pas envie de vomir: une odeur de charcuterie. Il gratta à nouveau le sol de sa patte et passa son museau entre les barreaux, poussant de sa tête pour essayer d'atteindre la viande dans l'écuelle mais il n'y parvint pas. Le loup jappa d'impuissance et de dépit, son estomac se contractait de douleur et il avait tellement faim...
Après s'être débattu un bon moment contre les barreaux qui le retenaient en vain, il se laissa retomber en position allongé sur le sol de sa cellule. L'envie de crier sa douleur le prit aux tripes, il rejeta la tête en arrière et hurla à la lune.
« Harry ! »
Le hurlement était puissant, long et déchirant... Il résonnait dans sa tête comme un écho.
« Harry ! Hey, Harry ! »
Une main le secoua durement et il ouvrit brutalement les yeux. Harry fut un instant déconcerté par le changement de lieu et à la luminosité de la pièce. Il papillonna des yeux puis finit par reconnaître la salle commune de Griffondor et le visage inquiet de Hermione au dessus de lui.
« Ça va ? Tu t'agitais...
- Hn. Ouais, ça va, répondit-il vaguement en se redressant.
- Harry... J'ai peut-être une idée concernant tes visions... Enfin je veux dire... une idée de où elles viennent, expliqua t-elle maladroitement. »
Harry passa une main sur sa visage pour enlever les dernières traces de sommeil. Il se sentait nauséeux, mais il en avait prit l'habitude.
« Et elles viennent d'où selon toi ? Demanda t-il sèchement. »
Hermione fronça les sourcils à son ton sec. Mais il en avait marre que l'on pense qu'il était fou, alors si elle s'apprêtait à dire que ce n'était qu'un tour de son imagination débordante, et bien elle pouvait aller se faire foutre ! Il la regarda, peu amène, et elle lui rendit son regard avant de fouiller dans le sac qu'elle avait en bandoulière. Elle balança deux livres de taille conséquente sur la table basse en le fusillant du regard.
« Quand tu te seras calmé, peut-être qu'on pourra en parler. En attendant, je te laisse potasser ça, dit-elle en se relevant furieusement. »
Elle tourna les talons d'un air furieux mais s'arrêta tout de même avant de monter dans son dortoir pour lancer un regard derrière elle.
« Chapitre 15 pour le livre marron et chapitre 44 pour le bleu, ajouta t-elle. »
Puis elle monta les escaliers, le laissant seul. Harry soupira et se redressa pour être assis sur le canapé et non plus avachis dessus. La sensation de quelque chose de doux lui fit ouvrir les yeux et il remarqua que quelqu'un avait pensé à le recouvrir d'une couverture pour ne pas qu'il ait froid. La culpabilité lui serra la gorge un moment. C'est vrai qu'il était dur avec ses amis et il ne pouvait que blâmer ses nerfs et ces visions de sa mauvaise humeur. Il s'emmitoufla dans le plaid, gardant la chaleur autour de lui et prit le livre de couleur marron sur ses genoux en regardant distraitement l'horloge murale. Il était onze heures, Hermione devait avoir lut les livres dans la salle commune pendant qu'il dormait. Il grimaça, il s'en voulait maintenant.
Il regarda la couverture du livre en réajustant ses lunettes.
«Le livre des enchantements ratés ? C'est quoi ce bouquin ? S'étonna t-il »
Il resta un peu perplexe devant le titre du livre puis haussa les épaules et chercha le chapitre 15 dont Hermione lui avait parlé. Il regarda le sommaire et se reporta à la bonne page, se demandant pourquoi elle voulait qu'il lise un truc pareil. Il parcourut le chapitre en diagonale, puis le relut une deuxième fois... Puis une troisième fois. Un paragraphe lui sauta aux yeux et il fronça les sourcils en le relisant pour la énième fois:
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Un objet mal ensorcelé peut-être une source de problème infini. Une aile hospitalière de Ste Mangouste a même était ouverte pour les blessés dû aux ensorcellements ratés. On constate souvent le même problème étrange d'un sort loupé à un autre concernant les victimes : l'ensorcellement, au lieu de toucher l'objet en question, finit par ricocher sur le sorcier.
Par exemple: Je lance un sort pour faire léviter une plume. Je rate ce sort, il ricoche de l'objet à moi-même. Ce n'est donc pas l'objet qui lévite, mais moi.
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Avait-il été victime d'un ensorcellement mal effectué ? Il n'arrivait pas à comprendre clairement. Harry fronça les sourcils, se creusant les méninges, mais il n'arrivait pas à faire le lien avec les choses qui lui arrivaient. Frustré, il balança le bouquin à coté de lui et se saisit du deuxième. Le titre n'était pas alambiqué, au contraire, il était même plutôt simple:
Le mythe des boites à souvenirs.
Il commença à lire le long chapitre. Il n'était plus fatigué, et puis il devait avouer qu'il n'était pas très enthousiaste à l'idée de rêver à nouveau du loup. Ce livre expliquait à quoi aurait dû servir les boites à souvenirs, c'est-à-dire: à recueillir les idées, les odeurs, les souvenirs d'un sorcier tout au long de sa vie. Quand on faisait l'acquisition d'une boite à souvenirs, un lien indéfectible se créait entre la boite et le sorcier. A partir de ce moment là, chaque souvenirs étaient conservés dans la boite.
Harry soupira. Ce n'était rien qu'il ne savait pas déjà. Même si il devait avouer que cela l'avait renseigné sur l'utilité de ces objets maudits.
« Tu as finit de les lire ? »
Il sursauta violemment et se tourna vers l'origine de la voix féminine. Il souffla de soulagement en voyant que ce n'était que Hermione. Elle était assise sur les marches menant au dortoir des filles, elle avait les yeux à demi-fermés, surement à cause de la fatigue.
« Tu m'as fait peur !
- Est-ce que tu les as lu ? Demanda t-elle à nouveau.
- Oui, je les ai lu, confirma t-il. Je... Je suis désolé pour tout à l'heure... Je suis un peu sur les nerfs à cause des visions et... Enfin..., balbutia t-il.
- M'oui, bon. Ça va, je comprends, c'est une situation stressante. »
Il hocha la tête alors qu'elle le rejoignait, s'asseyant sur un fauteuil en face de lui. Son regard se posa sur les deux livres. Elle se mordit les lèvres avec anxiété puis releva les yeux sur lui.
« J'ai une théorie. Je ne suis pas sûr de tomber juste mais... je pense que je sais ce qui t'arrive. »
Hermione fit une pause. Harry leva les yeux au ciel en pensant qu'elle aimait bien avoir sa part de suspens.
« Je pense que Tibérius McFit a mal ensorcelé les boites, et que si tu vois ces visions... C'est parce que le sort a ricoché sur toi, dit-elle en prenant une inspiration.
- Tu... Tu veux dire que... Je serais devenu... une boite à souvenirs ? Demanda t-il maladroitement.
- En gros, on peut dire ça... Penses-y, tes visions ont commencés le soir où tu es rentré de l'infirmerie, tu as commencé à voir ce loup juste après tout ! Tout se recoupe ! S'exclama t-elle.
- Hermione... Mais je vois un loup ! Ça voudrait dire qu'un loup possède une boite à souvenirs ? C'est complétement absurde !
- Pas si c'est un animagi qui possédait la boite, insista t-elle. »
Harry soupira en posant ses coudes sur ses genoux. Il prit sa tête entre ses mains, ébouriffant ses cheveux plus qu'ils ne l'étaient déjà.
« Ce qui veut dire que les visions ne vont pas s'arrêter, en conclut-il. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi le sort a ricoché après tout ce temps et pas instantanément après avoir été lancé !
- On ne peut pas vraiment comprendre. Les sorts ne sont pas destinés à être ratés, fit-elle remarquer.
- Il faudra qu'on aille voir Mrs McGonagall. Ça change la donne, ça veut dire que ce n'est pas une bête qui est séquestré mais bien un sorcier. »
Il avait enfin une preuve. Hermione lui lança un triste sourire puis monta se coucher après lui avoir dit bonne nuit. Il en fit de même mais n'arriva pas à fermer les yeux de la nuit.
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Les jours avaient passés, formant une semaine. Les rêves de Harry n'avaient pas cessés, il avait été voir Mrs McGonagall accompagné de Hermione pour lui expliquer leurs théories. Il avait fallut tout expliquer à Ron. Ron qui tremblait toujours d'effroi en le regardant maintenant qu'il pensait qu'il était devenu le substitut d'une relique mythique et maudite.
Ce matin là, Harry se réveilla avec un drôle de pressentiment. C'était comme si une chape de plomb était posée sur son estomac. Il resta un moment allongé à regarder le plafond, le rêve qu'il avait fait avait été particulièrement dur, le loup était triste et affamé. On le battait sans qu'il ne puisse se défendre et l'épais collier de cuir autour de son cou brûlait sa peau abimée. L'espace dans lequel il était était trop étroit pour qu'il puisse se défendre et il se sentait étouffer chaque jours un peu plus.
Tout le monde dans le dortoir dormait encore, ronflant pour certains, il était encore tôt et il était le seul éveillé. Harry soupira lourdement et ferma les yeux pour essayer d'échapper à ce qu'il avait vu. Ce fut peine perdu, il rouvrit les yeux et se leva en grimaçant. Il alla dans la salle de bain pour prendre une douche, se repaissant de l'eau chaude qui détendait ses muscles raidis par l'inquiétude. Il s'apprêtait à aller chercher des vêtements pour s'habiller quand un mouvement le fit grincer des dents d'une façon inhabituelle, sa mâchoire se contracta et il siffla de douleur. Harry fronça les sourcils, ne se souvenant pas de s'être fait mal à cet endroit. Il se posta devant le miroir et écarta la longue serviette de son corps. Un hoquet bruyant lui échappa.
« Bon sang... murmura t-il, effaré. »
Un bleu s'étalait sur son ventre, sa couleur était presque noire et s'étendait de son nombril jusqu'à son aine. Harry posa prudemment ses doigts à l'endroit marqué et se mordit les lèvres quand un élan de douleur l'assaillit. Il se regarda longuement dans le miroir de face, puis soupira et inspecta son dos. D'autres bleus le parcouraient ça et là, sur son épaule, sur sa hanche et sur ses jambes... Ils étaient tous de couleur foncé et il comprit enfin pourquoi il se sentait si raide.
Harry ferma les yeux et remit sa serviette. Il n'avait pas besoin des marques pour se rappeler ce que le loup avait vécu. Il fit le lien sans vraiment réfléchir. La boite à souvenirs retenait chaque souvenirs de son sorcier... Il était devenu la boite à souvenirs, il n'était donc pas étonnant qu'il garde les marques de ce que le loup subissait. Ce n'était pas pour autant qu'il voulait l'afficher aux yeux de Ron et de Hermione. Il se rhabilla en vitesse et descendit à la salle commune en s'efforçant de bouger comme d'habitude malgré la raideur de son corps.
Hermione fronça bien les sourcils en lui disant qu'il avait l'air bizarre, mais après une vague explication sur son état de fatigue, elle avait parut s'apaiser. Harry savait que ce n'était pas pour longtemps cependant, Hermione était intelligente, elle finirait par tout découvrir.
Les jours passèrent sans que le ministère de la magie n'ait trouvé le mystérieux animagi et Harry finissait par croire que tout cela n'était vraiment que des rêves. Mais les marques de plus en plus profondes sur son corps le rappelaient à l'ordre à chaque fois qu'il baissait les bras. Peu importait la personne, il n'avait pas le droit de désespérer.
Mais le couperet tomba quand Mrs McGonagall le convoqua dans son bureau peu de temps après. Ca faisait un mois qu'il avait les visions, un mois que le sorcier était en danger et surtout introuvable.
« Je suis désolé Mr Potter. Le ministère a clos l'enquête faute de preuve. Ils se sont basés sur la liste des animagi déclarés et ont décidés de croire que vos visions n'étaient que de banals rêves. Je peux vous assurer que je ferais mon possible pour retrouver cette personne, je ne peux cependant pas vous promettre l'impossible. »
Ce soir là, il rentra dans son dortoir avec un état d'esprit encore plus bas si cela était possible. Il se laissa tomber sur un canapé de la salle commune comme il en avait prit l'habitude depuis un certain temps. Harry essayait de repousser l'instant où il devrait aller se coucher, tout en sachant qu'il ne pourrait pas échapper aux visions. Hermione qui était assise à une table avec un livre vint le rejoindre. Ron était déjà à coté de lui, jouant aux échecs seul grâce au sort permettant d'avoir un adversaire imaginaire. Ce dernier plissa les lèvres en le regardant avec compassion puis retourna à son jeu avec peu d'enthousiaste.
Harry posa sa tête contre le dossier du canapé en fermant les yeux. Ron devait le réveiller quelque fois quand son sommeil devenait trop agité, il savait mieux que n'importe qui dans quel état les visions le mettaient. Une main passa dans ses cheveux et il frissonna en soupirant de bien être à ce contact apaisant. Une respiration douce se fit entendre à ses cotés et il reconnut sans peine la présence de Hermione.
« De mauvaises nouvelles ? Demanda t-elle.
- Ouais, marmonna t-il. L'enquête est close, répondit-il amèrement.
- Ils ne vont rien faire ? ! s'indigna t-elle.
- Non. McGo dit qu'elle fera son possible mais...
- Mais c'est mort, en gros, termina Ron. »
Harry ne put s'empêcher de penser qu'il avait raison. Il avait l'impression que McGonagall ne comptait pas vraiment agir. Il haussa les épaules et ouvrit mollement les yeux.
« Ouais, répondit-il. »
Ron fulmina avec virulence à ses cotés, sifflant et grognant des noms d'oiseaux à l'égard du ministère et de Mrs McGonagall. Hermione était étrangement silencieuse, elle avait le regard posé sur lui, sa main s'appliquait à démêler ses cheveux en bataille, en vain.
« Tu devrais aller te coucher, Harry... Tu as l'air épuisé, dit-elle d'une voix inquiète. »
Hermione se mettait en mode mère poule. Il l'avait deviné rien qu'au démêlage de cheveux qu'elle lui faisait dans les règles de l'art. Son corps était lourd et terriblement moue.
« Trop fatigué pour me lever. Je vais dormir là.
- Je te réveillerais quand je monterais me coucher, je dois terminer mon devoir de potion de toute façon. »
Harry hocha la tête, lui l'avait déjà fait. Ce devoir ci était moins long que celui que leur avait donné Mrs Chourave sur l'utilité des plantes goupillantes à un usage médical. Ron bailla.
« Moi je vais me coucher, je suis mort, déclara t-il d'une voix fatiguée. »
Ron se leva bruyamment et rangea tout aussi discrètement ses pièces d'échec. Ses pas maladroits s'éteignirent peu à peu alors qu'il montait les escaliers et il referma les yeux tandis que Hermione repartait à la table où elle s'était installé. Il la soupçonnait de vouloir l'espionner pendant qu'il dormait. Ou plutôt pendant qu'il avait les visions.
Il haussa les épaules à nouveau. Il était vraiment trop fatigué pour bouger. Les yeux fermés, bercés par les ronronnements de Pattenrond et par les craquements du bois dans la cheminé, il sentit le sommeil l'étreindre.
Il sentit par instinct qu'il y avait quelque chose de différent dans la scène qu'il était en train de voir. La vision du loup était perçante et il n'avait jamais aussi bien vu de sa vie. Ses cotes le brûlaient comme le collier autour de son cou. Il avait la rage au cœur, la haine embrasait ses sens, il avait envie de tout détruire autour de lui. Il était en colère contre le monde entier.
Jamais Harry n'avait sentit aussi bien les sentiments qui étreignaient le loup.
Non, le sorcier, rectifia t-il mentalement.
La pièce était toujours plongée dans l'obscurité et la présence hostile à coté de lui força un grondement hors de sa bouche en réponse à la menace qu'il représentait. Son ventre toucha presque le sol alors qu'il se préparait à l'attaque. L'homme fit claquer sa langue sur son palet plusieurs fois.
« Garde ta rage pour ce qui t'attends dehors. J'ai entendu dire que c'était un champion et qu'il n'a jamais été blessé, ricana t-il d'une voix nasillarde. »
Un grincement assourdissant retentit et ses oreilles se plaquèrent vers l'arrière comme pour se protéger du bruit. Un raie de lumière pénétra dans la pièce tandis que les deux grandes portes s'ouvraient devant lui.
« Ah ! On dirait que c'est l'heure. »
La porte s'ouvrit plus largement et il plissa les yeux, aveuglé par la soudaine luminosité. Une clameur retentit au dehors. Le loup pointa les oreilles vers l'horizon et leva le museau pour capter le plus d'information possible sur son environnement. Il parvenait à sentir des odeurs de crasse, de sueur et d'excitation. Il entendait des voix grasses criant des injures, le bruit cliquetant de gallion qu'on se passait de mains en mains et les paris lancés à tort et à travers. Quand sa vue se stabilisa il vit enfin ce qui l'attendait au dehors.
Un son différent lui parvint aux oreilles, un aboiement retentit ainsi que plusieurs halètements bruyant. Devant lui s'étendait une sorte d'arène, des hommes étaient derrières des barrières de sécurité protégés par des sorts. Cela ressemblait à un énorme corrals pour les corridas. Le loup plaqua prudemment ses oreilles vers l'arrière et prit une plus grande inspiration. Derrière toute ces odeurs humaines, il pouvait sentir une odeur de pins. Une odeur de liberté. L'homme à coté de lui fit un geste brusque et il se mit sur ses gardes en un instant. En voyant son mouvement, celui-ci ricana et brandit sa baguette au dessus de sa tête en faisant un mouliné du poignet.
« Camminus, lança t-il. »
Deux volutes de fumées rouges apparurent devant lui, formant deux remparts de part et d'autre de la cage, créant une allée le conduisant jusqu'au milieu du corrals. Il savait pourquoi l'homme avait lancé ce sort. C'était pour éviter qu'il ne se retourne contre lui et ne l'attaque.
« Sauves ta vie et rends nous riche, s'esclaffa t-il d'un rire bruyant. »
L'homme attrapa une longue canne derrière lui et il sentit un frisson le parcourir tandis qu'il s'en servait pour ouvrir le loquet qui le retenait. Ce dernier se lança ensuite un sort pour rendre inaudible ses paroles et psalmodia une incantation silencieusement en pointant sa cage de sa baguette. Les barreaux émirent un terrifiant grincement puis s'effritèrent devant lui, tombant en morceau et en poussière au sol. L'homme fit claquer violemment sa canne contre les barreaux restants d'un air menaçant et prit de peur il s'élança au dehors, avançant en suivant le chemin que formait les remparts de magie rouge.
Arrivé au milieu du corral, il se sentit prit au piège. Il était entouré par la foule qui criait et brandissait leurs poings. Le sable sous ses pattes étaient glissant et inconfortable. Il fit le tour du corral, essayant de trouver une issue tout en sachant qu'il n'en trouverait pas. Il faisait juste ça par habitude. Un bruit sourd retentit devant lui et il se planta fermement sur ses quatre pattes en voyant qu'une trappe s'était ouverte. Il gronda furieusement, sentant la rage reprendre possession de son corps alors qu'une silhouette immense avançait dans sa direction.
Sa gueule s'entrouvrit et son nez se fronça tandis que son grondement augmentait en volume pour dissuader son agresseur. La silhouette sortit de l'ombre et il put enfin voir son adversaire. Il s'agissait d'une sorte de berger allemand, mais on pouvait voir instantanément qu'il était issus d'un croisement. Sa taille et sa robustesse évoquait le loup plus que le chien. L'animal retroussa les babines et montra les dents en grondant. Il lui tourna autour un moment pendant qu'il l'observait, essayant de le dissuader d'attaquer.
Soudain, la bête se ramassa sur elle même et l'attaqua. Le loup se planta plus fermement sur ses pattes pour se stabiliser et maintenir sa position face à l'attaque. Le berger allemand visa sa gorge de ses crocs, il parvint à l'éviter de justesse et essaya de le mordre au flanc. Sa mâchoire ne se referma que sur du vide. Il n'entendait plus les cris des spectateurs. Une lutte sans merci débuta, chacun essayant de sauver sa vie au dépend de celle de l'autre. L'animal était entrainé et vicieux, il attaquait plusieurs fois de suite, feintant sur la position qu'il visait de ses dents. Le loup haletait, la douleur de ses cotes se rappelant à lui. Brusquement, le chien tourna sa tête massive vers lui et bondit à nouveau. Ses crocs aiguisés comme des rasoirs se plantèrent dans son épaule et il gémit en titubant. La douleur affluait par vague alors que l'animal resserrait sa prise sur sa chair compulsivement et il sentit le sang couler de la plaie. Il attendit que le berger allemand relâche la pression de ses dents sur son épaule et plongea lui même ses crocs dans son cou.
Le chien pleura et un goût métallique se fit sentir sur sa langue. Il ne lâcha pas prise, essayant d'oublier les pleurs déchirant que la bête poussaient. Le goût du sang lui donna envie de vomir mais le loup tint bon, sachant que si il relâchait la pression de ses dents le combat reprendrait inlassablement jusqu'à ce que l'un d'entre eux ne meure. Il plissa les yeux quand le chien chancela sur ses pattes. Il ne bougeait déjà plus, comme si il avait déjà décidé de ne plus se débattre. Au bout d'un moment, le berger allemand s'effondra, épuisé et ayant perdu une quantité importante de sang. Deux sorciers furent nécessaire pour lui faire lâcher prise. Un de ces deux là fit léviter le chien hors du corral. La clameur lui emplit les oreilles, noyant son cœur sous la rage. Il n'avait pas tué la bête, il l'avait juste assez amoché pour qu'on les fasse arrêter le combat.
Il releva son museau taché de sang et essaya de voir le ciel. Le couvert des arbres ne laissaient transparaître que quelque morceau de ciel étoilé, il inspira. A l'odeur de pins, venait de s'ajouter celle du sang.
Harry ouvrit les yeux. Il ne sursauta pas comme d'habitude quand il sortait d'une vision, il avait sentit son réveil. Hermione était assise en face de lui, elle le regardait d'un air absent. Une couverture avait été posée sur ses épaules et il sentit une once de soulagement détendre son ventre. Il sentait le sang couler le long de son épaule mais la couverture le cachait aux yeux de sa meilleure amie. Il repensa à sa vision sur le ton de l'évidence. Il n'avait jamais réellement compris pourquoi le loup avait été fait prisonnier. Mais tout devenait clair grâce à la vision qu'il venait d'avoir. Ces agresseurs se servaient de lui dans des combats de chiens. Il se demanda pourquoi et comment il avait pu se fourrer dans une telle situation. Parfois, il pensait au sorcier, il se demandait ce qu'il ressentait et qui il était. Est-ce qu'il le connaissait ? Est-ce qu'il était vieux ? Après tout, la boite à souvenirs avait peut-être été oubliée par son sorcier quand celui-ci avait quitté Poudlard. Peut-être qu'il s'agissait d'une personne qui avait la trentaine. Mais pourquoi n'avait-on pas signaler sa disparition ? Tant de question dont il ne trouvait pas les réponses !
Hermione sembla enfin se rendre compte qu'il était éveillé, elle secoua la tête comme pour se sortir de ses pensées et lui lança un regard compatissant.
« Encore une vision.
- C'est des combats de chien. C'est pour cela qu'il est enfermé. Ils lui font faire des combats de chien, dit-il d'une voix atone. »
Hermione hoqueta d'incrédulité. Un silence pesant s'installa entre eux deux, chacun réfléchissant.
« Il faut l'aider, murmura t-il. Je vais pas rester les bras croisés pendant qu'il souffre sous mes yeux.
- Mais Harry... Et qu'est-ce que tu comptes faire ? Tu ne sais pas où il est, tu ne sais pas qui il est... Comment pourrais-tu le retrouver ?
- Je ne sais pas, je ne sais pas, bon sang Hermione ! Il haussa le ton. »
Son cerveau se mit à tourner à plein régime, il essaya de se souvenir de détails, du plus petit détails qui aurait pu lui indiquer... n'importe quoi mais quelque chose !
« L'odeur, dit-il soudainement. Ça sentait le bois humide et... il y a une forêt. Quand il a levé les yeux, il était entouré par des arbres, expliqua t-il d'une façon chaotique.
- Harry... Je m'inquiète beaucoup pour cette personne moi aussi mais... Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu comptes te lancer à sa recherche ?
- Parce que c'est ce que je compte faire. Si le ministère et McGonagall n'y peuvent rien, alors peut être que moi je peux faire quelque chose. Je vois ces choses, j'ai plus d'éléments dans les mains qu'eux, c'est normal qu'ils ne trouvent rien. Mais moi j'ai une chance. »
Harry se leva d'un pas décidé, la couverture toujours sur ses épaules et s'apprêtait à monter les escaliers quand Hermione l'arrêta en l'interpellant avec panique.
« Harry ! Tu ne vas quand même pas y aller maintenant, en pleine nuit ? Attends demain au moins, Ron n'est même pas réveillé ! S'exclama t-elle.
- Je n'ai pas dit que vous deviez venir, je sais que c'est important pour toi de refaire une année à Poudlard et...
- Ne dis pas de bêtise, espèce d'abruti ! S'indigna t-elle. Bien sûr que je t'accompagne, et Ron ne te laissera jamais t'aventurer je ne sais où sans lui ! Attends demain Harry, la supplia t-il. On est fatigué, tu es fatigué... Demain on aura tout les deux les idées plus claires et puis il faudra qu'on décide où on va en premier lieu, on ne va pas faire toute les forêts d'Angleterre sans avoir de plan ! »
Harry ferma les yeux puis inspira profondément. Les remarques de Hermione étaient pertinentes, il ne pouvait pas se lancer comme ça sans rien prévoir. Il hocha nerveusement la tête, Hermione lui fit un sourire radieux, contente de l'avoir convaincu. Elle rangea ses affaires avec précipitation.
« Demain, ne va pas en cours. Il faut que tu te reposes une bonne fois pour toute sans ces visions, je crois qu'il doit me rester une potion de sommeil sans rêve. Attends moi ici, je viens d'avoir une idée. »
Hermione monta les escaliers quatre à quatre le plus silencieusement possible. Il prit une chaise et s'installa dessus en attendant qu'elle revienne. Il grinça des dents et haleta en posant une main sur son épaule. C'était douloureux, mais il devait mettre ça de coté jusqu'à ce qu'il soit dans son dortoir.
Hermione était tout le temps d'une aide précieuse. Il s'amusait à dire que Ron était sa mauvaise conscience et Hermione sa bonne conscience. Il arrivait parfaitement à les imaginer en ange et en diablotin. Il se releva précipitamment quand il vit Hermione redescendre aussi vite qu'elle avait monté les escaliers. Elle s'avança vers lui, le souffle court et deux fioles dans chaque mains. Il fronça les sourcils, perplexe.
« Qu'est-ce que c'est ? Demanda t-il.
- Ça, dit-elle en montrant une fiole pleine d'un liquide verdâtre, c'est la potion de sommeil. Et ça... »
Elle posa la deuxième fiole sur la table avec un regard sérieux et il se mordit la lèvre en plissant les yeux.
« C'est une fiole vide ? Proposa t-il.
- Je veux que tu y mette la vision que tu viens d'avoir. Natalie McDonald a une pensine, je vais essayer de voir si il n'y a pas un détails qui t'as échappé.
- Oh, d'accord. »
Il déglutit difficilement. Mettre sa vision exigeait qu'il repense à tout ce qu'il avait vu, ce qu'il voulait éviter à tout prix pour l'instant. Il leva les yeux au ciel et soupira avec détermination. Hermione remarquerait peut-être des choses qu'il avait manqué. Il sortit sa baguette de la poche arrière de son jean et la posa contre sa tempe. Se remémorer ce genre de souvenirs lui coûta, mais il n'en montra rien et versa le liquide argentée dans la fiole vide. Hermione hocha la tête et prit précieusement la fiole.
Harry resserra la couverture autour de son cou et serra les dents quand la blessure à son épaule le tirailla. Il salua Hermione d'un hochement de tête, la gorge serrée, puis tourna les talons dans l'intention de retrouver la salle de bain pour inspecter la plaie qui le brûlait comme les flammes de l'enfer.
« Harry ! L'interpella à nouveau Hermione. »
Il se tourna à demi, lui montrant qu'il était attentif à ce qu'elle disait.
« Ne prends la potion que demain quand tu te réveilleras, pas ce soir. Ron et moi on viendra te rejoindre, je trouverais peut-être quelque chose qui pourra nous orienter, dit-elle en montrant la fiole qu'elle tenait entre ses doigts du menton.
- D'accord. Bonne nuit, dit-il du bout des lèvres.
- A demain. »
Il n'attendit pas qu'elle soit partie pour monter les marches du dortoir. Il serra les dents et souffla doucement pour essayer de gérer la douleur qu'il ressentait au niveau de son omoplate. Il ne jeta pas un coup d'œil à son lit et se dirigea dans la salle de bain. Une fois arrivé là, il enleva la couverture qui le recouvrait et laissa tomber sa chemise au sol. Il ne regarda pas tout de suite dans le miroir, effrayé de ce qu'il verrait.
Ses yeux se posèrent sur sa chemise maculée de sang et il frissonna en relevant la tête sur le miroir en face de lui. Il se demanda comment il avait pu supporter la sensation du tissus sur sa peau. Il lui semblait que sa peau était en feu. La vision du sang le fit haleter et ses doigts tremblèrent alors qu'il verrouillait la porte de la salle de bain pour éviter de se faire surprendre avec une telle blessure. Il ne savait pas pourquoi il cachait quelque chose d'aussi important. Quelque chose lui disait qu'il devait garder ça secret, que c'était important et qu'il ne devait pas en parler.
Le souffle haletant, il fouilla frénétiquement dans la boite à pharmacie du dortoir. Il jura quand tout ce qu'il trouva fut un désinfectant de faible intensité. Il déboucha le flacon avec les dents et le reposa sur l'évier.
« Qu'est-ce que je dois faire ? Murmura t-il. »
Il regarda l'aspect de la blessure dans le miroir et prit un gant de toilette, s'attelant à enlever le plus de sang possible pour avoir une meilleure visibilité sur la plaie. Une fois cela fait, ses yeux vacillèrent, cherchant quoi faire. Il n'était pas médicomage, il ne savait pas quoi faire.
« Monsieur... Harry Potter Monsieur ? »
Il sursauta violemment et siffla entre ses dents en posant une main non loin de sa plaie quand un élancement douloureux le prit d'assaut. Son regard se porta vers le miroir et il soupira de soulagement en voyant Dobby grâce au reflet.
« Dobby ? Haleta t-il.
- Monsieur... Dobby a entendu du bruit et comme Dobby sait par Miss Granger que Monsieur a du mal à dormir, il a pensé qu'il pourrait l'aider ! »
L'elfe de maison fit quelques pas prudent dans sa direction, comme si il s'approchait d'un animal dangereux, ou plutôt blessé dans son cas. Harry se redressa et se mordit les lèvres, retenant le gémissement qui faillit sortir de sa bouche. Dobby le regardait avec de grands yeux effrayés. Il lui envoya un sourire tremblant comme pour le rassurer.
« Est-ce que tu pourrais m'aider ?
- Bien sûr, monsieur ! S'exclama t-il.
- Chut ! Dit-il en posant un doigt sur ses lèvres. »
L'elfe l'imita en posant un doigt sur sa bouche, paniqué. Quand il fut sûr que personne ne s'était réveillé dans le dortoir, Harry reprit la parole.
« Tu pourrais me trouver du désinfectant ? Et une potion cicatrisante ? Chuchota t-il.
- Dobby va essayé, Harry Potter Monsieur. »
En un pop l'elfe disparut, Harry soupira. Il avait de la chance d'avoir Dobby de son coté, c'était un ami précieux. Au bout d'un moment, l'elfe réapparut avec du désinfectant convenable pour la plaie qu'il avait mais n'avait pas trouvé de potion cicatrisante. Il avait rapporté du fil et une aiguille chirurgicale à la place et Harry grinça des dents mais remercia Dobby.
L'elfe de maison l'aida à nettoyer sa plaie, le laissant haletant et à bout de force à la fin de l'opération. Son épaule était en feu et il avait du mordre dans la chemise qu'il avait abandonné un peu plus tôt pour ne pas crier. Au final, il fut incapable de se recoudre lui même et après quelques balbutiement, Dobby consentit à refermer sa plaie. Sans l'elfe, il aurait été dans de beaux draps.
« Monsieur... Monsieur ne doit pas s'endormir ici ! S'exclama t-il en le voyant vaciller dangereusement.
- Je sais, répondit-il faiblement. Juste une minute. »
Dobby recouvrit son épaule d'un pansement et d'une bande. Harry eut le temps de reprendre un peu d'énergie pendant ce laps de temps, il se tourna vers l'elfe et le remercia, empli de gratitude. Dobby, égal à lui même, balbutia et se dandina avec gêne, il lui suggéra d'aller se coucher et il fut ravi de lui obéir.
Il s'allongea avec prudence sur son lit et malgré sa fatigue, il n'arriva pas à s'endormir. La douleur était cuisante, il se demandait comment le loup arrivait à gérer une telle souffrance sans soin et sans ami pour l'aider. Il se sentit triste pour lui, sa situation était loin d'être enviable et il avait du mal à croire que tant de cruauté puisse exister. Il s'était battu pour que de telles situations ne se produisent plus, il fallait croire qu'il n'avait pas combattu assez fort.
A bout de nerf, il finit par sombrer dans les bras de Morphée.
Le lendemain, Ron vint le réveiller juste avant de partir en cours.
« Hermione m'a expliqué le plan, et même si je pense que t'es un gros malade et que c'est un plan de taré, je vous accompagne. Il n'est pas dit que Ron Weasley restera en dehors d'un truc aussi énorme. Maintenant, si je viens réveiller ton royal fessier c'est parce que Hermione m'a dit que tu devais prendre ta potion de sommeil, on revient à midi. »
Harry le regarda partir avec effarement, un peu surpris de son petit discours ininterrompu. Ron lui fit un signe de la main alors qu'il se dirigeait vers la porte.
« Bonne nuit ! Rater Potion, quelle veinard, marmonna t-il. »
Harry plissa les yeux et leva lourdement la main pour aller prendre la potion qu'il avait mit dans le tiroir de sa table de nuit. Il la but avec une grimace de dégoût mais soupira de soulagement en sentant un sommeil sans rêve accaparer son esprit. Il se rendormit plus sereinement.
La seconde fois qu'il s'éveilla, ce fut pour découvrir que ses deux meilleurs amis s'étaient apparemment endormi en attendant son réveil. Harry se redressa et chercha ses lunettes sur sa table de nuit à tâtons, il sourit une fois qu'elles furent sur son nez. Hermione était au pied de son lit, elle s'était endormie avec un livre à la main et Ron était sur son propre lit, une main sur l'estomac.
Il resta un moment à les regarder, en profitant pour remettre de l'ordre dans ses pensées, il fit un tour dans la salle de bain, prenant des habits propres au passage. Il inspecta sa plaie après avoir enlever les bandages et grimaça. Les traces de croc étaient parfaitement visibles et elles lui donnèrent froid dans le dos. Un "pop" se fit soudainement entendre et un flacon apparut devant ses yeux sur la petite étagère murale. Il y avait un mot collé dessus.
Harry Potter doit en mettre sur sa blessure une fois par jour !
Le mot était signé Dobby sans aucun doute. Il mit l'onguent sur la plaie et ferma les yeux un moment avec un sourire. La douleur disparaissait par vague, et c'était comme si un sachet de glaçon avait été posé sur sa chair à vif. Ce devait être un effet de l'onguent, c'était agréable. Il se lava en vitesse, se changea et rangea le flacon dans sa poche avant de retourner dans le dortoir. Il réveilla Ron et Hermione d'une pression sur l'épaule.
« Les cours ? Demanda Harry
- Bof, tu sais... Comme d'habitude quoi, marmonna Ron d'une voix endormie.
- J'ai découvert plein de truc, venez, on va dans la salle commune j'ai besoin de place pour le plan. »
Hermione descendit sur ses mots et Harry fronça les sourcils en se tournant vers Ron, perplexe.
« Le... Le plan ? Balbutia t-il. »
Ron haussa les épaules avec un sourire.
« Elle prend tout ça bien trop au sérieux. On se croirait revenu au temps de Tu-sais-qui, je crois que l'action lui a manqué, elle est trop enthousiaste, dit-il en levant les yeux au ciel. »
Ils descendirent à deux, Ron lui racontant ce qu'il avait manqué en cours. Ils avaient tout les deux prétexté qu'il était malade et aucun professeur n'avait eut quelque chose à y redire. En même temps, il avait le teint plus pale que d'ordinaire, ce n'était donc pas étonnant qu'on le croit malade. Il pensa brièvement à son épaule blessée mais mit de coté cette idée en voyant Hermione revenir avec un rouleau de parchemin à la main. Elle le déplia sur la table, il s'agissait d'une carte. Harry leva un sourcils, surpris que Hermione ait volé un parchemin estampillé "Bibliothèque de Poudlard".
« J'ai lancé un sort de copie, je n'ai rien volé, indiqua t-elle en pinçant les lèvres. Bon, nous sommes ici, dit-elle en montrant les Highlands. J'ai regardé ce que tu avais vu Harry et un détails m'a sauté aux yeux. Le loup est dans une forêt, ça réduit de pas mal nos recherches.
- Ouais, ça réduit le champ de recherche à toutes les forêts de la terre, ironisa Ron.
- Un DEUXIÈME détail m'a sauté aux yeux pendant que vous deux dormiez comme des bienheureux.»
Ron eut la décence de rougir de gêne. Hermione inspira avec un sourire de contentement à cette réaction et continua sous l'œil attentif de Harry.
« C'est essentiellement une forêt de conifère, rien d'exceptionnel là dedans, mais ce qui m'a étonné ça a été de voir un arbre blanc.
- Un arbre blanc ? S'étonna Ron.
- Oui, j'ai du me repasser plusieurs fois la scène avant d'être sûre, mais j'en suis certaine maintenant. Cet arbre, c'était un Sorbus Aria albinos.
- Un Sorbius Aria... Quoi ? Mais c'est quoi ce bazars encore, ça me dit rien du tout, s'impatienta le rouquin en faisant de grand geste.
- C'est un arbre très rare, il était en voie d'extinction, on a vraiment de la chance, ça va réduire encore nos recherches.
- Sauf si ils se déplacent, intervint Harry.
- Harry, mec ! Arrête de nous déprimer alors qu'on est pas encore parti ! Grommela Ron.
- Mais il a raison, il faudra surveiller les visions si on veut pouvoir le retrouver à temps. Bon en attendant on va tabler sur l'arbre, on ne peut rien faire d'autre. Ça réduit les recherches à plusieurs zones. Il n'y a en plus beaucoup comme c'est un arbre en voie de disparition mais on en trouve encore en Allemagne, en France, en Suisse et en Angleterre. »
Ron soupira lourdement alors que Hermione entourait les pays qu'elle venait de citer avec un feutre rouge. Harry grimaça, les zones à explorer étaient bien trop nombreuses !
« On va mettre des années pour le retrouver si il faut faire toute les forêts, dit Ron gravement.
- Ils parlaient anglais, je ne pense pas qu'ils se trouvent dans un autre pays, précisa t-il avec espoir.
- Autant commencer par notre pays. Si ils se trouvent vraiment en Angleterre on pourrait avoir beaucoup de chance, continua Hermione avec un énorme sourire. La zone est réduite à une seule forêt.
- Comment ça se peut ? Demanda Ron
- L'arbre avait déjà disparut en Angleterre. Mais la France a aidé à la reforestation de cette espèce et une seule forêt a réussit, devinez laquelle ? Continua t-elle avec un sourire victorieux. »
Harry et Ron étaient littéralement pendu à ses lèvres. Hermione fit durer le suspens assez longtemps pour que Ron ne lui fasse un geste agacé de la main.
« La forêt de Dean, révéla t-elle avec un sourire complice. » (1)
Après un temps de surprise, Hermione avait reprit la parole en leur expliquant qu'elle le savait grâce à ses parents et que c'était un hasard impressionnant. Harry, lui même n'en revenait pas. Est-ce que c'était censé être aussi facile ? Il savait que Hermione était intelligente – plus que le commun des mortels – mais il s'était tout de même attendu à un peu de difficulté. Cela dit, rien n'était encore fait et il fallait trouver le loup avant de crier victoire.
Leur plan fut rapidement mit en œuvre: Ils partaient tout les trois hors des protections magiques de Poudlard, Ron irait chercher la tente de son père et ils transplaneraient tout les trois dans la forêt.
« Il faudra être discret, rappela Hermione pour la énième fois, je ne sais pas qui sont ces gens mais si ils séquestrent un sorcier, ce ne sont sûrement pas des enfants de cœur. »
Harry eut une petite pensée pour le loup, il ferma les yeux et lui adressa une prière muette.
Essaye de ne pas trop t'éloigner.
Il savait que c'était vain, un peu comme les prières que faisaient les enfants avant de dormir quand ils voulaient absolument que quelque chose se produise. Mais il ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'ils le retrouveraient.
L'après-midi fut consacré à l'empaquetage de leurs affaires, ils avaient convenu de prendre le strict minimum afin de pouvoir agir plus rapidement si ils étaient découvert. Hermione se montra de plus en plus anxieuse alors que l'heure de leurs fuites approchaient et il la comprenait. Elle qui était venu pour passer une année studieuse et sérieuse, voila qu'elle se retrouvait à fausser compagnie à l'école pour partir à la recherche de quelqu'un.
Une once de culpabilité lui comprima la gorge mais il la repoussa. Il était content de ne pas être seul dans cette escapade. Ils allèrent tout les trois au dîner, tout le monde remarqua leur sérieux soudain et ils s'efforcèrent de donner le change pour ne pas éveiller les suspicions. Ils retournèrent assez vite au dortoir et attendirent que tout le monde fut endormi avant de descendre dans la salle commune. Hermione était déjà là, un livre à la main et son sac réducteur contenant toute leurs affaires sur les genoux.
Harry, la carte du maraudeur à la main, les guida jusqu'à la sortie, contournant Peeves qui chantait des chansons paillardes à tue tête et Nick-Quasi-Sans-Tête qui déambulait sans but précis. La traversée du parc fut silencieuse, pas un d'entre eux n'osait parler de peur de se faire repérer. Ils atteignirent enfin les grilles de Poudlard et relâchèrent enfin leurs souffles.
« C'est tellement facile que c'en est affligeant, railla Ron.
- C'est vrai que c'est devenu plus facile, on doit avoir l'habitude, répondit Hermione avec un sourire malicieux. »
Ron leur fit un clin d'oeil et disparut alors qu'il transplanait. Harry et Hermione se cachèrent sous la cape d'invisibilité pendant ce temps et l'attendirent. Hermione sursauta à ses cotés quand il réapparut avec un ricanement et un bagage à la main.
« Facile, beaucoup trop facile, se plaignit-il.
- Donne moi ça, râla Hermione, vexée d'avoir été surprise. »
Elle mit la tente dans son sac puis passa ses bras autour des leurs. Harry s'agrippa à elle en la voyant fermer les yeux et déglutit difficilement en sentant la sensation désagréable du transpalanage commencer.
Il grinça des dents tout le temps que dura le trajet en sentant son épaule le brûler comme les flammes de l'enfer et soupira de soulagement en sentant la fin du transplanage approcher. L'atterrissage fut moins drôle par contre. Harry grimaça et vacilla un moment, il avait atterrit sur une pierre ronde qui avait roulé sous ses chaussures et il avait manqué de terminer sur les fesses. Il sentit Hermione tituber et raffermit sa prise sur son bras pour lui éviter de tomber. Ron s'étala cependant sans grâce au sol.
Harry ricana avec amusement en le voyant se redresser en grommelant et même Hermione eut un sourire. Ron leur lança un regard peu amène.
« Oh, c'est bon, grogna t-il. »
La nuit était sombre et le couvert des arbres ne laissaient passer aucune lumière. Ils n'y voyaient pas à un pas devant eux. Hermione chuchota un sort et une lumière s'éleva lentement autour d'eux, dévoilant quelques arbres aux alentours. Il se mordit les lèvres.
« On ferait mieux de s'installer ici et de placer les protections autour de la tente, on y verra plus clair demain, chuchota t-il.
- Oui, tu as raison. On ne peut rien faire ce soir de toute façon.
- Bon , je plante la tente, vous mettez les protections, dit Ron à voix basse. »
Harry hocha la tête, oubliant que vu la luminosité, il ne le verrait pas approuver. Hermione et lui se plantèrent cote à cote et firent le tour du périmètre en lançant toute sorte de sort de protection tandis que Ron s'occupait de la tente. Une fois cela fait, Hermione s'assura qu'ils étaient invisible vu de l'extérieur et rentra dans la tente. Vu du dehors, elle paraissait minuscule, mais elle était en faite géante, il y avait même trop d'espace pour eux trois. La tente contenait déjà toute sorte de meuble, lits inclus.
« Merde, on a oublié les couvertures, jura Ron.
- J'y ai pensé moi. J'en ai pris pour vous, bande de bêtas. Heureusement que je pense pour trois sinon on partirait vaincu avant même d'arriver.
- Ouais. Miss Granger: le "rappelle tout" humain, se moqua Ron. »
Harry les regarda se chamailler avec un sourire tandis qu'il faisait leurs lits. Il savait qu'ils plaisantaient pour faire redescendre la pression quant à ce qui les attendrait le lendemain. Les recherches allaient vraiment commencer, pourtant, tout cela avait un air de déjà vu. Il se rappelait les journées de campement avec Hermione dans cette même forêt. L'ambiance était différente aujourd'hui, il y avait moins de tension, moins de menace de mort...
Ils se couchèrent tous les trois avec le même sentiment au fond de la poitrine. Ce sentiment qu'ils se lançaient encore dans quelque chose qui ne les regardaient peut-être pas, mais qu'ils se sentaient obligés d'accomplir par devoir.
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Le lendemain, Hermione leur avait encore prouvé à tous les deux qu'on ne l'appelait pas la surdouée pour rien. Elle avait déjà pensé à tout. Elle avait sorti trois cartes quadrillés de la zone de son sac ainsi que trois feutres et trois faux gallions de l'époque de l'Armée de Dumbledore.
« Je les ai reprogrammé, commença t-elle en levant une pièce devant elle. Elle est flexible, si vous la pliez elle se met à chauffer. Si vous avez un problème ou que vous trouvez l'endroit où il est: vous la pliez et tout le monde transplane au campement. Pas d'acte précipité, tout le monde revient quand il sent la pièce chauffer, dit-elle en lançant un regard dissuasif à Harry. »
Il soupira mais hocha la tête, soutenant son regard. Ils se mirent tous en route, prenant des directions différentes en surveillant leurs cartes. Harry tourna une dernière fois la tête pour regarder ses compagnons, puis il avança.
La traversée était longue et ça faisait longtemps qu'il n'avait pas crapahuté dans une forêt. Le terrain était tantôt glissant, tantôt rocailleux et il était souvent instable. Il avait l'impression que la forêt s'évertuait à ralentir sa progression. Il râlait tout seul parfois, le temps était long et ils s'étaient dit rendez-vous à midi. Harry savait qu'ils ne trouveraient rien du premier coup, mais il trouvait tout de même le temps long.
Il y passa toute la matinée, le faux gallions serré au creux de sa paume, espérant presque qu'il se mettrait à chauffer. Il n'en fut rien pourtant et midi arriva sans que rien ne se produise. Harry fit le déjeuner pour se calmer les nerfs, puisant dans les réserves de nourriture qu'avait préparé Ron avant de partir. Une fois installé à table et le ventre plein, chacun regarda sa propre carte avec un œil critique. Ils avaient tous réussit à barrer une ligne en quadrillé mais il en restait tellement encore que l'enthousiasme qui les avaient maintenu en forme et motivé commença à s'estomper.
Ils reprirent malgré tout leurs recherches, transplanant là où ils s'étaient arrêtés. Harry n'avait jamais vu une forêt aussi grande que celle-ci, pourtant il était sûr qu'il y avait pire. Ses mollets le tiraillaient, il avait chaud dans ses habits trop grand pour lui, la douleur de son épaule le rendait bougon et impatient.
Les arbres devenaient de plus en plus espacés au fil de ses pas et il se désespérait de trouver quelque chose quand soudain il put voir le ciel. Il se rendit compte qu'il avait quitté le couvert des arbres depuis une bonne dizaine de minute et après quelque pas, il eut la confirmation de ce qu'il pensait. Il s'arrêta et sortit sa carte. Il regarda à droite et à gauche, il y avait une route devant lui. Pas un chemin de terre, une route en béton avec un rail de sécurité. Il se retourna et contempla l'immensité de la forêt qu'il venait de parcourir. Il s'assit à même le sol et sortit sa bouteille d'eau, il avait la gorge sèche. Ses jambes le brûlaient de tant d'effort, il avait marché d'un pas soutenu tout le long de sa traversé. Il se laissa basculer et s'allongea dans l'herbe dans l'espoir de calmer les battements rapides de son cœur. Il posa pensivement une main sur son épaule.
« La pièce n'a pas chauffé de la journée, la forêt est grande et si t'étais pas en danger je crois que ça fait longtemps qu'on aurait abandonné. Comment t'as pu te fourrer dans un tel merdier ? Dit-il à voix basse »
Il savait qu'il parlait seul, mais cela le réconfortait quand il se sentait anxieux, il essayait d'imaginer que le loup l'entendait et qu'il reprenait courage à l'idée que quelqu'un était à sa recherche. Harry soupira puis se leva en lançant un tempus, il fut surpris en voyant l'heure puis relevant les yeux sur le ciel sombre, il haussa les épaules. Il transplana. Sur le campement, Ron était assis à la table qu'ils avaient installés à l'extérieur, il jouait avec le faux gallions en le faisant tournoyer sur la table mais son regard était perdu à l'horizon. Il marcha d'un pas lourd et s'installa sur une chaise à coté de lui en s'y laissant tomber, las. Ron sembla enfin remarquer sa présence.
« Tu en as mis du temps, ça fait environ une heure qu'Hermione et moi on est rentré. Tu n'as rien trouvé ? Demanda t-il en voyant son air défait.
- Non. Vous non plus je paris ?
- On a trouver des traces de gibier mais rien d'intéressant. Je vais aller chercher Hermione, elle voulait qu'on fasse un point sur les zones déjà explorés. »
Ron disparut à l'intérieur de la tente et réapparut avec Hermione peu de temps après. Ses yeux étaient plissés et il n'était pas difficile de comprendre qu'elle avait dormit. En mettant leurs cartes cotes à cotes, ils remarquèrent qu'ils avaient déjà écartés pas mal de zone de leurs recherches, Hermione s'extasia sur la distance parcourut par Harry et barra aux feutres rouges quelques autres zones.
« Ici, toute cette zone, c'est un lac, on peut déjà faire une croix dessus, ils ne marchent pas sur l'eau. Si ils ne bougent pas, je crois qu'en trois jours on peut mettre la main sur eux. »
Une nouvelle nuit s'annonçait, Harry surveilla un moment le poêle, remettant du bois à l'intérieur pour qu'ils n'aient pas froid. Il alla se coucher en dernier, la fatigue pesait sur lui et il n'eut pas le temps de penser à quoi que ce soit. Dès que sa tête toucha l'oreiller, il s'endormit.
Il reconnut instantanément la cage dans laquelle était enfermé le loup. Les barreaux rouillés se dressaient devant lui, l'enfermement était de plus en plus pesant au loup, il sentait trop d'énergie en lui et il avait besoin de la dépenser. Il faisait encore et toujours sombre, l'odeur empirait à cause de la chaleur qui régnait dans la pièce, ça sentait la moisissure, le vomit et les immondices. Il se sentait sale.
La présence qui s'était manifesté quelques instants auparavant n'avait pas disparut, la personne se trouvait toujours là, à quelques mètres sur sa gauche. Si au début il avait grogné ardemment, il s'était tut en voyant qu'elle ne semblait pas lui vouloir de mal. Du moins c'est ce qu'il avait cru.
C'était une jeune femme. Ses sens sur-développés lui avaient donnés plusieurs indications. Elle avait de long cheveux bruns, ses yeux étaient dirigés dans sa direction mais ils semblaient perdus au loin comme elle réfléchissait. Son odeur était différente de toute celles qu'il avait pu sentir jusqu'ici et il tendit inconsciemment le museau vers la source de ce parfum. La senteur était douce, légère. Elle sentait ce qui se rapprochait de l'odeur de la rose. Peu à peu, il avait finit par se détendre et à s'habituer à la présence de cette femme près de sa cage, il se mit à espérer, à délirer même qu'elle ne lui voulait pas de mal, qu'elle voulait peut-être lui montrer que quelqu'un était là à ses cotés...
« Il ne te relâcheront jamais, murmura t-elle d'une voix désespérée. »
La jeune fille sembla enfin reprendre pied avec la réalité, elle planta son regard dans le sien et un tic nerveux agita son épaule quand il vit ses yeux se remplir de larmes. Un froissement de tissus se fit entendre et il baissa les yeux vers l'origine de ce bruit. Les plis de la cape de la jeune femme s'écartèrent et un son métallique lui fit plisser le museau. Une autre odeur lui vint au nez et il retroussa les babines de dégoût. Elle leva sa main et regarda l'objet qu'elle tenait avec un mélange d'hésitation et de fascination. Elle tenait une arme à feu.
« Je l'ai volé à mon père, prononça t-elle avec surprise, comme si elle était étonnée d'avoir osé faire un tel geste. Il l'a chargé avec des balles en argent. C'est la seule chose assez puissante pour tuer un loup garou, continua t-elle doucement. »
Sa voix était à peine plus haute qu'un chuchotis. Son regard se troubla un instant alors qu'elle regardait l'arme. Ses doigts fins tremblaient autour de l'objet en métal, un sanglot sortit d'entre ses lèvres. Soudain, elle se précipita près de la cage et leva le bras, tenant l'arme à bout de bras, le doigt sur la détente.
« Je déteste ce qu'ils te font, ses épaules se secouèrent alors qu'elle pleurait. Je ne peux pas te sauver, je suis une cracmol. Mais je peux te libérer, sanglota t-elle. »
L'horreur s'éleva dans sa poitrine en premier lieu alors qu'elle prononçait ces mots. Il recula dans sa cage et ses pattes arrières butèrent contre les barreaux. Une vague de réalisation lui enserra le cœur. C'était vrai. Il était prisonniers. Ses yeux se levèrent sur cette jeune fille qui se proposait pour l'aider, qu'importe de quel manière. Elle avait l'air triste et désemparée, comme si elle avait voulu l'aider d'une autre façon mais que c'était impossible. L'acceptation prit place dans son cœur et il ferma les yeux. Il n'avait pas envie de mourir, mais il ne voulait pas vivre de cette façon.
Sa patte avant se leva, tremblante, il avança lentement jusqu'à la jeune femme, celle-ci sursauta et eut un geste de recul. Il continua à avancer malgré tout, mesurant la lenteur de ses pas pour ne pas l'effrayer et s'approcha jusqu'à être collé aux barreaux. Son museau passait entre les barres de métal, il leva la tête et la regarda dans les yeux. La jeune fille expira d'un souffle doux, les yeux baignés de larme, puis elle s'approcha et colla le canon de l'arme sur son front. La morsure glacée du révolver lui arracha un frisson et il ferma les yeux.
Un bruit sec retentit et il supposa qu'elle enlevait le cran de sureté. Un sanglot lui parvint aux oreilles et il poussa un doux soupir, convaincu que tout ça allait bientôt se terminer.
« Je suis désolée, murmura t-elle. »
Son cœur battait follement dans sa poitrine, comme si il savait qu'il ne battrait bientôt plus et qu'il essayait de rattraper les battements qui ne retentirait plus. Une déflagration brisa le silence de la nuit. La douleur le transperça de toute part.
Harry se réveilla en sursaut, un cri sourd l'avait réveillé. Une douleur cuisante pulsait dans son corps, il se recroquevilla autour de ce point qui le faisait tant souffrir et sa mâchoire se crispa. Il mit un temps avant de se rendre compte que le cri sortait de sa propre bouche. Il se força à arrêter de crier et haleta de façon irrégulière.
« Harry ! Harry, bon sang ! Montre moi !
- Harry ! Lâche ta jambe, bordel ! »
Il ne comprit pas tout de suite ce que lui disait cette voix féminine. Il était encore perdu entre la vision et le réveil, il ne savait plus si il était encore le loup... Une main puissante le retourna sur le dos et coinça ses mains au dessus de sa tête, il se mordit les lèvres, retenant un gémissement de douleur.
« Il saigne, constata une voix masculine.
- Merde, murmura une voix tremblante. En-Enlève lui son pantalon, je dois avoir quelque potion dans mon sac... »
Soudain, Harry comprit qu'il n'était plus le loup et que les personnes qui parlaient étaient Ron et Hermione, il ouvrit les yeux à demi. Une masse rousse s'étalait devant ses yeux, on devait avoir allumé la lumière, la clarté l'éblouissait.
« Ron ? Demanda t-il d'une voix enrouée.
- C'est moi, mon pote, affirma celui-ci. »
Peu à peu, la pression se réduisit autour de ses poignets, la douleur n'était en rien moins intense, elle était dix fois pire que celle de son épaule... Et il croyait comprendre pourquoi.
« Ron... C'est un loup-garou, la fille lui a tiré d-dessus avec des balles en argent, annonça t-il chaotiquement. »
Une main fraiche se posa sur son front dans une tentative de réconfort, un élancement de douleur le fit à nouveau crier. Ce fut trop pour lui, il s'évanouit.
À suivre...
(1) La forêt de Dean, c'est celle où Hermione a campé avec ses parents quand elle était plus jeune et c'est aussi là où Ron détruit un horcruxe !
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Ah ah ! Un fin assez mystérieuse, pas vrai ? Harry s'en sortira t-il ? Le loup est-il mort ?
Vous saurez ça le mois prochain avec la suite ! ^^
