Prompt de dragonna : Arthur est malade et Francis s'occupe de lui. Avertissement : En France (et sûrement dans beaucoup d'autres endroits du monde), des gens se soignent encore par les plantes. Je veux dire par là qu'ils vont les ramasser en pleine nature et font leurs propres médicaments.
N'utilisez pas les plantes si vous ne savez pas les reconnaître et les doser correctement. C'est terrible à avaler, je parle par expérience personnelle T_T.

Merci à elle pour m'avoir alertée sur la mise en page atroce de ce chapitre. C'est beaucoup mieux maintenant.

Arthur ferma douloureusement les yeux et il remonta sa couette sur lui.

Il renifla et il chercha sa boîte de mouchoirs. Il n'avait envie de voir personne.

Ce léger désagrément allait lui passer et il n'avait pas besoin des autres nations et de leurs pseudo-remèdes miracles.

Le carillon magique installé à la fenêtre de sa baie vitrée sonna pour lui annoncer la venue de son enquiquineur attitré. Avec un grognement d'ours mal léché, il se réfugia sous ses draps avec ses mouchoirs en espérant que son corps passerait inaperçu.

« Thuthur, où es-tu ? Je vais te trouver ! »

Francis fit un boucan d'enfer dans toute la maisonnée avant de penser à regarder dans la chambre. Arthur retint sa respiration ainsi que son éternuement prochain en vain.

« Ah, je savais que tu allais te trahir ! On est malade et on ne me dit rien !

- Go away, bloody hell ! », répondit Arthur en sortant de son lit avant d'y retourner très vite sous l'étourdissement.

Devant la mine ravie de Francis, Arthur se mit à bouder tout en le regardant avec méfiance. Il y avait pire que Francis comme garde-malade, mais surtout il y avait beaucoup mieux.

« Tu es tellement mignon et adorable quand tu es malade, je ne saurais m'en priver. »

Arthur montra les dents, en essayant d'oublier son mal de tête. Francis s'assit au bord du lit pour avoir une idée de sa température avec le dos de sa main. Il la retira très vite.

« Mais tu es brûlant de fièvre ! Qu'est-ce que tu as ? Comment tu te sens ?, s'affola Francis.

- Mal. »

Sa gorge le brûlait, il n'avait pas envie d'en dire plus.

« Je vais vite te rétablir, histoire de rappeler à ce lit que ses occupants savent le faire bouger énergiquement. »

Arthur leva les yeux au ciel. Evidemment, Francis était venu chez lui avec des intentions tout à fait louables.

La mine d'Arthur s'obscurcit parce qu'il connaissait évidemment la suite. Francis allait sortir des plantes d'il ne savait quel recoin de sa propre maison pour les lui faire avaler de force. Ou alors, il allait se laisser faire par ce stupid frog apprenti docteur…

Beuh…

Francis revint un peu plus tard avec différentes boissons qui allaient le faire uriner toute l'après-midi.

« Décoction de ronces pour ta gorge et d'écorce de saule pour la fièvre. Tu sais de quoi je suis capable quand tu ne prends pas tes médicaments, l'avertit Francis.

- Francis, on n'est plus au Moyen-Âge !

- Mais ça fonctionne très bien, les vieux remèdes de grand-mère. Mon pirate veut son grog ce soir ?

- Rhum ?

- Yes, Captain… »

Francis lui tendit le premier verre d'analgésique.

« L'aspirine existe en comprimés, se plaint Arthur d'avance.

- J'ai mis du miel et du citron avec. »

Francis passa sa main douce dans ses cheveux humides de sueur.

« Je ne veux pas que tu sois malade, toi aussi, râla Arthur.

- Tu prendras soin de moi ou nous serons deux sous la couette. J'aime tes jolies joues rouges. »

Arthur toussa et il ne put s'opposer à la force de Francis qui le redressa.

« Allez bois, ne fais pas l'enfant ! »

Le saule passait encore, mais pas le truc ignoble, verdâtre et pleins de bout de feuilles, juste à côté sur la table de nuit. S'il bougeait de façon à renverser la mixture, Francis ne lui en voudrait pas. Il était malade et les toux pouvaient être spectaculaires. Seulement, il en avait de réserves, ce sale frenchie. Ce ne serait que retarder l'échéance.

« C'est bien Arthur. Jusqu'au bout. Je sais que c'est amer, mais ça va te faire du bien.

- Pas question, dit Arthur, après avoir fini le premier verre et en montrant l'autre médicament naturel.

- Tu sais que ça te fait du bien, darling. Plus vite tu seras remis, mieux je me porterais. Même si j'adore ta bouille d'ange quand tu es assommé de fatigue… Enfin, une autre sorte de fatigue me comblerait… »

Francis arrivait encore à penser bagatelles en voyant son petit ami complètement amoindri.

« Tu n'es pas obligé de le boire. Il suffit que tu le gardes en bouche assez longtemps…

- Beuh…, grimaça Arthur.

- Je suis pour les produits naturels mais pas ceux-là, plaisanta Francis. Bois, la potion magique ! Un remède ancestral. »

Arthur se donna du courage et il prit en bouche le liquide infâme, ignoble et atroce. Il avala une minute plus tard avec dégoût.

« C'est horrible ce truc.

- Tu vas vite te sentir mieux… Ne me tourne pas le dos Arthur ! Je suis ton sauveur ! Tu aurais agonisé sous ta couette et tu n'aurais rien dit à personne.

- Je ne veux pas d'un hamburger sur la tête.

- Je ne dirais rien à America. Il te met de trop méchante humeur et après, on ne peut pas faire de galipettes !

- Francis, s'il te plaît, pense à autre chose… »

Arthur n'allait pas lui avouer que sa gorge s'apaisait déjà et qu'il commençait à se sentir mieux. Francis posa un gant mouillé sur son front.

« C'est mieux qu'un hamburger tout chaud…

- D'accord avec toi, grommela Arthur en prenant plus ses aises dans son lit.

- Arthur, il faudrait que tu changes au moins de pyjama. Tu es tout trempé.

- Tes tactiques pour me mettre à nu n'ont pas de prises sur moi. »

Francis rit avant de l'obliger à se changer. Il finit par le laisser dormir tranquille.

Le repas préparé par les bons soins de Francis et apporté au lit lui réchauffa autant le ventre que le baiser tendre sur son front.

Plus que ses remèdes étranges, c'était sa présence qui le réconfortait vraiment dans ces moments particuliers.

Notes: Récapitulatif des médocs :
Ecorce de saule : Elle contient naturellement de l'aspirine en grande quantité. C'est connu depuis l'Antiquité (voire l'Aube des Temps).
Décoction de feuilles de Ronces : Très efficace, mais imbuvable. Le mieux est de faire un gargarisme quand on a mal à la gorge. Ses propriétés sont astringentes : Assèchement de la bouche et des plaies. Connu depuis l'Aube des Temps.
Grog : C'est un remède d'origine anglaise du XVIII ème siècle... Un amiral voulait faire des économies en coupant le rhum avec de l'eau chaude... ça a le mérite avec un peu de citron et de miel de calmer la gorge et d'assommer un malade adulte. Pour les enfants, préférez le lait chaud bien entendu.