Note de la traduchesse : NON JE N'AI RIEN ABANDONNEEEE *sur l'air de 'je ne regrette rien'* Juste... La vie! La dépression, l'été *frisson de dégoût*, le suicide, la vie quoi ! Enfin voilà... Je promet de mettre moins de temps a traduire le prochain !
C'est le matin quand Sherlock se réveille. John a passé la nuit par terre dans la chambre après avoir été cherché un oreiller et une couverture. Il a essayé de dormir dans sa propre chambre mais il n'a pas arrêté de se réveiller pour vérifier que Sherlock respirait toujours. D'un côté, la prédiction de Sherlock sur sa mort était tout sauf ambiguë, donc John savait qu'il y avait du temps; de l'autre côté, des Prophètes avaient eu tort avant...
Au premier grognement de douleur, John se réveille, alerté.
"Table de nuit," dit-il, la voix rauque de sommeil.
Sherlock, qui bougeait, s'arrête instantanément. Il tourne sa tête sur l'oreiller. De cet angle, ses yeux sont gris.
"Aurore boisé?" demanda-t-il.
John ne répond pas. Si le génie ne peux pas se rendre compte de par l'oreiller et la couverture que oui, John a passé la nuit ici, alors il est aussi idiot qu'a envie de l'appeler John.
Et il l'appelle comme ça. Ce n'est pas aussi bien que ça devrait l'être.
"Idiot. Putain d'idiot. Vas-tu prendre ces anti-douleur ou vais-je devoir te les faire avaler de force ?"
Répondant avec rien de plus qu'un clignement d'yeux, Sherlock s'assied et attrape le verre d'eau sur la table de nuit. Mycroft a dit qu'il en aurait peut-être besoin. Il a dit que John devrait suivre son instinct ce matin. Et il a dit que non, il n'allait pas rester pour parler à Sherlock, les choses n'en seraient que pire s'il le faisait.
Donc voici John. Ne se faisant pas assez confiance pour ouvrir la bouche car il pourrait dire quelque chose de mal ou commencer à crier. Seigneur, qu'est-ce qu'il veut crier. Il ne l'a jamais fait, à l'Académie. Il ne savait pas quoi dire non plus, mais crier aurait attiré trop d'attention. Ils sont seuls là, mais et si crier était l'exact mauvaise chose à faire ?
Sherlock prend les médicaments, finit le verre, et arrête de bouger, ses yeux s'écarquillant lorsqu'il remarque le bureau vide. Tout ce qu'il reste dessus est le microscope et quelques plateformes pour poser les quelques fioles vides dans la cuisine.
Il tourne sa tête vers John, son expression tordue de colère. Avant qu'il ne puisse dire un mot, John réponds.
"'idée de Mycroft. Et j'ai pensé que c'était une bonne, aussi. C'est pas comme si on allait te laisser cuisine plus de-"
"Les mottes de sucre sont dans le garde-manger!" le coupa Sherlock, rageant. "Le gamin les a enterré et noyé. Les douves sont-elles si jolies?"
Je n'ai rien 'cuisiné. Mycroft sait treès bien que je ne l'ai pas fais. Il m'a juste pris mes expériences pour me punir. Pourquoi l'as-tu appelé, de toute façon ?
"Je ne l'ai pas appelé. Il s'est juste montré. Et tu sais quoi ? Je m'en fous si c'était une punition. Peut-être que c'est ce que tu mérites après... après nous avoir effrayé."
M'avoir, il voulait dire, et Sherlock semble le savoir. Posant ses pieds par terre, il se lève et s'approche, tournant autour de John.
"Quand est-ce que le plafond s'effondre?"
John saute sur ses pieds. C'st mieux, mais il est toujours plus petite que Sherlock. Ça ne l'a jamais dérangé avant aujourd'hui. Il retourne son regard, ses poings serrés le long de son corps.
"Parce que tu es mon ami!" lui dit-il sèchement. "Les amis n'en ont pas rien à foutre l'un de l'autre. Ou tout du moins usuellement. Mais tu t'en fous de ce que j'ai ressenti quand je t'ai trouvé, hein? Tu n'en a rien à foutre de ce que je ressentirai si je te trouvais mort. Du moment où tu ne ressens rien, rien d'autre n'a d'importance. C'est ça?"
Sherlock recule d'un pas, clairement choqué. Puis il relève sont mentons de deux centimètres, ses yeux brûlant.
"Pourquoi le gamin a-t-il volé trop haut ?"
"Il m'en a dit assez," dit John. "Probablement plus que tu n'aurais apprécié, mais tu n'étais pas en état de l'arrêter, n'est-ce pas ?"
Sherlock grince des dents. Son regard se refroidit encore plus si c'est possible.
"Son chemin est amer."
"Ouais? Dis-lui toi-même. C'est pas comme si t'avais besoin de moi pour lui parler. Pas comme si tu as besoin de moi, en fait. Est-ce que tu voulais que je vienne ici ou était-ce juste Mycroft?"
Lentement, Sherlock se penche jusqu'à ce qu'il n'y ait que quelques centimètres entre leurs têtes, jusqu'à ce que le cœur de John galope, jusqu'à ce qu'il ne sache plus s'il devait regarder les yeux de Sherlock ou ses lèvres.
"Etoiles et ombres," souffle Sherlock.
S'il avait enfoncé un couteau entre les côtes de John, ça n'aurait peut-être pas heurter autant. Il se tourne, et se dépêche jusqu'à son bureau vide avant que John ne puisse seulement reprendre sa respiration.
Nuit et jour.
La promesse de John.
La promesse brisée de John.
"Je croyais t'avoir blessé," dit John, tremblant de culpabilité et de douleur, mais principalement de colère. "Je croyais que tu voulais être seul. J'essayais d'être ton ami et de te lâcher les baskets. Mais ce n'est pas de ma faute, Sherlock. Ne le met pas sur moi. Je ne t'ai pas enfoncé cette aiguille dans le bras. Tu l'as fais. C'était ton choix. Ce sera toujours ton choix. T'as dit que t'étais seul ? J'étais dans l'entrée! J'étais là pour toi. Je serais toujours là pour toi. Mais je ne vais pas me faufiler là où je ne suis pas voulu. Si tu veux mon aide, la voilà. Tout. N'importe quoi. Tu n'as qu'à demander."
Il attends dix bonnes secondes, mais Sherlock ne dit rien, ne le regarde même pas. Contractant la mâchoire, John hoche la tête pour lui-même et sort de la pièce. Et continue de marcher. Hors de l'entrée. Hors des escaliers. Hors de la maison. Traverse la pelouse. Il ne s'arrête que lorsqu'il atteint l'étang. S'étalent sur le sol, il ramasse un caillou et le lance dans l'eau. Il regarde les ondes s'étendre, puis s'éteindre. Il enlace ses genoux et penche sa tête.
Pourquoi ne peut-il jamais trouver les bons mots? Jamais. Les personnes autour de lui se font mal, ainsi qu'à ceux autour d'eux, et tout ce qu'il peut faire est les regarder, juste devant, et se blesser lui-même s'il essaie d'intervenir mais sans même aider n'importe qui. Est-ce que ça va continuer toute sa vie? Dans quel but, hein? Peut-être Sherlock a-t-il raison en ne voulant plus rien ressentir.
Un moment passe avant qu'il n'entende des pas derrière lui. Il s'essuie les yeux mais ne détourne pas le regard. Un autre moment se passe en silence, et puis... musique. Non-attendue, magnifique et obsédante. John doit le regarder. Il ne peut pas ne pas le faire. Sherlock est un peu en arrière. La première chose que remarque John est qu'il est pieds nus. Ensuite son regard remonte, passant par son t-shirt froissé qu'il portait déjà hier; la manche gauche est toujours remontée, mais le bleu dans le creux de son coude est caché, ses doigts tendrement dansant sur le violon, d'où s'échappe une lente, triste, mélodie. Les yeux de John suivent l'archet glissant élégamment sur les cordes une minute ou deux. Peu après, pourtant, il regarde la tête de Sherlock. Ses yeux sont fermés, ses lèvres légèrement ouvertes. Il est comme sa musique: outre les mots.
C'est une excuse, réalise John après quelque temps. Chaque note, chaque son est une excuse. Sherlock ne peut pas dire 'je suis désolé'. S'il essayait, les mots varieraient sur un spectre entre bizarre jusqu'à ridicule jusqu'à comique. John comprendrait, sûr, mais ce ne serait pas les mots de Sherlock, la voix de Sherlock -pas comme l'st le violon. Alors John écoute, laisse la musique pénétrée son âme, et quand Sherlock arrête finalement, la note finale se flottant entre eux dans l'air, il attends que Sherlock ouvre ses yeux pour murmurer, "Merci". Plus fort n'aurait pas été bien. Pas maintenant.
Sherlock réponds avec un sourire léger, hésitant. Il s'approche et s'assoit, gardant son violon et son archet contre sa poitrine. Ses orteils attrapant l'herbe.
"La lune est trop loin pour chanter," dit-il après un moment.
Je n'avais pas joué depuis longtemps.
"Ah bon? Tu joues très bien pourtant. Et tu avais l'air..." John se rappelle la dernière fois il a dit à Sherlock qu'il ressemblait à telle chose, et ce qui c'était passé après. Il le dit quand même. Il ne va pas traiter Sherlock comme de la porcelaine. S'il y a des mines ici, autant qu'il les découvres. "Tu avais l'air d'apprécier ça."
Pas d'explosion.
"Les rochers l'ont péché à côté du pont. Non-cérémonieusement."
L'école l'a confisque lors de ma première année ici. Ils ont dit que ce n'était pas permis.
"Eh bien ce n'est pas juste," dit John, outré pour Sherlock. Pourquoi quelque chose de si magnifique ne serait-il pas permis? C'est complètement ridicule. Et qu'il le confisque à un Prophète, en plus!
"Ce sont des idiots," ajoute-t-il, et il voit Sherlock rouler des yeux. Evidemment.
"Encore un morceau?" demande-t-il, à la fois parce qu'il veut entendre une autre magnifique mélodie et parce qu'il veut revoir cette expression sur le visage de Sherlock.
"Quel parfum?"
"Je ne sais pas. N'importe quoi." Et puis. "Ce que tu ressentais hier avant de décider de ne plus rien ressentir."
Sherlock avait commencé à lever son violon à son cou. Il le baisse et regarde John, ses yeux illisibles. John maintient son regard et attend. Sherlock ferme lentement ses yeux, levant son violon encore une fois. Il pose l'archet sur les cordes, et pendant une minute, peut-être deux, il ne bouge pas. La première note est une surprise, une explosion perçante de sons joyeux, colorés et immenses. Joyeux. Ça ressemble à comment Sherlock a expliqué son expérience hier, quelque chose à propos des caractéristiques de différents sels de différents endroits et les multiples façons de les différencier.
John s'allonge sur l'herbe, bras repliés derrière la tête, et tendu en attendant le moment où tout vas changer. Ce moment arrive bien trop rapidement.
Quelques notes sonnent différemment, plus légères, plus lumineuses, comme une vois -sa voix, réalise John. C'est à cet instant qu'il a tout brisé sans le savoir.
Le reste est de la douleur.
Oh, c'est toujours magnifique. Chaque note résonne, réelle, sans hésitation, pas de dérapage sur les cordes pendant que les doigts de Sherlock guident précisément l'archet dessus. Mais c'est le genre de beauté qui laisse le cœur de John à vif et exposé, douloureux de chaque note, bataillant avec sa poitrine trop serrée, en quête de paix.
John a demandé les sentiments de Sherlock, et c'est exactement ce qu'il a. Il ne fait pas que les entendre, pourtant. Il les ressens. Chaque coup agonisant, chaque brin de solitude et de froid et de regret et tellement de choses, tous réunis en une mélodie qui ralentit progressivement, chaque note plus douce que la précédente, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien que le silence.
Sans penser, John se rapproche de Sherlock. Sa main se rétracte automatiquement quand ils se rejoignent, et seulement lorsqu'il sent Sherlock tressaillir entre ses doigts, réalise-t-il qu'il a attrapé l'intérieur du coude de Sherlock, où il a vu une trace de sang hier, où un bleu a fleuri depuis.
Il ne lâche pas prise.
Ils restent dehors jusqu'au matin. A la fin, c'est la faim qui les amènent dans la maison - ou du moins, la faim de John. Il n'avait rien eu depuis le thé de la nuit dernière et rien lors du petit déjeuner avant ça. Il est affamé. Il ne sait pas la dernière fois que Sherlock a mangé. Il y a trop longtemps, surement, et il n'a pas l'air de vouloir mangé là non plus, prenant son violon pour l'apporter dans sa chambre pendant que John se dirige vers la cuisine.
La cuisinière est dedans, et lui demande si les lasagnes qu'elle avait faîte pour le dîner serait un lunch acceptable, et si 'Le Jeune Monsieur Holmes' joindrait John. Il y a une trace d'inquiétude dans ses mots, et John comprends maintenant comment Mycroft savait quand rentrer à la maison. Tout d'un coup, John apprécie beaucoup plus la vielle femme.
Avec son aide, il remplit un plateau avec des lasagnes, du cake, du jus de fruits- deux portions de chaque. Lorsqu'il amène tout en haut, il trouve Sherlock sur son lit, passant un tissus doux sur chaque recoin de son violon. Ses doigts n'ont jamais semblé si longs et élégants. C'est à peine s'il regarde John avant de continuer sa tâche.
John pose le plateau sur le bureau, s'attirant un regard de reproches quand il a à pousser le microscope. Il commence par les lasagnes, avalant quelques bouchées avant de dire, "Si tu manges, je te dit comment chercher de nouvelles fournitures pour te expériences."
La façon qu'a la tête de Sherlock de se lever est parfaite. John cache son sourire en buvant, et malgré les protestations de Sherlock il ne dit pas un seul autre mot avant que sa part ne soit vide.
Quand John finit de parler, les yeux de Sherlock sont meurtriers. Ses lèvres sont pincées en une fine ligne blanche.
"Ton choix," répète John. "Ce sont mes termes. Tu peux te plaindre et geindre autant que tu veux, ils ne changeront pas. Toi qui voit ce que tu préfères."
Sherlock se lève brutalement et va à la fenêtre. Il l'ouvre et se penche contre son encadrement. Est-ce sa réponse? Difficile à dire. Il n'est pas content, c'est clair, mais est-il autant bouleversé? Peut-être a-t-il besoin de penser pendant un instant?
"Je ramène ça à la cuisine," dit John, se levant, et prenant le plateau vide. "Je reviens."
Il ferme sa bouche, s'empêchant d'ajouter 'Ne fais rien de stupide'.
Quand il revient, quelques minutes plus tard, Sherlock est assis par terre, et le cœur de John fait un raté devant l'impression de déjà vu. Mais non, il ne s'est pas shooter encore une fois. Il est juste assis, jambes croisées, tête penchée, les deux mains reposant sur une boite en métal devant lui.
John s'approche et s'assoit en face de lui. Les cheveux de Sherlock lui cachent ses yeux, alors le regard de John se pose sur la boite. Gravées dans le métal, des roses se tiennent, chaque pétale aussi délicate que si elles étaient réelles.
Il y a des épines aussi.
C'est un objet incongrus dans la chambre d'un adolescent, ou plutôt, pensait John, avant qu'il ne réalise ce que c'était probablement: une boite à bijoux. Une boite à bijoux de femme. Un rappelle d'une femme morte.
Doucement, millimètre par millimètre, Sherlock pousse la boite vers John. Même lorsqu'elle touche la jambe de John, les mains de John restent dessus pendant quelques secondes de plus. Quand il les enlève, sa réticence est inscrite dans chacun de ses gestes.
"Verre brisé," marmonne-t-il.
Mon choix.
John ouvre le couvercle, et il n'est pas surpris par ce qu'il trouve. Sa poitrine se serre pendant qu'il compte les petits paquets blancs et les seringues toujours entourées d'un plastique protecteur. Il demanderait à Sherlock où il les a eu, mais ce serait pousser sa chance.
"Est-ce tout ?" demande-t-il, refermant le couvercle.
"Lapins."
Quand un interprète écoute un Prophète, il entend les mots que le Prophète dit, et sent le sens que leur confère le Prophète. Jamais avant ce moment, John n'avait-il entendu/ressenti, quelque chose de plus par-dessus, un sens discordant: la vérité, opposée à ce que Sherlock marmonne.
"Bien," dit-il calmement, "On va prétendre que tu viens de dire non. Je vais jeter ça. Et quand je reviendrais, tu aura sorti le reste pour moi. Là, je redemanderai si c'est bien tout. Et si tu mens encore, l'accord est brisé."
Il part. Tire la chasse sur les paquets blancs dans les toilettes. Vide le reste de la boite dans la poubelle de la cuisine. Avec un torchon humide, il nettoie les résidus dans la boite, puis l'essuie avec un serviette en papier. Quand il retourne dans la chambre de Sherlock, il y a une seconde boite par terre. Celle-ci est un étui à cigarette, plus fine que la boite à bijoux, mais plus épaisse. Un autre rappel ?
Sherlock est sur son lit, mains jointes en dessous de son menton. Avant qu John ne puisse demander, il dit dans une voix froide, "Les chatons se sont enfuis."
John pose la boite en métal sur le lit à côté de lui, puis prend l'autre.
"Merci."
Sherlock ne lui reparle pas pendant deux jours.
"J'espère que tu te rends compte que je met beaucoup de confiance en toi avec ça."
Mycroft parle comme s'il était sur le point de changer d'avis. Il ne lâche pas tout de suite la boite, la serrant du bout de ses doigts même si John la tient déjà.
"Je croyais que je devais écouter mes instincts," répond John, tirant sur la boite.
Mycroft la lâche finalement. "Effectivement, mais je ne pensais pas que vous voudriez faire ça."
John hausse les épaules, ouvrant le couvercle de la boite avant de regarder dedans. Des sachets, de petites bouteilles et des fioles. Il n'a aucune idée de ce que ce sont, mais il sent que Sherlock le saura.
"A quoi vous attendiez-vous, alors ?" demande-t-il, absent, tirant une pierre d'un nid de papier. Une pierre? Qu'est-ce que Sherlock peut bien faire avec une pierre, nom de Dieu ?!
Au bout d'un moment sans réponse, il regarde Mycroft. Il scrute John d'un façon extrêmement familière - la même façon que le fait Sherlock, quelques fois.
"Êtes-vous sûr qu'il a tout donné?" demande-t-il, même s'il l'avait déjà demander au téléphone deux jours plus tôt.
"Totalement certain. Il ne peux pas me mentir... Mais vous le savez, n'est-ce pas?"
Mycroft hoche une fois de la tête.
"Ne voulez-vous pas lui donner?" Offre John. "Comme... un traité de paix?"
Le sourire de Mycroft n'atteins pas ses yeux. "Nous n'en sommes plus à ça, je le crains. Il vaux mieux que vous le lui donniez, c'était votre idée."
"Très bien. Et pour l'autre chose?"
"Oh, ce n'était pas un problème, évidemment. Vous lui direz, n'est-ce pas?"
John sourit pendant tout le chemin jusqu'à la chambre de Sherlock. Son sourire ne s'agrandit que lorsque Sherlock, même en essayant de rester indifférent, peine à cacher son enthousiasme.
Les semaines passent, et la vie dans le manoir devient presque normale - si il est normal d'être réveillé au milieu de la nuit par le spleurs d'un violon ou des explosions.
Les explosions, John les ignore autant que possible - même si cela peut être difficile quand ces explosions sont accompagnées d'une odeur nauséabonde. Une nuit, l'odeur est tellement mauvaise qu'ils finissent par amener des coussins et des couvertures dehors, et dorment à la belle étoile. Comment Mycroft a interprété 'Procure lui quelques fournitures inoffensives pour ses expériences' en tant que 'Procure lui des trucs qui font des explosions et font du gaz', John ne peut le comprendre. Ça doit être un trait commun aux Holmes.
Le violon, de l'autre côté, il ne l'ignore jamais. Son son est comme une alarme, et John s'entraîne à y répondre. Il trébuche hors du lit à chaque fois qu'il l'entends, prends son oreiller et sa couverture dans la chambre de Sherlock, se blottit dans un coin contre le mur. Ni complètement réveillé, ni complètement endormi, il reste tout le temps où Sherlock joue. Quelques fois, Sherlock ne semble même pas réalisé que John est là, mais à un moment, il ouvre toujours ses yeux et regarde autour de lui. Et quand il voit John ici, il sourit.
La fin de l'été approchant, un week-end apporte des visiteurs inattendus. John a totalement oublié l'existence de son anniversaire.; personne ne s'en souciait jamais, encore moins sa mère et sa soeur, qui s'exclamait maintenant sur son teint irréprochable et à quel point c'était bon de le revoir après tout ce temps et vraiment il devrait appeler plus souvent, ou écrire, et pourquoi ne leur avait-il pas dit à quel point la maison de son ami était jolie, elles auraient visité plus tôt.
Tout ce temps, tout ce qu'il peut penser est, que c'est la façon à Mycroft de le punir pour ne pas avoir empêcher Sherlock de se shooter. Mycroft a effectivement l'air affreusement satisfait de lui-même en dégustant son thé - et encore plus satisfait lorsqu'il s'excuse, "Problèmes au travail, voyez-vous," pour ne pas avoir à s'occuper de ses invitées.
Le jour se prolonge et John présente la propriété à sa famille et elles posent beaucoup trop de questions sur 'son Prophète.' Sherlock, après les avoir rencontrées, a annoncé immédiatement qu'il avait des choses très importantes à faire et qu'il ne devait pas être dérangé. Toute la journée, le 'click' de fermeture de la chambre de Sherlock résonne dans la tête de John.
A la tombée de la nuit, enfin, une voiture noire vient chercher la mère et la sœur de John. John parviens à maintenir son sourire en agitant sa main, mais pas plus longtemps que ça. Retournant à la salle à manger où la cuisinière a servi un véritable festin, il laisse son jumper à demi-déballé sur la table et sert une portion généreuse de cake sur l'assiette destinée à Sherlock mais qui était restée inutilisée. En montant, il peut entendre des accords de violons, et son cœur se serre un peu. Était-ce une si mauvaise passe?
Il frappe presque avec hésitation sur la porte. Sherlock ouvre immédiatement. Ses yeux semblent fiévreux, ses cheveux en bataille comme s'il avait passé et repassé ses doigts dedans. Pendant un bref instant, John veut presque demander s'il a pris quelque chose, mais Sherlock lui offre déjà d'entrer, prenant le plateau et le posant sur le bureau, périlleusement proche du bord.
"Les horloges n'ont pas sonnées assez près," dit-il, parlant très vite et semblant un petit peu fou. Tenant son violon et archet dans une main, il pousse John sur son lit avec l'autre, le faisant s'asseoir avant de lui mettre des papiers dans les mains. "Les chevaux ont dansé et danse et valsé mais ils se sont marchés sur les doigts."
Ce qui n'a aucun sens pendant un instant, au point où John se demande s'il n'a pas perdu son don d'interprète. Et puis Sherlock commence à jouer, et tout devient brillant.
John a oublié l'anniversaire de John. (Comment lui -ou Mycroft- peuvent savoir ça, John n'en a aucune idée.) Il a oublié, donc il n'a pas eu de cadeau prêt. Il a donc écrit se morceau. Et ce n'est pas très bien -dit-il- mais c'est le mieux qu'il puisse faire en si peu de temps. Et il l'a écrit pour John, pour que même lorsqu'il soit parti, John puisse toujours l'avoir - puisse toujours se souvenir de Sherlock.
Les papiers dans les mains de John sont de la musique. John a appris un peu de clarinette, ça ne lui est donc pas inconnu, mis c'est plus complexe que tout ce qu'il a jamais pu voir, sans compter jouer. Il ne les regarde pas longtemps, pourtant. Comment pourrait-il alors que Sherlock est devant lui, yeux ouverts pour une fois, et... jouant est tellement inadéquate pour ce qu'il est en train de faire.
C'est comme regarder, entendre, ressentir un univers naissant devant lui, des étoiles naissant en une myriade de couleurs, des explosions qui sont de vrais symphonies, de la chaleur comme des doigts chauds se refermant sur son cœur. Ça dure des heures, il semblerait. Mais c'est toujours trop court.
Quand Sherlock arrête enfin, il respire bruyamment. Il cligne des yeux plusieurs fois, regarde John, et fronce les sourcils.
"John?" murmure-t-il, et ce qu'il demande dans cette voix peinée est, "Ne l'as-tu pas aimé du tout? Pourquoi pleures-tu?"
John s'essuie rapidement les joues, les sentant rougir sous ses mains d'embarras. Il n'a même pas remarqué qu'il pleure.
"C'était magnifique," dit-il, même si 'magnifique' est loin de ce qu'il veut vraiment dire. Il n'a juste pas de meilleur mot pour ça. "C'est la chose la plus magnifique que je n'ai jamais entendu. Le cadeau le plus magnifique qu'on ne m'ai jamais donné. Merci."
Sherlock sourit. Ça, aussi, est magnifique. Ils partagent la part de cake qu'a amené John. Et John est oh, tellement heureux que Sherlock ne puisse pas lire à travers de la surface de ses mots, parce qu'il est presque sûr que ce qu'il vient de dire est, 'je t'aime'.
