CHAPITRE PREMIER: Le choc
Haletant, Merlin referma brusquement la porte des toilettes derrière lui. Il dépassa les différents box présents de chaque côté, se dirigeant en chancelant vers les lavabos placé au fond de la pièce.
Même dans la panique, il avait su qu'il devait aller dans les toilettes pour trouver ce qu'il cherchait: un miroir.
Faisant fi de la douleur, il déboutonna sa chemise lentement en commençant par le haut, comme s'il avait peur de voir son ventre. Il tremblait, nerveux, et le cœur battant toujours aussi fort.
Il finit par lever le regard vers son reflet, et le fixa longuement.
Il ne s'était pas trompé: au milieu de son abdomen se trouvait une marque noire, comme tracée au feutre.
Il traça de manière absente les contours d'un cercle parfait, dans lequel se trouvait un croissant de lune. Le tatouage était simple, fait de courbes ni très fines ni vraiment épaisses et mesurait environ trois centimètres. (1) La peau était encore rouge et sensible autour, mais elle ne lui faisait plus aussi mal qu'il y a encore quelques instants.
Dans sa tête, le chaos régnait. Sa respiration, qui s'était calmé pendant son analyse du tatouage, eut un raté. Il dut s'appuyer sur le lavabo devant lui pour s'empêcher de tomber, ses jambes tremblaient beaucoup trop.
Il n'y avait pas d'erreur possible, et il savait qu'Arthur devait avoir la même marque que lui à présent. Sa réaction plus tôt le prouvait: la surprise et la grimace de douleur qu'il avait entraperçu ne trompaient pas. Il avait d'ailleurs profité de son inattention pour se dégager et se mettre à courir.
Mais maintenant?
Sa tête tournait, à la fois à cause du contre-coup de la douleur et de la situation en elle-même.
Il finit par s'asseoir à même le sol contre le mur du dernier box, en face des lavabos. Personne ne venait jamais dans les toilettes du troisième étage de toute façon, il pouvait donc rester ici tout le temps qu'il voulait. Il envoya un message d'excuse à ses meilleurs amis, leur disant de manger sans lui car il voulait étudier. Habitués, ceux-ci ne suspectèrent rien.
Il ne savait combien de temps il resta là à ne penser à rien, se remettant doucement du choc, quand soudainement la porte s'ouvrit et se referma violemment. Il entendit des pas précipités se diriger vers le fond de la pièce, comme il l'avait fait. Il ne fallut que quelques secondes pour que la personne se retrouve devant le miroir, ôte précipitamment son pull et déboutonne le haut de sa chemise.
Merlin ne voyait que son dos, mais il savait exactement de qui il s'agissait, et pourquoi il était là. Il l'entendit marmonner:
- Non, non, non... NON!
Le cri, accompagné d'un coup de poing sur le lavabo, le surprit. En fait, il fut tellement étonné qu'il se mit à rire. Pas un simple rire, un rire dément. Il craquait devant l'irréalité de cette situation.
Sa réaction attira l'attention d'Arthur sur lui alors qu'il ne l'avait pas remarqué jusque-là. Le blond ne sut comment réagir, tant il semblait nager en plein délire. Rien, absolument rien n'avait de sens.
Il s'était très vite repris après la fuite du jeune homme, sans savoir comment pourtant. L'habitude de faire semblant sûrement. Il avait raconté que le gringalet l'avait frappé pour s'échapper, et que c'était pour ça qu'il avait mal. Il avait ensuite ignoré avec brio la vérité quant à la brûlure qu'il ressentait et était allé manger avec ses amis … Pour finalement les fuir une fois le repas fini pour se réfugier dans les toilettes abandonnées du troisième étage, de plus en plus paniqué tandis qu'il se retrouvait seul et s'enfonçait dans les couloirs.
Mais même confronté à la réalité tangible, il n'arrivait toujours pas à réellement réaliser ce qu'il se passait.
Merlin s'arrêta de rire mais affichait toujours un sourire sardonique. Il ne pouvait simplement pas prendre la situation au sérieux, pas dans son état.
- Alors, pas si hétéro que ça hein?
Arthur ouvrit de grands yeux sous la provocation, puis la rage le submergea. Si Merlin compensait le choc en en riant, lui ne fut que colère. Il fonça sur son ennemi, le releva en l'attrapant par le col pour ensuite le plaquer violemment contre le mur.
- Je ne suis pas gay! Rugit-il à quelques centimètres de son visage.
Et le brun lui rit au nez, n'ayant pas les idées assez claires pour avoir peur. Mais le rire ne sonnait pas juste, tant il était empreint d'ironie.
- La marque que j'ai sur le ventre semble indiquer que le Destin pense que tu l'es pourtant!
Ces mots glacèrent le blond, et il se recula un peu pour voir enfin ladite marque. La chemise toujours déboutonnée lui permit de voir un tatouage identique au sien. Sous le choc, il recula encore en titubant, jusqu'à percuter les lavabos. Merlin put enfin voir la marque, tatouée sur son pectoral gauche.
Face à cette preuve immédiate de la situation, il cessa enfin de sourire. Ils se regardèrent quelques instants, ne sachant pas quoi dire ou faire. Ce fut la sonnerie annonçant la reprise des cours qui les "réveilla" en sursautant. Arthur fut le premier à réagir, attrapant ses affaires et renfilant son pull en vitesse, et le brun se retrouva seul avant d'avoir pu dire quoi que ce soit. De toute façon, qu'aurait-il pu dire?
Il s'étira péniblement, réalisant de manière distraite qu'il était resté assis plus d'une heure dans ces toilettes.
Il décida d'oublier ce qui venait de se passer pour le moment et d'aller en cours comme si de rien n'était.
o*o*o*o*o
Les cours était finis depuis presque une heure maintenant. Une heure que sa marque le brûlait.
Après leur dernier cours, il avait dit au revoir à ses amis (à qui il n'avait rien dit évidemment) et s'était dirigé comme à son habitude vers la bibliothèque pour y étudier, bien décidé à faire comme si rien n'était arrivé. Malheureusement, la douleur l'empêchait de se concentrer, et surtout l'empêchait de nier la réalité. Au début il l'avait à peine sentie, puis elle avait augmenté durant une dizaine de minutes avant de rester à la même intensité depuis. Elle n'était pas si terrible que ça, mais le faisait souffrir juste assez pour le gêner, comme un mal de tête.
Il avait vite laissé tomber les révisions initialement prévues pour aller se renseigner sur la marque et ses effets secondaires. Comme tout le monde il savait que ces effets existaient, mais jamais on ne leur avait expliqué précisément en quoi ils consistaient.
Les livres qu'il trouva ne furent pas d'une grande aide, faisant surtout la propagande de la marque et de ce qu'elle entraînait, mais il continua ses recherches.
Il n'avait aucun espoir de trouver comment s'en débarrasser, pas dans une bibliothèque scolaire promouvant le lien, mais il voulait glaner le plus d'informations possibles. Malheureusement, comme il s'y attendait la plupart des ouvrages traitaient des effets apparaissant après que la marque soit complétée, et pas ceux avant.
Sa frustration face à ses vaines recherches, ajoutée à la douleur qui lui vrillait le ventre, commençaient à lui donné un mal de crâne des plus malvenus.
Il trouva enfin un paragraphe qui semblait décrire et expliquer ce qu'il subissait en ce moment.
"Pour favoriser l'apparition d'un lien de confiance et d'affection entre les deux âmes-sœurs choisies par le Destin, Celui-ci créa différents effets secondaires voués à disparaître une fois ce lien apparu et la marque complétée.
Parmi ces effets, les plus notables sont une incapacité à mentir dans certaines circonstances, et une sensation de douleur qui augmentera proportionnellement à là distance entre les deux âmes-sœurs."
C'était très vague, mais au moins il comprenait mieux la situation. Arthur devait en ce moment-même s'entraîner sur le terrain de football, assez éloigné des bâtiments où se trouvait la bibliothèque.
Il soupira bruyamment en se laissant partir en arrière contre le dossier de sa chaise. Une chose au moins était positive: le blond souffrait donc autant que lui, mais lui devait en plus fournir un effort physique plutôt intense.
Il ricana, le Roi devait certainement donner une piètre performance aujourd'hui.
D'accord, c'était une petite victoire, surtout vu les circonstances, mais il était obligé de voir le positif même minime de la situation sinon il risquait de perdre le contrôle de ses émotions comme plus tôt dans les toilettes.
Il regarda sa montre, et calcula mentalement: il était presque quatre heures et demie, donc le temps d'arriver discrètement aux terrains et de trouver un vestiaire où se cacher il aurait une heure pour continuer ses recherches sans la gêne causée par la marque. Peut-être même pourra-t-il parler à Arthur après son entraînement. Ça ne l'enchantait guère, mais il savait qu'il n'avait pas le choix et qu'ils devaient réfléchir ensemble à une solution. La fuite était inenvisageable désormais, pas avec cette douleur. Et puis, il était hors de question qu'il soit le seul à faire des recherches!
Il se leva et partit vers les terrains, sa détermination à trouver des réponses l'empêchant de céder au désespoir.
o*o*o*o*o
Merlin ne ressentait maintenant qu'un léger picotement au ventre, presque imperceptible. Il avait décidé de s'installer dans le vestiaire voisin à celui occupé par l'équipe de football pour savoir quand leur entraînement serait fini.
Le vendredi après-midi, comme le mardi, toutes les classes du lycée privé de Camelot finissaient à quinze heures, et les activités des différents clubs sportifs ou créatifs commençaient trente minutes plus tard. Habituellement, le brun en profitait pour étudier à la bibliothèque. Habituellement, il ne se retrouvait pas assis sur le banc d'un vestiaire puant la transpiration et la boue, à lire des inepties sur les âmes-sœurs en espérant trouver quelque chose d'intéressant.
Soudain, le picotement s'atténua et disparut complètement. Dans le même temps, il sentit Arthur s'approcher. Il décida de ne pas réfléchir à cela plus avant. Bien que plutôt dérangeante, cette capacité pourrait se révéler utile, que ça soit pour éviter le Roi ou pour le trouver.
De son côté, le blond venait de finir son entraînement et devait faire face aux moqueries de ces coéquipiers en retenant quelques grimaces de douleur. Il s'était bien fait malmener aujourd'hui, gêné par une sensation de brûlure douloureuse venant de sa marque. Un de ses fameux effets secondaires avait-il deviné. Cela lui avait permis de réaliser qu'il ne savait pas grand-chose, si ce n'est rien, sur ce que la marque lui réservait maintenant qu'elle était là.
Heureusement, après environ un peu plus d'une demi-heure de malmenage, la douleur avait lentement reflué pour ne devenir qu'un léger pincement. Il avait donc pu poursuivre l'entraînement normalement sans être distrait par la sensation de brûlure.
Il avait eu le temps de se calmer pendant le cours, même s'il avait été heureux que ce ne soit pas un des cours qu'il avait en commun avec le brun. Il avait pu réfléchir, puisqu'il était assez doué en italien pour se permettre de ne pas faire attention à ce que racontait la prof.
Ce n'était pas la faute de Merlin, ni la sienne, mais il n'en restait pas moins que ça ne pouvait qu'être une erreur, une abominable erreur. Eux deux, âmes-sœurs? Il en aurait ri si la situation n'était pas aussi catastrophique.
Outre ses effets, la marque en elle-même posait problème, puisqu'il devait à tout prix la cacher. Il ne pouvait pas prendre le risque que quelqu'un la voie.
Il avait réussi à tourner le dos à ses coéquipiers de manière naturelle quand ils s'étaient mis en tenue, et comptait ne pas se changer en revenant, prétextant qu'il devait se dépêcher de rentrer et prendrait une douche chez lui.
Une fois dans les bâtiments, il ressentit un étrange élancement, et il sut que Merlin était là, tout proche. Quand il passa à côté de la porte du vestiaire voisin, il sentit que le brun y était. C'était étrange, et un peu dérangeant, mais au moins il pourrait lui parler immédiatement sans avoir à le chercher dans toute l'école.
Il entra avec ses amis et récupéra rapidement ses affaires, leur dit vaguement au revoir, et partit avant qu'ils ne puissent réagir. Il vérifia qu'aucun ne le suivait dehors, puis se glissa dans la pièce voisine.
Merlin redressa la tête avec surprise, et referma son livre en voyant qui était entré. Le blond s'appuya contre le mur en face de lui, et à nouveau ils se regardèrent en silence. Finalement, ce fut Arthur qui brisa le silence.
- Tu en as parlé à quelqu'un?
Il faillit lui répondre de manière sarcastique, tant il trouvait la question ridicule, mais se retint à temps. Ce n'était pas le moment d'ouvrir les hostilités.
- Non, j'ai déjà du mal à réaliser ce qui se passe, alors le raconter aux autres... Répondit-il d'un air fatigué.
Arthur hocha simplement la tête. Le brun n'avait pas besoin de demander, il savait que l'autre n'avait rien dit non plus.
- T'as trouvé des trucs intéressant? Demanda-t-il avec un mouvement de tête vers le bouquin.
Il avait facilement deviné que l'autre ferait des recherches sur ce qui leur arrivait. Comme quoi, qu'il soit un petit rat de bibliothèque se révélerait peut-être enfin utile.
Merlin soupira.
- Pour l'instant pas grand-chose. La seule information un peu intéressante que j'ai trouvée, c'est la vague description de deux effets secondaires: on ne peut normalement pas se mentir sous certaines circonstances, bien que je ne sache pas lesquelles, et la marque nous fera mal à chaque fois que l'on sera trop éloignés physiquement.
- Alors c'était ça tout à l'heure! ... Ça risque de nous poser problème.
- Oui, surtout que là on était pas très éloignés, alors imagine lorsqu'on devra rentrer chez nous... Je suppose que tu habites dans les quartiers riches du Nord de la ville?
- Oui. Devant la grimace du brun, il continua. Laisse-moi deviner, tu vis dans la banlieue Sud?
Il hocha la tête en réponse, puis soupira. Il n'osait même pas imaginer la douleur qu'ils allaient ressentir quand ils se retrouveraient chacun à un bout de la ville.
- C'est pour ça que je continue de chercher, mais j'ai pas vraiment espoir de trouver quoi que ce soit dans ces livres.
- Ça vaut toujours la peine d'essayer. Mais on en va pas pouvoir rester là très longtemps, l'école va fermer …
Ils réfléchirent quelques instants, arrivant chacun de leur côté aux mêmes conclusions. Les bibliothèques allaient elles aussi bientôt fermer et hors de question d'aller chez Arthur. Ne restait que...
- On pourrait aller chez moi, il n'y aura personne jusqu'à vingt-trois heures.
Le blond hocha la tête en grimaçant, pas franchement ravi. Mais il n'avait pas le choix, et il pouvait au moins se réjouir d'une chose: cette situation était aussi pénible pour lui que pour Merlin. Et puis qui sait, peut-être trouverait-il là-bas de quoi se moquer de lui plus tard.
o*o*o*o*o
Merlin ne savait pas s'il devait être impressionné par la voiture de sport noire que conduisait Arthur, ou dégoûté par cette démonstration ostentatoire de sa richesse. Enfin, celle de son père surtout, mais ça ne changeait pas le principe.
Pour ne pas se faire remarquer, le brun était d'abord parti à pied, puis une fois suffisamment loin du lycée le sportif l'avait récupéré après avoir pris une douche rapide et s'être changé. Mais vu l'aspect de la voiture, il avait trouvé plus judicieux de la laisser sur le parking du grand centre commercial et faire à pied les presque deux kilomètres qui les séparaient de chez Merlin. Il valait mieux ne pas attirer l'attention des voisins, ou tout le quartier allait se poser des questions.
Le trajet s'était fait dans un silence pesant, parfois coupé par les instructions de Merlin et quand ils arrivèrent il était un peu plus de dix-huit heures, ce qui leur laissait moins de deux heures avant qu'Arthur ne doive rentrer chez lui.
Il ne savait pas exactement à quoi il s'attendait, mais les bâtiments lui paraissaient banal. De hauts immeubles blancs, gris ou roses l'entourait, ni très classes ni très crasseux. La nuit venait de tomber, il était donc encore trop tôt pour que les noctambules soient déjà dehors mais trop tard pour que les rues soient encore peuplées. Une grande aire de jeux se trouvait au centre de plusieurs immeubles, dont un devant lequel Merlin s'arrêta. Il chercha ses clés dans son sac quelques secondes, avant de finalement ouvrir la porte.
Ils montèrent jusqu'au quatrième étage, et le silence ne fut coupé que par les cris d'un couple du deuxième, qui firent sursauter Arthur, le plus jeune étant habitué. Une fois dans l'appartement, le blond ne put de nouveau pas dire s'il était surpris ou non. Bien que petit, celui-ci était propre et rangé. Mais malgré cela, on voyait que les murs étaient en mauvais état, et le plafond présentait de grandes tâches d'humidités par endroits.
La porte donnait directement sur une grande pièce ouverte, meublée simplement. Trois commodes, une télé, un canapé, un fauteuil et une table basse. Mais les murs étaient recouverts de photos plus ou moins grandes, certaines mêmes encadrées. De grandes portes-fenêtres s'ouvraient sur un balcon qui donnait sur l'aire de jeux. Le tout dégageait une sensation de chaleur, et il se sentit à l'aise malgré le mauvais état de la pièce. Séparé par un comptoir, la cuisine semblait vieillotte, mais devait certainement remplir sa fonction.
Trois portes étaient fermées, et Merlin les désigna tour à tour comme étant sa chambre, la chambre de sa mère et la salle de bain. Arthur nota distraitement qu'il n'avait pas mentionné de père tout en prenant place dans le canapé indiqué par le brun.
- Tu veux quelque chose à boire? Un thé, un café, de l'eau?
- Un thé s'il te plaît.
C'était bizarre d'être aussi civil avec son pire ennemi, mais chacun avait reçu une bonne éducation: Merlin se devait d'être poli avec son invité, et Arthur devait faire de même avec son hôte. Et puis, ils devinaient que cette histoire allait durer un moment, alors ça ne servirait à rien de ralentir les choses en déclenchant les hostilités. Cependant, la tension était palpable dans la pièce.
Merlin revint avec deux thés et sortit les livres empruntés à la bibliothèque, et ils se mirent au travail en silence.
o*o*o*o*o
- Fait chier! Cria Arthur en lançant sur la table le livre qu'il lisait quelques secondes plus tôt.
Merlin soupira en posant son propre livre sur le meuble bas. Il s'était attendu à cette réaction, il avait même été plutôt surpris que le Roi ait tenu aussi longtemps.
Il n'en restait pas moins que son attitude l'agaça.
- Je t'avais dit qu'il y avait peu de chance de trouver quelque chose dans ces livres.
- Alors pourquoi est-ce qu'on fait ça?! Cria-t-il de nouveau en se levant.
Le brun ferma les yeux et compta mentalement jusqu'à dix avant de répondre, alors qu'un mal de tête commençait à poindre.
- Parce qu'on doit essayer avec ce qu'on a déjà, tu l'as dit toi-même. Tenta-t-il de dire calmement. Écoute, c'est aussi difficile pour toi que pour moi, alors ne …
- Tu parles, toi t'es tout le temps fourré dans tes bouquins! Pour un intello, tu sais pas grand-chose quand même!
Merlin se leva sous la colère et lui fit face.
- Te défouler sur moi ne changera rien à la situation, Pendragon!
- Je fais ce que je veux, Emrys! En attendant c'est pas toi qu'est dans la merde!
Ses yeux s'écarquillèrent et il eut du mal à parler tant il était indigné.
- Je te demande pardon?!
- Et tu fais bien! Toi la situation te vas bien: tu es gay! Mais moi bordel, je suis complètement hétéro! Et je me retrouve dans cette situation de merde avec un pauvre gringalet vivant dans la banlieue d'Ealdor, et que je n'arriverais pas à trouver attirant quand bien même je serais gay! Alors que toi t'aurais pu tomber sur bien pire que moi!
- Pire que toi?! Je ne pourrais jamais trouver pire que toi!
Il s'était mit à crier lui aussi, ce qui étonna assez Arthur pour qu'il le laisse parler. Il en profita pour déverser toute la pression qu'il avait emmagasinée depuis le début de la journée.
- Tu es l'être le plus arrogant, le plus égocentrique et le plus insupportable que j'ai eu l'horreur de rencontrer! Tu te penses parfait, mais tu me donnes juste envie de t'arracher la tête et de l'accrocher sur un paratonnerre! Oh oui, monsieur est beau, monsieur est fort, mais tu as la tête aussi vide que celle d'une autruche! Tu es la dernière personne que je voudrais avoir pour âme-sœur!
- Et bien au moins on est d'accord là-dessus!
Ils reprenaient péniblement leur souffle, blêmes de colère, quand soudain quelqu'un toqua à la porte.
- Merlin? Je t'ai entendu crier, que se passe-t-il?
Il sursauta et se massa les tempes d'agacement.
- Mince, Gaius.
Puis soudain la réalisation le frappa.
- Mais oui, Gaius! Cria-t-il victorieusement, tandis qu'Arthur se demandait s'il avait perdu la tête.
Il se tourna soudainement vers lui avec un air sérieux.
- Gaius est médecin, il pourra nous aider.
(1): J'ai fait un dessin de la marque si vous n'arrivez pas à vous faire une idée: (www).(casimages).(com/i/160712065003723472).(jpg).(html) N'oubliez pas d'enlever les parenthèses! Elle est un peu épaisse sur cette image, donc vous pouvez l'imaginez un peu plus fine.
Nda: Et voilà pour le chapitre 1! Je pense poster un vendredi sur deux, mais comme je n'ai jamais publié de fic à chapitre ça peut changer si ce délai ne convient pas.
En espérant que ça vous ait plu, et que ce soit le cas ou non n'hésitez pas à donner votre avis, j'accepte les remarques négatives si elles sont constructives car elles ne peuvent que m'aider à m'améliorer!
Encore un grand merci à ma bêta-lectrice, la grande, la géniale, la parfaite: Léanie! **acclamation de la foule**. (note de bêta: joie, bonheur et poney licorne °u°)
