2 ème chapitre ! Bonne lecture (et si vous avez aimé ou pas, cliquez sur le petit bouton en bas )
II- La naissance
J'ai finalement réussi à m'endormir, mais le réveil fut plus difficile. Sam, le colley de Marek, nous sert gentiment de réveil lorsqu'il estime que l'heure sa promenade matinale est trop dépassée.
En voyant Shizu dans la cuisine ce matin, je me suis dis, une fois de plus, qu'elle ressemble vraiment à sa mère. Parfois s'en est presque douloureux. Mais je l'aime tant... Peut-être plus qu'un frère ne devrait aimer sa sœur... En tout cas je me souviens très distinctement du jour de sa naissance...
Hisham était incroyable, il arrivait non seulement à coordonner tout les serviteurs mais aussi à faire plusieurs choses à la fois. Ce fut lui qui m'enseigna l'art de cuisiner, le ménage, la lessive mais aussi et surtout, je participai avec Zoltan aux jeux qui nous apprenaient à maîtriser notre corps. La fierté que je voyais dans les yeux d'Hisham m'aidait à supporter l'indifférence de mon père et l'absence de ma mère que je voyais de moins en moins.
A cinq ans, je savais préparer et servir joliment suffisamment de plat pour en avoir un différent durant tout un mois, le ménage et la lessive n'avaient plus de secret et je ne craignait ni serpents ni scorpions grâce au couteau que je reçut d'Hisham. Il m'expliqua qu'il était à lui avant mais que maintenant, il ne lui était plus d'aucune utilité. Zoltan avait son frère jumeau et Hisham commença à nous apprendre à nous en servir, à le manier sans nous blesser et à le lancer vers une cible déterminée. C'est lors d'un de ces entraînements où nous nous exercions chacun notre tour à tuer un serpent que ma mère entra. Après les cinq essais ratés de Zoltan, je tentai ma chance et touchai du premier coup le reptile -le truc consistait à viser la tête. Je me retournai vers le sourire satisfait d'Hisham et, quand je vis les yeux vert-marron de ma mère, mon propre sourire disparu. Inquiet, Hisham se retourna et s'inclina très profondément devant Nadira.
- Hisham, lui dit-elle d'une voix très douce, ces enfants sont peut-être un peu jeune pour apprendre ce genre de chose.
- Madame, si je puis me permettre, je pense qu'il sont également trop jeunes pour travailler autant que moi par exemple.
- Tu n'a pas tort. Mais je ne suis pas sûr que Malik apprécie.
Mais elle souriait, elle n'avais pas l'intention de dire quoi que se soit à Père. Depuis quelques temps, je l'entendais gémir tous les soirs et, quelques mois plus tôt, la nuit était redevenue silencieuse. Et maintenant son ventre était gros. Hisham m'avait dit que ma mère allait avoir un bébé. Je ne comprenais pas comment cela pouvait être possible. Apparemment le bébé était dans son ventre. Mais comment pouvait-il respirer ? Mais j'étais habitué à ne pas poser de questions.
Elle allait sortir lorsqu'elle s'aggripa soudain au mur.
- Madame !
Hisham s'était précipité pour la soutenir.
- Zoltan ! Va chercher une chaise ainsi qu'un linge propre et de l'eau. Odion ! Préviens Maitre Ishtar, dis-lui que Madame va avoir son bébé. Faites vite !
Je partis en courant dans le couloir. Pour une fois que je voulais trouver mon père, il était invisible ! Lui qui arrivait toujours au plus mauvais moment...
- Odion !
Sa voix, claquante comme un coup de fouet, retenti dans le couloir.
- Il me semble t'avoir déjà expliqué que cet endroit n'est pas un terrain de jeu !!!!
- Maître ! Par..Pardonnez-moi mais... mais Hisham...
Je n'arrivais pas à reprendre mon souffle et, plus je le voyais s'énerver, plus mon cœur battait, m'empêchant d'aligner deux mots.
- Vas-tu te décider à parler ?!
- Mère... Mère va avoir son bébé !
La colère, la surprise et l'espoir se lurent sur son visage.
- Où sont-ils ?
Je parti de nouveau en courant, mais moins vite. Il me suivait sans mal, marchant à grandes enjambées. Lorsque nous pénétrâmes dans sa chambre, dont la porte était ouverte, ma mère respirait avec difficulté et son visage était mouillé de larmes et de sueur.
Hisham s'écarta respectueusement mais Malik ne s'approcha pas.
- Respirez, Madame, ne vous inquiétez pas, tout se passera bien, fit Hisham alors que ma mère gémissait de plus en plus fort.
Je sentis qu'on me tirait la manche. Zoltan m'embarqua avec lui et lorsque nous ramenâmes une grande bassine pleine d'eau avec une serviette, des cris emplirent la pièce. Hisham se détourna, avec un bébé dans les bras. Il le lava dans la bassine, l'essuya soigneusement et se tourna vers Nadira et Malik, remettant l'enfant dans les bras de ma mère. Puis il s'agenouilla.
- C'est une fille.
Père resta silencieux un moment puis, murmura :
- Au moins cet enfant est le nôtre. La prochaine fois, se sera un garçon. Nadira, quel nom veux-tu lui donner ?
- Elle s'appellera Shizu ! Odion ! Viens donc voir ta petite sœur ! Tu peux venir aussi Zoltan.
Timidement, nous nous approchâmes, j'étais terriblement intimidé par le regard que Malik avait posé sur moi lorsque ma mère avait prononcé le mot "sœur". La petite Shizu gazouillait gaiement et elle pris nos doigts à Zoltan et moi. Hisham nous regardait en souriant.
- Hisham ! il se raidit. Il me semble que tu as du travail !
L'homme s'inclina et quitta précipitamment la pièce. Zoltan et moi voulûmes le suivre mais Shizu ne nous lâcha pas et commença à pleurer lorsque mère essaya de lui faire lâcher prise.
Malik grimaça puis, nous accordant d'un signe de tête l'autorisation de rester avec elles, il quitta la pièce.
- Tiens, Odion, me dit Mère, prends-la.
Elle me mit la petite fille dans les bras, instinctivement, je soutins sa tête et elle ne tarda pas à s'endormir contre moi, tenant toujours le doigt de Zoltan, aussi émerveillé que moi par ce petit être si fragile.
