Merci à Aurore Heart, Griseldis, Illheart, Neechu, Miss Macaronii et Phoenix penna pour leur review !

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DEUXIÈME TEXTE

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Protagoniste : Charlotte Anana

Genre : Horror ?

Rating : K+

Nombre de mots : 691

Remarque : CE TEXTE EST BIZARRE !

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Bonne lecture

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PELUCHES


« Tu as peur.

— Non.

— Si, tu as peur. Si tu n'avais pas peur, tu me regarderais.

— Je n'ai pas envie de te regarder.

— Dis-moi au moins pourquoi.

— Tu es moche.

— C'est méchant et injuste ce que tu dis. Je n'ai rien fait pour avoir une telle apparence.

— Et alors ? Que ce soit de ta faute ou de celle du Grand Méchant Loup, tu restes moche et je ne veux pas te regarder.

— Vilaine. Vilaine petite fille.

— Ne m'insulte pas ! Tu n'as pas le droit de m'insulter !

— Pourquoi n'en aurais-je pas le droit ?

— Parce qu'une peluche ne devrait même pas savoir parler.

— Est-ce pour cette raison que tu as si peur de moi ?

— Je te répète que je n'ai pas peur de toi !

— Tu mens. Regarde ! Tu trembles ! Et tu n'as même pas été capable de me regarder plus d'une seconde.

— Tu es laide, laide, laide, tellement laide !

— À ce point ? As-tu un miroir pour que je puisse juger ?

— Il y en a un par terre. Près de l'escabeau rouge.

— Je ne me trouve pas laide. Je ressemble à toutes tes autres peluches. Je suis même bien plus belle que celles qui sont sur ton lit. Est-ce toi qui les as mutilées ainsi ?

— Oui.

— Mais pourquoi ?

— Parce qu'elles étaient comme toi avant.

— Comme moi ? Tu veux dire : en un seul morceau ?

— Non. Vivantes.

— Je ne comprends pas. Tu es celle qui m'a donnée la vie, n'est-ce pas ?

— Non, c'est faux ! Ce n'est pas moi ! Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai ! Je n'y suis pour rien ! Tout ça c'est de sa faute ! Sa faute à « elle » !

— Calme-toi ! Voyons, quel âge as-tu pour te mettre dans des états pareils ?

— J'ai six ans.

— Et comment t'appelles-tu, petite humaine de six ans ?

— Anana. Charlotte Anana.

— Bon. Anana, peux-tu me dire qui est cette « elle » dont tu me parles et qui m'a donné la vie ?

— Mama. C'est elle qui fait ça. C'est elle qui enfouit des bouts d'âme dans les objets. À cause d'elle, tout est vivant ici. Les meubles, la végétation, la nourriture. Et tout me fait peur. J'ai envie de tout détruire, de tout faire disparaître. Mais on me l'a interdit. Les peluches sont les seules choses qu'on m'autorise à tuer.

— Écoute. Je ne comprends pas pourquoi tu as peur de ce qui est vivant. Mais si tu veux, je peux t'apprendre à avoir moins peur.

— Elles ont toutes essayé. Toutes mes peluches. Elles ont promis de devenir mes amies mais elles continuaient de m'effrayer. Les peluches ne devraient pas parler. Tout comme les meubles, la végétation et la nourriture. Je déteste cet endroit.

— Sais-tu au moins pourquoi tu as peur ?

— Je crois… je crois que j'ai peur d'être une simple chose au milieu de tout le reste. D'être un bout d'âme parmi des milliers d'autres. D'être inutile comme une fleur ou comestible comme un gâteau. Si tout ce qui m'entoure est aussi vivant que moi, alors je ne vaux sans doute pas mieux que les autres. C'est pour cela que je déteste les autres et que je les tuerai dès que j'en aurais l'occasion.

— Tu es égoïste.

— Et toi tu es monstrueuse ! Tu ne devrais même pas exister ! Cette vie appartient à quelqu'un d'autre ! Et je vais te la reprendre !

— Non ! Lâche ce couteau ! Je t'en supplie, ne me tue pas !

— Tu n'as pas le droit d'être comme moi ! Tu n'as pas le droit d'être vivante ! Tu es épouvantable, répugnante !

— Non, je t'en supplie, ne fais pas ça ! Laisse-moi partir et je m'en irai loin ! Je te promets que tu ne me reverras plus alors s'il te plait, ne me tue pas !

— Te laisser partir ? Non, je ne préfère pas. C'est mieux si je te déchiquette.

— Pitié…

— Tu sais, je n'ai plus vraiment peur des autres quand ce sont eux qui ont peur de moi. Alors continue de pleurer, j'aime bien te voir effrayée. »


FIN


... Surtout ne vous forcez pas à commenter. Je suis pas sûre que ce micro-texte en vaille la peine...

Au plaisir de vous retrouver ! Au détour d'un rêve, d'une potence ou d'une marge de cahier !