Chapitre 1
Mélusine
Tout était tellement soudain que Mélusine en perdit presque l'équilibre. Car oui, vous l'auriez compris, elles étaient désormais dans la forêt de Camelot, et peut-être même en train de passer à la télévision.
L'arrivée des chevaliers et la tempête qui grondait autour d'elles laissaient en effet penser qu'elles étaient entrées dans le fameux épisode qu'elles avaient entamé quelques secondes plus tôt.
Mélusine regarda autour d'elle quelques secondes et réalisa à quel point elles semblaient misérables. Trempées et en pyjama, elles se relevaient toutes d'une flaque de boue. Sybille, une jeune fille de 22 ans aux cheveux courts blonds s'agrippait à Sarah, le bébé du groupe du haut de ses 19 ans. A côté d'elles, Iris essayait de dompter ses cheveux bruns frisés mais n'arrivait qu'à étaler de la boue dedans, et Colleen avait renoncé à se lever. Elle gardait les fesses dans la flaque, un air dépité sur le visage.
« Qui êtes-vous ? » demanda un chevalier que Mélusine reconnu aussitôt comme étant Gwaine. Elle rougit aussitôt à la question, sans vraiment savoir pourquoi, alors que celle-ci n'était pas adressée à quelqu'un en particulier.
« Êtes-vous en détresse ? s'exclama une autre voix que cette fois Mélu n'eut pas le temps d'identifier.
- OUI ! » s'écria Sarah, et Mélusine eut tout juste le temps de la voir se laisser tomber par terre, probablement dans l'espoir que quelqu'un vienne la récupérer. Mélusine en déduisit que la voix appartenait à Perceval, le plus grand et le plus fort de tous les chevaliers de Camelot. Mais loin d'être le plus beau, car cet atout était réservé à Léon le Magnifique, Léon le Brave.
Mélusine l'aperçue caché derrière Perceval, sa belle chevelure rousse ruisselant de gouttelettes. Un vent frais la fit frissonner, et c'est seulement là qu'elle réalisa que leurs pyjamas devaient être la cause des regards étranges des cinq hommes. Elles avaient prévues de passer la soirée sous des couvertures au chaud, et nullement dans une forêt sous la pluie.
Par réflexe, Mélu se recouvrit le corps de ses mains, bientôt imitée par les autres filles (à l'exception de Sarah qui était restée allongée dans la boue). Les chevaliers, restés jusqu'ici figés de stupeur, se ressaisirent et enlevèrent leurs capes pour recouvrir les filles. Gwaine, situé le plus près de la jeune femme, lui tendit la sienne, qu'elle enroula autour de ses épaules avec un regard d'excuse à Sybille, qui la fusilla des yeux avec un air de « pas touche, il est à moi ».
« D'où venez vous ? demanda Elyan après un instant d'hésitation.
Mélusine sentit son regard lourd posé sur leurs tenues et sentit que sa question en sous-entendait une autre « pourquoi êtes-vous en sous-vêtements ? ». A cette époque, un pyjama n'était tout simplement que l'équivalent des sous-vêtements pour une femme, et Mélusine se sentit d'autant plus ridicule à cette pensée.
« D'une contrée lointaine ! dit Colleen avec un air de princesse.
- En fait, commença Sarah qui était à présent debout emmitouflée dans une cape, on était calmement, enfin euh… disons qu'on était chez moi, et on regardait…
- LISAIT ! coupa Iris.
- Oui, on lisait, reprit Sarah. Et, en fait… Je sais pas trop.
- Il y a eu un éclair, continua Mélu, et on s'est retrouvées ici. Un peu comme par magie.
- DE LA MAGIE NOIRE ! s'écria Sybille d'un coup. J'en suis sûre ! On est victimes de magie, mais on n'a rien fait hein ! »
Mélusine espérait de toutes ses forces que les chevaliers allaient les croire. Après tout, ce n'était que la vérité. Comment pourraient-elles arriver dans une série télévisée autrement que par magie ? Le problème pourtant était que la pratique de la magie à Camelot était punie de la peine de mort par pendaison… Sort que les filles n'avaient pas vraiment envie de connaître.
« Magie noire… ? répéta Léon, un sourcil redressé. De quelle couleur d'autre voulez-vous qu'elle soit ?
- Ben euh… Blanche ! dit Colleen. Comme celle de Merl… euh… Margareth. J'ai lu ça dans un livre !
- Mais de quelle terre venez-vous ? demanda Gwaine l'air exaspéré.
- De Rouennie ! »
Sybille s'était précipitée pour donner cette réponse avant qu'une autre ne dise quelque chose de différent. Elle se retourna vers Mélusine en haussant les épaules, comme pour justifier son invention. Trois des cinq filles étant originaires de la ville de Rouen, il était plutôt vraisemblable d'imaginer un royaume du nom de Rouennie.
« Vous ne devez pas connaître, enchaîna Mélusine pour donner de la crédibilité au mensonge. D'ailleurs, où sommes-nous ?
- Camelot, ma Dame, dit Perceval.
- Hého ! s'interposa Sarah. On n'est pas des dames, d'abord. Et son se calme ! L'autre, avec ses « ma dame » il se croit où ?
Elle lança à Mélusine un regard amusé.
« Je pense, tenta Iris timidement, je pense que nous devrions aller dans votre château pour voir Gaius…
- Vous connaissez Gaius !? s'étonna Lancelot
- Euh… Qui ? bégaya Iris tentant de rattraper sa boulette. Non ! Je voulais dire, pour vois un gars, yus ! ça veut dire, « vous trouvez pas ? » en Rouennie. Qui est ce Gay-ius ?
- Le médecin de Camelot, répondit Elyan. Il a lu beaucoup de choses sur la magie.
- Assurément, marmonna Mélusine, se remémorant les épisodes de la série où Gaius fait usage de la magie en cachette.
- Pardon ?
- Allons-y ! j'ai dis ! »
Sarah
D'accord, on est à Camelot. On est propulsées dans une série télé, aussi bien soit-elle, sans explication valable. On est en pyjama, trempées, entourées de chevaliers qui nous prennent pour des malades mentales. Tout ça : OK. Mais QUELLE IDEE DE ME JETER DANS LA BOUE !?
A présent bien emmitouflée dans la cape de Lancelot (beurk ! pourquoi pas celle de Elyan pendant qu'on y est ?) et assise au coin d'un feu de camp gauchement allumé à partir de bois humide, Sarah n'en revenait toujours pas. Elle était pratiquement groupie de métier et avait fait beaucoup de choses étranges sous l'emprise de ses sentiments, mais jamais elle n'aurait pensé être capable de se jeter au sol de la sorte. Surtout que la chose s'était avérée complètement inutile : Colleen avait eu le droit à la cape de Perceval !
« Vous ne vous êtes pas présentés, chevaliers, fit remarquer Colleen d'un ton assez autoritaire. Nous décidons de vous faire confiance et de rester à vos côtés sans savoir à qui nous avons à faire !
- Erm.. toussote Léon. Je suis Sire Léon, et voici Sire Lancelot, Sire Gwaine, Sire Elyan et Sire Perceval. Je suppose que vous êtes une importante lady, ma dame ?
- Moi ? s'étonna Colleen. Pourquoi faire ? euh… je veux dire… non ! Je ne suis qu'une simple servante.
- Servante ? demanda Lancelot. De qui ?
- De euh… lady… Mélusine !
- Quoi ? s'écria Mélusine, qui venait de se faire pointer du doigt, avant de se prendre au jeu. Oui euh… Enfin pas une lady importante hein.
- Et moi je suis Iris, ajouta la petite brune, servante de Dame Sarah ! »
Sybille fut la dernière présentée et se vit attribuer le rôle de seconde servante de Mélusine. Cette dernière, prise d'une envie soudaine de détendre l'atmosphère, lança :
« Et c'est une bonne situation, ça, chevalier ? »
Iris pouffa près d'elle. Elles étaient fières de pouvoir se moquer des chevaliers sans qu'ils ne comprennent pourquoi.
Après s'être un peu réchauffées et séchées, car la pluie avait fini par cesser, les cinq demoiselles se blottirent les unes aux autres pour dormir, alors que les mâles s'installèrent un peu plus loin, veillant à tour de rôle sur le campement de fortune.
« On aurait bien plus chaud contre eux, se plaignit Sarah à voix basse.
- Tu ne crois pas qu'ils nous prennent déjà suffisamment pour des folles ? s'exclama Sybille. On va pas en plus leur sauter dessus. On aura tout le temps pour ça demain !
- Et puis, ajouta Colleen, parlez pour vous. Je vous signale qu'Elyan ne m'intéresse pas vraiment.
- Et nous on t'a déjà dit que Gaius est trop vieux pour toi ! s'éclaffa Sybille.
- Tu rencontreras bientôt ton Merlin, la rassura Mélusine. En attendant, j'ai froid ! Si tu pouvais aller chercher plus de bois, servante ! »
Colleen jeta un bâton en direction de son amie avant de s'allonger dans les longues capes rouges, à l'instar des autres filles.
Sarah se tourna en direction de son beau chevalier, installé à seulement quelques mètres d'elle, adossé à un arbre en train de frotter ses bras (et quels bras !) nus. Quand je pense que je me suis levée étudiante, et que je me couche Dame… Sarah s'endormit, un sourire béat aux lèvres.
Sybille
Eoin Macken. Son sourire, ses cheveux et son compte Twitter rempli d'annecdotes idiotes. Ah quel doux rêve que de m'éveiller à ses côtés !
Sybille papillonna des yeux, entendit le chant d'un oiseau au loin et s'éveilla doucement. Autour d'elle, tout sembla idéal. La forêt avait une couleur magnifique sous le soleil levant. Les arbres brillaient, encore humides de la veille et des oiseaux chantaient de tous les côtés.
Je suis un peu au Pays des Merveilles. Elle tournoya sur elle-même et aperçue non loin d'elle le sujet de ses fantasmes… Le beau, le magnifique Eoin. Et à ce moment précis, tout lui revint en mémoire. Le canapé, l'orage, la forêt et les chevaliers. Elle découvrit Mélusine en train d'ajuster ses lunettes, prête à se lever et Iris encore profondément endormie.
Sarah était déjà auprès de Perceval, qui semblait encore la prendre pour une dingue. Colleen, elle, sortit plus tard de derrière un fourré où elle avait du faire une pause pipi.
« Avez-vous bien dormi ? » demanda Sir Gwaine le Magnifique, accompagnant sa question d'un mouvement de cheveux parfait et d'un sourire Colgate.
Qu'il est beau… Sybille prit conscience qu'elle avait la bouche entre ouverte et les yeux qui pétillaient de joie. Elle se ressaisit et répondit rapidement à la question.
« Euh j'ai été habituée à mieux. Pas très confortable tout de même…
- Même en temps que simple servante ?
- Justement ! Imaginez vous ce que ma Dame a dû endurer si moi-même j'ai souffert ! Ce n'est pas raisonnable pour quelqu'un de son rang…
- Je vais aller m'en excuser de ce pas…
- Non, non ! s'empressa Sybille en s'accrochant pratiquement à lui. Elle euh… Elle a demandé à ce qu'on la laisse tranquille… ! »
Sybille agrémenta sa remarque d'un magnifique sourire et lança sa mèche blonde sur le côté. Sir Gwaine l'imita avant de retourner voir ses amis.
« Il n'y a rien à faire, elle couina auprès de Mélusine. Il s'en fiche de moi.
- Mais non, c'est normal ! On vient de débarquer dans leur vie, ils vont pas tomber fous amoureux de nous d'un claquement de doigts ! Et peut-être que leurs affinités avec nous ne seront pas comme on l'espère. Peut-être même que çe sera Lancelot qui tombera amoureux de toi et non Gwaine !
- Ah mais non BEURK ! Bon il est toujours mieux que Léon, elle ajouta avec un clin d'œil en direction de son amie.
- Je ne te permets pas de telles remarques. Mais par contre, plus sérieusement, tu ne crois pas qu'ils étaient ici pour une raison ? Hé ! Léon ! Ici… Pourquoi étiez-vous ici ? Je veux dire, avant de nous avoir trouvé…
- Eh bien, dit l'intéressé. Nous étions à la recherche d'une bande de brigands enleveurs de femmes.
- QUOI !? s'indigna Sybille. Et vous n'avez même pas pensé à nous demander si on les avait rencontrés et s'ils nous avaient fait du mal !?
- Euh… bafouilla Léon, gêné. Les avez-vous rencontrés ? Vous ont-ils fait du mal ?
- NON ! MAIS MÊME ! cria Sybille, avant de chuchoter à Mélusine : au moins, je suis sûre que lui il ne sera pas amoureux de moi ! Je veux GWAINE et personne d'autre. »
Elle s'en alla en traînant les pieds. Un peu plus loin, Sarah, qui avait tout entendu, se réjouissait déjà.
« Chouette ! Des brigands ! Faut qu'on les r'trouve, j'veux me battre ! »
Elle attrapa l'épée de Perceval sans qu'il n'ait le temps de réagir et commença à fendre l'air.
« Une Dame ne devrait pas se battre, lui dit-il.
- Une quoi ? Ah oui, c'est vrai. Mais j'ai envie !
- Vous ne tenez même pas l'épée comme il faut… »
Sybille cessa d'écouter. Si au moins elle pouvait être sûre de plaire à son beau prince charmant ! Elle allait établir des plans, faire tout ce qu'elle pourrait pour qu'il l'aime. Et comme elle est.
Elle ne décrocherai pas avant d'avoir réussi.
Iris
Les chevaliers étaient venus une demi-heure auparavant pour nous annoncer le départ proche vers Camelot. Sarah avait bien décidé de profiter de son nouveau statut et avait fait nettoyer le campement à Iris. Elle l'avait cherché après tout. Mais Iris avait prévu son coup et, connaissant bien son amie, savait qu'elle ne lui avait pas fait une fleur en la déclarant Dame car on attendrait d'elle qu'elle se tienne correctement et parle bien. Sarah allait avoir du mal à retenir ses mauvaises manières et son côté bébé devant la cours.
Tout le monde se mit en marche, les soldats autour des demoiselles. Sarah continua de parler armes de combat avec Perceval, des étoiles dans les yeux. Détail important, celui-ci semblait ne plus être aussi apeuré par la jeune femme, même si celle-ci avait gardé son ton enfantin et sa bouche grande ouverte d'admiration.
A côté d'elle, Mélusine était proche de Léon et discutait doucement avec lui. Iris n'entendit pas de quoi il s'agissait mais s'esclaffa bientôt en voyant son amie trébucher et se rependre d'excuses auprès du malheureux caillou. De l'autre côté, Sybille et Colleen discutaient, ou devrait-on dire « gloussaient hystériquement » à l'idée de mettre les pieds à Pierrefond. Où plutôt à Camelot.
Iris s'approcha de Sir Lancelot.
« Excusez-moi de vous déranger Sir, dit-elle de sa voix timide et ses grands yeux ouverts à la manière du Chat Potté, je peux discuter avec vous ?
- Mais avec plaisir, vous ne devriez pas demander l'autorisation.
- Oh mais je ne suis qu'une humble servante ! Parler avec un chevalier si célèbre et talentueux doit être interdit vu mon statut !
- Célèbre ? Talentueux ? Que voulez-vous dire par là ?
- Euh… non, tenta de se rattraper Iris, se remémorant que Lancelot n'est pas encore un célèbre chevalier de la Table Ronde. Je ne sais pas, j'imagine seulement… Vous semblez bien plus… mieux ! Mieux que tous les autres…
- Euh… Merci la Da… euh mademoiselle.
- Dites moi donc, Sir Lancelot, quelle est la situation à Camelot actuellement ? Nous ne voudrions pas arriver sans connaître au moins le nom du souverain…
- Arthur Pendragon, et sa femme la Reine Guinevere règnent depuis de nombreuses années déjà, et leur héritier est né il y a quelques temps.
- Le quoi ? Comment ça ?
- Euh l'héritier, le prince Merdred.
- MERDRED ?
- C'est le nom que vous trouvez étrange ? Le Roi voulait un fils s'appelant de Mordred mais a déjà un chevalier de ce nom. Il l'a donc mélangé avec celui de son servant et amis Merlin.
- C'est… C'est TROP MIGNOOOOON ! » couina Iris en agitant ses mains, avant de courir vers ses amies leur annoncer la nouvelle.
Une vague d'hystérie s'installa dans le groupe.
« Haha ! lança Sybille. Le fils d'Arthur aurait bien du s'appeler Mordred comme dans la légende !
- Heureusement que celui-ci est de Guinevere et non de Morgana ! ajouta Mélusine
- C'est trop CHOUUUU ! s'émerveilla Sarah.
- Un bébé à Camelot… soupira Colleen les yeux dans le vague, avant de se mettre à rire nerveusement.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Iris
- Oh je me suis juste mise à imaginer Merlin faire la nounou… »
Colleen
Camelot est magnifique. Le petit groupe pénétra dans le château. Les cinq filles étaient émerveillées par tant de beauté. Enfin, à l'exception de Sybille, qui protesta :
« Mais je suis déjà venue deux fois, c'est plus marrant ! »
La différence est que les deux autres fois en question, Sybille avait visité Pierrefond, le château français qui servait de lieu de tournage à la série. Cette fois-ci, c'était très différent du château situé en bordure de village. Il n'y avait aucun village alentour, à l'exception de ce que l'on pourrait considérer comme la ville de Camelot, qui excluait le château a proprement parlé, et où vivaient les habitants qui ne faisaient pas partie de la noblesse.
Les chevaliers guidèrent les demoiselles dans les rues étroites et bondées. Les passants s'arrêtèrent régulièrement pour les dévisager dans leur tenues étranges : elles portaient toujours leurs pyjamas couverts de boue, avec sur les épaules des capes rouges beaucoup trop longues pour elles.
« Patientez ici, dit Léon. Je vais chercher le servant du Roi pour qu'il vous trouve des logements en attendant de vous amener devant sa Majesté, ainsi que des nouvelles tenues. »
Il regarda les demoiselles de la tête au pieds en disant cela, puis tourna les talons et disparu au coin d'une petite maison. Il revint quelques minutes plus tard suivi d'un jeune homme au grand sourire très particulier. Enfin, mon Merlin. La joie de vivre du magicien était palpable et contagieuse.
« Suivez-moi mes dames, je vous prie ! lança-t-il avec gaieté et il se dirigea vers la cour du château, passant une grande rangée de remparts. Je suis navré mais il n' a qu'une seule chambre disponible pour vous mes Dames, je vais m'arranger pour y faire installer un deuxième lit en attendant qu'une autre se libère, ce qui risque de prendre du temps je le crains.
- Ce n'est pas grave ! lança Sarah. Le château est plein ?
- Oui les nobles de tout le continent commencent déjà à arriver pour la grande soirée d'anniversaire de Merdred qui aura lieu dans deux mois exactement. »
Il les conduisit dans le château à présent, dont les couloirs étaient exactement les mêmes que dans la série.
« Pour vos servantes, je pense que l'ancienne maison de la Reine fera l'affaire. Elle est inutilisée et il est prévu qu'elle soit mise à contribution pour la soirée. Je pense que ça suffira aussi pour l'instant, au moins le temps de rencontrer Arthur ! »
Les filles ne firent même pas semblant de ne pas savoir pourquoi la Reine mettait sa maison à disposition, car elles connaissaient bien entendu toute son histoire. Guinevere avait été la servante de Morgana, la pupille et fille bâtarde du roi Uther, durant de nombreuses années avant qu'Arthur ne tombe amoureux d'elle et décide de l'épouser malgré la différence de rang. Elle avait donc quitté sa maison de servante pour habiter dans la forteresse.
Le petit groupe arriva devant une porte que Merlin ouvrit. Il courra jusqu'à la grande étagère en bois d'où il sortit un tas de vêtement, dans lesquels il fouilla. Il fit différent tas à partir de celui-ci, en remis quelques uns dans le placard, hésita quelques secondes, ressortit d'autres vêtements et fini par tendre un petit tas à Mélusine, et un autre à Sarah.
« Voici pour vous mes Dames. Je vais devoir aller chercher d'autres tenues pour vos servantes maintenant, mais j'ai sorti des linges si vous voulez commencer à vous laver. Je peux montrer à l'une d'entre vous où trouver de l'eau et du bois pour la toilette !
- Merci beaucoup Marvin, dit Mélusine très sérieusement.
- Merlin, rectifia celui-ci.
- Oui Merlin… Vous n'avez qu'à emmener Colleen, elle en sera ravie ! »
Mélusine lança un clin d'œil à son amie qui lui tira la langue en réponse alors qu'elle suivait le servant hors de la chambre, qui souriait toujours à s'en décrocher la mâchoire.
« Sir Léon m'a expliqué votre situation, commença Merlin, et Colleen lui était reconnaissante de faire la conversation. Gaius s'occupera d'étudier la… situation. Il a quelques notions en magie. Enfin il l'a étudiée sans la pratiquer, il est médecin et je suis son apprenti en plus d'être le servant du Roi. »
Il souriait tout en parlant. Colleen sentit son petit cœur de fangirl s'accélérer à chaque fois que le jeune homme à l'écharpe rouge se tournait vers elle.
« J'espère qu'il saura comprendre ce qu'il nous arrive et résoudre le problème », mentit-elle.
Ils étaient à présent arrivés dans une petite pièce. Non à vrai dire, c'était un placard, où des énormes piles de lingue soigneusement pliées étaient rangées. Merlin attrapa quelques vêtements avec autant d'attention que dans la chambre et les tendit à Colleen qui les attrapa des deux mains… lâchant la cape… se retrouvant en sous-vêtements, dans un placard, AVEC MERLIN.
