Un grand merci à Justiine, RUBIKA666, lili, … (Trois points) et Marion qui ont laissé une review pour le premier chapitre de cette histoire. Continuez, car c'est ma seule récompense pour mon travail de traduction.

Je vous rappelle que dans les histoires de Sephora85, Ginny Weasley a toujours les yeux verts.

Bonne lecture.

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Auteur : Sephora85

Titre en anglais : Deadly Saviour

Titre en français : Sauveur mortel

Traducteur : DiagonAlleyParis

Disclaimer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling.

Beta Reader : Lily Petite Etoile, qui me relit et corrige mes imperfections.

Sujet : En raison d'une nouvelle prophétie disant que Voldemort ne peut être vaincu que par lui-même, Dumbledore ramène à la vie le souvenir de Tom Jedusor, croyant que le garçon les aidera dans leur combat contre son futur lui-même. Cependant, Ginny craint que Tom ne puisse n'être qu'un monstre encore plus mauvais que Voldemort ne l'ait jamais été.

Remarque de l'auteur : L'histoire se situe après les évènements du Département des Mystères et Ginny Weasley a les yeux verts.

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SAUVEUR MORTEL

Chapitre 2 : Rencontre

TJ – Tom Jedusor – TJ

Je sens l'air qui emplit mes poumons avant de le laisser quitter mon corps. Je vais devoir de nouveau m'habituer à cela.

Mes yeux errent sur le vert infini du parc de Poudlard, sur les grands arbres de la Forêt Interdite et sur la cabane du gardien. Tout cela m'est familier ; au fond de ma tête, je me souviens des moindres recoins du château et de son parc. J'ai déjà vu tout cela auparavant, je me suis promené dans les couloirs, j'ai flâné à travers la Forêt Interdite. Je connais tout cela.

Des décennies se sont écoulées depuis que j'y étais mais je me souviens de tout et bientôt ce sera comme si je n'étais jamais parti.

Je sens mon cœur battre dans ma poitrine, je sens le sang circuler dans mes veines, j'entends tous les mouvements de mon corps. Je vais devoir de nouveau m'habituer à cela.

Après toutes ces années à être confiné dans le passé, n'étant rien de plus qu'un souvenir, à n'être qu'un simple fantôme dans un journal ; je vais de nouveau m'habituer à être en vie. J'ai attendu si longtemps afin d'être libéré du journal, de la prison dans laquelle j'étais censé passer l'éternité et maintenant, ce moment est arrivé.

Parmi toutes les possibilités de m'échapper du journal, Dumbledore était la seule personne qui ne m'était jamais venue à l'esprit, car c'était le seul professeur qui n'avait pas eu confiance en moi, le seul qui avait toujours gardé un œil sur moi, le seul qui semblait être compétent à anticiper mes plans. Cependant, c'était Dumbledore qui m'avait libéré de ma prison et je n'avais pas du tout prévu cela. Un rire s'échappe de mes lèvres et celui-ci semble étrange à mes oreilles mais je sais que je vais m'y habituer.

Un sourire satisfait plisse mes lèvres. Maintenant, je suis libre et je ne laisserai personne me remettre dans ce foutu journal, personne ne m'y enfermera de nouveau. Un autre rire plein de satisfaction surgit des profondeurs de mon corps. Essayez donc.

J'ai attendu si longtemps, trop longtemps…

Le pouvoir qui vient avec le fait d'avoir un corps provoque en moi d'incontrôlables vagues qui me remplissent avec le désir d'en avoir plus. Etre encore plus puissant.

Etre encore plus puissant que n'importe quel sorcier avant moi.

Je contemple mes bras et vois le sang qui circule à un rythme soutenu. Je serre et desserre les poings, la sensation de picotement de ma magie longtemps restreinte vibre dans chaque fibre de mon corps. Des décennies sans avoir la possibilité de libérer celle-ci, condamné à faire le peu de magie qu'autorisait le journal, ce temps de privation est terminé.

La honte d'avoir à recourir à une petite fille pour utiliser ma magie, de dépendre d'une faible gamine, tout cela est terminé et jamais plus je ne me laisserai être si dépendant de quelqu'un d'autre.

Cela ne m'arrivera plus, plus jamais.

Pour le moment, je n'ai pas encore retrouvé ma pleine puissance car je suis toujours sans baguette mais je peux sentir ma magie qui se répand dans mon corps et qui veut se libérer. J'étends ma main et étire mes doigts en direction de la vitre de la fenêtre. Je regarde l'endroit où ils touchent sa surface froide et concentre ma magie sur cette partie de la vitrine. Lentement, une fissure apparaît sur celle-ci, peu à peu ils libèrent ma magie dans le verre. Je contemple avec un sourire satisfait comment la fissure s'élargit de plus en plus. Le pouvoir qui vient avec la magie m'a manqué. Si je le voulais, je pourrais briser la vitre.

Un giclement dans la cheminée attire mon attention et je détourne mes yeux du verre fissuré. Je regarde une jeune fille avec des cheveux roux sortir de la cheminée. Dumbledore est derrière elle, mais je ne vois qu'elle.

Elle a changé mais je la reconnais. Je la reconnaîtrais entre mille. Je laisse mon regard errer sur elle et je mémorise chaque partie de son corps. Elle a grandi depuis la dernière fois mais je peux encore voir la peur au fond de ses yeux, dans ces énormes yeux verts remplis de crainte et d'anxiété. Je peux voir son incertitude, ses soucis dans ces yeux élargis.

Ses cheveux roux sont beaucoup plus longs que dans mes souvenirs mais sa peau pâle est toujours parsemée de légères tâches de rousseur. Mais ce n'est plus une petite fille, elle n'a plus ce corps sans formes et ces longues jambes qu'elle avait durant sa première année. Je repose mon regard sur son visage avant de me perdre.

Elle continue à me fixer comme si elle ne pouvait croire que je suis là, que je ne suis plus un souvenir. Elle va bientôt réaliser que je suis réel, que je ne peux plus être ignoré ou rejeté. La dernière fois, elle avait tenté de résister à mon pouvoir, cette fois elle ne réussira pas. Je sais beaucoup de choses sur elle, probablement plus que quiconque d'autre.

Je ne me laisserai pas repousser cette fois-ci.

Je la regarde se rapprocher lentement de moi, presque effrayée et en se mordant nerveusement la lèvre inférieure. Elle est juste comme la petite fille apeurée dans la Chambre. M'obéira-t-elle facilement cette fois ?

Je lui fais baisser les yeux, nos corps ne sont plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et je dois contrôler mon visage afin qu'il ne montre pas mon autosatisfaction.

GW – Ginny Weasley – GW

Dumbledore jette de la poudre de cheminette sur le sol et l'instant d'après, il me donne une légère poussée. Je sors de la cheminée et me trouve dans l'infirmerie. Mes yeux se posent sur Tom. Il est debout à côté d'une fenêtre, il regardait vers l'extérieur jusqu'à ce que j'apparaisse. Maintenant, il me fixe, moi, seulement moi, ignorant complètement la présence de Dumbledore.

Je reste clouée sur place et j'essaie de comprendre ce que je vois. Ce n'est plus un souvenir, un simple fantôme mais une personne réelle.

« Je pense que je vais vous laisser seuls. »

J'entends la voix de Dumbledore, mais j'ignore sa présence, tout comme Tom. Le giclement de la cheminée m'indique qu'il est parti et que je suis seule avec Tom.

Je prends une grande aspiration, mes yeux passent rapidement sur le visage de Tom. Les mêmes cheveux noirs, les mêmes yeux sombres, la même peau pâle, tout comme dans mes souvenirs, ornent les traits réguliers de son visage. Il est exactement comme le souvenir que j'ai rencontré durant ma première année.

Il ne dit rien, ne bouge pas d'un pouce, seuls ses yeux indiquent qu'il est effectivement vivant. Ses orbes noirs m'observent lentement et cela me fait froid dans le dos.

Je n'arrive toujours pas à croire que ce que je vois soit vrai. Peut-être que si je ferme les yeux et les rouvre immédiatement après, il sera parti. Rassemblant tout mon courage, je commence à marcher vers lui, lentement, presque effrayée, mes yeux rivés sur les siens.

J'arrive en face de lui, à quelques centimètres de lui, nos corps se touchent presque. Je le fixe avec des yeux ronds, incapable de croire qu'il se tient là devant moi en chair et en os.

Je ne me souvenais pas qu'il était si grand, il a bien une tête de plus que moi, mais durant ces dernières années j'ai tout fait pour l'oublier complètement, ce n'est donc pas surprenant.

Je me demande si sa peau est chaude ou si elle est froide comme les pages du journal qui ont été sa demeure pendant des décennies.

Avec hésitation, j'étends ma main, voulant juste tâter sa peau pour croire ce que je vois. Ses yeux noirs suivent mon membre qui se rapproche de sa joue et qui la touche. J'émets un petit de cri de surprise quand mes doigts effleurent son épiderme et que je sens le doux duvet qui indique que c'est presque un homme. Je me demande quand il va s'éloigner, furieux, parce que j'ai osé le toucher, mais il ne bouge pas. Il continue à me fixer comme si lui aussi ne pouvait se décider à faire confiance à ses yeux.

Je me dis que je n'ai pas rêvé de faire cela pendant tout ce temps, que je ne me suis pas demandé à quoi ressemblait sa peau, comment cela aurait-il pu être s'il était en vie ; mais je sais tout cela maintenant. Pendant des années, j'ai essayé de le bannir de mes pensées mais je n'ai jamais réussi. Maintenant qu'il est là, je me demande si son pouvoir sur moi va augmenter. Comme il n'est plus un simple souvenir, va-t-il pouvoir me contrôler ?

Non ! Je ne le laisserai pas faire cela cette fois-ci. Je ne suis plus la petite fille effrayée que j'étais à l'époque.

Oui, me dis-je, peut-être que si je commence à croire cela, cela se réalisera…

J'entends une voix dérangeante dans ma tête et m'éloigne brusquement de Tom. J'ôte ma main de sa joue et le fixe avec des yeux ronds. Je fais un pas en arrière, ce qui agrandit encore l'espace entre nos corps. Je ne vais pas lui permettre d'entrer dans mon esprit. Je ne lui permettrai pas d'user de ses charmes sur moi. Je ne le laisserai pas me contrôler.

« Non, pas cette fois », murmuré-je plus pour moi-même que pour lui mais il m'a entendue. Je vois un sourire apparaître sur ses lèvres et il y a quelque chose dans ses yeux qui me rappelle l'autosatisfaction.

« Pas cette fois ? », demande-t-il innocemment, comme s'il ne savait pas ce que je veux dire, mais il le sait.

Il sait.

Je me souviens de son pouvoir de manipulateur, mais cette fois ça ne marchera pas. Je ne le laisserai pas faire, jamais.

J'essaie d'ignorer les picotements qui parcourent mon corps en entendant sa voix. Le timbre profond de sa douce voix qui me donne froid dans le dos et je ne peux pas les arrêter. Je fais de nouveau un pas en arrière, je respire profondément et j'essaie de contrôler mes sens.

Il continue à me regarder calmement, comme s'il ne prévoyait pas de me contrôler de nouveau, mais je peux voir à travers lui. Je le connais.

Dumbledore peut penser que l'on peut changer Tom, que je peux le changer mais il a tort. Personne ne peut le changer. C'est déjà un monstrueux manipulateur et rien ne changera ce fait.

Ce n'est pas que je ne veuille pas le changer. Je le voudrais, je le voudrais de tout mon cœur. J'aimerais croire que je peux, que quelqu'un peut le transformer en ce jeune homme tel que je me l'imaginais quand j'écrivais dans ce journal.

J'aimerais croire qu'il ne puisse pas devenir un monstre, mais je sais que je me mentirais à moi-même si j'essayais de le croire.

TJ – Tom Jedusor - TJ

Je peux, dans ses yeux, la voir lutter, et son expression change. Il y a tant d'émotions différentes qui se reflètent dans ses yeux, tant d'émotions à me cacher.

Je regarde la détermination prendre la place de l'incertitude, comment elle affiche un visage dur. Elle s'éloigne de moi, un pas après l'autre, comme si elle n'avait pas assez confiance en elle quand elle est près de moi.

Je vais la laisser prendre ses distances avec moi, la laisser croire qu'elle peut m'échapper, mais elle va bientôt réaliser que personne, et elle ne fait pas exception, ne peut se soustraire à mon pouvoir. Dans peu de temps, elle sera mienne. Elle ne l'a pas encore réalisé mais bientôt elle le fera.

Je dois la tirer de ses pensées. Je souris et ouvre la bouche pour parler.

GW – Ginny Weasley - GW

« Tu as beaucoup changé, Ginny », dit-il avec sa voix mélodieuse, perturbant ainsi le fil des mes pensées. « Tu es devenue très belle, ma douce Ginny. » Ses yeux noirs semblent m'hypnotiser mais je ferme les miens et rassemble mes forces.

« Ne m'appelle pas comme cela », murmuré-je, en colère. « Je ne suis pas ta douce Ginny et je ne le serai jamais ! » Je le fixe en agissant en fait d'une manière plus courageuse que je ne le suis vraiment.

Pendant un instant, la colère apparaît sur ses traits mais il contrôle immédiatement son expression et il me sourit. « Nous ne devrions pas nous disputer. C'est notre première rencontre et nous devrions plutôt en profiter. »

« Arrête de me manipuler, Tom. Cela ne marchera pas cette fois. Je ne te laisserai pas faire ! », dis-je en saisissant instinctivement ma baguette dans ma poche, mais c'est ridicule.

Avant même que ma main se referme complètement autour du bout de bois, Tom est sur moi et me pousse contre le mur. Il me domine et presse son corps contre le mien. Ses yeux noirs me transpercent et pendant un instant ils semblent rougeoyer. Je suis choquée par sa réaction et suis incapable de dire ou de faire quelque chose.

« Nous verrons ta capacité à me résister, Ginny. Des personnes plus âgées et plus puissantes ont déjà essayé et la plupart d'entre elles ont échoué », murmure-t-il d'un ton venimeux.

J'entends le giclement de la cheminée, Tom également. Il s'éloigne immédiatement de moi et chasse son expression pleine de colère puis il regarde Dumbledore qui sort de la cheminée.

« Ah… les enfants. J'espère que vous avez utilisé tout ce temps pour vous parler un peu », dit le directeur en souriant.

Je veux juste lui faire du mal à ce moment-là. Jusqu'à présent, son plan marchait magnifiquement, me dis-je, sarcastique, en essayant de bannir la peur de mon esprit.

Dumbledore nous a condamnés avec son plan. Tout le monde magique va payer le prix de sa folie. J'en suis sûre.

« Nous l'avons fait, monsieur le directeur », répond Tom en souriant.

Je me redresse et prends une profonde inspiration. Je jette à Dumbledore un sombre regard en espérant qu'il en comprendra le sens mais il me sourit tout simplement.

« Nous devons aller au Chemin de Traverse pour vous acheter une baguette, Tom », dit-il d'un ton agréable.

Je secoue la tête, ne voulant pas croire à sa stupidité. Donner une baguette à Tom ? Pourquoi ne pas lui apporter le Ministère et tout le monde magique sur un plateau d'argent ? Tom sait comment utiliser une baguette comme une arme. Oh oui, il le sait…

« Partons-nous ? », demande Dumbledore en m'attendant. Je les suis, lui et Tom, dans la cheminée et j'essaie d'ignorer la manière avec laquelle Tom me regarde. Je ne peux pas supporter la lueur de triomphe qu'il a au fond de ses yeux sombres.

Un instant plus tard, nous arrivons au Chaudron Baveur et nous nous dirigeons dans la rue pleine de monde. Les parents et les élèves sont en train d'acheter les fournitures scolaires et ils s'affairent dans le Chemin de Traverse. Ils sont tous si ignorants. S'ils savaient ce que Dumbledore a fait. S'ils savaient qu'un deuxième Seigneur des Ténèbres arrivera bientôt, ils n'auraient pas l'air si heureux. Ils seraient tous terrifiés comme je le suis.

« J'ai besoin d'aller à Gringotts. Pendant ce temps, vous deux, allez chez Ollivander. Je vous y rejoindrai bientôt », explique Dumbledore calmement.

Tom commence à marcher en direction de la boutique, mais j'hésite et fixe le directeur.

« Mademoiselle Weasley, vous ne devez pas renoncer si facilement. Ayez confiance en vos capacités. Je suis sûr que vous pouvez montrer à Tom qu'il existe quelque chose qui est beaucoup plus importante que le pouvoir. »

Je le regarde, perplexe. Il me sourit et murmure : « L'amour. »

Je ne peux retenir le rire sarcastique qui s'échappe de mes lèvres, mais je ne dis rien. L'amour.

Je me retourne et cours après Tom. Je marche à ses côtés mais pas trop près. Je peux sentir ses yeux sur moi qui me transpercent mais je l'ignore. Je ne vais pas lui donner la possibilité de m'hypnotiser.

Nous entrons dans le magasin d'Ollivander et le vieil homme sort de l'arrière-boutique pour venir nous accueillir. Quand ses yeux bleus tombent sur Tom, il s'arrête de marcher. Ses yeux s'écarquillent et il trébuche en arrière en faisant ainsi tomber à terre plusieurs cartons.

Son visage est blanc comme la craie et il a l'air d'être sur le point d'avoir une crise cardiaque. Il secoue la tête avec incrédulité et se murmure à lui-même. « C'est… c'est… impossible… impossible. »

Je suis son regard et réalise qu'il doit avoir reconnu Tom. Mes yeux s'élargissent mais Tom ne semble pas avoir la moindre inquiétude. Il se contente de regarder l'homme en souriant.

« Le directeur Dumbledore nous envoie pour m'acheter une baguette », explique-t-il finalement.

Ollivander contemple Tom, bouche bée, puis lentement il le désigne d'un doigt accusateur. « Vous… vous… êtes… Vous êtes lui. »

« Je ne suis certainement pas lui », déclare Tom calmement, mais j'entends au son de sa voix qu'il est légèrement en colère. J'espère qu'Ollivander va se taire et qu'il va arrêter d'énerver Tom.

« Je vous reconnais ! Je ne suis pas stupide ! Je suis peut-être vieux mais j'ai une excellente mémoire visuelle. Je suis un bon ami d'Albus. Je sais qui vous êtes. Vous êtes lui. Vous êtes Vous-Savez-Qui ! » Ollivander semble près à devenir hystérique et je me décide à intervenir avant que quelque chose n'arrive.

« Monsieur Ollivander, nous sommes ici parce que Dumbledore nous y a envoyés. Il sera là dans quelques minutes, mais maintenant nous devons chercher une baguette », dis-je et je me force à afficher un sourire sur mon visage. « S'il vous plaît, monsieur. »

Le vieil homme me fixe et fronce les sourcils. « Vous êtes la fille d'Arthur Weasley ? »

Tom laisse échapper un grognement d'impatience derrière moi et je peux sentir ses yeux me faire des trous dans le dos.

« Oui, pouvez-vous, s'il vous plaît, nous montrer quelques baguettes ? », dis-je d'un ton implorant.

Ollivander semble encore soupçonneux. « Vous dites que Dumbledore vous a envoyés ? Je préfère attendre qu'il arrive avant de commencer à vous montrer mes baguettes. »

« Vous voulez cela mais je ne suis pas d'humeur à attendre », siffle Tom en me poussant sur le côté.

Je regarde avec des yeux ronds comment il étend son bras et dirige sa paume vers le haut. Les cartons dans le magasin commencent à s'agiter violemment et le sol sous mes pieds tremble. J'ai du mal à garder mon équilibre. Puis tout cela cesse quand une baguette noire traverse la pièce et va se loger dans la main de Tom. Un sourire plein de satisfaction apparaît sur ses lèvres tandis qu'il prend la baguette et qu'il contemple le morceau de bois, impressionné.

Je ne peux m'empêcher de le regarder bouche bée, émerveillée par le pouvoir qu'il vient d'afficher si facilement et sans baguette. Maintenant qu'il en a une, je ne veux vraiment pas savoir ce qu'il est capable de faire.

Tom penche légèrement la tête et son regard se dirige vers Ollivander puis il pointe sa baguette vers le vieil homme. « Impéro ! »

Les yeux de ce dernier deviennent vitreux et son expression est impassible dans l'attente du commandement.

J'ai le souffle coupé et agrippe fermement le bras de Tom. « Arrête ça ! C'est un Impardonnable ! », lui crié-je dessus.

« Je me souviens qu'il demande habituellement à ses clients d'essayer leur baguette et c'est ce que je suis en train de faire », rétorque-t-il finalement avec une expression suffisante sur le visage. « Que vais-je lui demander de faire ? », me demande-t-il tandis que ses yeux transpercent les miens. Je peux voir comment il savoure le pouvoir que lui procure la baguette. Ses yeux brillent, pleins de triomphe. « Dois-je lui demander de se suicider ? »

« Je pense que vous devriez lever le sortilège », dit Dumbledore qui est entré dans le magasin sans que nous le remarquions. Je soupire, soulagée, et regarde le directeur. L'expression de Tom s'assombrit pendant une fraction de seconde puis il abaisse sa baguette, libérant ainsi Ollivander du sortilège de l'Impérium.

« Bonjour, Ollivander. Désolé pour le problème », murmure Dumbledore en lui tapant sur l'épaule. Ollivander continue à fixer Tom avec horreur, ignorant complètement le directeur et je ne peux pas le blâmer.

« Je pense que vous devriez aller dehors, les enfants. Je dois parler avec Ollivander », dit Dumbledore, et je n'ai pas besoin qu'il me le dise deux fois.

Je me retourne et sors du magasin, ne me préoccupant pas si Tom me suit car je m'en moque complètement. Si la scène dans la boutique n'a pas montré à Dumbledore la dangerosité de Tom, rien d'autre ne le fera. Je ferme les yeux pendant un instant et essaie de me calmer. Quand je les rouvre, Tom se tient devant moi et me fixe intensément.

Je recule légèrement quand il étend sa main pour me prendre le menton, ses yeux me regardent sincèrement. « J'espère que tu n'es pas encore fâchée contre moi à cause de mon comportement dans l'infirmerie. Je ne voulais pas te faire de mal, Ginny. Tu peux me faire confiance. »

Je le fixe au fond des yeux en gardant une expression impassible. Je sais que Tom essaie de nouveau de me manipuler mais je ne suis plus une petite fille de onze ans. Je me souviens des paroles de Dumbledore avant de répondre. L'avenir du monde magique est entre vos mains… Vous… vous seule, pouvez le changer… n'abandonnez pas si facilement.

Je détourne mon regard de peur qu'il ne voie que je mente. « Ne t'inquiète pas, Tom. Je sais que la situation est difficile pour toi. Je ne suis pas en colère », chuchoté-je en fixant un endroit au-dessus de son épaule.

Sa prise sur mon menton s'intensifie pendant un instant comme s'il savait que je viens de mentir puis il retire sa main.

« C'est bon de le savoir, Ginny », déclare-t-il doucement, mais la colère résonne dans sa voix. Il étend son bras et je le prends, ne montrant ainsi pas ma réticence.

Dumbledore sort du magasin et semble content quand il remarque nos bras liés. « Retournons au Chaudron Baveur », suggère-t-il d'un ton léger.

J'acquiesce sans conviction et je laisse Tom me traîner à travers les rues. Je peux sentir ses yeux sombres sur moi durant tout le chemin, m'examinant et essayant d'entrer dans mon esprit.

Ces dernières heures ont confirmé mes pires craintes et je sais que cela ne s'améliorera pas. Le plan de Dumbledore est voué à l'échec.

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Voilà, c'était le deuxième chapitre de cette histoire très sombre.

Que vous ayez aimé ou détesté, merci de me laisser une petite review.

Bisous.

DiagonAlleyParis