Titre : Essences opposées
Disclamer : Les personnages sont de JKR
Rating : M
Paring : Drarry
Résumé : Post Poudlard. Il ne va pas bien et cherche un refuge. Il finit par le trouver. Mais qu'elle sera sa surprise en y trouvant autre chose. Bien plus qu'une simple échappatoire à sa vie sans sens.
Note : Présence de slash, donc homophobes s'abstenir.
Je ne tiens pas totalement compte du Tome 7, ne l'ayant pas encore lu (honte à moi --")
Chapitre 1 : Souriez, vous êtes observés !
Une petite menotte tira sur le pantalon qui se trouvait devant elle. Elle tira d'un coup sec, manquant de faire glisser le tissu des hanches de l'homme.
- Papa ! Papa !
L'interpellé se pencha et attrapa son fils qui lui réclamait de l'attention. Il lui fit un bisou sur la joue et frotta son nez contre le sien.
- Qu'est-ce qui y a James ? Demanda-t-il.
- Abus me voye mes zouets ! Protesta le bambin en montrant du doigt son jeune frère.
- Il le fait pas exprès.
- Mais Abus missant !!
L'homme reposa son fils par terre et s'avança vers le plus petit, Albus, qui venait tout juste d'avoir un an. Il s'assit à côté de lui et tenta, par une manœuvre diplomate, de restituer le jouet à son vrai propriétaire. Seulement, Albus ne l'entendait pas de cette manière et refusait de céder. James, d'un an son aîné, se mit à le gronder très fort, et tira sur le hochet rouge pour le récupérer.
Leur père ne savait plus quoi faire. Il n'aimait pas les conflits, et détestait les régler. Albus pleurait et tapait son frère avec la poignée du hochet, alors que l'autre criait et tirait sur ses cheveux tout en le mordant, pour le faire lâcher prise.
- Harry !! Les garçons se battent encore !! Cria une voix féminine, de la cuisine. Sépare les !!
Ledit Harry soupira, attrapa le plus jeune sous le bras et le mit à hauteur de son visage.
- Tu rends le jouet à ton frère tout de suite ! Déclara-t-il d'un ton sec et autoritaire.
Cela fit taire Albus sur le coup. Mais sa lèvre inférieure tremblotait et il repartit de plus belle, pleurant et criant, tout en appelant sa mère.
Enervé, Harry reposa l'enfant au sol et cria :
- Mais tu vas te taire !! C'est pas en gueulant que ça ira mieux !! Merde !
James, qui regardait la scène, trembla et suivit son cadet dans ses pleurs. La voix de son père l'avait effrayé, et il laissait éclater sa peur.
- Mais taisez-vous bordel !! Est-ce que moi je gueule comme vous !! NON !!
- Qu'est-ce qui se passe ? Intervint la femme de la maison.
Aussitôt qu'elle arriva dans le salon, James courut se réfugier dans ses jambes et Albus le suivit à quatre pattes. Elle attrapa ses fils et les câlina, tentant de les calmer. En même temps, elle lança un regard noir à son mari.
- Quoi !? S'exclama-t-il. J'ai rien fait.
- Non, mais tu l'aurais fait si je n'étais pas arrivée.
- Pas ma faute si ils braillent pour un rien c'est deux là aussi. J'espère que la fille le sera pas.
- Notre fille sera comme elle sera, et c'est tout, répliqua sa femme en passant sa main sur son ventre rond.
Elle était enceinte de son troisième enfant, une fille pour une fois. Son ventre ressortait déjà bien, montrant l'avancée de la grossesse, cinq mois.
- T'es sûre qu'elle est de moi au moins celle là ? Hein Ginny !
- Bien sûr !! Je ne t'ai jamais trompé, tu le sais.
- Parce que je me souviens pas avoir couché avec toi à cette période.
- Et tu sais très bien pourquoi !!
Ginny emmena ses fils dans la cuisine et leur proposa un gâteau. Elle leur demanda de rester sagement dans la pièce et de ne pas en sortir. Les deux petites têtes brunes acquiescèrent, alors qu'elle retournait voir son mari dans la bibliothèque.
- Harry tu deviens de plus en plus malade !! Tu prends bien les potions que le Docteur Farsien te donne ?
- Non, marmonna Harry en s'asseyant lourdement dans un fauteuil.
- Mais merde Harry ! Comment veux-tu être calme si tu ne suis pas ton traitement.
- Tu sais ce que je lui fais à ce docteur, je l'encule, et bien profond. Ses potions c'est de la merde, ça marche pas.
- Il faut aller le revoir pour lui expliquer, et trouver un nouveau traitement.
- Te casse pas le cul Ginny, je l'ai trouvé moi, ce nouveau traitement. Faut juste que j'aille en redemander.
Ginny écarquilla les yeux, et s'assit en face de son mari. Ce dernier avait sorti son attirail pour fumer. Feuilles, marijuana, cocaïne, briquet. Il se roula son joint, appelé aussi Space Skunk, devant sa femme, et le porta à ses lèvres. D'une main tremblante, il l'alluma et aspira la première bouffée. Aussitôt, ses muscles se décontractèrent et il se laissa choir dans le fauteuil.
- C'est quoi cette fois ? Un simple joint ou y a autre chose ? Demanda Ginny.
- Pourquoi, t'en veux ? Proposa Harry, un sourire sur les lèvres.
- Tu m'énerves à fumer cette merde. Ça allait quand on était jeune et con, après la guerre, pour vivre notre liberté. Mais là, merde tu as 27 ans, t'as plus l'âge. T'es père Harry, père !! Tu vois l'image que tu renvoies à tes enfants !!
- Ils sont pas là, ils voient rien.
- Demain tu vas à St Mangouste, que tu le veuilles ou non.
Elle se leva, tout en rejetant la fumée de sous son nez.
Mais alors qu'elle allait passer la porte, cette dernière se referma devant elle, la magie d'Harry crépitant dans la pièce. D'une voix calme et posée, le brun reprit :
- Si tu m'y emmènes, je vais m'énerver chérie. Tu as envie que je m'énerve ?
La jeune femme trembla, un frisson parcourant son épine dorsale. Les souvenirs de la dernière colère de son mari lui revenaient en tête. C'était il y a cinq mois ...
- No ... non, bégaya-t-elle.
- Bien, alors tu sais ce qu'il te reste à faire.
- Ou ... oui, bonne nuit Harry.
- Mon bisou ?
Elle revint vers son époux, posa rapidement ses lèvres sur les siennes, puantes, et repartit chercher ses fils qui l'attendaient sagement dans la cuisine. Elle les coucha, prit une rapide douche brûlante et se coucha dans son lit froid, vide du corps de son amant. Elle passerait une nouvelle nuit seule.
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Il y avait des jours comme ça, où l'on pensait que tout allait mal. Il y avait le regard des autres, les murmures sur son passage, les regards noirs, tant de choses qui blessaient. Et puis une nouvelle catastrophe venait combler cette monstrueuse journée. Parfois bénigne, parfois horrible. Et c'était dans ses moments là que l'on souhaitait une échappatoire.
Une jeune femme blonde traversa le salon à grandes enjambées. Elle n'en pouvait plus. Voilà un an qu'ils étaient trois, un an qu'en fait ça ne faisait que deux. Et cela devenait invivable. Au début, elle avait cru que ce n'était que passager, qu'une phase post-naissance. Mais les mois étaient passés, et la situation ne s'était pas améliorée. Au contraire ...
Sa magie crépitait dans toute la maison, faisant trembler les murs et les tableaux de la famille. Sa colère grandissait de plus en plus. Surtout en entendant son unique fils d'un an réclamer les bras de son père. Depuis que Scorpius était né, son mari ne s'était jamais occupé de lui. C'est à peine si il le regardait. Pourtant, il semblait heureux d'avoir enfin un enfant. Mais, rapidement, il s'était enfermé dans son laboratoire et n'en sortait que pour subvenir aux besoins de son corps. Le reste du temps, il s'isolait dans cette pièce noire et fabriquait des potions de toutes sortes.
La lourde porte en bois massif claqua, s'ouvrant sur un jeune homme blond, les cheveux longs attachés en queue de cheval, le visage penché sur un chaudron, les traits crispés. Il ne sursauta même pas sous la violence du choc. C''est à peine si il détourna le regard.
- Ton fils te réclame Draco ! Tu vas te décider à sortir enfin de cette pièce ? Ou il va falloir que je te traîne par la peau du cul ?
- Astoria, ton langage est ... vulgaire, déclara son mari, sans la regarder.
- Tu sais ce qu'il te dit mon langage ! Cria-t-elle. Merde, il te dit merde ! C'est vrai quoi, je te demande pas de t'occuper tout le temps de ton fils ... mais au moins de temps en temps. Je croyais ... je croyais que tu serais différent de ton père.
Draco se crispa sous ses dernires dires.
- Je le suis, marmonna-t-il, sentant la colère monter à l'évocation de son enfance et de son père. Moi, je ne le bats pas, ne lui lance pas des Impardonnables.
- C'est vrai ... Tu es pire en fait, tu es pire que Lucius. Tu n'accordes même pas une seule attention à ton enfant. Tu me dégoûtes Draco, tu me donnes envie de vomir, cracha-t-elle.
- Alors va dans la salle de bain pour faire ça, je travaille sur une importante potion, et je ne veux pas la rater. Maintenant, laisse-moi tranquille.
La jeune femme sortit du laboratoire et retourna auprès de son fils qui pleurait en réclamant toujours son père. Malgré que ce dernier ne s'en occupe jamais, l'enfant avait besoin de sa présence.
Astoria souleva Scorpius, l'embrassa sur la joue, et tenta de le consoler. Elle ne comprenait plus son mari. Que lui était-il arrivé, pour qu'il agisse de la sorte ? Lui si aimant auparavant, si attentionné ... pourquoi était-il devenu si froid et distant avec le reste du monde ? Et pourquoi depuis la naissance de leur fils ?
Il avait semblé si heureux lorsqu'elle lui avait annoncé la nouvelle. Etre père était dans la continuité de son bonheur, de sa nouvelle vie après toutes les horreurs de sa famille. Lui si triste, si volage, semblait enfin vivre, goûter au bonheur. Jusqu'à la naissance de Scorpius. Mais à croire que le passé rattrape toujours le présent ... et même parfois le futur.
Devant sa préparation, Draco épongea son front ruisselant. Un peu plus et il aurait dû tout recommencer. Sa femme avait toujours le don pour venir le déranger lors de moments importants, et pour lui parler en plus de choses futiles. Certes, il ne s'occupait pas de son fils, mais au moins il ne lui nuisait pas.
Il avait pensé que le mariage et la création d'une famille créeraient son bonheur. Futile illusion. Voilà près de deux ans qu'il était marié, et sa vie n'avait jamais été joyeuse. Pourtant, aux yeux de tous, il le semblait. Il souriait, rigolait, sortait ... il était devenu plus sociable. Mais dans son cœur, au plus profond de lui, il savait pertinemment que les mensonges envahissaient sa bouche et son regard, jusque dans ses moindres gestes. Menteur, durant une année entière il avait porté cette marque dans sa peau ... et puis il n'avait pu plus. Et il était retourné dans son sombre laboratoire, le regard rivé sur ses potions.
Sa vie ne se résumait plus qu'à cela. Il allait même jusqu'à dormir dans son atelier, s'isolant de tout. Peu importe la commande, il réalisait la potion, qu'elle soit autorisée ou non pas le ministère, dangereuse ou pas. Son seul plaisir se trouvait dans leurs préparations. Car il y était le maître incontesté !!
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Lorsque Harry arriva au Ministère, un immense sourire ornait ses lèvres. Les gens sur son passage le saluaient, lui souhaitant une bonne journée. Il recevait des félicitations pour sa femme enceinte et les remerciait à chaque fois. Pourtant, même si il semblait heureux, ses yeux pleuraient, invisibles, et inondaient son cœur.
Mais personne ne s'en rendait compte. Qui l'aurait pu de toute façon ? Sa vie était parfaite. Il n'avait plus aucune menace au-dessus de sa tête, il était marié, avait deux fils, et une fille en route. Il dirigeait avec brio la section des Aurors ... la vie lui souriait enfin. Et même lui se disait la même chose ... et pourtant il ne se sentait pas heureux. Et, alors qu'il se dirigeait vers les ascenseurs, continuant de sourire, une nausée le prit, suivie rapidement par une autre. Un goût acre se répandit dans sa bouche, alors qu'une odeur morbide semblait l'envelopper.
C'était comme ça depuis presque une semaine, et il savait parfaitement pourquoi. Après avoir baigné dans un océan de plénitude, le retour sur terre avait été très douloureux, autant pour le corps que pour l'esprit. Il était rentré chez lui, après une semaine d'absence et s'était rapidement couché. Le lendemain, au réveil, tout lui avait semblé plus beau, meilleur à vivre. Et quand il prenait un petit verre de vodka ou un simple joint, il re-goûtait à chaque fois à son paradis. Oh, il ne s'y retrouvait pas, mais les sensations de jouissance éternelle et de rêves enfantins revenaient. Oui, il croyait pouvoir enfin espérer vivre.
Car, même si il ne le montrait pas aux autres, il était resté un survivant. Seule sa femme s'en était rendue compte, surtout à cause de ses excès de violences et ses crises de folies. Mais elle avait juré de garder le secret, et de toute façon, un sort l'empêchait de parler du véritable état de Harry. C'est pourquoi, même les amis les plus proches de son mari ne se doutaient pas de cette souffrance interne.
Seulement, tout était redevenu rapidement à la normale, comme avant. Harry s'était remis à crier sur ses enfants, jusqu'à parfois les punir injustement, voire même les frapper. Il ne les battait pas, loin de là, mais une gifle ou une fessée partait rapidement pour une infime bêtise. Et souvent, après ça, pour éviter le pire, il partait de leur maison. Celle qui subissait le plus de frais était indéniablement Ginny. Il n'était pas rare qu'elle se fasse insulter, menacer de coups, et même pire. Et elle savait pertinemment, qu'il pouvait vraiment passer à l'acte. Alors elle obéissait, se taisait, encaissait. Au fond d'elle, elle avait toujours l'espoir que ça s'arrangerait ... elle l'aimait toujours malgré ça.
Aujourd'hui, tout était redevenu fade, sans sens. A croire que plus rien n'avait d'importance. Et c'était même pire qu'avant. Comme si le fait d'avoir vécu le meilleur, rendait le banal horrible.
Combien de fois avait-il voulu se jeter d'en haut d'un immeuble ?
Combien de fois avait-il manqué de faire exploser sa maison ?
Combien de fois avait-il regardé le monde tout en crachant dessus ?
Trop … pire qu'avant cette potion.
L'ascenseur s'arrêta devant lui, et ses portes s'ouvrirent. Aussitôt une foule entra à l'intérieur, suivit par une multitude de notes de services. Il repensa à tout ce qui l'avait emmené à cette potion. Voilà un peu plus de six mois qu'il l'avait découverte, un peu par hasard.
Par un matin d'hiver, une jeune femme était venue se plaindre de son voisin qui pratiquait des activités illégales. En effet, le vieil homme revendait des objets de magie noire aux plus offrants. Après une perquisition, Harry et son équipe avaient trouvé vraiment de tout. Mais ce qui avait intéressé le brun n'était autre qu'un simple coffret en bois blanc. Sa lumière l'apaisait étrangement, et il avait l'odeur de la libération divine. D'une main habile, il l'avait subtilisé, rendant sa connaissance inconnue de tous. Une fois chez lui, il avait enfin pu l'examiner plus précisément, et quelle n'avait pas été sa surprise en … ne découvrant rien à l'intérieur. Pas de parchemin, pas d'objet, même pas de gravure. Tout était lisse. Seul l'extérieur était finement décoré par des opposés. Lune et soleil, anges et démons, sourires et pleurs. Mais il était resté persuadé que ce coffret renfermait un grand trésor. Ses doigts avaient parcouru les reliefs, alors qu'une douceur et une chaleur sourde mais bienfaisante s'étaient insinuées en lui. Ses secrets seraient bientôt à lui … il l'avait senti, il le voulait. Ce soir là, il n'avait pas crié sur Ginny, et était même allé jusqu'à bercer ses fils dans leurs lits.
Promesse d'avenir meilleur ? Ginny y avait cru.
Seulement, le lendemain, tout était redevenu à la normale. Harry, de bon matin, avait déjà fumé deux blunts et prisé deux lignes. Alors qu'il avançait dans le salon, il avait trébuché sur une peluche et commencé immédiatement à s'énerver. Sa femme ne pouvait pas ranger les jouets de leurs enfants, surtout en restant toute la journée à la maison ! Il s'était mis à serrer les poings et les dents, tentant de maîtriser sa colère grandissante. Et au moment où elle allait éclater, son regard s'était alors posé sur le coffre blanc. Il luisait de toute part, brillant comme un soleil de minuit, vibrant comme un appel muet. Harry s'était rapproché et l'avait saisi entre ses mains tremblantes. Après ça, il s'était évanoui et l'avait rencontrée … cette personne magnifique … une aura de pureté et de perfection. Elle ne lui avait murmuré que quelques mots, mais il en avait frissonné comme jamais.
"Antagonis … l'oublié de l'extase."
Lorsqu'il s'était réveillé, il se trouvait dans une grotte, seul et nu. D'un rapide lumos, il avait éclairé l'endroit. Une odeur salée lui était parvenue et il avait deviné les vagues s'écrasant contre la falaise. Mais cela n'avait toujours pas expliqué le pourquoi du comment. Etrangement, il s'était senti bien, serein, comme s'il avait enfin fait la paix avec lui-même. Ses doigts avaient retracé les dessins peints sur la pierre, les mêmes que sur le coffret. Jusqu'à ce qu'il arrive au bout, là où des mots étaient ancrés dans la roche immuable … Antagonis, oublié de l'enstase. Les mots murmurés, une chaleur s'était répandue dans ses reins et son dos. Un liquide s'était mis à couler contre sa chair. Curieux, il l'avait touché et porté à sa bouche. Métallique, avec un arrière goût de terre et de sel. Immédiatement, il avait su … mais il n'avait pas lutté. Quand ce fut fini, il avait soupiré d'aise. De légers picotements l'avaient démangé, et la sensation du sang séché contre sa peau, et surtout entre ses fesses, l'avait un peu dérangé. Il avait transplané chez lui, où il n'y avait personne, et cela l'avait bien arrangé, d'ailleurs. Sans réellement se presser, il s'était dirigé vers la salle de bain … où il avait enfin découvert la raison du sang sur lui.
Dans son dos, gravés comme au couteau, nets et précis, des mots se suivaient. C'était écrit trop petit pour qu'il arrive à lire correctement. Alors il avait pris une photo de son reflet carmin. Puis, ne voulant pas attirer l'attention sur cela, il avait lancé un sort de camouflage et s'était rhabillé.
Après cela, il avait enfin lu le texte en sang, l'agrandissant au préalable … une liste d'ingrédients, des informations pour les trouver et les utiliser, et toutes les instructions pour les utiliser en potion. Il venait de trouver la formule d'une potion … L'Antagonis.
Une main se posa sur son épaule et il sursauta. Trop plongé dans ses souvenirs, il n'avait pas vu, ni entendu son collègue le rejoindre.
- Encore fait des folies cette nuit Potter, rigola le jeune homme. Faut dormir. En plus il parait qu'on a une affaire urgente à voir.
- Désolé Dermon, je rêvais.
Et quel beau rêve …
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Une goutte de sueur, traîtresse, coulait le long de sa tempe gauche. D'un rapide revers de main, Draco l'essuya et replaça une mèche de cheveu blond, derrière son oreille. Il était en train de verser les quinze larmes de vampire à cinq minutes d'intervalle chacune. Ses gestes étaient précis, parfait … tel le maître qu'il était. La dernière goutte tomba, et il attrapa aussitôt les épines de Mimbulus mimbletonia, au nombre de trois, et les jeta dans le chaudron, tout en mélangeant à une vitesse de neuf seconde par tour. Le moindre écart aux instructions, et tout serait à refaire.
Après cinquante tours à cette allure, la couleur de la mixture devint d'un gris argenté, signe de la réussite de cette étape. Satisfait, le jeune homme baissa le feu et retourna devant sa table, pour préparer la suite des ingrédients. Il devait maintenant passer à l'extraction du pistil et du nectar de la Dénémase. Cette fleur d'une rareté extrême, ne se trouvait qu'en pleine forêt amazonienne, à la frontière du Brésil et du Pérou. Seule la tribu vivant dans cette région savait où la trouver, et comment la cueillir.
Draco, dès qu'il avait lu cet ingrédient sur le parchemin, donné par une de ses meilleures clientes, avait laissé éclater un rire grave. Se procurer cette fleur n'était pas chose facile, il fallait passer des épreuves dans la tribu et les réussir, pour avoir le privilège de repartir avec une de ces merveilles. Mais, il ne savait pas trop comment d'ailleurs, des indices sur la façon de réussir ce test, étaient inscrits aux côtés du nom de l'ingrédient. C'est donc avec une facilité déconcertante pour la tribu d'indiens, qu'il avait réussi chaque épreuve, et avait ramené la Déménase à son manoir.
Avec une lenteur extrême, Draco attrapa la Dénémase et la porta à son nez, son parfum unique était envoûtant. Les pétales d'une finesse incroyable, semblaient presque transparents. En son cœur, le pistil était noir, comme la couleur de son nectar d'ailleurs. Délicatement, il se mit à l'œuvre pour récupérer le pistil dans son intégralité, sans l'abîmer. C'était difficile, la plante était très fragile, mais il avait la patience et la précision pour réaliser cette opération. Après cela, il recueillit le jus noir, jusqu'à la dernière goutte. Si la fleur était parfaite et n'avait pas été abîmée, il devait y en avoir treize.
Son regard se posa sur la potion en cours, dont la couleur devenait de plus en plus clair. Dans 7 heures, 29 minutes et 41 secondes, il pourrait ajouter le pistil, suivi par les treize perles noires, juste avant d'ajouter le tout dernier ingrédient, le seul qui lui était inconnu, qu'il ne pouvait pas se procurer par lui-même … un cheveu du destinataire.
Epuisé par toutes ces heures passées au dessus de son chaudron, à préparer la potion, Draco s'assit dans son fauteuil et soupira. Il comprenait mieux pourquoi cette potion était inconnue, sa complexité était sans égale. Comme tout maître potionniste, il connaissait son existence, mais n'y croyait pas réellement. Nombreux dans le passé, avaient tenté de découvrir sa fabrication, mais aucun n'y était arrivé. Le souvenir était devenu un rêve, le rêve une légende, la légende un mythe. Depuis des siècles, plus personne ne parlait vraiment de cette potion, même si l'on continuait de la citer dans les anciens livres de magie.
Il repensa à la femme aux cheveux blancs qui lui avait amené le parchemin, un soir de nouvelle lune. Elle semblait terrifiée, et réclamait que cette potion soit réalisée dans les plus bref délais. Lorsqu'il avait lu le nom, en haut, son cœur avait raté un battement. Bien sûr, sa cliente avait refusée de lui donner le nom de celui qui lui avait donné la composition de l'Antagonis.
Au début, il était resté un peu septique, et si c'était un mauvais tour … Mais après plusieurs jours à la recherche des différents ingrédients, et l'exactitude des information et annotations présentes, il y avait cru. La potion avait été réalisée, et même utilisée … puisque la femme était revenue trois semaines après, pour qu'il fabrique à nouveau cette potion … à sa plus grande surprise.
Son utilisation était sensée être unique, à moins que le sort n'échoue, ou que la personne ne se perde dans son paradis et oublie de prononcer le mot délivreur … et en même temps enchaînant.
Il se demanda ce que serait son paradis à lui … si il utilisait l'Antagonis. Peut-être que la solution était là … ou peut-être pas … Après tout, il n'y avait aucune preuve sur les effets réels de cette potion. Et il n'était pas encore assez fou ou désespéré pour s'y risquer. Même si le froid mordant n'avait plus de prise sur lui, même si ses sens étaient perdus dans un abysse sans fond. Il ferma les yeux et tenta de trouver un peu de sommeil … d'apaiser son corps endolori.
Mais il y avait comme toujours ce battement de cœur irrégulier, ce serrement dans la poitrine, cette nausée … non ça n'allait pas. Noir, froid, tranchant, c'était comme une maladie qui le rongeait de l'intérieur. Fossé sans fond, labyrinthe dans l'obscurité et il s'y était perdu. Il avait beau essuyer ses larmes comme un enfant, il n'arrivait pas trouver la sortie de ses cauchemars. Tout devenait froid, silencieux et sans vie. Et pourtant il l'entendait encore, il battait dans sa poitrine et lui rappelait qu'il ne rêvait pas. Tout ça était bien réel.
Lorsque le Lord noir était mort, sa famille avait été reconnue comme utile à la guerre, mais les regards continuaient à être perfides et noirs. Alors Lucius avait demandé à son unique héritier de redorer le blason de la famille en épousant une femme de sang-pur et du côté de la lumière. Seulement, Draco ne voulait pas.
La guerre lui avait tellement pris, et son père voulait lui prendre sa liberté sur ce choix également. C'est comme ça qu'il partit de chez ses parents et n'épousa une femme qu'à ses vingt-cinq ans. Astoria. Ils firent l'amour une seule et unique fois, pour consommer leur union, et son fils fut ainsi conçu. Depuis, il n'y arrivait plus.
Durant sept ans, il avait cherché ce qui pourrait le rendre heureux. Il avait parcouru le monde, découvert des cultures et des civilisations toutes plus étranges les unes que les autres. Son savoir en potion était devenu grandiose, même si il n'avait aucun diplôme. Il avait bien essayé d'étudier, en vain.
Et puis, il était retourné à Londres, avait rencontré Astoria et l'avait épousé.
La suite était sans grand intérêt.
Fade …
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Harry entra dans son bureau et salua ses collègues d'un mouvement de tête. Apparemment, une nouvelle affaire intéressante venait d'arriver. Mais même ça ne provoquait plus l'excitation d'autrefois. Une mission de plus, c'était tout.
Il travaillait parce qu'il le devait, on comptait sur lui, mais c'est tout.
- Harry ! Harry ! Cria une jeune femme aux cheveux d'un rouge flamboyant. On vient de recevoir un courrier d'une personne anonyme qui dénonce un sorcier noir. Apparemment il fabriquerait des potions de toutes sortes, mêmes interdites par le Ministère.
- Bien. Alors tout le monde au travail. Pourquoi j'ai un troupeau dans le couloir et personne en train de bosser !?
Aussitôt, tout le monde se mit à œuvrer à sa tâche. Harry était autoritaire, mais c'était son devoir en tant que chef des Aurors aussi.
Le jeune homme soupira et pénétra dans son bureau où une tonne de papiers l'attendait.
Il se moquait bien de ce sorcier. Il ne voulait qu'une chose, que sa fournisseuse revienne avec la potion de l'Antagonis, pour plonger dans son monde et ne plus jamais y revenir.
Juste ça … juste son monde, sans rien, n'y personne.
Coucou tout le monde !!
Je n'ai pas répondue aux reviews car je n'ai toujours pas internet chez moi et c'est dur de répondre là où je suis. Mais sachez que j'ai lu toutes vos reviews et que c'est un plaisir de voir vos réactions.
Un grand merci à Pil' et ma banane pour me lire et me donner leurs avis.
Et à vous tous pour me lire et me laisser vos impressions.
