Le vent.
Le vent chaud sur mon visage et dans mes cheveux, j'adorais ça.
Depuis tout petit. Même mes autres confrères grecs n'aimaient pas autant que moi. Et pourtant, et pourtant, l'un de mes meilleurs amis était le chevalier du froid. Il pouvait produire un froid si intense que personne à part lui et ses disciples, ne pouvait supporter. Mon enfance avait été courte car pendant six longues années, j'avais appris à devenir chevalier d'or au service de la déesse Athéna. Avant de partir pour ce long entraînement sur une île dont je porte le nom, je me trouvais avec mes futurs camarades d'or dans l'enceinte du sanctuaire. Les cours qu'on nous donnait été intéressants mais… mes camarades et moi, enfin certains, trouvions toujours une bêtise à faire. Les punitions pleuvaient sur nous mais avec le temps, nous finîmes par nous assagirent.
Nos années d'entraînement nous calmèrent grandement et le fait que nous soyons loin les uns des autres aida grandement. Lorsque nous revîmes tous sur le domaine sacré, nous avions tous changés et étions devenus plus responsables.
Le seul truc où je n'arrivais pas à m'assagir était les hormones de l'adolescence. Je multipliais les conquêtes et j'eus très vite un tableau de chasse bien garnie. Il n'y avait que deux personnes parmi les femmes que je n'avais pas touchées : Marine et Shaina. Non pas que la première me déplaisait, mais je la laissais pour mon meilleur ami Aiolia qui en pinçait pour elle. Par rapport à la deuxième, elle, comment dire…, elle m'impressionnait sur beaucoup de choses et moi, scorpion très extraverti, non pudique…, j'étais intimidé par cette femme chevalier. Jamais je n'avais osé l'aborder si bien que je ne faisais que la regarder de loin, même lorsque j'étais encore apprenti.
Certains de mes amis or se moquaient de moi mais je m'en fichais. J'avais fini par me confier à mon meilleur ami qui ne cessait de me pousser vers elle. Plusieurs fois, il avait essayé de provoquer une rencontre entre elle et nous mais à chaque fois, cela tombait toujours à l'eau. Plusieurs autres de mes frères me poussaient également vers elle mais j'étais tellement impressionné par elle que beaucoup de tentatives échouèrent. Puis un jour, une aide inattendue survint : Marine.
Elle discuta avec moi pendant beaucoup de temps sur ce que je ressentais vraiment et une fois qu'elle fut convaincue de la force et de la pureté de mes sentiments, elle m'expliqua son plan. Il me fallut plusieurs semaines pour me préparé, malgré la jalousie qui commençait à fleurir chez Aiolia, et je décidai d'agir le jour de la fête de la musique.
Comme prévu, ce jour-là, je me rendis dans les baraquements des femmes, ne faisant pas attention à celles qui m'entouraient. Plus j'avançais vers ma destination, plus je sentais mon cœur battre. Le stress me rendait les mains moites et j'avalais plusieurs fois ma salive. Au bout d'un moment, je les aperçues et m'arrêta juste un instant pour prendre du courage. Alors que je m'avançais à leur rencontre, je pus voir la surprise sur son visage. Cela me donna un tout petit peu plus de confiance en moi mais j'étais aussi mal à l'aise qu'elle surtout lorsque Marine nous laissa.
Hésitant, je commençais à parler à celle que j'aimais et je vis qu'au fur et à mesure, elle se détendait. J'en profitai pour lui proposer de venir faire un tour à la fête de la musique qui se déroulait dans les rues d'Athènes. Quelques minutes passèrent et elle ne me répondait toujours pas. Une once de tristesse m'envahis et je commençai à partir, n'espérant pas de retournement de situation lorsque soudain, j'entendis sa voix et son choix. Je me retournai vers elle, un immense bonheur m'envahissant, et c'est côte à côte que nous descendîmes en ville.
Elle n'avait pas enlevé son masque, ce qui était dommage. J'étais néanmoins flatté d'avoir une discussion « normale » sans que j'utilise ou dise des conneries. Avec sa présence à mes côtés, j'étais plus sérieux, plus attentif et protecteur que je ne l'aurais jamais imaginé. La musique qui parvenait à nos oreilles, était par moment drôle, décevante ou envoûtante. Sur une douce musique, je la pris par la main et l'entraîna danser. Elle était surprise mais se laissa aller au fur et à mesure. J'avais l'impression qu'on était seuls au monde. La chanson s'acheva et je lui offris un rafraîchissement et lui demanda également ce qu'elle voulait manger. Je commandai nos repas puis l'entraîna vers un endroit que peu de personnes connaissaient. Elle resta émerveillée pendant un long moment, ce qui me permit d'aller chez un fleuriste que j'avais remarqué pas très loin. Au bout d'un moment, alors que j'étais toujours chez le fleuriste, je sentis qu'elle s'inquiétait et qu'elle fut soulagée lorsqu'elle me vit revenir. Cachant le bouquet que je tenais dans mon dos, je fis semblant d'avoir du mal à m'asseoir et lorsqu'elle rigola, je tombai encore plus sous son charme. Elle avait un rire magnifique et sa beauté n'en était que décuplée. Timidement et rougissant légèrement, je lui tendis ce que j'avais acheté et rien ne me fit plus plaisir lorsqu'elle l'huma et qu'elle découvrit le petit coffret qui contenait un bijou que ma mère m'avait laissé avec un simple mot « fais-en bon usage ».
Alors que Shaina le contempler, je le pris et lui passa autour du cou en lui disant qu'elle était ravissante avec. Je savais qu'elle voyait que j'étais intimidé mais je m'en fichais. Pour, sans doute, changer de sujet, elle me demanda comment je connaissais l'endroit où je l'avais amené. Je lui répondis et finalement nous restâmes jusque tard dans la nuit. Avec regret, je lui annonçai qu'on devait également rentrer au sanctuaire et lorsqu'elle me posa la question du pourquoi je ne voulais pas rentrer, je lui répondis simplement que j'aurais préféré rester avec elle. Ma réponse l'avait laissé sans voix et c'est silencieux que nous commençâmes à repartir vers le domaine sacré. A mesure que l'on approchait, je ne pus me retenir de la complimentée tout en lui avouant légèrement mes sentiments et en osant lui prendre la main. Arrivés devant chez elle, je fis quelque chose qui la surprit tout autant que moi. Je soulevais doucement son masque sans l'enlever et l'embrassa. Ce léger contact déclencha une multitude de sensations en moi et je sentais que je ne pourrais jamais m'en défaire. Je finis par interrompre le baiser, déçus mais ravi et commença à m'éloigner à reculons puisque je ne voulais pas paraître impoli en lui tournant le dos. A un moment, elle me surprit lorsqu'elle posa le bouquet à terre et qu'elle courut se jeter dans mes bras. Alors que j'étais déjà bien étonné, elle me prit par surprise en enlevant son masque et en m'embrassant. Je finis par poser mes mains sur ses hanches et continua de l'embrasser jusqu'à ce qu'on ait plus de souffle. Nous nous séparâmes de quelques centimètres et nous décidâmes d'en rester là pour le moment malgré le fait qu'on ne le voulait absolument pas intérieurement. Elle me regarda partir et rentra chez elle tandis que je continuais mon chemin jusqu'à mon temple tout en repensant à cette magnifique journée. J'atteignis mon temple silencieusement et, bien que me mettant au lit, je ne trouvai pas le sommeil. Le lendemain, je ne pus pas aller la voir. Parce-que je ne pouvais pas et aussi pas je ne voulais pas m'imposer. Mes frères me charriais mais je sentis nettement la jalousie et la colère chez l'un d'entre eux : Aiolia. Intrigué, je lui en demandai la raison et ce qu'il me dit me stupéfia. Cloué sur place pendant quelques minutes, je réagis vertement et notre altercation finie par prendre la forme d'un combat de nature agressive dans l'une des arènes. Concentré dans notre lutte, aucun de nous deux ne vit Shaina arrivée en courant. Elle se plaça devant moi et enleva son masque. Pourquoi ? Je ne le vis qu'à la dernière minute et n'eus pas le temps de la poussée pour la protéger. L'attaque la toucha dans le dos et elle tomba dans mes bras alors qu'en même temps que Marine, je poussais un cri. Le poids de son corps me fit tomber à genoux, et c'est des larmes roulant sur mon visage que j'accédai à sa demande : un baiser. Tout en la regardant dans les yeux, je lui murmurais que je l'aimais et sa réponse me combla de joie. Lentement, je vis l'étincelle de vie s'éteindre dans ses yeux et bientôt, ceux-ci se fermèrent à jamais.
Je la tenais toujours contre moi, la serrant un peu plus fort. Je ne sais combien de temps se passa mais j'étais incapable de faire autre chose que de l'avoir dans mes bras. Soudain, deux mains se posèrent sur mes épaules : Marine d'un côté, qui avait enlevé son masque, et de l'autre : Athéna.
