Voila donc le chapitre 1 de la fanfiction \o/ Merci à Elan du Lac pour sa review, ça m'a fais plaisir ^-^ C'est motivant !

Allez, je vous laisse lire !


Samedi 17 Octobre 2015, vers 2 heures du matin.

Ses pas résonnaient monstrueusement fort dans la ruelle. Maudites chaussures de ville. Son regard perçant et inquiet furetait tout autour de lui, convaincu que d'une minute à l'autre des passants allaient débarquer. Personne. Son chargement l'empêchait de marcher normalement et commençait à presque lui faire regretter toute sa mise en scène. Presque. Un sourire carnassier étira ses lèvres fines. Sa mise en scène allait être parfaite, du grand art ! Un rire faillit lui échapper. Se serait bête de se faire repérer avant d'avoir pu accomplir son œuvre ! Ses pas s'arrêtèrent finalement et un regard circulaire lui apprit que l'endroit était parfait pour son tableau.

Lentement, la silhouette se délesta de son fardeau et entama la mise en scène, ouvrant sans ménagement le sac de sport qu'elle avait emmené en plus de la pièce maitresse. L'inconnu fouilla avidement à l'intérieur puis un sourire éclaira son visage tandis qu'il se relevait, armé de pots de peinture et de quelques pinceaux. Il murmura d'une voix sourde, comme pour se donner du courage

- « Allez… Ton tableau sera un des plus beaux.

L'inconnu souri et entreprit de commencer son œuvre.

Une heure plus tard, lorsque son travail fut achevé, un flash éclaira la scène d'une vive lumière blanche. La silhouette se déplaça légèrement de coté, chercha minutieusement un nouvel angle avant de presser à nouveau le déclencheur de l'appareil. Elle mitrailla soigneusement le tableau qui s'étalait face a elle, changeant d'angle régulièrement, variant l'ouverture et la vitesse de son argentique avec une précision presque chirurgicale. Une fois que son travail lui parut satisfaisant, l'ombre rangea avec précaution l'appareil dans une housse noire et l'enfourna dans son sac de sport. Un dernier regard à son tableau la fit sourire doucement avant qu'elle ne s'évanouisse dans la pénombre.

Samedi 17 Octobre, 7h 34 minutes.

Dés qu'il entra dans le commissariat, il eut un mauvais pressentiment. Certaines mauvaises langues diront qu'il était devenu parano, qu'il ferait mieux d'arrêter de toujours s'attendre au pire parce qu'avec son pessimisme, son nez et ses cheveux d'un noir d'encre, il avait l'air d'un oiseau de mauvais augures. Un corbeau. A ces gens, le Commissaire dirait simplement d'aller se faire foutre. Il n'était pas parano. Il était juste réaliste sur le monde.

Et le monde, c'était de la merde. Il était bien placé pour le savoir : il avait dédié sa vie à combattre le crime, arrêtant violeur et tueur, psychopathe et paumés. Alors qui aurait put être mieux placé que lui pour voir à quel point le monde était pourri ? Personne. Lui, il en avait vu défilé des mecs brisés et des filles folles à liées, et à chaque cas, le Commissaire ouvrait un peu plus les yeux sur la cruelle vérité : le monde c'était de la merde, et la vie c'était vraiment une grosse pute. Mais pas le genre qui te donnait du plaisir et c'est tout, non celle avec qui tu baisais et qui après te refiler une MST bien dégueulasse qui te faisait crever à petit feu.

Son pressentiment, donc. Un nœud lui noua l'estomac sans qu'il ne sache vraiment pourquoi mais, au fil du temps, le flic avait apprit à faire confiance à son instinct. Instinct qui lui avait sauvé la vie à de nombreuse reprise. Aussi, il fut convaincu qu'il allait passer une journée de merde.

Le Commissaire posa son trench noir –histoire de rester dans l'image du corbeau qui lui collait à la peau – et se servit une tasse de café noir à la cafetière du commissariat. Il avait eu une des meilleures idées de sa vie le jour où il avait installé ça. Prenant sa tasse fumante, il se retourna vivement en sentant une main sur son épaule, manquant de renverser le liquide brûlant sur sa chemise impeccable. La stagiaire se confondit en excuse, disant d'un air contrit qu'elle voulait juste le saluer. Il répondit froidement, avec un regard noir dont il avait le secret

- « Ne recommencez plus, clair ?

Il toisa la jeune femme, sachant pertinemment qu'elle n'avait pas pensé à mal mais il ne pouvait s'en empêcher. Le Commissaire ne supportait pas d'être surpris et il ne supportait pas les contacts physiques. En fait, le Commissaire ne supportait que peu de chose. Son regard acéré détailla la stagiaire petite femme replète, les cheveux teintés en rouge et coupés au carré, la cravate légèrement décalé et deux piercings, un fin anneau à la narine et un petit strass au sourcil. Sa voix froide claqua dans le silence qui s'était fait autour d'eux

- « Vous vous êtes vu ce matin ? C'est quoi cette tenue ? Vous allez me faire le plaisir de retirer ces piercings et tacherez d'avoir une allure décente dans ce commissariat, suis-je clair ? Vous représentez la Justice lorsque vous êtes ici. Si je vois encore ne serais-ce qu'une chemise froissée, je vous fais quitter le service.

Il énonça cela avec un calme olympien mais la lueur malveillante au fond de son regard ne trompa personne. Le Commissaire s'était trouvé un nouveau souffre-douleur dans l'équipe. Pauvre stagiaire. Cette dernière, la lèvre tremblante, baissa la tête et finit par s'enfuir dans les toilettes. Satisfait et ignorant les regards lourds de reproches de son équipe, le brun but une gorgée de sa tasse de café et entra dans son bureau.

Foutu pressentiment qui voulait pas se barrer.

Assis confortablement au fond de son fauteuil, le Commissaire regardait la paperasse entassée sur son bureau d'un air las. Jouant distraitement avec le stylo Bic de sa main gauche, il attrapa une feuille et la survola du regard. Un vol de télé avec effraction. Inintéressant. Il piocha une autre feuille. Agression et vol de sac à main. Inintéressant. Peu importe quelle feuille il prenait, toutes les affaires étaient d'un ennuie mortel. La seule enquête un tant soit peu intéressante de l'année était celle sur le réseau de trafiquants d'armes et de drogues en tout genre qui se faisait nommer Smog. Et c'était un autre qui avait eu l'affaire. Parce qu'à l'époque, le Commissaire était trop "instable" selon la psy de son unité. Foutaises.

Il poussa un soupire exaspéré et posa violemment son stylo sur le bureau. C'est pas vrai ! Il en arrivait même à souhaiter un meurtre pour se sortir de son ennuie.

Aucune affaire n'avait réussit à réellement capter son attention depuis… Il soupira. Quoiqu'il arrive, ses pensées revenaient irrémédiablement sur la Traque. Celle qui l'avait tenu en éveil durant de long mois, celle ou il avait risqué sa vie pour arrêter ce connard. Inconsciemment, l'homme passa une main sur la cicatrice qui ornait son flanc gauche. Un souvenir de ce connard… Le Commissaire grimaça. Quand on est flic, il y a des histoires qui marquent. Pour certain c'est la première affaire de meurtre, pour d'autre le premier viol, d'autres encore sont choqué par la barbarie de certaines scènes de crimes et en cauchemardent la nuit.

Le Commissaire cauchemarde la nuit.

Seul dans son lit, grelottant et la tête sous l'oreiller dans l'espoir futile de chasser ses démons.

Le Commissaire cauchemarde. Il revoit la Traque. Il sent les doigts du Tueur autour de sa gorge et le couteau de cuisine qui s'enfonce entre ses cotes. Il voit le sourire fou, les yeux brillants et les mèches rebelles collées au front du Tueur par quelques gouttes de sueur.

Sa main se crispe sur sa chemise, pinçant légèrement la peau en dessous et il serre les dents. Le Tueur…Maintenant ce connard croupis en prison, mais pour le Commissaire ce n'est pas assez : il aurait voulu lui mettre une balle entre les deux yeux, lui briser le crane et répandre sa cervelle et son sang au sol. Se venger. Mais la Justice ne se venge pas. Il devait être Juste. Parce qu'il s'accrochait à ses convictions. Mais putain, ça lui aurait fait du bien de flinguer ce type.

Son regard se posa sur la seule photo de son bureau. Enfin, la seule photo qui n'était lié à aucune affaire. Il prit le cadre et observa un long moment le visage des deux personnes qui lui souriaient, à travers l'objectif. L'ombre d'un sourire naquit sur ses lèvres lorsque quelqu'un entra précipitamment dans son bureau.

Sur le qui vive, le Commissaire regarda son assistante d'un air courroucé

- « Théveny, je peux savoir depuis quand vous entrez dans mon bureau comme ça ?

- Une urgence, Commissaire ! Un corps a été retrouvé rue de la Vrille et… c'est vraiment spécial.

Il haussa un sourcil

- « Spécial ?

- Ouai… Je n'ai jamais vu ça, Commissaire. Vous devriez venir.

Il n'en fallut pas plus à l'homme pour se lever et suivre son assistante. Finalement, son pressentiment avait raison. Ça allait vraiment être une journée de merde. Quoique...Il allait peut-être enfin cesser ce d'ennuyer.

Eléonore Théveny était une femme d'action jolie trentenaire rousse, sans enfant et célibataire, elle était fière de son choix de vie et le revendiquait. Son père, un ancien militaire blessé durant la guerre d'Algérie, l'avait toujours poussé à donner le meilleur d'elle-même et elle avait longuement hésité entre les forces de police et celle de l'armée, pour finalement choisir d'intégré la première avec l'influence de son oncle, brigadier de police. Malgré les blagues parfois bien grasse et misogyne sur la manière dont elle a gravit les échelons, la jeune femme avait réussit a s'intégrer et a se faire respecter parmi les hommes du commissariat dans lequel elle avait été affectée deux ans plus tôt, suite a la trahison et à la mort de son prédécesseur. Un certain Gydias, si elle se souvenait bien.

Si les hommes de l'équipe l'avaient finalement accepté et travaillaient avec elle sans problème, la jeune femme été souvent entrée en conflit avec son supérieur, ne supportant pas son comportement méprisant et hautain. Elle avait cru, au début, qu'il agissait ainsi parce qu'elle était une femme et elle s'était décidée à lui dire ces quatre vérités lorsque Henry, un quinquagénaire qui était au commissariat depuis une vingtaine d'année, lui avait raconté l'affaire du « Tueur Cinéphile » et des conséquences qu'elle avait eu sur le Commissaire. Eléonore avait été patiente, comprenant que l'homme avait enduré beaucoup de choses et peu à peu, elle avait gagné son estime. Aujourd'hui, la jeune femme se plaisait à penser qu'ils étaient si ce n'est un duo, au moins une équipe à même de travailler ensemble dans une entente cordiale. Chacun respectant l'autre dans son travail.

Aussi, quand elle aperçut les yeux du Commissaire s'enflammer à l'évocation d'un meurtre étrange, elle ne put s'empêcher d'être en quelque sorte soulagée. Jour après jour, elle voyait cet homme qu'elle avait tant admiré en le voyant à la télévision lorsque deux ans auparavant il avait arrêté le « Tueur cinéphile » s'enliser peu à peu dans la dépression, oscillant entre abattement profond et irritation. Eléonore espéra que cette affaire réveille enfin le flic vaillant qu'il était avant tout ça, ce flic qu'Henry lui décrivait lorsqu'il lui parlait de leurs anciennes affaires pendant qu'ils étaient de garde.

X

Le Commissaire n'eut pas de mouvement de dégout ou de surprise en découvrant la scène, contrairement au reste de son équipe. Ses yeux noirs analysèrent froidement le lieu, sans laisse percevoir la moindre émotion sur son visage.

La scène de crime se trouvait dans un coin pavé de la vielle ville. Une sorte de petite placette où se rejoignaient cinq ruelles sombres et tortueuses, une vielle fontaine qui ne crachait à présent qu'un maigre filet d'eau était enfoncée dans un mur, entre deux rues et au centre de la placette se trouvait le corps. C'était un homme d'une vingtaine d'année, torse nu et accroché à une sorte de croix faite grossièrement avec deux barres en acier. Une large cicatrice parcourait son ventre, commençant sous le mamelon droit et s'étendant jusqu'à la hanche gauche. Etonnement, elle semblait être parfaitement recousue. La moitié de son visage était peint de façon a ce que chaque centimètre carré de peau soit occupé par une fleur, l'effet était saisissant et la peinture –a moins que cela ne soit du maquillage ? – s'étendait sur son torse, le fleurissant de milles couleurs chatoyantes. Enfin, pour clôturer cela, la victime avait une fleur lui sortant de la bouche.

Toute cette mise en scène minutieuse donnait une étrange atmosphère à la scène de crime. Les yeux du Commissaire se détachèrent enfin du cadavre pour se poser sur Eléonore

- « Où est le Doc' ?

Une voix éraillée par les années et la nicotine résonna derrière lui :

- « Je suis là.

Le brun se retourna et lança un regard interrogatif au Docteur Landru. Après un bref silence, le Commissaire dit, agacé par le silence de l'expert médico-légal ;

- « Eh bien, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

Le docteur, un homme presque aussi grand que le Commissaire et a la carrure large de rugbyman, s'approcha du cadavre et répondit

- « Je dirais, à première vu, qu'il est mort depuis une dizaine d'heure. Pour la cause de la mort, je dirais que c'est cette entaille qui a été fatale mais on ne saura qu'une fois toute cette peinture enlever et les analyses faites.

- Donc il a été installé hier soir ou durant la nuit…

Le Commissaire eut un rictus moqueur

- « Vous n'énoncez que des évidences, Théveny. Chargez vous plutôt de recueillir les témoignages, prenez donc les gars avec vous. Bon, l'équipe photo vous avez finis oui ?!

Tous s'exécutent avec empressement. Le Commissaire avait prit les choses en main.

31 Octobre 2015, 1 heure du matin.

Un sourire étira ses lèvres gercées tandis que le sang se répandait a ses pieds. Le bout de ses chaussures de ville était éclaboussé par l'hémoglobine tiède et l'ombre attrapa le col de sa victime. Une légère moue lui tordit la bouche en observant la femme son nez s'était cassé durant le passage a tabac et son crâne éclaté avait rendu ses cheveux poisseux de sang. Se jurant d'utiliser un couteau de cuisine au lieu d'un marteau la prochaine fois, l'ombre se mit a trainer le corps mutilé dans une ruelle en souriant. Le tableau qu'il allait peindre allait être grandiose. Un ricanement lui échappa.

31 Octobre 2015, 8h15

Le Commissaire ne put retenir une grimace en voyant la scène de crime. La victime, une femme noire quadragénaire répondant au nom de Keira Nelson, était torse nu et, comme pour la première victime, elle était peinte. Le Commissaire détailla longuement la peinture les traits bleus foncés peignant un ciel nocturne étaient entrecoupé par quelques étoiles d'un orangé lumineux et quelques nuages blancs et brumeux. La silhouette noire et biscornu d'une église monté de sa hanche jusqu'à l'épaule, traversant son sein droit. Il avait déjà aperçu ce tableau mais le nom lui échappait. Le cadavre avait également été accroché a une croix, comme pour le premier meurtre.

14 Novembre 2015, 13h02

- « …En effet, Samantha, un nouveau tueur en série sévit en France. Deux ans, quasiment jour pour jour, après l'arrestation du tueur Cinéphile, un des Serial Killer les plus médiatisés de France, une nouvelle série de meurtres sordides se propage en France. Qui est donc ce tueur fantôme ? Suit-il les traces du Tueur d'il y a deux ans, en choisissant d'accomplir son premier meurtre le jour de son arrestation ? En tout cas, nous savons d'ores et déjà que le commissaire chargé de l'affaire n'est-autre que celui ayant arrêté le supposé idole de ce tueur, il ne reste plus qu'a espérer qu'il fera un aussi bon travail. »

Il releva la tête a la mention du « Tueur Cinéphile » et poussa un juron. Rageusement, il reposa son verre avec violence contre la table et se saisit de la télécommande pour éteindre la télé. Le Commissaire ne supportait plus la mention de cette affaire. Trop de souvenir douloureux. Prit d'un besoin soudain, il déboutonna sa chemise avec empressement, manquant d'arracher quelque boutons au passage, et posa une main contre la cicatrice blanche. Il grimaça. Parfois, il lui semblait qu'elle allait se rouvrir et se mettre à saigner abondamment. Parfois, il lui semblait ressentir à nouveau le tranchant glacé du couteau percer sa peau. Il ne se rendit compte que plusieurs minutes plus tard, que son corps était secoué de tremblements.

Au même moment, à la maison centrale de Saint Maur

- « … nous savons d'ores et déjà que le commissaire chargé de l'affaire n'est-autre que celui ayant arrêté le supposé idole de ce tueur fantôme, il ne reste plus qu'a espérer qu'il fera un aussi bon travail. »

Il releva la tête a la mention du « Commissaire » et écouta avec attention. Un sourire tordu et malsain étira ses lèvres lorsqu'une photo du Commissaire apparut à l'écran. Il fit un pas en avant, les yeux brillants d'une lueur dérangeante. Son rictus se fit moqueur tandis qu'il murmurait

- « Un fan ?... ça promet d'être amusant, mon cher Commissaire…très amusant…

Il gloussa un peu. Oh oui. Tout ceci s'annonçait passionnant.


Et voila ! N'oubliez pas : l'auteur se nourrit de review o/

Sur ce à dimanche prochain pour le chapitre deux !

Keur et portez-vous bien ~