EP2 : TOO CLOSE

Jour 170

Des champs de maïs à pertes de vue. Voilà ce que voyait Derek, accoudé à la fenêtre du van. Le marine n'arrivait pas à comprendre ce qui avait poussé son frère à commettre de telles atrocités. Il se retourna vers lui. Marcus tenait le volant avec force. Il ouvrit la main droite, soulageant la douleur vive qui touchait ses doigts. Se sentant observer, il tourna la tête sur le côté, croisant les yeux apeurés de son frère. Les deux hommes restèrent un moment dans cette position. Aucun des deux ne détourna le regard. Marcus finit par baisser les yeux, le mépris que lui vouait son frère l'agaçant. Il jeta un œil dans le rétro intérieur de la camionnette. Billy et Jackson l'observaient également, silencieux. Ignorant les regards fuyards de ses comparses, l'ex soldat se concentra à nouveau sur la route. Assis en haut du camping car à l'abandon, Gabriel regarde le paysage désolé, pensif. Le soleil se couchait, et les siens n'étaient toujours pas de retour. Rita se trouve à l'intérieur du véhicule, comptant les balles qui leur restaient une à une. Un bruit de moteur attira son attention. Elle sortit du camping car. Gabriel descendit de son perchoir. Un van s'approchait d'eux. A son bord se trouvaient leurs amis, partis plus tôt dans la journée. Le jeune homme s'approcha d'eux, leur demandant ce qu'ils avaient trouver, comment ils avaient obtenu leur véhicule. Mais personne ne lui répondit. Jackson lui expliqua d'une petite voix que ce n'était clairement pas le moment. Rita s'approcha d'eux à son tour. Elle nota qu'un des leurs manquaient à l'appel. Elle demanda à Marcus où était Alan. Son mari ne prit pas la peine de lui répondre, secouant légèrement sa tête de gauche à droite. Rita resta silencieuse, bouche grande ouverte.

Les images étaient floues, confuses. Pour autant, Derek parvenait à en discernés les points les plus importants. Il revécut les récent évènements, se voyant tuer Alan d'une balle dans la tête. Le voir ainsi le faisait trembler. « Ce n'est qu'un rêve » répéta t-il dans son sommeil. Pour autant, cela ne parvenait pas à le calmer. De nombreux tirs et des hurlements de douleurs s'ajoutèrent aux grognements d'Alan, le mort vivant, résonnant dans la tête du grand homme. A ce souvenir s'était ajouter celui de son frère, Marcus, exécutant et massacrant ces pauvres hommes. Derek bondit de sa couverture, trempé de sueur. La nuit était tombée depuis un moment. Le grand homme, allongé prêt du feu, regarda tout autour de lui, encore haletant. Quelques mètres derrière, dos à lui, se tenait son frère, fusil à pompe sous le coude, assis sur le capot du van. Il montait la garde, grands yeux ouverts. Derek n'eut assez de temps pour lui demander ce qu'il faisait, son frère lui demandant de se recoucher. Le grand homme écouta ses paroles. Il prit une profonde inspiration, puis, écoutant les crépitements du feu à ses côtés, ferma légèrement les yeux.

Jour 171

A l'aide d'un sceau remplis d'eau, Jackson éteignit les quelques braises qui flambaient encore. Rita et Gabriel rassemblèrent les derniers vivres qui leur restaient à l'intérieur du van, Billy se chargeant, de son côté, de quelques sacs qu'il plaça à l'arrière du véhicule. Marcus jeta un dernier regard en direction de leur ancien campement. Dans ses yeux se lisait l'angoisse du départ. A contre cœur, il prit le volant, partant en quête de nouvelles aventures.

DAYZ

Jour 18

Un bruissement sourd résonna dans les toilettes. Un jeune enfant y pénétra, grimaçant quelque peu. Il avait pourtant essayé de faire le moins de bruit possible. Marchant sur la pointe des pieds, le garçon vérifia si la voie était libre. N'étant pas certain, il cogna contre les portes, appelant les morts à le rejoindre. Mais aucun d'eux ne fit part de sa présence. Soulager, il poussa un soulagement, puis, se retourna vers le miroir. Son visage était couvert de crasse et de poussière. Il voulut le nettoyer lorsqu'un bruit sourd attira son attention. On aurait dit des grognements. Ils provenaient du fond de la pièce, résonnaient à travers les canalisations. L'enfant s'en approcha prudemment, la peur au ventre. Concentré sur le bruit, il ne remarqua pas l'ombre qui le surplombait. Le garçon se retourna vers elle, écarquillant de grands yeux. L'homme qui se trouvait devant lui, pistolet en main, lui demanda d'ouvrir son sac et de lui montrer ce qu'il avait. L'enfant, apeuré, ne comprit pas tout de suite ce qu'il voulait de lui. Son agresseur lui demanda de s'exécuter, parce qu'il ne le répéterait pas deux fois. Alors, le garçon fit ce qu'il attendait de lui sans broncher, tremblant comme une feuille. Il lui tendit le sac que son agresseur prit avec force. Il lui demanda nerveusement comment il s'appelait, pourquoi il faisait ça, mais l'homme lui répondit, en guise de réponse, de la boucler, sans quoi il n'hésiterait pas à le tuer. L'enfant lui annonça sèchement qu'il ne croit pas qu'il le ferait, qu'il pense qu'il est un gentil, pas une de ses choses, là dehors. Mais l'homme ne l'écouta point, trop concentré à fouiller le contenu du sac. Il lui dit qu'il n'a pas grand chose, et que les rares trucs qu'il a sont inutiles et stupides, qu'il ne peut pas être en vie depuis tout ce temps avec si peu de vivres, qu'il devrait le tuer, là, maintenant, mais que c'était son jour de chance et qu'il ne le fera pas aujourd'hui. Soudain, la porte du fond claqua. L'homme fit demi-tour et, d'instinct, ouvrit le feu. Les yeux de l'enfant s'emplis de larmes. Sa mère venait d'entrer dans les toilettes. Son visage se décomposa. Une tache aux teintes rouges vives s'étendait sur son ventre. Elle s'écroula sur le sol, morte. Son fils se précipita à ses côtés, hurlant sa tristesse. Profondément choqué par ce qu'il venait de faire, Gabriel lâcha son pistolet, se retenant de vomir.

Jour 171

La biche était tout prêt, immobile, relevant la tête avec hésitations, ouvrant de grands yeux ronds. De son viseur, Gabriel pouvait la voir se mouvoir avec lenteur, un doigt sur la gâchette. Concentré, le jeune homme ne voulait pas rater son coup. A ses côtés, Jackson lui murmurait à l'oreille quelques indications, lui demandant de se tourner de quelques centimètres vers la droite. Gabriel écouta ses paroles, mais, au moment de passer à l'acte, il se dégonfla, baissant son arme et lâchant un long soupir. Jackson se retourna vers son ami, lui demandant ce qu'il faisait. Le chrétien lui annonça qu'il ne pouvait pas le faire. L'archer fronça les sourcils, ne comprenant ses belles paroles, puis regarda l'animal s'éloigner. Il se mordit les lèvres, son prochain repas s'éloignant dans la forêt. Peu après, les deux hommes se disputèrent. Jackson lui demanda quel était le problème de son ami, lui qui était partant pour chasser se fait la malle au moment où il était à deux doigts de tirer. Il lui demanda si la perspective d'un bon repas ne le faisait pas aussi bander que lui. Gabriel lui répondit qu'il n'était pas prêt. Son compère remarqua ses hésitations, mais n'osa pas lui demander plus. Les deux hommes rejoignirent la route, là où le reste du groupe les attendait. Billy, après avoir fait quelques réglages, demanda à Marcus, place conducteur, de mettre le contacte. Pour autant, il n'y avait rien à faire. Le van était mort. L'ex marine sortit du véhicule pour crier son mécontentement, blâmant le bon Dieu au passage. Billy lui fait remarquer que Gabriel est revenu et qu'il ferait mieux de calmer ses propos. Mais il n'en fit rien. Rita vint à ses côtés pour le calmer. Billy s'approcha de ses amis, leur demandant s'ils leur rapportaient quelque chose à manger. Jackson lui annonça, après un long silence, qu'ils n'avaient rien trouvés. Gabriel baissa les yeux et garda le silence. Billy cacha sa déception, se retournant à ses occupations. Derek expliqua aux jeunes que le van n'arrivait plus à démarrer et qu'ils devront continuer la route à pieds, que ça leur plaise ou non. Jackson lâcha un soupir, jurant à voix haute. Il demanda si quelqu'un se proposait de le porter. Ses coéquipiers le regardèrent un à un, lui faisant comprendre qu'aucun d'eux ne le ferait. Finalement, Billy lui annonça, à contre cœur, qu'il le ferait. Son ami le remercia, tombant dans ses bras. Marcus, remit de ses excès de colère, se dirigea vers ses hommes et leur expliqua qu'ils laisseront le van et continueront à pied le long de la route 110. De là, ils devraient croiser quelques villes et villages où ils pourront se ravitailler. Aucun d'eux ne s'interposa. Après tout ce qui est arrivé, ce qu'il a fait à ces gens, ils ne pouvaient contredire ses décisions. Mener d'une main de fer par ce qui semblait être leur chef, le groupe prit la route sans broncher, armes aux poings. Tous, à l'exception de Rita. La jeune femme passa une main sur le côté droit du véhicule. Elle y reconnaissait des impacts de balles, ce qui l'intriguait. Marcus l'a rejoignit, lui demandant si elle allait bien. Question à laquelle elle répondit que oui. Plus tard, dans la journée, après des heures de marches, la fatigue se fait ressentir dans les yeux de certains. Gabriel traîne à l'arrière, sa lenteur déconcertant une partie des siens. A l'avant, Derek et Marcus donnent le rythme que parviennent à suivre tant bien que mal leurs compagnons d'infortunes. Au milieu, Jackson relookait les fesses de Rita, quelques mètres devant lui, des filets de baves manquant de tomber de sa bouche. Billy remarqua le comportement de son confrère, lui frappant gentiment l'arrière du crâne. Il lui dit qu'il est complètement taré de faire ça, avec Marcus dans les parages. Son ami lui annonça qu'il le savait, mais qu'il ne pouvait s'empêcher de le regarder. Billy lança un juron et lui expliqua qu'il y a des magazines pour ça. Jackson se retourna vers lui, indécis. Il lui demanda s'il en avait trouvé un. Le sourire du jeune noir s'effaça. Il hésita, puis, lui expliqua qu'il y en avait bien un, mais que les pages étaient maintenant toutes collées et qu'il a dû le jeter depuis. Les deux hommes se mirent à rire tellement fort que les deux frères les entendirent comme s'ils étaient à leurs côtés. Derek fait remarquer à Marcus qu'ils ont l'air de bien prendre tout ce qui s'est passé. Marcus baissa les yeux, ne préférant rien dire. Son frère lui suggéra de faire une pause. Marcus secoue la tête, lui répondant que les pauses, c'est pour les faibles, et qu'ils ne peuvent pas se permettre de l'être, plus maintenant. Son frère lui demande si c'est comme ça que ça marche maintenant, si c'est à la loi du plus fort qu'il pense. L'ex marine lui demanda sèchement où il voulait en venir. Derek lui répondit qu'il savait très bien où il voulait en venir. Marcus passa sa tête par-dessus son épaule. Rita était assez loin pour ne rien entendre. La colère dans son regard fit presque reculer Derek. Marcus lui expliqua que ce qu'il a fait, c'était pour le protéger lui, et le reste du groupe. Il ne pouvait pas risquer leur vie en faisant confiance à des gens qu'ils ne connaissaient même pas. Il ajoute que maintenant, leur vie, c'est tuer ou mourir, et que celui qui est incapable de prendre des décisions comme celle-ci, est condamné à mourir. Derek lui dit que ça ne peux pas marcher comme ça, et qu'il le sait. Voyant que son frère ne lui dirait rien de plus, il lui demanda ce qu'il compte faire après. Il lui explique qu'il le sait très bien, que la côte est la meilleure solution. Derek insiste sur le mot « après », se demandant ce qui leur arrivera s'ils ne trouvent rien là-bas. Marcus lui annonce qu'ils feront comme tout marine de bon sens : ils trouveront une solution. Sourire aux lèvres, le grand homme passa sa tête par-dessus son épaule, voyant que l'un des leurs avait du mal à suivre. Le chrétien semblait perdu. Le vide dans son regard parlait de lui-même. Derek fit remarquer à son frère que le comportement de Gabriel l'inquiétait. Marcus acquiesça d'un ton monocorde. Après des heures de marches, le groupe croisa un panneau. Un petit village se trouvait devant eux. Derek et Marcus se regardèrent un moment, puis, reprirent la route, à l'orée de la forêt. Ils gardent un œil sur la ville, regardant par la même s'ils n'y s'y trouve pas quelque chose d'intéressant avant de repartir. Soudain, de longs et puissant rugissements attirèrent leur attention, se rapprochant de leur direction. Les deux marines firent de grands yeux. On aurait dit des bruits de rotors. Un hurlement résonna à leurs oreilles. C'était Marcus, leur ordonnant de se coucher. Immédiatement, la bande s'exécuta, se demandant ce qui se passait. Deux hélicoptères militaires survolèrent la zone où ils se trouvaient. Plus loin, sur leur droite, une dizaine de camions et autres chars d'assaut déboulèrent de nulle part, regagnant la route. Leurs moteurs grondaient avec force, manquant d'exploser. Marcus releva la tête, un large sourire aux lèvres. Ce n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait. Une bonne nouvelle pour le groupe, qui suivit les ordres du marine, tentant de les suivre. Le convoi c'était enfoncé dans la ville. Le groupe l'avait perdu de vue, mais la possibilité d'être secouru n'était que trop tentante. Ils devaient le retrouver, et vite. Les survivants se dirigèrent vers le cœur de la ville, écoutant les bruits de moteurs pour s'orienter. Ils ne firent attention aux quelques morts vivants qui déambulaient dans les rues, se concentrant sur leur unique objectif. Après un moment, Marcus repéra un des hélicoptères, tournant autour d'un vieux bulding. Il l'appela, agitant ses bras en tout sens. Mais l'appareil s'en alla. La lueur qui emplissaient les yeux de l'ancien marine s'évapora en une fraction de seconde. Puis, la colère monta en lui, tandis qu'il hurla toute sa rage et sa colère, insultant le ciel de lui infliger pareilles choses. Rita s'approcha de lui, l'enlaçant de toute ses forces. Elle lui dit que ça ira, qu'ils sont ensemble et que c'est tout ce qui compte, mais Marcus la repoussa, ne voulant pas de sa compassion. Les deux jeunes gens se regardèrent. La peur se lisait dans les yeux de sa femme. Marcus, haletant, baissa les yeux, la honte le submergeant. Voyant ses amis découragés, Jackson tenta maladroitement de détendre l'atmosphère, leur disant que le monde n'était pas mort pour autant. Mais aucun d'eux ne réagit. Marcus se retourna vers lui, l'air fermé. Le jeune homme comprit alors qu'il avait fait une bêtise et tenta de se rattraper, leur expliquant que c'était quelque peu maladroit de ça part d'avoir dit une chose pareille. Billy lui demanda de la fermer. Jackson haussa la voix en lui disant qu'il voulait juste voir les choses du bon côté. Le noir lui répondit sèchement qu'il s'était planté. Marcus, dos aux deux hommes, ne prit pas la peine de les écouter. Gabriel, la tête entre ses genoux, entendit quelque chose, un bruit lointain. C'était celui d'un homme. Un homme qui criait à l'aide. Il courut en direction des hurlements, ses amis derrière lui. En arrivant sur les lieux, un jeune ado vint le voir. Il semblait inquiet, marmonnant des choses qui lui étaient incompréhensibles. Le chrétien lui demanda de se calmer et de lui expliquer ce qui se passe. Ce dernier préféra lui montrer. Quelques mètres plus loin, son père, David, était coincé sous les roues de son véhicule. Le 4/4 lui bloquait une jambe. Rita lui prit la tête, lui demandant comment il se trouvait. Le vieil homme paniquait, tremblant de tout ses membres. La jeune femme lui dit qu'il ira bien, tentant de le rassurer. A l'arrière, Marcus passait une main dans ses cheveux, serrant les poings. Derek lui demande ce qui ne va pas. Il lui répond qu'ils pourraient encore rattraper le convoi, qu'ils ont pas le temps pour ce genre de conneries, qu'ils feraient mieux de le laisser là. En entendant ses paroles, David écarquilla de grands yeux, implorant leur aide. Derek lui annonce qu'une vie humaine n'est pas une connerie. Gabriel dit à Marcus qu'il ne partira pas, qu'ils ne sont pas des animaux. Marcus lui expliqua que ça n'a rien avoir avec ça, mais qu'ils doivent survivre, et qu'ils n'ont pas le temps pour ce genre de choses. Mais tout le monde décide de rester. L'adolescent remercia Gabriel du regard. Le chrétien esquissa un bref sourire. Derek posa ses affaires sur le côté et, avec l'aide de Billy, souleva de toute ses forces le pick-up. Pour autant, celui-ci ne bougeait pas. Quelque chose le retenait au sol. Les cris de douleurs du vieil homme attirèrent l'attention de nombreux zombies, progressant lentement dans leur direction. Marcus ordonna à Jackson et Gabriel de surveiller la rue de leur côté pendant que lui gère le sien. Armé de la hache de son frère, il appelle les morts-vivants à l'attaquer, les insultant de toutes sortes de noms possibles et imaginables. Les premiers foncèrent droit sur lui, attirer par la viande fraîche. Il en exécuta deux, puis quatre de ses saloperies, criant aux autres de se dépêcher. Malgré tout leurs efforts, Derek, Billy et le jeune ne parviennent pas à libérer David de son piège mécanique. De leurs côtés, Jackson et Billy font face à une dizaine de zombies. Jackson, armé de son arc, utilisa ses flèches contre eux, les abattant avec facilité, mais certains d'entre eux se rapprochaient un peu trop à son goût. Gabriel, paralysé par la peur, fit abstraction de ce qu'il entendait, des grognements terribles qui le hantait. Ses yeux étaient écarquillés, manquant de sortir de leurs orbites. Tout semblait se passer au ralenti. Un mort vivant perça les défenses de Jackson et se rua sur lui. Gabriel tomba à la renverse. Alors qu'il allait en finir avec lui, l'archer lui vint en aide, l'exécutant d'une de ses flèches. Il regarda le chrétien, lui gueula quel était son problème, puis, lui demanda de dégager, continuant son éternel massacre. Marcus demanda combien de temps ils leur fallaient. Son frère lui répond le temps qu'il faudra et souleva à nouveau le 4/4, faisant cette fois levier avec une barre de fer. Marcus, voyant le sang couler sur les rebords de la hache, devait prendre une décision. Ils n'avaient plus de temps à perdre. Au loin, les zombies continuaient d'arriver. Il se rapprocha du véhicule, regarda sa femme, puis son frère, leur disant qu'ils n'avaient plus le temps. Il leva son arme en l'air en l'abattit avec force contre la jambe du pauvre homme. Il ignora les hurlements de ce dernier, lui sectionnant la jambe sans aucune once de pitié. Son recouvrait ses vêtements. Ses amis le regardèrent avec de grands yeux, ne sachant quoi lui dire. Rita s'écarta de son mari, demandant au jeune et à Gabriel de l'aider. Les deux, profondément choqué par ce qui venait d'arrivé, ne comprirent pas tout de suite ce qu'elle venait de leur dire. Elle dû se répéter pour qu'ils viennent l'assister. Ils enveloppèrent David dans une couverture, bandèrent sa blessure du mieux qu'ils purent. Marcus se retourna vers l'allée principale. Une dizaine de créatures venaient dans leur direction. Il annonça aux membres du groupe qu'il fallait partir. Ses amis s'exécutèrent, mais le jeune, sous le choc, ne voulait pas bouger. Derek s'occupa de lui, le suppliant de le suivre, mais l'ado commença à pleurnicher. Marcus hurla à son frère de venir, mais celui-ci n'en fit rien. Il lui demanda de l'attendre sur la colline, à l'entrée de la ville. Marcus acquiesça, passant au travers de la horde, ses compagnons à ses côtés. De nouveaux morts-vivants approchaient, et Derek devait prendre une décision. Ne sachant quoi faire, il prit avec lui le jeune et l'entraîna avec lui. Les deux hommes couraient au hasard dans les rues vides de la ville. Ils finirent par prendre quelques petites ruelles, des zombies leur barrant le passage. Alors qu'ils fuyaient, un mort vivant, caché dans un coin, attrapa le jeune adolescent et le dévora vivant. Derek, qui tenait sa main, refusait de l'abandonner. Mais les hurlements du garçon lui causait trop de peines. Alors il prit la fuite, courant à toutes jambes. Au loin, Marcus et le reste du groupe regarde la ville du haut de la colline, la horde de morts-vivants courant en tout sens. Une partie d'entre eux se déplaçaient en boitant dans la direction. Jackson lâcha un juron. Billy s'insurgea, se demandant combien de temps ils passeront à courir avant que ces enfoirés les laissent tranquilles. L'ex marine lui répondit sèchement qu'ils attendraient le temps qu'il faudra, se préparant à repartir. Rita se retourna vers son mari, lui demandant ce qu'ils allaient faire pour Derek. Marcus lui expliqua qu'ils ne pouvaient rester ici, que le plan de son frère était foireux et que, même si l'idée ne l'enchantait pas, ils devaient partir au plus vite. Sa femme, surprise d'un tel égoïsme, insista sur le fait que c'est son frère. Mais Marcus lui annonça qu'il le sait mieux que personne, que ça ne lui plaît pas plus qu'à un autre, mais qu'il doit le faire pour le bien du groupe. Interloqué, la latino secoua la tête en tout sens, poussant un long soufflement. Elle répéta ses mots, citant le mot « groupe », lui avouant qu'il n'a jamais fait passer l'intérêt des autres avant le sien, qu'il ne se soucie de personne à part lui-même. Marcus, lèvres retroussés, lui dit que c'était faux. Mais Rita ne pouvait boire ses paroles. Elle lui adressa un long regard, puis, tourna les talons, se remettant à marcher. Jackson, regarda les deux tourtereaux un à un, puis, les questionna, se demandant s'il avait loupé quelque chose. Il se retourna vers Billy, n'obtenant aucune réponses de leur part, mais ce dernier poussa un soupir désespéré. L'archer haussa les épaules, se demandant ce qu'il avait fait de mal. Le groupe se remit en marche. Marcus se retourna une dernière fois vers la ville, murmurant ses quelques mots : Accroche-toi petit frère… ». Un bourdonnement assourdissant résonnait aux oreilles de Derek, tandis qu'il continuait de courir, arme au poing. N'ayant plus sa hache pour se défendre, il n'avait pour seul recours son pistolet, qu'il tenait fermement entre ses robustes mains. Le grand homme avait le souffle coupé, les nerfs à vifs. Mais il ne pouvait prendre le risque de s'arrêter. Alors il continua de courir, ignorant les grognements qui le suivaient de prêt. Finalement, il s'écroula sur le sol, la fatigue ayant raison de son être. Les morts-vivants qui le poursuivaient étaient différents de ceux qu'il avait pour habitude de combattre. Il les reconnaissait. C'était les mêmes que ceux qu'ils avaient vu la première fois. Des runners. Le premier stade de l'infection. Pas totalement mort, mais pas humain pour autant. Il leva son arme dans leur direction et commença à tirer, hurlant sa détermination. Les uns après les autres, les morts vivants s'effondrèrent sur le sol de béton. Après avoir tuer une grande partie d'entre eux, l'ancien militaire baissa son arme encore fumante. Au loin, des dizaines de zombies se dirigeaient vers lui, attirer par les détonations de son arme. Intelligemment, le grand homme quitta la route, s'enfonçant dans la forêt. Il se cacha derrière un arbre, en profitant pour recharger son pistolet des quelques balles qu'il lui restait. Il plaça deux, puis trois cartouches dans le chargeur et sortit de sa poche deux autres balles. Se rendant compte du peu de munitions qu'il lui reste, Derek, essoufflé, plaque sa lourde tête contre l'écorce du grand chêne, yeux fermés. Puis, il les plaça une à une dans le chargeur, prêt à se défendre si le besoin s'en faisait ressentir. A hauteur de la route, il pouvait entrevoir, à travers les fourrées, quelques créatures boitées maladroitement. D'instinct, il s'enfonça plus profondément dans la forêt, mais un bruit de craquement attira son attention. Il s'immobilisa, restant aux aguets. Il tourna la tête en tout sens, ne parvenant à trouver l'endroit d'où provenait l'étrange bruit qu'il avait entendu. Un bruit de rechargement attira son attention. Trop tard, le grand homme venait de se prendre une balle dans l'épaule. Sur la route, les morts vivants changèrent de direction en grognant. La vision de Derek se troubla. La douleur était vive, intense. Quelqu'un se rapprochait de lui, mais il ne pouvait voir son visage. Le soldat tenta de résister, mais il en était incapable. Il sombra dans les ténèbres.

Derek ouvrit les yeux fébrilement, la fièvre lui montant à la tête. Il avait du mal à reprendre ses esprits, ne reconnaissant pas l'endroit qui l'entourait. La structure de la petite cabane lui rappelait beaucoup celle de son grand-père, ancien chasseur. Il y avait du bois, partout. Une petite fenêtre couverte de dépôt brumeux et de poussière donnait une piètre vision de ce qui se passait à l'extérieur. Un ton grave l'interpellait. C'était une voix, celle d'un homme. Il l'appelait par son prénom. Reprenant ses esprits, Derek découvrit à son chevet un nègre de presque 40 ans, lui souhaitant le bonjour. A sa vue, l'ancien militaire paniqua, tentant de récupérer son pistolet, posé sur une table de chevet. Le noir le prit de vitesse, maîtrisant de son autre bras le grand homme, lui expliquant qu'il le retrouvera quand il se sera calmer, pas avant. Le soldat lui hurla qu'il lui avait tirer dessus. Son bourreau ne nia pas les faits, mais lui demanda de garder son calme, sans quoi il n'hésitera pas à le refaire. Derek hésita longuement, puis, lui fit un signe de tête, lui faisant comprendre qu'il pouvait le lâcher. Il commença ça phrase, souhaitant lui demander pourquoi il lui avait tirer dessus, mais le noir devina ses intentions et lui répondit à sa place, lui expliquant qu'il pensait qu'il était un des leurs et que cela fait des mois qu'il n'a pas rencontrer un autre être humain. Puis, il tendit sa main vers lui, lui disant qu'il s'appelait Wayne. Derek regarda sa main de ses grands yeux, mais ne fit rien. Le noir baissa les yeux, disant d'un sourire que le racisme existe toujours. Puis, il s'écarta du lit dans lequel se trouvait le grand homme et fouilla dans ses affaires, sortant une bouteille d'eau qu'il lui tendit. Derek lui demanda de la boire en premier. Wayne recula de quelques pas, étonné par la réaction de l'ancien militaire. Il lui expliqua que s'il voulait le tuer, il l'aurait déjà fait, qu'il n'a rien à craindre de lui, et qu'il n'avait pas pour intention de l'empoisonner. Mais Derek attendit qu'il le fasse pour en boire à son tour. Wayne se mit à rire, lui expliquant que comme ça, ils mourront tous les deux. Les deux hommes échangèrent un long regard. Le noir finit par lui avouer que son humour laissait à désirer, que ses proches lui ont toujours dit qu'il devait le retravailler. Derek le coupa, lui disant qu'il n'en avait rien à faire de ses histoires, que la seule chose qui lui importait était de retrouver ses amis au plus vite. Wayne lui demanda de rester où il est, de ne pas faire trop d'efforts, étant trop faible pour bouger, et qu'il devait se reposer un maximum, l'appelant peu après par son prénom. Derek fronça les sourcils, lui demandant comment il connaissait son prénom. Wayne sortit de ses affaires un petit carnet et lui dit qu'il était à son nom. L'ancien militaire le prit de forces, lui disant qu'il n'avait pas le droit de le lire. Le noir lui dit qu'il ne se serait pas permis cela. Il lui dit que tout le monde a le droit d'avoir un journal intime. Derek lui annonce que ce n'est pas un journal intime, mais un carnet dans lequel il marque ses mémoires, les choses qu'il vit chaque jours dans cet enfer. Wayne lui avoue qu'il devrait en prendre un nouveau avant qu'il n'y est plus de place pour écrire. Il lui tendit un vieux carnet qu'il avait en sa possession et dont l'utilité lui était futile. Derek accepta son cadeau, le remerciant. Wayne esquissa un sourire, lui annonçant qu'il n'y avait pas mort d'homme, qu'ils pouvaient bien s'entendre finalement. Derek lui rendit maladroitement la pareille, ses yeux trahissant le fait qu'il soit mal à l'aise. Dehors, des grognements interpellèrent les deux hommes. Wayne se posta à la fenêtre, regardant les morts-vivants défilés. Il explique au blessé qu'ils ne viennent jamais par ici, d'ordinaire, que se sont les tirs qui les ont attirés tout prêt d'ici. Derek, regardant à travers le carreau poussiéreux, insiste sur le fait qu'il doit retrouver les siens, mais Wayne lui demande de patienter un peu, lui annonçant qu'ils partiront dès demain, à l'aube.

La nuit était tombée depuis un moment déjà. Le reste du groupe, Marcus à sa tête, courrait depuis des heures déjà. La fatigue se ressentait en chacun d'eux. Jackson demanda à ce qu'ils s'arrêtent, que la horde ne les suivait plus depuis longtemps, et qu'ils devaient reprendre-leur forces. Mais Marcus, obnubilé par le fait de les mettre en sécurité, contesta ses paroles. Rita lui dit que David ne tiendra pas le coup s'ils ne s'arrêtent pas. Marcus arrêta sa troupe, passant sa tête par-dessus son épaule. Il réfléchit un moment, ne sachant que faire. Au loin, illuminé par des coups de tonnerre, une structure en bois attira l'attention de Gabriel. Le chrétien plissa les yeux, puis, se retournant vers les siens, leur cria qu'il y avait une grange. Marcus leva les yeux dans sa direction, puis, après maintes hésitations, acquiesça d'un signe de tête.

Aidé de Billy, Rita déposa le corps lourd de David sur le sol, toujours inconscient. La jeune femme demanda à Gabriel de soutenir sa tête pendant qu'elle vérifie ses blessures. Le bilan n'est pas bon. Il n'arrête pas de saigner et, dans un état pareil, il risque l'infection. Marcus passa une main dans ses cheveux. Jackson lui demanda ce qu'ils allaient faire maintenant. L'ex marine lui cria de se taire et de le laisser réfléchir. L'archer, vexer, partit dans son coin en bougonnant. Billy rejoignit Marcus, lui disant qu'il ne pouvait plus se comporter comme ça, pas après ce qu'il a fait à cet homme, pas après ce qui est arrivé aux gens du van. Rita, d'abord concentrée à bander les blessures du vieil, écouta de loin la conversation de ses comparses, intrigué. Marcus explosa de colère, expliquant au jeune noir qu'il ne faisait que les protéger, qu'il ne pensait à rien d'autre. Billy lui expliqua qu'il y avait d'autres manières de s'y prendre, que ce n'était pas la meilleure solution et qu'il le savait. En entendant ses mots, Marcus explosa, lui criant que c'était la seule chose qu'il pouvait faire. Billy lui répondit que non et qu'ils avaient toujours le choix, quittant le chevet de son ami. Le noir s'agenouilla auprès de la jeune femme, lui demandant ce qu'il pouvait faire pour aider. Rita lui ordonna de maintenir sa jambe droite pendant qu'elle finit de nettoyer sa plaie et qu'elle le bande du mieux qu'elle peu. Jackson, la tête entre les genoux, entendit un bruit lointain, mais néanmoins perceptible. Il s'approcha des portes de la grange et aperçut, entre les planches, une centaine de morts-vivants fonçant droit sur eux. Immédiatement, il se mit dos à elles, tentant de garder l'ouverture de bois fermée. Marcus, voyant le comportement de son ami, comprit ce que cela voulait dire et lui vint en aide. Billy, à son tour, partit à contre cœur à leur secours. Il adressa un regard au vieil homme, toujours dans les vapes, puis à Rita. La jeune femme lui dit qu'il peut y aller, ce qu'il fit. Les trois hommes usent de leurs dernières forces pour retenir les portes fermées, mais ils ne tiendraient pas longtemps. Marcus demanda à ses amis de tenir pendant qu'il réfléchit à un plan. Jackson commença à paniquer, se disant qu'il allait mourir. Billy le rassura, lui expliquant qu'il est bien trop con pour mourir. Gabriel, voyant la panique gagner les siens, commença à trembler. Rita lui demanda de surveiller David pendant qu'elle aide ses partenaires. Le chrétien lui marmonna quelques mots incompréhensibles, se demandant ce qu'il pourrait bien faire pour les aider. Il prit de longues inspirations, fermant ses petits yeux noirs. Quand il les ouvrit de nouveau, il remarqua sur le côté un sac à dos qu'il commença à fouiller. Il en sortit un bâton de couleur rouge, qu'il tient fermement d'une main. Il se retourna vers ses amis, puis vers la porte du fond. La fatigue se fait sentir du côté de Marcus. L'ancien militaire grognait, à la manière de ses compagnons de route. Il savait qu'il ne tiendrait plus très longtemps. Les zombies continuaient de forcer la grange en masse en grognant. Alors même que tout espoir était perdu, une lumière aveuglante perça l'obscurité. Billy plissa les yeux. Il reconnut dans le noir la silhouette du chrétien, fusée éclairante en main, agitant les bras et criant de toutes ses forces dans le but d'attirer les morts vivants dans sa direction et de libérer, par la même, la porte. Ses coéquipiers lui crièrent d'arrêter ça, mais le jeune homme n'en fit rien. IL attira l'attention d'une vingtaine de morts-vivants, assez pour permettre à ses amis de nettoyer la zone. Ils ouvrirent les portes et commencèrent à massacrer tout ce qu'ils trouvaient sur leur passage. Gabriel, reculant à petit pas, sentit une présence derrière lui. Un zombie lui apparut, le faisant tomber. Il tenta de le repousser, mais ses dents pourries se rapprochaient inlassablement de sa peau. Soudain, une hache s'enfonça dans le crâne de l'horrible créature. Marcus se débarrassa du cadavre et tendit une main vers son ami à terre. Gabriel la saisit, l'ex marine l'aidant à se redresser. Jackson prit la parole, lui disant qu'il est un putain de dur à cuir. Le chrétien esquissa un sourire gêné, baissant les yeux.

Jour 172

La lueur du jour illumina Derek. A peine réveillé, le grand homme fut surpris par la présence de Wayne, lui demandant de se lever et de s'habiller, tandis qu'il lui tends ses vêtements. Derek lui demande l'heure qu'il est. Le noir lui répondit que ça n'avait plus d'importance de le savoir. Derek lui répondit que pour lui ça en avit. Wayne lui tendit alors la montre qu'il avait au poignet, lorsqu'il lui avait tirer dessus, lui demandant pourquoi est-ce qu'il portait une montre qui ne marchait plus. En effet, le cadran était stopper à 1h18 précise. Derek l'a regarda un moment, puis, leva les yeux vers son nouvel ami, lui demandant quand ils pouvaient partir. Wayne exécuta un zombie enlisé dans la boue de son bâton, expliquant au militaire qu'ils pourrissent davantage chaque jours. L'expression sur le visage de Derek exprimant le dégoût, le noir lui demanda ce qu'il n'allait pas, puis, lui demanda si c'était le fait de tuer ses choses qui l'horrifiait. Derek lui expliqua qu'il n'aimait pas faire ça. Wayne lui avoua qu'il l'avait deviner, qu'il était comme lui avant, mais que, tôt ou tard, on finit par s'y habituer, et que ça devient presque normal de le faire, comme quand ils faisaient des courses au supermarché. L'ex militaire lui avoua que la comparaison n'était pas très judicieuse, mais qu'il voyait où il voulait en venir. Il renchérit en lui demandant ce qu'il faisait dans la vue, avant tout ça. Le noir lui expliqua ironiquement qu'il était avocat, qu'il ne se serait jamais permis de tuer qui que se soit, mais que, compte tenu des circonstances, il n'avait plus vraiment le choix. Par curiosité, Derek lui demanda où était sa famille. Wayne s'arrêta, tête baissée. L'ancien militaire s'excusa, lui disant qu'il ne savait pas. Le noir lui répondit qu'il ne pouvait pas le savoir, que c'était normal qu'il demande, et qu'il n'avait pas à s'excuser pour ça. Les deux hommes débouchèrent sur une large route. Wayne demanda à Derek où se trouvait la sienne lorsqu'une voix le stoppa dans son élan, lui demandant de lever les mains en l'air et de lâcher ses armes. Derek se retourna vers le noir. Une dizaine d'hommes les pointaient de leurs armes. Habillé de tenues militaires, ils semblaient faire parti du convoi que tentait de suivre Marcus, leurs camions derrière eux. Derek se présenta à eux comme étant lui-même militaire de carrière et demanda à parler à leur capitaine. D'abord, ils refusent, ne lui faisant guère confiance, mais un homme arriva sur les lieux, calmant le jeu. Derek écarquilla les yeux. C'était son supérieur et ami, le général Miller.

Assis sur l'herbe, Jackson regardait la route au loin, se demandant si Derek les retrouverait un jour. Billy s'assit à ses côtés. L'archer ne prêta pas attention à lui. Le noir lui demande s'il va bien. Pour réponse, son ami lui annonça que non. Billy, hésitant, finit par lui dire que s'il a besoin de parler à quelqu'un, il peut compter sur lui. Jackson le coupa dans son élan, lui disant qu'il ne pouvait plus se permettre de prendre tout à la rigolade car il a bien faillit mourir aujourd'hui. Le sourire sur les lèvres du black attira l'attention de l'archer, lui demandant ce qui le faisait rire. Billy lui expliqua qu'il est bien trop malin pour se faire avoir si facilement. Et puis, qu'il ne peut pas se faire bouffer, parce qu'il a bien trop mauvais goût. Jackson lui demande s'il veut parier là dessus. Billy lui annonce qu'il voyait pas les choses sous cet angle, mais que l'idée ne lui déplairait pas. Jackson lui demande s'il est sérieux. Le noir lui répond que non. L'archer baissa les yeux, lui annonçant d'un sourire que c'est dommage, parce qu'il aurait bien aimé. Le noir lui frappa l'épaule d'un geste amicale, puis les deux hommes se mirent à rire. Quelques mètres derrière, Rita essayait de faire boire le vieil homme, toujours dans les vapes. Marcus regardait chacun des gestes de sa femme, l'air fermé. Sentant qu'il l'a surveillait, la latino lui dit qu'il faut qu'il parle. Marcus commence à s'énerver, mais Rita lui annonce que ça ne plus peu durer, tous ses petits secrets, les choses qu'il lui cache. Marcus fronça les sourcils. Sa femme lui expliqua qu'elle avait entendu ce que Billy lui a dit, dans la grange, et exige des réponses vis à vis de ce qui se serait passer, quand Alan est mort. D'abord hésitant, l'ancien marine finit par cracher le morceau, lui annonçant fiévreusement qu'il avait tué 3 personnes. Effrayé par les crimes horribles qu'à commis son mari, Rita recule de quelques pas, yeux grands ouverts. Marcus tente de s'expliquer avec elle, mais la jeune femme le repousse. Bouche ouverte, le visage de Marcus reflétait sa surprise. Il ne s'attendait pas à ça. Un souffle rauque, suivis d'une quinte de toux, arriva aux oreilles des deux jeunes gens. David venait de se réveiller. La jeune femme se précipita à ses côtés, lui ordonnant de ne pas bouger. Il regarda sa jambe manquante, puis, lui demanda où était son fils. Rita n'était pas sûr de ce qu'elle avançait, mais Derek n'était pas revenu non plus. A contre cœur, elle lui fit comprendre qu'il ne s'en était pas sorti. Le vieil homme, fatigué de se battre, fondit en larmes.

Confortablement installé à l'arrière d'un camion militaire, Derek faisait face à l'homme qui lui a tout appris. Le fait de le revoir en vie faisait jaillir une sensation étrange de ses entrailles. Le général lui révéla qu'il croyait qu'il était mort. Derek lui avoua la même chose. Miller lui expliqua qu'en son absence, des tas de gens ont perdu la vie. Il lui avoua que Taylor, son meilleur ami, avait disparu dans les premiers jours suivant le Day-0. Il lui conta, peu après, les nombreuses tentatives d'évacuations vers des camps de réfugiés que ses hommes ont entrepris et qui ont, pour la plupart, échoué. Il lui décrit également l'enfer dans lequel il s'était retrouver, les choix qu'ils ont du faire pour le bien de tous, les bombardements répétés des grandes villes dans le but de contenir l'infestation et qui n'ont généralement pas fonctionner, ainsi que la manière dont le gouvernement, surpasser par les évènements, a fini par tomber. Il dit d'ailleurs se rappeler des cris de gens innocents, brûlés vifs. Des femmes, des enfants. Tous morts pour rien. Il se rappelle flammes qui dansaient, de la fumée qui touchait le ciel. Puis, après un moment, tête basse, il lui demanda si son frère, Marcus, était toujours en vie. Derek le lui confirma d'un vague signe de tête. Mais son regard fuyard trahissait son inquiétude. Son supérieur lui demanda ce qu'il n'allait pas. Derek lui expliqua que tout ce qu'ils ont traversés l'a changé, qu'il ne le reconnaissait même plus la personne qu'il aimait. Miller lui répondit d'une voix ténébreuse qu'ils ont tous du faire des choses horribles pour survivre, mais que ces choses ne font pas d'eux des monstres. Il lui révéla également qu'ils partaient en direction de la côte Ouest afin d'évacuer les derniers camps de réfugiés encore debout. Il lui demanda également s'il souhaitait les accompagner, mais Derek lui annonça qu'ils avaient pour projet de chercher un bateau sur la côte Est du pays. Le général affirme qu'il n'y a plus rien là-bas, mais l'ancien marine lui avoua que ça valait le coup d'essayer, même s'il ne le pensait pas vraiment. Après un moment, le convoi s'arrêta aux portes dans la ville dans laquelle le groupe de Derek avait rencontré quelques problèmes. Derek et Wayne descendirent tour à tour du véhicule, reprenant au passage leurs quelques affaires. Le général Miller leur souhaita bonne chance, leur conseillant d'éviter au possible les villes, puis, quitta les lieux, disant à Derek que cela lui avait fait plaisir de le revoir. Le convoi reparti dans un nuage de fumée, le grondement de moteurs s'élevant dans la pénombre. Le jour se couchait. Ils ne devaient plus tarder. Alors qu'ils commençaient à marcher, des écritures rougeâtres attirèrent leur attention sur un grand panneau à demi renversé. Il y était écrit avec du sang : « Derek, colline pas sûre, suit route, M. »

Les crépitements des braises dérangeaient à peine Marcus, fixant les flammes avec attention. Il leva les yeux, croisant le regard fuyard de sa femme, face à lui, que seul le feu séparait. David dormait déjà, mort de fatigue. Billy et Jackson mangeaient à pleines dents le reste de leurs vivres, leurs grands yeux fixés sur le chrétien, à l'écart, regardant les étoiles. Marcus se tourna vers lui, puis vers ses compagnons, leur disant qu'il allait lui parler. Il rejoignit Gabriel, s'asseyant à ses côtés. Il y eut un long silence d'abord, puis, l'ancien marine lui expliqua qu'il adorait regarder les étoiles, avant tout ça, que quand sa mère est morte, étant jeune, il se disait qu'elle était là haut, quelque part. Et même s'il pense qu'il y a plus de chances qu'elle soit 6 pieds sous terres, il se dit qu'elle est peut être dans un monde meilleur, loin de cet enfer. Puis, regardant le jeune homme, il lui demanda pourquoi il avait fait une chose pareille. Gabriel mit un moment avant de prendre la parole, mais lui expliqua que c'était le seul moyen pour lui de se faire une place au sein du groupe, de s'intégrer, de ne pas rester en retrait. Il lui dit qu'il se sentait inutile, et, comme Marcus l'a dit lui-même, il n'y a pas de place pour les faibles dans ce monde. Marcus acquiesça, ne niant pas les faits. Il lui dit que c'est vrai, c'est ce qu'il a dit, mais qu'il est loin d'être faible et que ce qu'il a fait la nuit dernière pour les sauver le lui avait prouvé. Il lui toucha la nuque dans un geste d'apaisement. Gabriel tourna son regard dans sa direction, un petit sourire aux lèvres.

Même s'il faisait nuit noire, Derek et Wayne parvenaient quand même à suivre la route, arme au poing. Les deux hommes parlent de choses et d'autres lorsque l'ancien soldat repéra, à l'orée de la forêt, une lueur orangée, celle d'un feu de camp. Il se tourna vers le noir, l'air triste, puis, lui expliqua qu'il a perdu sa femme le troisième jour de l'infestation, que sa montre c'est arrêté au moment de sa mort, et que l'avoir autour du poignet lui rappelle chaque jour ce qui n'a pas réussit à faire : la sauver. Wayne, l'air fermé, lui dit qu'il n'a peut être pas réussit à la sauver, mais qu'il a sauvé la vie de nombreuses autres personnes, et que cela n'avait pas de prix. Derek proposa à son nouvel ami de rester et de se faire une place au sein du groupe. Mais Wayne refusa poliment, lui disant qu'il ne pouvait pas rester auprès de gens dangereux. Derek fronça les sourcils, interloqué. Le noir lui expliqua qu'il était là, le jour où l'un des siens à massacrer 3 personnes innocentes, et qu'il n'aurait pas la force de vivre dans la peur de mourir à son tour sous les coups d'un homme qui prétend être un ami. Derek le corrigea, lui révélant ainsi qu'il était son frère. Le noir lui demanda de faire attention à lui. Derek le prit dans ses bras, l'enlaçant longuement. Dans un regard, les deux hommes se quittèrent à contre cœur. Derek revint vers les siens, les saluant tous un à un. Il finit par son frère, qui le prit dans ses gros bras, manquant de l'étouffer, à la grande surprise du grand homme, qui lui rendit la pareille. Wayne repartit de son côté, seul, pleurant contre un tronc d'arbre.