Notes des auteurs : « Il parait que le vers luisant consomme à lui seul 25% du budget infernal. Du coup, depuis qu'il est là, ils ont abandonné les tortures chauffantes et sont passés aux torches à poix dans les couloirs, au lieu des lustres. D'où l'atmosphère si glauque depuis quelques siècles. Du coup, les anciens râlent, disent que c'était plus "chaleureux" avant. »
Enjoy!

Disclaimer : L'univers de Supernatural et tous ses personnages ne nous appartiennent malheureusement pas.

Chapitre 1 :

Le jugement

Ophélie ouvrit lentement les yeux. Après les bruits et l'agitation de la ville, le silence qui régnait lui paraissait assourdissant. Elle se releva péniblement et jeta un coup d'œil à l'endroit où elle se trouvait. Une pièce intégralement blanche : le sol, le plafond, les rideaux, le porte-manteau, le bureau en face d'elle … le bureau en face d'elle? Elle s'y avança et avisa un homme d'un certain âge vêtu d'un trois-pièces blanc. Ce dernier était penché sur une feuille, une pile de la même paperasse se trouvait à sa droite, dans un équilibre plus que précaire. Derrière lui, un tableau couvert d'écritures cunéiformes.

« Ophélie, fit soudain l'homme d'une voix grave, venue du fond des âges. Renversée par un Néerlandais à vélo … C'est sérieux ? Ces gens sont serviables, mais franchement dangereux, n'est-ce pas ?

La jeune femme haussa un sourcil. Pourquoi tant de sarcasme ? Elle n'eut pas le temps de demander que signifiait tout ceci, où se trouvait la foutue caméra cachée, si c'était une pub pour Persil ou pour Nespresso, que l'homme reprit.

- Bien. Avancez sur la croix.

Une croix gris clair sur le sol immaculée. Elle s'avança dessus et aussitôt, une clochette sonna deux fois.

- Tiens ! Prenez l'ascenseur. Bon voyage. »

Et sans autre forme de procès, l'homme retourna à ses papiers. Ophélie hésita un instant. Le vélo, l'homme et l'endroit éveillaient chez elle nombre de questions. Mais étrangement, elle sentit que l'homme ne répondrait pas. Elle s'avança alors jusqu'à l'ascenseur. Les portes se refermèrent sur elle. Ainsi commença la descente.

oOo

Marine se réveilla brusquement. La luminosité l'éblouit. Quelle heure pouvait-il bien être ? Mais elle n'était plus chez elle. La pièce blanche -trop blanche- était close, sans ouverture. La lumière semblait émaner de chaque objet présent. Un homme entre deux âges en trois-pièces blanc griffonnait derrière un bureau tout aussi immaculé. Il n'avait pas une tête de bureaucrate. Plutôt celle d'un homme de terrain contraint à la paperasse.

« Marine, fit soudain l'homme d'une voix grave, venue du fond des âges. Presque tuée par un chocolat chaud, achevée par asphyxie grâce à un chat couché sur son visage. C'est la journée des champions, dites-donc.

Marine demeura un instant interdite. Ce qui était contraire à son éthique. Le bonhomme n'avait pas l'air méchant, mais des objets qui émanent une telle lumière pour éclairer une pièce, ça devait revenir cher. Et tout cela lui rappelait cruellement une certaine référence.

- Hem... What...

- Avancez sur la croix, je vous prie.

- Else ? D'ac.

L'homme releva légèrement la tête et la regarda un instant par-dessus ses lunettes en demi-lune. Son regard figea Marine, qui tourna bien vite la tête. Elle s'avança sur la croix. Un tintement cristallin retentit deux fois.

- Bien. Prenez l'ascenseur. Bon voyage.

Marine ravala sa salive et prit sur elle.

- C'est... C'est tout ? Même pas un café ?

L'homme releva de nouveau la tête pour la regarder par-dessus ses lunettes en demi-lune. Marine se retourna machinalement et se dirigea vers l'ascenseur. Les portes se refermèrent sur elle. Et ainsi commença la descente.