Ceci n'est qu'un appendice. L'asphyxie était censée être complète avec le précédent chapitre, mais j'avais une idée de texte en tête qui allait vraiment bien pour faire une suite...Donc voilà, la fin de la nuit d'Andromeda!
J'espère que ça vous plaira:)
Elle marche à côté de lui. Lorsqu'elle l'a rejoint il y a quelques minutes à peine, il a eu le sourire le plus éblouissant qu'elle lui ait jamais vu. Depuis, il n'arrête pas de parler. Andromeda se contente de hocher la tête de temps à autre. Elle écoute à peine ce qu'il lui dit. Toute son attention est portée sur ses pieds nus qui martèlent le bitume. Elle tâche d'éviter un obstacle, invisible dans l'obscurité.
Il passe un bras autour de ses épaules. Andromeda pense à le repousser, mais ne le fait pas. Autant aller jusqu'au bout. Il lui parle de sa liberté enfin conquise, des choses qu'il va lui faire découvrir. Elle se force à sourire. Il l'attire plus près de lui encore, si bien qu'elle a du mal à marcher droit.
Il l'entraîne à travers les rues de Londres, ces rues qu'elle n'a jamais vues, qui lui ont toujours été interdites. Elle ouvre grand les yeux pour tout retenir, tout s'approprier. Il rit de son étonnement, et la mène jusqu'à une porte noire devant laquelle se tient un homme baraqué. Celui-ci les observe un instant, puis s'écarte pour les laisser passer.
Un escalier. Elle descend, lui sur ses talons. Une nouvelle porte qui s'ouvre, et elle se retrouve dans une salle pleine de bruit et de fumée. Elle hésite un instant, mais il pose sa main dans son dos, pour l'inciter à entrer. Elle ne veut pas lui montrer sa gêne. Elle fait quelques pas.
Des corps dansants l'encerclent, de noires silhouettes qui s'agitent au rythme de la musique. Elle ne sait pas quoi faire. Doit-elle les imiter? Il lui prend la main et fend la foule devant eux.
Il lui demande ce qu'elle veut boire. Elle répond du champagne. Elle se sent un soudain désir d'alcool. Il hoche la tête d'un air amusé, et commande autre chose. Elle s'étouffe avec le coktail qu'il lui rapporte et il éclate de rire.
Ils essayent de discuter dans le vacarme ambiant. Ce ne sont jamais que des monosyllabes. Cela l'arrange. Elle n'a pas envie de parler. Elle se blottit dans son fauteuil, et avale une longue gorgée d'alcool. Elle commence à se détendre. Elle se sent bien. Elle sourit, même. Lorsqu'il l'invite à danser, elle accepte.
Elle se laisse bercer par la musique, les yeux fermés. La boisson l'empêche de réfléchir, et elle n'est plus que sensations. Cela lui convient. Derrière ses paupières, le monde extérieur ne lui parvient plus qu'à travers l'ouïe et le toucher. Elle oublie tout ce qui n'est pas le rythme qui martèle ses tympans et la main de Ted sur sa hanche, qui guide ses mouvements.
A l'occasion d'un changement de morceau, il l'embrasse. Ses lèvres se posent sur les siennes, à peine hésitantes, et elle le laisse faire. Lorsqu'elles se reculent, elle ouvre les yeux. Il a un air heureux sur le visage. A nouveau, elle se dissimule derrière l'obscurité de ses paupières. Elle ne veut pas compliquer les choses.
Il s'éloigne un instant. Elle est maintenant seule sur la piste. Les yeux des autres s'attachent à sa silhouette qui se déhanche, suivent le moindre de ses mouvements à travers le voile de la fumée. Elle se déchaîne sur un morceau de rock, fait voler autour d'elle ses longues mèches noires. Elle se repaît de leur admiration. Elle sait qu'elle est belle. Elle aime être le centre d'attention.
Ted revient et lui murmure quelque chose à l'oreille. Elle ne parvient pas à l'entendre, mais éclate tout de même de rire. Son bras jaloux encercle sa taille et il la mène à l'extérieur.
A l'extérieur, le vent la dégrise un peu. Mais elle s'interdit de penser, de réfléchir. Il est trop tard pour cela. Il faut aller jusqu'au bout. Il n'y a pas de retour possible.
Elle est toujours prisonnière du bras qui l'enserre. Elle doit s'appuyer sur lui pour avancer. Elle ne sait pas où il l'emmène, mais elle le laisse faire. Elle sait qu'il est amoureux d'elle.
Une maison, dans un quartier pavillonnaire. Il se tourne vers elle, une question dans le regard. Ne pas réfléchir. Elle hoche la tête, et un rayon de lune révèle son sourire heureux. Il lui fait signe de ne pas faire trop de bruit, et la fait pénétrer à l'intérieur.
Il la guide jusqu'à sa chambre. Une fois la porte fermée, il l'embrasse à nouveau. Elle répond à son baiser. Il est trop tard pour reculer de toute façon. Ses lèvres descendent dans le creux de son cou, tandis que ses mains resserrent leur prise sur son corps. Elle ferme les yeux, et se laisse aller.
OooO
C'est le matin maintenant. Un rayon de soleil filtre à travers la fenêtre et se pose sur sa joue. Andromeda s'agite un peu, et finit par se réveiller. Un moment elle cligne des yeux, se demandant où elle se trouve. Puis elle se souvient : elle est partie. Elle tourne la tête et contemple un moment le visage en face d'elle. Ted garde un léger sourire même dans son sommeil. Elle n'ose pas bouger. Elle tire simplement le drap pour qu'il la couvre davantage et regarde le plafond couvert de posters.
Est-ce que c'est ça la liberté? Ce goût amer. Ce sentiment de perte. Mais c'est elle qui a choisi. Il n'y a pas de retour.
