Manga: Bleach
Titre: In vino veritas ("La vérité est dans le vin")
Pairing: Renji/Byakuya
Rating: M
Disclaimer: Tout appartient à Tite Kubo, je ne fais que lui emprunter quelques uns de ses personnages :)
Note: Tout d'abord un grand merci à Erayn pour ta review elle m'a vraiment fait plaisir :) sinon j'espère que ce chapitre vous plaira :) Je n'avais pas grand chose à modifier et j'ai donc pu le poster très vite. Je ne garantis pas que ce sera pareil à chaque fois mais je ferai de mon mieux :) N'hésitez pas à critiquer sans ça je ne pourrai pas m'améliorer ;) Sur ce bonne lecture!
Chapitre 2:
Tout d'abord je ferai en sorte de le troubler de façon à ce qu'il soit en conditions. Mieux vaut ne pas brusquer les choses, tentons d'être subtiles pour une fois…
Il était tard, très tard, trop tard…Cette fichue réunion s'était éternisée une fois de plus. Entre ce barbare de Kenpachi qui était encore une fois arrivé en retard tout ça parce qu' il avait voulu essayer un raccourci inventé de toutes pièces par son lieutenant, Soi Fong qui râlait dans son coin en fusillant du regard toute l'assemblée, Unohana qui affichait encore et toujours son éternel sourire donnant l'impression qu'elle connaissait nos moindres secrets avouables ou non, Kyôraku qui buvait et faisait du pied tout sauf discrètement à Ukitake, Hitsugaya qui mangeait les bonbons que Jyuushiro lui avait offert en feignant de ne pas apprécier le présent, Kurotsuchi qui s'imaginait sa future vivisection le tout en affichant un sourire de psychopathe, Komamura qui comme d'habitude était tout aussi raide que la justice qu'il chérissait, Yamamoto qui nous admirait comme un père fier de ses enfants ou plutôt un grand-père fier de ses petits-enfants et enfin les trois nouveaux, Kira, Hinamori et Hisagi qui restaient entre « jeunes » il n'avait plus su où donner de la tête. Si seulement ce genre de réunion était occasionnel, il le supporterait sans broncher, mais depuis que la guerre avait pris fin Genryuusai insistait pour qu'elles aient lieux régulièrement afin qu'il s'assure que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et ce soir encore il avait pu constater que l'élite du Gotei13 était constituée de détraqués, d'obsédés, de papas gâteau et autres joyeusetés en tout genre. Il y avait des fois où en rentrant chez lui il se demandait vraiment ce qu'il foutait là. Et encore, seuls les capitaines actuels étaient présents à cette réunion, qu'est-ce qu'il aurait dû dire si les anciens capitaines en avaient fait partie. Il se serait probablement enfermé dans son mutisme en affichant le regard le plus polaire et méprisant qu'il gardait en réserve pour les cas extrêmes. Au moins ce regard avait l'avantage de dissuader qui que ce soit de lui adresser la parole et vu les phénomènes qu'étaient ses collègues c'était encore ce qu'il préférait. En fin de comptes ça ne changeait pas vraiment de ce qu'il avait fait aujourd'hui. Cependant cela n'avait pas empêché Kyôraku et Ukitake ne le materner comme un gosse de cinq ans tout au long de la soirée. Ils étaient irrécupérables. Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre… Combien de fois encore devra-t-il leur dire de l'appeler par son grade suivi de son nom ? Ce n'était pourtant pas si compliqué ! Lui le faisait bien dès qu'il leurs adressait la parole ils pouvaient bien en faire de même une fois dans leur vie… Un jour viendra où il leurs rendra la pareil, « Yo Jyuushiro tranquille la vie ? », ou pas… Non, définitivement non, ça s'éloignait beaucoup trop de son personnage… N'empêche qu'il aurait payé cher pour voir leurs têtes à cet instant précis, avec un peu de chance ils auraient eu une attaque…
Et dire qu'il avait dû annuler son entrainement pour assister à ce qu'ils osaient encore appeler une réunion de première importance. Ils avaient passé des heures à faire l'inventaire de tout et n'importe quoi, qu'on s'assure d'avoir suffisamment de matériel médical était compréhensible mais est ce que quelqu'un pouvait lui expliquer en quoi sa présence était indispensable ? Si ce n'était que ça il aurait pu passer outre mais, car il y a toujours un mais, il avait fallu que cet attardé de Zaraki introduise illégalement le machin rose qui lui servait de lieutenant. Irrésistiblement attirée par les friandises qui menaçaient de tomber de la poche du capitaine Hitsugaya elle s'était jetée dessus avec une agilité remarquable et n'en avait fait qu'une bouchée, c'est alors que tout dégénéra. Son organisme ne put supporter bien longtemps la colossale quantité de sucre qu'elle venait d'ingurgiter, toutes ses idées se mélangèrent, elle n'entendait plus ce qu'on lui disait et dans un excès de folie elle ravagea tout sur son passage. Evidemment cette mini tornade rose s'était précipitée dans sa direction à une vitesse folle, il n'avait jamais compris pourquoi cette énergumène haute comme trois pommes devait toujours s'en prendre à lui mais ça commençait à lui courir sur le haricot ! Qu'elle fasse de la trottinette à fond de balle dans son manoir ok, qu'elle dévalise la réserver de biscuits du dit manoir passait encore, qu'elle s'en prenne à ses carpes koi il le supportait difficilement mais il passait outre mais qu'elle s'approche de lui et de son précieux Kazahana ginpaku no uzuginu avec ses sales pates couvertes de cette substance visqueuse, répugnante, collante et rose il en était tout simplement hors de question !
Ressentant l'aura meurtrière qui se dégageait du capitaine de la sixième division et remarquant que la main de celui-ci se dirigeait lentement mais surement vers Senbonzakura Ukitake s'était habillement placé entre les deux opposants afin d'étouffer le conflit. C'était sans compter sur Kenpachi qui ne supporta pas de voir qu'on contrariait Yachiru. Quand cette enfant-là n'obtenait pas ce qu'elle voulait c'était toujours sur lui que ça retombait et il était beaucoup trop tard pour qu'il gère une de ses crises. Oui il avait totalement raté son éducation, ce n'était un secret pour personne mais franchement vous vous attendiez à quoi ? Combattre et exterminer quiconque osait le défier voilà ce qu'il savait faire, à ce niveau-là on pouvait même s'estimer heureux que cette fille ne soit pas plus dérangée qu'elle ne l'était déjà. S'en suivit alors une joute verbale entre le capitaine de la sixième division et celui de la onzième au caractère très fleuri pour l'un, très méprisant et cassant pour l'autre. Et durant tout ce temps le pauvre capitaine de la treizième division tenta vainement de calmer la furie rose qui, vu la situation, avait décidé de changer de victime et de s'en prendre à Kyôraku qui lui-même tentait de calmer le pauvre capitaine de la dixième division qui s'était vu ravir ses précieuses friandises… Le monsieur au manteau rose ne voulait pas jouer avec elle ? Tant pis elle se rabattrait sur sa bouteille, c'est que ça avait l'air bon ce qu'il buvait depuis tout à l'heure... Bref, une réunion tout ce qu'il y a de plus normal !
Enfin il aperçut la silhouette du manoir se dessiner dans l'obscurité, la plupart des lumières semblaient éteintes ce qui était compréhensible vu l'heure tardive qu'il était, tant mieux ! La dernière chose dont il avait besoin était d'une ribambelle de domestique lui sautant dessus pour ensuite le coller telle une sangsue tout le long des interminables couloirs de la bâtisse… Ils étaient gentils et faisaient vraiment bien leur travail mais… en fait ils le faisaient trop bien, ça plaisait peut être à certaine personne de se balader entouré d'une escorte de serviteurs mais lui ça avait tendance à l'agacer. Si il appréciait la compagnie d'autrui, depuis le temps, ça se saurait…Il était fatigué et ne rêvait que d'un bon bain chaud et de son immense lit de noble mais malheureusement pour lui sa très chère sœur en avait décidé autrement. A peine avait-il eu le temps de passer le seuil de la porte que déjà elle lui bondissait dessus telle une lionne sur sa proie.
-Bonsoir nii-sama, comment allez-vous ? Désirez-vous quelque chose à boire, à manger ? J'ai demandé à ce qu'on dresse la table, le repas sera prêt d'ici quelques instants. Comment s'est déroulée votre réunion ? Une tasse de thé ?
Quelle mouche l'avait piquée ? Elle qui se faisait si discrète d'habitude, c'était à peine si on remarquait sa présence. Et de quel diner parlait elle il était deux heures du matin ?! Tout ce qu'il voulait lui c'était dormir et oublier cette affreuse soirée qu'on venait de lui faire subir. En tant que capitaine il se devait de se lever aux aurores afin d'être toujours parfaitement à l'heure dans sa division et il trouvait qu'il lui restait déjà bien trop peu de temps pour dormir que pour se permettre de le dépenser à tout va. Et comment avait-elle su qu'il arrivait ? Il avait pourtant dissimulé sa présence pour ne pas déranger et surtout ne pas être dérangé... Elle avait dû guetter son arrivée toute la soirée planquée dans l'ombre derrière l'un des nombreux vases en porcelaine qui ornaient la demeure. Ils étaient tellement grands, larges et couteux surtout, la cachette idéale pour voir sans se faire voir. Ca cachait quelque chose, à tous les coups elle avait quelque chose à lui demander et visiblement ça lui tenait à cœur pour qu'elle l'ait attendu jusqu'à cette heure si tardive.
-Que veux-tu Rukia ? Cela ne peut-il vraiment pas attendre demain ?
Oh non ! Elle lui faisait ses yeux de chien battu ! Elle savait pertinemment bien qu'il n'y résisterait pas… Lui qui la considérait comme la fille qu'il n'avait jamais eue, celle qu'il aurait dû avoir avec sa chère Hisana, par moments il la trouvait bien manipulatrice. Et dire qu'elle était en réalité la sœur de sa défunte épouse… Si ce n'est leur physique, elles n'avaient vraiment pas grand-chose en commun. Rukia était beaucoup plus têtue et lorsqu'elle désirait vraiment quelque chose il était très difficile d'aller à l'encontre de sa volonté, même pour lui. Et visiblement elle désirait vraiment lui parler en tête à tête. Il devait être maudit avec les femmes il ne trouvait pas d'autre explication plausible, entre sa femme qui s'était éteinte bien trop tôt, Rukia qui le faisait tourner en bourrique à la moindre occasion et Yoruichi qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs étant petit il n'avait vraiment pas de chance. Enfin bon il pouvait tout de même s'estimer heureux, sur les trois la seule avec qui il n'avait pas dû cohabiter était bien la pire de toutes. Un long frisson lui parcouru l'échine aux souvenirs qu'évoquait pour lui ce chat de malheurs… Elle lui avait tout fait endurer, mais absolument tout, rien ne lui avait été épargné. Au départ rien ne laissait présager la torture physique mais surtout morale qu'il allait devoir subir… Etant donné sa position dans la hiérarchie de la famille Kuchiki elle avait dû le préparer lui et surtout son corps à supporter les poisons qu'on aurait pu tenter de lui faire avaler. Jamais il ne pourrait oublier ces longues séances de torture où cette femme prenait un malin plaisir à lui faire ingérer tout un tas de toxines diverses et variées. Commençait alors son effroyable supplice, ses jambes tremblaient et finissaient toujours par ne plus supporter son poids le laissant choir à quatre pattes devant cette féline qui ne pouvait dissimuler la satisfaction que lui procurait cette vue. Le processus permettant d'assimiler le poison et de le neutraliser était toujours douloureux et incroyablement long la première fois, il le savait bien et était contraint de passer par là. Certes cela partait d'une bonne intention et il savait pertinemment bien qu'elle ne lui ferait jamais de mal mais ce n'étais pas une raison suffisante pour se permettre de se moquer de lui ouvertement ! Peu de temps après que ses forces n'aient commencé à le quitter des gouttes de sueur se mettaient à perler sur son front pour ensuite s'étendre à tout son corps, sa vue finissait souvent par se troubler et c'est à peine si il arrivait encore à distinguer ce qu'on lui disait. Il avait chaud puis froid et ce sans aucune transition, sa gorge était sèche, sa langue pâteuse mais tout cela ne l'empêchait pas de délirer et d'exprimer tout haut tout ce qu'il lui venait alors à l'esprit. Combien de fois cette femme ne l'avait-elle pas fait chanter menaçant de dévoiler l'objet de son délire… Maudit chat !
Ce qui était pratique avec Byakuya c'est qu'on allait directement à l'essentiel, il était plutôt expéditif et ne s'encombrait jamais de fioritures. Elle avait tout prévu. Dès qu'elle était rentrée elle avait demandé à ce qu'on apprête une petite table dans l'une des nombreuses pièces du manoir de manière à ce qu'ils ne soient pas dérangés durant leur conversation. Elle avait aussi prévu quelques petites choses à manger au cas où mais elle se doutait bien qu'il n'aurait pas faim en rentrant, le diner servant ici seulement de prétexte à la discussion. Ensuite elle s'était empressée de donner leur soirée aux domestiques de façon à ce que personne ne puisse entendre ce dont elle allait lui parler. Dans une telle demeure autant prendre ses précautions car il n'était pas rares qu'un domestique ou l'autre écoute aux portes. Elles les savaient fidèles et triés sur le volet mais mieux valait être prudente, ne dit-on pas que les murs ont des oreilles ?
Il la fixa encore quelques instants en espérant que son regard la fasse renoncer mais visiblement il ne produisit pas l'effet escompté, ce n'était vraiment pas son jour. Si ça continuait il allait sérieusement remettre en question sa capacité à intimider autrui. Finalement il soupira et lui dit :
-je t'accorde une demi-heure et pas une minute de plus. J'espère pour toi que ça en vaut la peine.
Ils se dirigèrent donc tous les deux vers la fameuse pièce préparée spécialement pour l'occasion et s'installèrent. Rukia avait préparé du thé et les servit. Elle se concentra durant son service de manière à ce qu'il soit parfait, espérant ainsi impressionner son frère et adoucir son humeur. Comme prévu il ne mangea pas grand-chose attendant patiemment que sa sœur entame la conversation. Il l'observait et remarqua ses efforts, cela suffit pour qu'il se détente. Bien que ça n'en ait pas l'air, exécuter parfaitement le service du thé nécessitait des heures d'entrainement et visiblement elles portaient leurs fruits car celui de Rukia frôlait selon lui la perfection. En réalité il aimait passer du temps en sa compagnie et il trouvait ces têtes à tête bien trop rares à son gout. Il était conscient des efforts qu'elle avait fournis pour s'adapter à cette famille hors du commun et même s'il ne l'avait jamais vraiment montré il était fier d'elle. Peu de personnes auraient supporté ce qu'elle avait enduré pour enfin être acceptée au sein de cette famille. Elle avait dû tout réapprendre en commençant par les bases les plus rudimentaires. Le simple fait de tenir ses couverts nécessitait un entrainement long et fastidieux, imaginez alors la tête qu'elle avait tirée en comprenant la quantité de travail que représentait le simple fait de savoir se tenir à table, et encore ce n'était rien en comparaison avec les danses de salon… Ajoutez à cela les membres de la famille qui n'avaient pas approuvé son adoption et qui se faisaient un malin plaisir de lui rendre la tâche plus difficile encore si c'était possible et vous aurez un aperçu de ce qu'avait été la vie de Rukia durant ses premiers mois dans le manoir.
Rukia déposa délicatement la théière et attendit que son frère goute à son thé ce qu'il fit rapidement. Apparemment elle l'avait réussi ou du moins c'est ce qu'elle en déduit en voyant son visage se fendre d'un fin sourire. Rien de bien transcendant mais venant de lui ça équivalait à une multitude de compliments. Il ne lui restait plus beaucoup de temps, c'était le moment d'attaquer. Il baissait sa garde, il fallait qu'elle en profite. A la guerre comme à la guerre et dans le cas présent la défaite n'était pas envisageable alors tous les coups étaient permis !
-Mon frère ces derniers temps il m'a semblé que vous vous entendiez de mieux en mieux avec Renji et je tenais à vous dire que ça me rend vraiment heureuse de vous voir enfin renouer avec le bonheur.
Ça c'est ce qui s'appelait y aller franco, c'était risqué mais elle savait qu'il n'y avait rien qui exaspérait plus Byakuya que les gens qui y allaient par quatre chemins. Or ce qu'elle voulait c'était le troubler et non l'énerver alors autant entrer directement dans le vif du sujet quitte à y perdre des plumes.
Ce n'était définitivement pas sa journée… Il resta maitre de lui-même et conserva son éternel masque d'impassibilité mais intérieurement c'était le boxon pour ne pas dire autre chose. Sa sœur le regardait tendrement comme pour lui faire comprendre d'une part toute l'étendue de ce qu'elle venait de lui dire, d'autre part qu'elle ne le jugeait pas mais qu'au contraire elle le soutenait. Avait-il laissé quelque chose transparaitre ? Le matin s'était-il montré trop pressé de rejoindre son poste ? Il lui avait pourtant semblé contrôler parfaitement la situation, gardant à l'œil le moindre de ses faits et gestes. Elle devait sortir ce soir, Abarai lui avait il dit quelque chose ? Insinué quelque chose ? L'avait-il surprit en train de l'observer ? De lui jeter des regards en coin ? La curiosité le rongeait de l'intérieur et les questions se bousculaient dans sa tête mais il se devait de se montrer subtil. Il s'arrêta un instant réalisant l'état dans lequel il s'était mis juste à cause d'une simple remarque de sa sœur. Cette observation ne valait pas la peine qu'il démarre au quart de tour et se mette à paniquer de la sorte… Il se trouvait pire qu'une adolescente…Il fallait vraiment qu'il se fasse soigner, une cure de désintoxication de son lieutenant voilà ce qu'il lui fallait. Il réprima un soupir avant de répondre :
-Eh bien j'estime qu'il est important qu'un capitaine et son lieutenant soient en bons termes mais je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit d'autre à ajouter. Qu'est ce qui te fait dire une telle chose ?
C'était gagné, il avait relancé la conversation, ça l'intriguait. Elle n'avait plus qu'à maintenir ce trouble et le tour était joué. La deuxième phase de son plan était destinée à Renji, il ne restait plus qu'à espérer qu'il s'en sorte. Car concrètement, au final, tout reposait sur lui et autant le dire directement, la subtilité et lui ça faisait deux.
-C'est juste que vous semblez de meilleure humeur lorsque vous avez passé la journée en sa compagnie. Je ne veux que votre bonheur à tous les deux alors quand je vous vois heureux je suis heureuse.
Elle avait envie de rire ou de pleurer, elle ne savait plus trop, tellement ce qu'elle disait lui semblait niais et mièvre. Mais bon il fallait bien ça pour faire réagir le noble. Elle ajouta à cela son petit sourire made by Unohana et le tour était joué. Cette femme avait un don pour vous faire sentir qu'elle savait tout de vous, même ce qu'on aurait préféré garder secret à tout jamais. Elle était terrible et cachait bien son jeu. Ne la sous-estimez pas, ça reviendrait à signer votre arrêt de mort… après tout, connaitre autant de manières différentes de sauver un corps humain induit automatiquement la connaissance d'autant de manières de le détruire ou d'au moins lui faire regretter de ne pas être mort…terrifiante, ce mot résumait assez bien la situation…
Cette phrase sentait le sous-entendu à plein nez, il en était sûr. Ça avait peut-être un rapport avec ces livres sur lesquels il était tombé par hasard dans la chambre de sa sœur. Il était venu récupérer un ouvrage qu'il lui avait confié, rien de bien intéressant, ce volume nous renseignait simplement sur les différentes techniques à aborder lorsqu'on désirait se lancer dans la calligraphie, sur le matériel adéquat, l'état d'esprit dans lequel il était conseillé de se trouver,… rien de bien terrible mais elle semblait avoir oublié de le remettre en place et si une personne mal intentionnée s'en rendait compte ça allait encore jaser à la prochaine réunion de famille… pour certaines personnes le moindre prétexte était bon à prendre pour justifier la soi-disant erreur qu'avait été l'adoption d'une âme originaire du Rukongai. Un simple oubli de ce genre se transformait rapidement en une tentative de vol si on écoutait ces vieilles commères…Qui aurait envie de s'approprier ce genre d'objet ? Bonne question, lui aussi l'ignorait totalement mais à les entendre ça ne pouvait rien cacher d'autre. Enfin bon, il s'était donc naturellement dirigé vers la bibliothèque et rapidement il se rendit compte qu'une grande partie du meuble, pour ne pas dire la presque totalité, était remplie d'ouvrages qui lui étaient encore inconnus. Intrigué par le titre d'un des volumes il l'avait pris afin de jeter un œil au résumé. Il n'eut pas le temps d'en lire une ligne, la couverture était déjà bien assez explicite…Il l'avait immédiatement remis en place et avait fui cette pièce en emportant avec lui le livre qu'il était tout d'abord venu chercher. Une fois qu'il se fut suffisamment éloigné de cette pièce il réalisa alors que son visage le brulait et qu'il devait probablement afficher une magnifique couleur rouge comme jamais il n'en avait eu auparavant. Et dire qu'il l'avait prise pour la personne la plus innocente qui soit…
Bref, tout cela pour dire qu'il voyait clair dans son comportement mais que malgré cela il rentrait dans son jeu. C'était bien entendu involontaire de sa part mais il mourait d'envie de savoir ce qui la poussait à parler de ça aujourd'hui précisément. C'était-il passé quelque chose de particulier à cette fête ? Fête…C'était un bien grand mot, il avait dû s'agir d'une beuverie comme d'habitude, d'ailleurs à cette pensée son humeur s'assombrit considérablement. Depuis qu'ils avaient commencés leurs entrainements nocturnes il avait pu faire en sorte que son lieutenant ne participe plus autant à ces sortes d'orgies qui avaient lieux bien trop souvent à son gout au sein du Seireitei. Il le savait actuellement célibataire et ne supportait pas l'idée qu'il puisse avoir trouvé quelqu'un avec qui passer la nuit, ou pire encore avec qui il pourrait construire une relation. Pourtant ca devra bien arriver un jour ou l'autre… Mais bon, pour le moment il allait se contenter de continuer à espérer et pour ça il fallait qu'il sache ce qui avait bien pu se passer ce soir-là. Il allait probablement s'en vouloir toute sa vie d'ailleurs il le regrettait déjà mais il fallait qu'il lui demande.
-Le lieutenant Abarai a-t-il fait une remarque à ce sujet ?
Il avait beau avoir utilisé son nom de manière détachée il venait de se griller. Ce n'était décidément pas son jour. Où était donc passé sa subtilité, son assurance, pire, sa fierté ? Il était grand temps qu'il prenne des vacances.
-Non il ne m'a rien dit il s'agissait juste d'une simple observation de ma part…
Tout ça pour rien, il était maudit. Donc des vacances…peut-être qu'un séjour sur terre lui changerait les idées. Quoique ça pouvait s'avérer dangereux, pas pour lui mais pour quiconque croiserait son chemin et celui de son zanpakuto… Non ce n'était pas une si bonne idée que ça, leurs histoires de gigais et tout, très peu pour lui. En plus étant donné sa malchance actuelle il y avait fort à parier qu'il croiserait cet Ichigo Kurosaki… A cette simple pensée l'aura meurtrière qui s'était échappée de lui lors de cette fameuse réunion refit surface, nul doute qu'il était l'élément déclencheur qui avait perverti sa chère Rukia !
La jeune shinigami ne sembla pas s'inquiéter des changements d'humeur de son frère, sans doute était-il plongé dans ses pensées. Cette réunion avait dû être particulièrement horrible et l'heure tardive n'aidait pas à maintenir son calme. Elle se dit qu'elle ne devait probablement pas être à l'origine du froid particulièrement glacial qui venait d'emplir la pièce et forte de son précédent succès elle continua sur sa lancée :
-…par contre il paraissait vraiment déçu que votre rendez-vous ait été annulé.
Rendez-vous ? Il s'agissait d'un entrainement, le terme ne convenait pas, un rendez-vous pouvait sous-entendre beaucoup trop de choses. Déçu ? Le voilà qui se remettait à réagir comme une lycéenne de quinze ans. Tout ça c'était de la faute de ces âmes errantes, elles l'avaient contaminé ! N'oubliez pas, la moindre excuse est bonne à prendre lorsqu'on est un Kuchiki qui ne s'assume pas. Passons, pour quelle raison avait-il bien pu être déçu ? Surement s'était-il senti retardé dans sa progression… ce qu'il voulait c'était l'égaler pour ensuite le surpasser, ce n'était certainement pas le fait de ne pas l'avoir vu aussi longtemps que les autres jours qui avait pu l'attrister…Sa colère retomba aussi vite qu'elle était apparue pour laisser place cette fois ci à une douce nostalgie… tout était tellement plus facile lorsqu'ils se méprisaient mutuellement… Il ne se souvenait pas avoir éprouvé aussi souvent ces sentiments que sont la tristesse, le chagrin, la mélancolie depuis que sa femme l'avait quitté. Un sourire amer prit place sur son visage, son lieutenant lui en aura vraiment fait voir de toutes les couleurs… et dire qu'il ne s'en rendait même pas compte… quel abruti…
-Il est tard je vais vous laisser, je ne voudrais pas que vous ne soyez pas en forme demain à cause de moi. Bonne nuit nii-sama.
Elle s'éclipsa vite fait en ne lui laissant pas le temps de réagir. Vu le visage tourmenté qu'il arborait elle pouvait considérer que sa mission était un réel succès. Elle s'en voulait un peu de le faire tourner en bourrique mais c'était pour son bien alors elle se pardonnait. Il fallait parfois savoir se montrer clément envers sois même ! Et puis, si tout se passait bien, dans très peu de temps c'est lui qui la remerciera.
C'est moi ou elle vient de s'enfuir en me laissant là comme un … Reprends toi Byakuya, tu es fatigué ! Le noble se leva et alla rejoindre sa chambre contrarié de ne pas connaitre le fin mot de cette histoire. Oublié le bon bain chaud il avait vraiment besoin de dormir, il se contentera d'une douche bien froide le lendemain matin en espérant que celle-ci lui remette les idées en place, et pas que les idées d'ailleurs… Il la détestait, il le détestait, il les détestait tous de lui faire subir ça ! En tout cas une chose était sure il n'avait plus que Renji en tête et à tous les coups, cette nuit, ce dernier allait peupler ses rêves promettant au noble un réveil des plus pénible.
à suivre...
Voila j'espère que ca vous a plu :) Je me répète mais n'hésitez pas à me dire ce que je pourrais modifier, amélirer, etc.. :)
Gros bisous!
Pioush :3
