N/A Je m'excuse auprès de tous les fans de Mercedes. Je m'excuse vraiment. C'est juste comme ça que cela doit être.

N/T Tadaaaaam ! Oui oui, ça va faire un moment que je n'avais pas poster de chapitres mais me revoilà, et à l'aide de ma co-traductrice, j'ai réussi. Maintenant ce sera un chapitre toutes les 2 semaines :)


Chapitre 1

« Bon les gars, je vais y aller », dit Mercedes qui se lève de la couverture de pique-nique. Il y a un vague murmure de protestation de la part des autres, mais personne ne semble enclin à essayer de l'empêcher de partir, paresseux comme ils sont de rester allongés au soleil tout l'après-midi, sur le toit de l'un des dortoirs de la NYADA, le ventre plein après ce que Rachel avait surnommé leur « barbecue de fin d'été ». Même si en réalité, cela avait été une des idées spontanées de Blaine.

Il a fallu que Mercedes passe devant eux pour prendre son sac pour que David se rende compte qu'elle était sérieuse au sujet de partir.

« Aller ! » dit-il en gémissant, tendant la main pour saisir l'ourlet de son pantalon. « La fête ne fait que commencer ! »

Mais Mercedes commence juste à rire, se tournant vers les autres qui ont à peine bougé d'un pouce dans la dernière heure.

« Je ne sais pas si tu as regardé autour de vous,» dit-elle amusée, « mais je pense que la fête est terminée. »

Elle rit quand David tire encore une fois sur son pantalon, essayant d'écraser sa main comme si elle luttait pour tenir debout et ne pas perdre ses vêtements dans le processus, mais David ne va pas abandonner aussi facilement.

« Juste une demi-heure de plus alors ! » lui supplia-t-il. « Nous n'avons même pas encore parlé, quel mal pourrait faire une demi-heure de plus ? »

« Tout d'abord, nous sommes ici depuis 11 heures, nous avons beaucoup parlé, » Mercedes tire la langue lorsqu'elle arrive enfin à se défaire de l'emprise de David. « Et ensuite, Sam se lève tôt juste pour qu'on puisse skyper avant qu'il aille travailler, très tôt. »

C'est à la mention de Sam –peut-être loin en Australie mais clairement non oublié- qui arrête David de parler plus que n'importe quoi d'autre. C'est dur de dire ce qui est le plus douloureux : le silence qui a suivi ou le regard dans les yeux de David lorsqu'il regarda Mercedes ramasser ses affaires, et Kurt, qui a assisté à toute la conversation du coin de l'œil, sent son cœur pencher pour David, qui semble être maudit et tombe toujours amoureux de filles indisponibles, aussi loin que Kurt s'en souvienne.

Mais la remarque de Mercedes à propos du temps passé lui fait regarder sa propre montre, et quand il voit qu'il est dix-sept heures passées, il se soulève pour se mettre sur ses coudes, tirant son pied pour pousser Blaine qui est allongé de l'autre côté de la couverture.

« Aller, lève-toi ! », dit-il, « Mercedes a raison, on est ici depuis des siècles. Et on a vraiment besoin de faire du shopping, notre frigo est aussi vide que la tête de Sarah Palin. »

Blaine grogne, croisant ses bras au-dessus de sa tête, évidemment réticent à se lever.

« On peut pas faire ça demain ? »

« Non, sauf si tu as prévu de manquer l'exposition McQueen à laquelle tu as promis de m'emmener, » déclare Kurt sévèrement, « et d'ailleurs, cela ne résoudra pas le problème pour le dîner de ce soir. »

La mention de dîner fait finalement bouger Blaine, mais Rachel glousse.

« Vous allez sérieusement aller dîner après ça ? Mon Dieu, je suis toujours si repue que je peux à peine bouger ! »

Elle grimace quand elle pose ses mains sur son estomac, Kurt roule ses yeux en réponse.

« Je pourrais être d'accord, mais vous allez avoir besoin de plus d'un barbecue qui dure longtemps pour que Blaine saute le dîner, » lui dit-il.

« Quoi ? » David éclate de rire, oubliant temporairement Mercedes, ses yeux jonglant entre Kurt et Blaine. « Tu veux dire que son obsession de dîner à dix-huit heures précises ne lui est toujours pas passée ? »

Il se retourne en riant lorsque Blaine se jette sur lui, laissant Rachel leur lancer des regards confus, avec un Jeff souriant et un Kurt avec un regard résigné.

« Dîner à dix-huit heures précises ? » demanda-t-elle hésitante, un regard clairement confus sur son visage.

« C'est une bonne heure pour dîner ! » Blaine essaye de se défendre lui-même quand il regarde derrière lui, au-dessus de l'épaule de Rachel, mais il le regrette rapidement quand David profite de ce moment de distraction pour le mettre en-dessous de lui, mettant fin à leur bagarre.
« Peut-être, mais ce n'est pas une raison pour prendre tout le bus en otage ! » dit-il à Blaine moqueur avant qu'il ne tourne sa tête vers Rachel, qui a l'air agréablement surprise maintenant.

« Blaine est vraiment particulier en ce qui concerne le dîner », commence à expliquer David. « Exemple typique : une fois nous rentrions d'une compétition et nous étions supposé revenir à Dalton à l'heure du dîner, mais il y a eu un accident ou quelque chose comme ça, je ne me rappelle plus. Bref, nous sommes restés coincés dans les embouteillages. Dix-sept heures trente sont passé, puis six heures, et Blaine a commencé à paniquer pendant un long moment. »

« J'avais faim ! » Blaine cria en-dessous de David, mais cela lui a juste rapporté plus de rires.

« Faim ? » lui demanda David. « Faim ? Blaine, tu as forcé le conducteur de bus à prendre la sortie la plus proche et de t'emmener au McDonald, je pense que tu avais un peu plus que faim ! »

L'ensemble du groupe éclate de rire et même Kurt, qui a déjà entendu cette histoire plusieurs fois auparavant, ne peut s'empêcher de sourire.

« Je ne comprends toujours pas comment tu lui as fait faire ça, » dit Jeff en secouant sa tête.

« En lui chantant du Katy Perry ? » propose Mercedes, et elle fait un clin d'œil à Blaine qui réussit finalement à se dégager de sous David.

« Le menacer de chanter du Katy Perry plutôt » la corrige Kurt avec un sourire narquois. Cela lui vaut un coup de poing pas si joueur sur son épaule de la part de Blaine.

« Oh aller, chéri, c'est juste méchant ! »

Pour une fraction de seconde, l'ensemble du groupe se retrouve paralysé, et cela ne prend à Blaine que la moitié de ce temps pour réaliser son erreur. Mais les mots sont sortis, et Kurt peut sentir le feu sur ses joues monter quand il voit que tout le monde se tourne doucement vers lui pour le regarder. Les filles semblent juste choquées autant qu'il l'est, mais David et Jeff sourient, leurs sourcils relevés avec amusement quand ils voient finalement leur soupçon confirmé. Lequel, Kurt le réalise, ils pensent que c'est le cas. Parce qu'avec seulement Mercedes, Rachel et Nick qui connaissent toute l'histoire derrière leur rupture, il s'est relevé difficile d'expliquer au reste de leurs amis la raison exacte pour laquelle leur relation s'était terminée. 'On ne fonctionnait juste pas en tant que couple' ne semblait pas tranchant, d'autant plus qu'ils vivaient toujours ensemble, et même maintenant, cinq mois après tout ça, les insinuations et les références de lui et Blaine qui sortaient ensemble en secret ou qu'ils allaient se remettre ensemble tôt ou tard n'étaient jamais très loin. Les choses n'étaient pas toujours si simple, tu ne peux pas juste découvrir que ton petit-ami et meilleur ami depuis trois ans, qui ne l'as jamais mentionné, qu'il est séropositif et déménager comme si rien ne s'était passé, c'est quelque chose qu'il ne peut pas leur expliquer sans révéler le secret de Blaine. Et en dépit de tout ce qui est arrivé entre eux, il ne peut tout simplement pas faire ça à Blaine.

« Bien, les gars, je vais y aller ! » Mercedes brise soudain le silence gênant, sonnant excessivement gaie, et Kurt lui adresse un regard reconnaissant.

« D'accord, » il profite du bon moment, « nous aussi. Rachel, merci de nous avoir reçus ! »

Il se relève et embrasse Rachel rapidement, désespéré d'alléger l'atmosphère après la gaffe de Blaine. Blaine se lève aussi, il le voit, et il se déplace pour dire au revoir aux autres avant d'attraper son sac. Il se tourne juste à temps pour voir Blaine dire au revoir à Mercedes et se fige.

Les deux étaient debout l'un devant l'autre, à 3 pieds d'écart, ils se serrent la main en échangeant des sourires polis, et cela prend toute la volonté que Kurt peut rassembler pour s'empêcher de piquer une crise ici et maintenant.

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« Putain, qu'est-ce que c'était ça ? » crie-t-il sur Blaine dès qu'ils sont assez loin pour ne pas être entendu.

« Je suis désolé ! » Blaine commence tout de suite à s'excuser, les bras ouverts et les paumes de mains retournées vers le haut, un regard coupable dans ses yeux. « C'est juste sorti, je suis désolé, ça n'arrivera plus, je te le promets ! »

Mais Kurt pousse ses épaules impatiemment, provoquant à Blaine de presque bousculer la femme qui marchait derrière eux. Ce qui lui vaut un regard venimeux de la part de la femme, mais Kurt l'ignore.

« Pas ça- Mercedes ! »

Surpris, Blaine lève ses sourcils, et Kurt soupire quand cela devient clair qu'il doit développer.
« C'était quoi cette poignée de main ? » Répète-t-il insistance. « Depuis quand vous ne vous faites plus de câlins les gars ? »

En un instant, le regard désolé sur le visage de Blaine est parti, et il regarde au loin, accélérant un peu la marche.

« Je ne fais plus autant de câlin » dit-il, mais même si sa voix sonne indifférente, Kurt peut voir sa mâchoire se serrer.

« Tu es un accro des câlins et tu le sais, » il lui fait remarquer. « Et tu as fait un câlin à Rachel. »
« Seulement parce qu'elle piquerait une crise si je ne le faisait pas, » rétorque Blaine. « D'ailleurs, elle me prévient toujours avant, ça fait toute la différence. »

Ils tournent au coin vers le petit supermarché où ils ont l'habitude d'aller, et Kurt lance à Blaine un air dubitatif. Il y a quelque chose que Blaine ne lui dit pas, il le sait, parce qu'entre sa réticence à donner à Kurt une réponse claire et la façon dont il essaye de défendre Mercedes, les choses ne tiennent simplement pas debout.

« Je pensais que nous avions passé le stade de garder nos secrets ici, Blaine, » dit-il en sentant son agacement tourner doucement en colère. « Donc ne me mens pas, je me rappelle que tu as fait un câlin à Mercedes à plus d'une occasion. Donc sérieusement, c'était quoi cette poignée de main ? »
Si la manière dont Blaine se met à courir dans le supermarché, évitant le regard de Kurt en prenant un panier ne montre pas clairement à quel point il veut éviter le sujet, sa prochaine question le fait clairement.

« Aubergines ou asperges ? » demande-t-il, tenant les deux légumes dans ses mains.
Mais Kurt est tout sauf impressionné.

« Blaine, » dit-il en guise d'avertissement, croisant ses bras. « Une poignée de main. Et ce n'est pas la saison des asperges maintenant. »

« Je ne sais pas, » Blaine hausse simplement les épaules, mais il refuse toujours de regarder Kurt dans les yeux. « Je pense qu'elle ne m'a toujours pas pardonné de t'avoir menti, tu sais ? L'aubergine est de saison alors. Est-ce que tu veux des tomates aussi ? »

« Je m'en fiche des tomates, Blaine ! » s'exclame Kurt, prenant Blaine par le poignet pour empêcher sa main d'attraper une boîte de tomate en tout cas. « Est-ce que Mercedes t'a dit qu'elle était toujours en colère après toi ? »

Kurt peut voir Blaine se mordre la joue, évidemment en train de débattre avec lui-même pour dire ou ne pas dire à Kurt la vérité, et cela prend quelques secondes avant qu'il ne réponde.

« Non. » il admet à voix basse.

« Mais elle t'a dit quelque chose n'est-ce pas ? »

Ce n'est pas une question, pas vraiment. Même si Blaine avait été capable de garder un secret auparavant, Kurt peut encore dire si quelque chose ne va pas, il peut encore sentir si Blaine essaye d'éviter de lui parler de quelque chose. Et c'est exactement la réticence de Blaine à parler qui effraie Kurt, parce Blaine agissant comme ça ne peut signifier que deux choses : soit il sait que Kurt ne va pas aimer ce qu'il a à dire, ou il a peur que Kurt n'aime pas ce qu'il va dire. Le problème avec la dernière option c'est que Blaine le connait si bien qu'il se trompe rarement.

Cela ne fait que renforcer Kurt dans sa conviction qu'il a besoin de savoir.

« Que. T'a. T-elle. Dit, Blaine ? »

Un battement, puis Blaine finit par le regarder, prenant une profonde inspiration.

« Elle m'a demandé de garder une certaine distance entre nous. Physiquement, » ajoute-il lorsqu'il voit Kurt froncer les sourcils avec confusion.

« Elle… Quoi! »

« S'il te plait, Kurt, baisse d'un ton ! » lui siffle Blaine, les yeux regardant autour pour voir quelques autres clients les regarder curieusement, mais Kurt n'en a rien à faire, parce que qu'avec tous les scénarios qu'il avait joué dans sa tête, celui-là n'en était aucun d'eux.

« Est-ce que tu es en train de me dire qu'elle avait peur de te faire un câlin ? » lui siffle-t-il en retour, même si la baisse de volume ne cache en rien la colère qu'il a dans sa voix. « Elle t'a sincèrement dit que… »
« Non, elle ne l'a pas fait, elle m'a simplement demandé de garder une certaine distance entre nous, c'est tout, » lui dit Blaine, le tenant par les avant-bras, les yeux suppliants. « Juste, laisse tomber, s'il te plait, ce n'est pas grand-chose. »
« Pas grand-chose ? Pas grand-chose ? » crie Kurt, causant maintenant plus que quelques personnes qui retournent leur tête vers eux. « Elle t'a dit qu'elle ne voulait pas que tu la touche ! Juste parce que…Parce que…Sans raison ! Elle n'a aucune raison, Blaine ! »

« En fait, elle en a une, » dit Blaine avec un calme que Kurt ne peut tout simplement pas comprendre maintenant, et il se laisse pousser dans un coin tranquille où ils se feront moins remarquer. « Bien sûr, tu peux discuter de sa validité, mais elle a une raison. Elle a tous les droits de mettre ses propres barrières, Kurt, et si elle préfère me dire au revoir en me serrant la main au lieu de me faire un câlin ou de me donner un bisou, ça va parfaitement bien. »
Mais Kurt est furieux, et il ne peut pas imaginer une seconde que Blaine croit en ses propres mots.
« Ça ne va pas bien, Blaine, comment tu peux dire ça ? C'est de la discrimination, voilà ce que c'est ! »

« C'est humain, Kurt, » lui dit Blaine avec patience, et Kurt ne peut pas décider envers qui il est encore plus en colère à ce moment –Mercedes demandant à Blaine de ne pas lui faire de câlin ou un bisou, ou Blaine refusant apparemment de reconnaître que c'est un problème. Mais Blaine continue de parler. « Tu fais une question rationnelle d'une question émotionnelle et tu ramène tout hors de proportion. Ce n'est pas comme si elle ne veut plus qu'on soit amis, ou qu'elle refuse de me parler. Elle veut juste… »
Blaine hésite, mordant ses lèvres.

« …ne pas te toucher ? » Kurt parle pour lui, pour l'aider, sa voix ruisselant de sarcasme. Il se rappelle de Blaine parlant de lui à propos de gens à son ancien lycée qui savaient, et à propos de ses propres parents qui l'avait évité, il se rappelle comment son cœur avait fait un bon pour Blaine qui avait tant souffert, et il pouvait sentir son cœur se briser tout de suite aussi. Mais c'est pire cette fois, parce qu'ils ne parlent pas de vagues parents qu'il avait à peine rencontré une fois, ils ne parlent pas d'une bande de stupides gars de seize ans qu'il ne connaissait pas mieux, ils parlent de Mercedes, une de ses meilleurs amis, une qu'ils connaissent certainement le mieux, et pendant un moment il se demande si elle lui aurait demandé la même chose s'il avait fini séropositif aussi.

Il secoue sa tête avec détermination. « Pas moyen, je ne lui laisserait pas te faire ça. Je vais aller lui parler et… »

« Non, » Blaine le coupe avant qu'il puisse finir sa phrase.

« Mais… »

« Dis-moi que tu veux m'embrasser. »

Blaine relâche Kurt, mais il le regarde si intensément qu'il est impossible pour Kurt de détourner le regard.

« Tu as lu les brochures, » dis Blaine calmement, presque défiant, « tu as parlé aux médecins. Il n'y a rien de mal à m'embrasser, tu le sais. Rationnellement. Donc dis-moi, honnêtement, que tu n'hésiterais pas à m'embrasser, ici et maintenant. »

« M-Mais on est pas… » proteste Kurt faiblement.

« Sans importance, » le coupe Blaine de nouveau.

Tout ce que peut faire Kurt c'est se simplement fixer Blaine alors que les mots s'écoulent doucement, et il trouve ses yeux dériver sur les lèvres de Blaine.

Il sait comment elles sont. Même si cela fait cinq mois depuis qu'il ne les a pas embrassées, il se rappelle exactement la sensation de la bouche de Blaine contre la sienne, comment il est facile de les faire bouger ensemble avec les siennes, et soudainement l'envie d'embrasser Blaine est presque irrésistible. Le rose des lèvres de Blaine semble l'inviter à y aller, mais même quand il commence à se pencher il sait qu'il ne peut pas le faire. Parce que c'est là. Juste là, juste sous la surface, dans le sang même qui est responsable de ce danger, cette familière teinte de rose, juste là il y a le virus qui se cache, séparé de Kurt rien qu'avec cette fine couche de peau.

Kurt regarde de nouveau vers le haut, ouvrant sa bouche pour parler, mais rien n'en sort et il la referme, des larmes se remplissant dans ses yeux quand il voit le regard qui traverse le visage de Blaine. Ce n'est pas tellement la colère mais plutôt de la déception, comme s'il s'était attendu à ce que Kurt réagisse de cette manière mais qu'il avait quand même espéré le contraire. D'une certaine manière cela ne fait qu'empirer les choses, et Kurt éloigne son regarde plein de larmes de celui de Blaine, vaincu.

« Ce n'est pas… » Commence Blaine, en prenant le visage de Kurt dans ses mains pour qu'il le regarde lorsqu'il voit le regard brisé dans les yeux de Kurt. « C'est ok, tu m'entends ? Ce n'est pas grave. »
Mais ce n'est pas ok, Kurt le sait, et Blaine le sait aussi. C'est loin d'être ok, et Kurt a envie de crier, parce que ce n'est pas la façon dont c'est censé se passer. Les choses sont supposées être plus faciles, maintenant que tout est sorti, maintenant qu'ils savent que Kurt ne risque plus de séroconversion. Mais au lieu de ça, les choses semblent juste être plus compliquées chaque jour qui passe, où les décisions, qui avaient autrefois semblé plus simples et directes, se sont transformées en dilemmes qui changent la vie.

Blaine semble comprendre ce qui se passe dans sa tête, parce qu'il caresse la joue de Kurt d'une manière rassurante avant qu'il ne continue.
« Tu dois savoir ça, Kurt, et tu vas devoir apprendre à vivre avec ça. Quand les gens savent à propos de moi, ils vont avoir plusieurs sortes de réactions. Ça peut être bon, ou mauvais, et oui, quand c'est mauvais ça fait mal. Mais le fait est que c'est leur choix. Tu ne peux pas les faire réagir positivement. Rappelle-toi quand tu as fait ton coming-out d'abord, et quand les gens ont mal réagit, tu étais contrarié ? Que ferais-tu si cela s'était passé maintenant ? »

Kurt hausse des épaules et soupire à la question ridicule, tirant son menton en l'air.
« S'il te plait, je suis fabuleux. S'ils ne veulent pas le voir c'est leur problème, pas le mien. »
« Exactement, » Blaine sourit. « Et ça, ça arrive tout le temps. Sauf qu'au contraire d'être gay, le VIH est réellement contagieux. »

La brusquerie de la blague – et est-ce que c'était une blague ? – fait se bloquer le souffle de Kurt dans sa gorge, et il réalise soudain que c'est une des raisons pour lesquelles Blaine n'avait rien dit à personne à propos de son statut, pourquoi il avait été tellement effrayé de le dire à Kurt. Le pire c'est que Kurt ne peut honnêtement pas dire s'il n'aurait pas réagi comme Mercedes si Blaine lui avait dit plus tôt.

« Je n'ai pas besoin de faire un câlin ni d'embrasser quelqu'un pour pouvoir être leur ami, Kurt, » Blaine interrompt ses pensées. « Donc tu ne diras pas un mot de tout ça à Mercedes, elle va continuer de me faire pleurer avec sa voix énorme, et nous allons tous vivre heureux pour toujours, ok ? »
Kurt sourit un peu, hésitant, et pas complètement sincère – la manière dont Blaine lui a ouvert les yeux sur l'hypocrisie de sa colère envers Mercedes lui fait encore mal -, mais c'est un sourire néanmoins, et Blaine semble le prendre.

« Maintenant, » dit-il, enroulant son bras autour de celui de Kurt en le dirigeant vers les congélateurs, « d'aussi loin que je me souvienne, nous n'avons pas encore décidé du dessert de ce soir, donc…que dirais-tu de Chocolate Fudge Brownie ? »

« Ben&Jerry's ? » soupire Kurt, frappant le bras de Blaine. « Pourquoi dois-tu me rappeler l'existence de Ben&Jerry's ? »

« Parce que c'est délicieux, » répond Blaine, en l'amenant devant le congélateur des glaces B&J, « et parce que c'est le meilleur moyen de te distraire. »

« C'est aussi le meilleur moyen d'avoir une peau grasse, » proteste Kurt, mais il ne fait aucune tentative pour arrêter Blaine lorsqu'il ouvre la porte pour prendre un large pot de leur crème glacée favorite.

« Ahah, mais on m'a dit que la peau grasse est un raccourci pour aucune ride, alors où cela nous mène-t-il ? »

Blaine fait un clin d'œil à Kurt, remuant ses sourcils lorsqu'il fait danser le pot de crème glacée devant Kurt, et Kurt lui sourit avec tendresse.

« Avec trop de crème glacée, » dit-il à Blaine avec de une patience enjouée, retirant le pot des mains de Blaine pour le remplacer par un plus petit, tirant sa langue devant la moue de Blaine quand il s'éloigne pour aller prendre leur caddie abandonné. Il met la glace dedans, ajoutant quelques citrons et une boîte de tomates au passage avant de retourner vers Blaine, qui est resté exactement où Kurt l'avait laissé deux minutes plus tôt, étrangement immobile.
« Blaine ? »

Mais Blaine ne semble pas l'entendre, apparemment figé sur place alors qu'il fixe l'autre extrémité de l'allée où un homme blond est accroupi au sol, absorbé dans l'apparente tâche qui semble incroyablement difficile qui est de choisir entre deux paquet de chips qu'il tient, ignorant de l'attention de Blaine.

« Blaine ? » Kurt essaya encore, un peu plus fort cette fois, mais curieusement c'est l'autre homme qui lève les yeux. Pendant un moment Kurt pense que, par une certaine étrange coïncidence, son prénom doit également être Blaine, et ses soupçons semblent être confirmés quand l'homme regarde simplement Kurt avant de détourner les yeux – jusqu'à ce qu'il aperçoive Blaine.

Il y a quelque chose dans la manière dont se regardent les deux hommes, sans jamais regarder ailleurs même lorsque l'étranger blond dépose les paquets et se relève doucement sur ses pieds. Il est grand, Kurt le voit maintenant, des boucles blondes entourent un visage pointu mais amical. Il doit être un peu près de leur âge, un petit peu plus vieux peut-être, mais il est apparemment un utilisateur très fréquent de la carte de membre à la salle de sport, et même s'il est indéniablement beau, Kurt pense vaguement qu'il est plus le type de Blaine.
Il regarde Blaine de nouveau, dont le visage montre un mélange d'incrédulité, d'espoir et de peur, comme si l'homme était quelqu'un que Blaine ne pensait jamais revoir et qu'il ne peut pas tout à fait décider comment il se sent à propos du fait de le voir à nouveau. Un ex petit-ami peut-être ? Kurt rejette cette pensée presque automatiquement, mais quand il voit un petit sourire apparaitre sur le visage de l'homme, son cœur loupe un battement, et il sait qui il est une fraction de seconde avant que Blaine ne le dise.

« Brad ? »