CHAPITRE 1
-Tu es certaine que tu as tout pris ? Tu as vérifié que tu avais tes livres, ta trousse de toilettes ? Ton compas ?
-Mon compas papa, sérieusement ?
-Eh bien oui, c'est important un compas pour...tracer des cercles...
-J'ai tout pris et tout va très bien se passer je t'assure. C'est moi qui devrait angoisser pas toi, détends toi un peu voyons.
L'homme poussa un long soupir.
-J'essaie, j'essaie...
-Dis lui toi, que tout va très bien se passer !
L'adolescente se retourna vers sa mère qui lui adressa un clin d'oeil complice avant de poser une main réconfortante sur l'épaule de son mari.
-Tout va bien se passer Jim, on a parlé de tout avec elle. Elle a 17 ans, c'est une adulte à présent. Notre Katie a bien grandi...
L'adolescente sourit de toutes ses dents.
-...depuis l'époque où elle racontait des blagues le matin à ses boites de céréales.
-On est obligés de toujours revenir sur cette anecdote ? Fit Kate en fronçant les sourcils. J'avais 4 ans. Et c'est au jeu qui était dans la boîte que je m'adressais...Pas à la boîte en elle même. Et puis ne dis pas ce genre de choses si fort ! Quelqu'un pourrait t'entendre...Je n'ai pas franchement envie qu'à peine arrivée on me considère comme la fille un peu étrange qui parle à des objets...
-Hum, excuse-moi ma chérie. Et puis il est vrai que la nuance est importante entre la boîte et le jouet, s'excusa Johanna Beckett dans un sourire.
Le silence se fit un court instant, la jeune fille gromelant quelque chose d'incompréhensible entre ses dents tandis que ses parents détaillaient l'endroit d'un même regard.
Après un moment qu'elle estima suffisemment long, elle se racla la gorge peu subtilement.
-Je pense que tu vas t'en sortir pour installer tes affaires, n'est-ce pas ? Lança sa mère dans un clin d'oeil.
Elle comprenait toujours tout.
Kate hocha la tête avec assurance.
-Je vais vous raccompagner si vous voulez, proposa-t'elle avec un empressement qui ne trahissait que trop bien sa hâte de se retrouver enfin seule et indépendante.
-Ne t'en fais pas reprit sa mère. Si tu viens avec nous jusqu'à la voiture ton père serait bien capable de profiter d'un moment d'innatention de ma part pour te jeter dans la voiture et filer. Il ferait n'importe quoi pour éviter d'avoir à te laisser toute seule ici pour l'été.
J'im leva les yeux au ciel, Kate sourit. C'était effectivement assez probable.
Elle se contenta donc de raccompagner ses parents à la porte de la chambre qu'ils avaient laissé entrouverte en rentrant. Elle les embrassa. Promettant pour la dixième fois en une demi-heure qu'elle appellerait au moins deux fois par semaine et ne ferait rien de dangereux ou stupide durant ces quelques semaines.
-N'oublie pas que tu es ici pour travailler et concrétiser tes chances d'être admise pour de bon l'an prochain ! Lui rappela son père en l'embrassant une dernière fois sur le front.
-Ne t'en fais pas, répondit la jeune fille. Crois moi, si je choisis de passer l'été loin de mes amis ce n'est pas pour admirer la faune et la flore Californienne sous toutes leurs coutures.
-En parlant de faune...releva Jim en se raclant la gorge. J'ai cru comprendre que la population masculine de ta session allait être relativement supérieure à la population féminine cet été. Alors, pas d'études trop poussées de ce côté là non plus hein...
L'adolescente soupira et hocha la tête. Il était clair que dans l'esprit de son père elle serait toujours la petite fille de 8 ans qui venait se caler contre lui devant la télé le dimanche soir pour regarder des dessins-animés en engloutissant des litres de glace à la venille.
-La faune pas question, mais la flore tu peux par contre, ironisa sa mère, j'ai entendu dire qu'ils avaient une serre magnifique !
Puis elle prit les choses en main et entraîna son mari dehors, non sans avoir embrassé une dernière fois sa fille.
Enfin seule, Kate jeta un regard circulaire à la chambre dans laquelle elle et ses parents venaient de poser ses valises. C'était une de ces vieilles chambres typiques de campus universitaires. L'endroit était assez ancien et les charpentes boisées contrastaient avec la modernité du mobilier. Ce dernier, somme toute classique, comprenait deux lits pour une personne, deux bureaux, deux chevets faisant également office de commodes et un long coffre en bois blanc, accolé contre la fenêtre, qui donnait elle même sur le grand parc du campus.
La jeune fille constata la présence de ce dernier meuble avec un sourire. Elle s'imaginait parfaitement passer des week-ends entiers à lire et réviser ses cours, installée sur ce coffre, observant les allées et venues de ses semblables quelques mètres plus bas...
La vie universitaire la faisait rêver depuis de nombreuses années déjà. Outre sa passion pour les études, c'est le fait d'évoluer dans un cadre à la fois si organisé et pourtant grouillant d'énergie, si structuré et empreint de folie qui l'attirait... « Etudier à l'université c'est comme évoluer dans une sorte de gigantesque fourmillière du savoir » aimait à répéter sa mère, « c'est un grand capharnaum parfaitement organisé ».
La jeune fille avait sauté sur l'occasion lorsque quelques mois plus tôt son lycée avait fait état de la possibilité de suivre des cours avancés à l'Université de Standford. A travers le pays chaque année, une centaine d'étudiants de seconde ou de première étaient admis à suivre cette session estivale. 12 seulement dans la filière « droit, arts et lettres » pour laquelle elle avait choisi de postuler. Elle n'avait pas tenté sa chance l'année précédente et c'était donc là sa seule et unique occasion de goûter à la vie étudiante « avant l'heure ».
C'est avec une surprise et une joie non dissimulée qu'elle avait reçu sa lettre d'admission deux mois plus tôt. Persuadée de n'avoir aucune chance d'être prise malgré ses résultats excellents. Surtout que les étudiants déjà présents à une session durant leur classe de seconde avaient injustement priorité sur les autres.
Elle songeait à la difficulté qu'elle avait eu à convaincre son père de la laisser partir, tout en triant ses vêtements dans la commode près de son lit, lorsque une voix masculine interrompit le fil de ses pensées.
-Ils te répondaient au moins ?
Elle sursauta et se retourna. Il n'y avait personne dans la pièce.
-Pardon ? Fit-elle, sans très bien savoir à qui elle s'adressait.
-Les jouets, dans la boîte de céréales. Ils te répondaient ? Et ton père considère vraiment les garçons comme de la « faune » dont il doit à tout prix te tenir éloignée ? Parce que ça fait très années 50 tout. ça...
Elle interrompit son rangement, restant plantée sur place, un sweat-shirt à la main, incapable de répondre quoi que ce soit. D'autant plus qu'elle ne savait à qui adresser cette réponse.
La silhouette d'un adolescent aux cheveux bruns, fit alors son apparition dans l'encadrure de la porte.
Il avait un sourire narquois, à la limite de l'insolence qui éclairait d'une lueur malicieuse des yeux qu'il avait d'un bleu plutôt clair. Il portait un t-shirt noir à l'effigie d'un jeu vidéo inconnu au bataillon et un jean délavé. Il était également "plutôt bien charpenté" comme l'aurait très certainement noté Maddie son amie de lycée la plus proche.
-On ne t'as jamais dit que c'était impoli d'écouter aux portes ? Fit Kate qui avait enfin reprit ses esprits et s'en retourna immédiatement au rangement de ses vêtements.
Elle tentait d'adopter une posture la plus stoïque possible, afin de lui démontrer que son intrusion et l'allusion à cette anecdote douteuse, ne la déstabilisaient pas le moins du monde.
-Je n'écoutais pas. La porte était ouverte et il se trouve que par le plus pur des hasards je passais dans le couloir à ce moment là.
-Au ralenti alors...
-Au ralenti ?
-Pour que tu aies entendu à la fois l'anecdote de ma mère sur les céréales et la remarque de mon père sur les garçons, c'est que soit tu as les pieds les plus minuscules de l'histoire du monde, soit tu avances à une vitesse proche de l'immobilisme !
Il sourit d'avantage encore, visiblement agréablement surpris par la répartie de la jeune fille. Puis apporta une petite précision :
-L'immobilité.
-Pardon ?
-L'immobilisme c'est le fait de ne pas agir. Comme de l''attentisme si tu préfères. Dans mon cas tu te réfères plutôt à de l'immobilité je crois, murmura le garçon en lui adressant un clin d'oeil.
Loin d'être destabilisé par la remarque de Kate, il était parvenu à retourner à nouveau la situation à son avantage et affichait à présent un sourire satisfait.
-Tu es prof de grammaire c'est ça ? Soupira la jeune fille agacée.
Pour toute réponse, et sans se départir de son sourire, il jeta un coup d'oeil à l'ensemble de la pièce, et hocha vaguement la tête l'air convaincu, comme s'il venait de vérifier que la taille de la chambre de la jeune fille n'excédait pas de trop la taille de ses propres quartiers.
Puis il tourna les talons et quitta la pièce.
-Au fait, très joli ensemble ! Lança-t'il depuis le couloir.
-Je...quoi ?
Kate baissa les yeux pour constater qu'elle tenait entre ses mains une parure culotte soutien-gorge mauve et rougit bêtement jusqu'aux oreilles. Plus agacée par cet inconnu à l'air nonchalant que gênée par la situation en réalité.
-A bientôt « fille étrange qui parle à des objets », lança la voix en guise de conclusion.
Puis les pas s'éloignèrent progressivement, et bientôt Kate fut certaine d'être débarassée du jeune homme. Du moins pour l'instant.
-Ils acceptent vraiment n'importe qui dans ces programmes en fin de compte...Constata-t'elle à voix-haute.
-J'espère que tu ne dis pas ça pour moi ! Fit une voix féminine derrière-elle.
Décidément on n'était jamais complètement seul ici...Sa mère n'avait peut-être pas totalement tort concernant l'image de la fourmilière.
Kate se retourna pour constater qu'une jeune fille, chargée de deux lourdes valises, venait de faire son entrée dans la pièce.
L'adolescente avait de courts cheveux blonds en bataille qui contrastaient avec les cheveux presque bruns et bien plus longs de Kate. Elle portait un t-shirt légèrement déchiré à l'effigie du dernier album de Pink Floyd et l'une de ses valises était remplie de stickers, vestiges de différents festivals musicaux des 10 dernières années.
Dix secondes avaient suffi à Kate pour se faire une petite idée du vécu de la jeune fille, qui visiblement excedait le sien et de très loin.
-Dakota Jane, fit la jeune fille en s'avançant vers Kate pour lui serrer la main. Oui Jane est mon nom de famille et Dakota mon prénom. Et si je te dis que je viens de Jamestown dans le...Dakota tu ne me crois pas n'est-ce pas ?
-Hum si je te crois, répondit Kate en serrant la main tendue. Je me dis simplement que tes parents ont un sens de l'humour assez...spécial.
-Ne m'en parle pas soupira l'adolescente en s'effondrant sur son lit sans même avoir pris la peine de tirer complètement ses valises à l'intérieur de la pièce. Pourquoi tu crois que je pars m'exiler à près de 2000km de chez moi pour huit longues semaines ?
Kate sourit.
-En tout cas je préfère que tu m'appelles par mon nom de famille, poursuivit la jeune fille. Ca fonctionne beaucoup comme ça par ici tu verras de toute façon. Et puis concrètement tu as plus de chances que je te réponde si tu m'appelles Jane que si tu me prends pour un état du nord célèbre pour son fameux Mont Rushmore, si tu vois ce que je veux dire.
-Ca marche, acquiesca la jeune fille.
-Et toi c'est quoi ton histoire ? Poursuivit l'adolescente. Si tu me dis que tu t'appelles Caroline et que tu viens de Jacksonville, Caroline du nord, je t'embrasse !
-Désolée de te décevoir, répondit Kate en riant, tout en glissant sa valise sous son lit, mais je m'appelle Kate. Kate Beckett. Et je viens de New York. Rien de bien original là dedans comme tu vois.
-New York ! Siffla Dakota, ça fait une sacré route pour venir jusqu'ici. Tu le voulais vraiment ou bien tes parents sont pires que les miens !
-Première alternative, fit Kate avec honnêteté.
Elle était bien consciente des efforts concédés par ses parents pour lui permettre d'intégrer cette session d'été.
L'heure qui suivit, Kate la passa à faire connaissance avec sa voisine de chambre. L'adolescente avait la discussion très facile, et bientôt elle en sût d'avantage sur elle que sur certaines des camarades de classe avec qui elle venait de passer une année entière.
Jane, était à Standford pour le second été consécutif. Elle suivait le même parcours que Kate en droit, arts et littérature. Sa mère était galeriste à Jamestown et son père apparemment un grand saxophoniste renommé (mais dont Kate n'avait jamais entendu parler), faisait le tour du monde et emmenait régulièrement sa fille avec lui sur des festivals (d'où les stickers).
-Tu es presque une des seules nouvelles du programme cette année tu sais ! Tu as de la chance, remarqua-t'elle lorsqu'elles en revinrent à parler de leurs études. Ils n'ont pas accepté grand monde à ce que j'ai entendu dire. Presque tous les autres sont comme moi, des revenants !
A ces mots, Kate apprécia d'avantage encore sa chance d'être présente. Puis elle saisit cette occasion d'aborder les autres participants.
-Oh, alors dans ce cas tu connais peut-être déjà ce garçon insupportable qui est entré dans ma chambre quelques instants avant que tu n'arrives ? S'enquit-elle.
-Un garçon insupportable ?
-Oui ! Assez grand, brun, les yeux bleus...Un air narquois plutôt agaçant.
-Oh...Ce garçon insupportable là, sourit Jane. C'est probablement Castle ! Il est venu te parler ?
-Se moquer et étaler sa vaste connaissance de la grammaire anglaise..serait peut-être un terme plus approprié. Mais oui, juste avant que tu arrives. C'était d'ailleurs pour lui ma remarque sur le recrutement douteux.
-Ah c'est bien Castle oui vu ta description. Et c'est étrange tiens...
La jeune fille eut soudain l'air songeuse.
-...Peut-être qu'il a changé en un an alors, suggéra-t'elle.
-Changé ? Pourquoi ? S'interrogea Kate. Avant c'était un ange ? Un exemple de bonté ?
Elle en doutait fortement.
-Non ce n'est pas ça, répondit la jeune fille. C'est juste que l'été dernier il l'a passé dans son coin. Il n'adressait la parole à personne. Il n'était visiblement pas ici de son plein gré. Et du coup il prenait un malin plaisir à aller à contre-courant sans arrêt. Il n'assistait aux cours que lorsque ça lui chantait, ne répondait pas quand on l'interrogeait... Et paradoxalement il ne se privait pas de reprendre un enseignant lorsqu'il considérait que celui-ci se trompait ou faisait une omission...Et le pire c'est que, pour une raison qui m'échappe, on ne lui disait jamais rien.
Elle secoua la tête de droite à gauche.
-Je peux te dire qu'il ne s'est pas franchement fait des amis. Je crois même ne jamais lui avoir adressé la parole de mon côté.
-Oh...fit Kate, surprise qu'il lui ait donc fait la conversation si facilement. Peut-être qu'il a mûri et changé en un an...
Maturité n'était cependant pas le mot qui lui venait à l'esprit d'instinct après une rencontre avec le dénommé Castle.
-Qui sait oui, répondit Jane. En tout cas c'est dommage. Il est dans notre cursus et comme tu vas le constater durant ces deux mois, nous sommes peu nombreux. On devient rapidement une famille, alors autant s'entendre avec tout le monde !
- En somme il est un peu ce vieil oncle qu'on invite parce qu'il le faut mais qui ne dit pas un mot du repas c'est ça ? Suggéra Kate.
Jane sourit.
-Tu as tout compris.
Les asolescentes passèrent une bonne partie de l'après-midi à discuter. Cette première journée étant dédiée uniquement à l'installation des nouveaux arrivants. Un dîner d'accueil organisé en fin de journée étant leur seule obligation formelle.
C'est d'ailleurs pour se préparer à se rendre à ce dernier que sur les coups de 18h Jane accapara la salle de bain pour se préparer.
De son côté Kate s'installa sur le fameux coffre en bois près de la fenêtre, les jambes repliées contre sa poitrine. Elle entrouvrit la fenêtre, savourant la douce brise de ce début de soirée estivale, observant vaguement le paysage extérieur et dressa un bilan de cette première journée sur le campus.
Elle songea qu'elle n'avait en fin de compte même pas eu vraiment le temps de réaliser que ses parents étaient repartis à près de 6000km de là. Tout s'était enchaîné si vite après leur départ, entre l'incursion désagréable de ce garçon prétentieux et l'introduction bavarde de Jane...
Elle repensa à ce que cette dernière lui avait dit concernant le garçon en question, « Castle ». Il n'avait donc parlé à personne l'année précédente et cette année il avait visiblement décidé de changer sa ligne de conduite. Quelle autre raison aurait expliqué sinon qu'il s'adresse à elle de cette façon dès le premier jour ? Il était apparemment disposé à être un peu plus ouvert. On pouvait beaucoup changer en un an lorsqu'on avait 17 ans.
Elle était toute à sa réflexion sur le sujet, lorsque un éclat lumineux attira son regard quelques mètres plus bas, au niveau du minuscule bâtiment qui, lui avait on expliqué à son arrivée, servait d'abri pour le matériel agricole servant à entretenir les dizaines d'hectares de l'Université.
L'endroit, semblant pourtant désert quelques instants plus tôt, venait de s'animer étrangement. Elle vit à de nombreuses reprises clignoter la fameuse lumière très blanche, puis un coup très sec et un cri atroce, digne d'un de ces films d'horreur « pop-corn » dont s'abreuvaient ses amis au lècée, brisèrent le silence.
Elle écarquilla les yeux et déglutit. Habituée à n'entendre ce genre de sons que devant un écran de télévision. Celui-ci avait semblé bien réel, un peu trop à son goût même.
Elle regarda autour d'elle. Se demandant si elle était la seule à avoir entendu...A avoir assisté à cet étrange ballet.
Il n'y eut aucune réaction particulière. Pas de fenêtre ouverte à côté de sa chambre ou d'élève intrigué dans le couloir.
Elle resta plusieurs minutes immobile, attendant que quelque chose se produise, qu'une explication s'impose d'elle même... Mais plus rien ne vint troubler la quiétude de ce début de soirée. Comme si absolument rien ne s'était produit et que tout ceci n'était que le fruit de son imagination.
Lorsque Jane sortit de la salle de bain quelques minutes plus tard, elle décida de conserver l'anecdote pour elle. Visiblement sa compagne de chambre n'avait rien entendu de particulier, et avoir été cataloguée de « fille bizarre parlant à des objets » lui paraissait suffisant en cette première journée. Elle n'avait pas particulièrement envie d'y ajouter le titre honorifique de « fille bizarre entendant des voix ».
Lorsqu'elles descendirent dans la salle de récéption un peu plus tard ce soir là, Kate avait cependant une boule au ventre difficile à déloger. Et une intuition étrange que l'événement de l'abri de jardin ne resterait pas sans suite.
Elle aurait du savoir que son intuition lui faisait très rarement défaut.
(A suivre).
