Le départ des adolescents avait changé l'atmosphère de la salle de bal. Un silence de plomb s'était abattu et l'anxiété de Séverus venait de remonter au niveau de la panique. Sa main se serra convulsivement autour de sa baguette. Narcissa se dirigea vers lui en prenant bien soin d'arriver en face et lentement pour ne pas qu'il soit effrayé. La présence rassurante de son amie le détendit instantanément. Elle passa son bras dans le sien l'entraîna vers le salon suivi de Lucius et Bellatrix.

- Sev, tu ne peux pas flipper à chaque fois qu'il se passe quelque chose, déclara Bellatrix sans ambages.

- Bella ! s'indigna sa sœur.

- Elle a raison, approuva Séverus. Je ne peux pas avoir des crises de panique à tout bout de champ. Ma vie doit reprendre.

- Tu sors à peine du coma, commenta Lucius d'une voix traînante. Tu n'es pas un surhomme.

Séverus se renfrogna et s'abîma dans la contemplation du feu. Ses pensées le ramenèrent à Ginny. Comment cette adolescente gryffondorienne pouvait être … ce qu'elle était ? Quoi au juste d'ailleurs ? Apparemment, elle était tout sauf ordinaire. Une bonne comédienne en tout cas. Insoupçonnable jeune fille dans un camp et terrible stratège dans l'autre. Celle qu'il avait parfois aperçue derrière Tom Riddle, celle qui chuchotait à son oreille, était impitoyable pour le camp dont elle était issue. Comment avait-elle pu s'échapper de la toile tissée par Dumbledore ?

- Il existe des choses qu'il vaut mieux ne jamais découvrir, déclara sombrement Riddle en entrant dans la pièce.

Tous tressaillirent et Lucius se leva en lissant sa robe pour se donner contenance.

- Nous ferions mieux de rentrer prendre du repos, déclara-t-il en tendant son bras à sa compagne.

Narcissa le prit et Séverus les suivit en inclinant la tête vers Tom Riddle. Il avait compris le message. Mademoiselle Weasley recelait plus de mystères dangereux que sa vie en pouvait le tolérer. Il se promit de ne plus trop y penser, surtout en présence du sorcier.

Quand les Malfoy et Snape furent partis. Tom s'assit sur le canapé de velours vert face au feu. Bella était resté vautrée dans le fauteuil en attendant la suite. Elle avait suivi le cours des pensées de Séverus. A vrai dire, elle gardait un œil sur lui depuis qu'il était au manoir Riddle. Son comportement l'agaçait. Elle ne supportait pas le changement, et ce nouveau Séverus la perturbait.

- Tiens-toi correctement, la rappela à l'ordre Tom.

En soupirant, elle se redressa mais sa robe restait posée négligemment autour de ses jambes. Elle était l'entière opposée de sa sœur. Narcissa était toujours parfaitement mise, parfaitement coiffée, maquillée. Bellatrix, on se demandait toujours d'où elle sortait, avec ses chignons bouclés à moitié défaits, jamais maquillée et souvent débraillée.

- Que penses-tu de Séverus ? à part, qu'il n'est pas comme avant s'entend.

- Gin a raison. Les autres ne pensaient pas qu'il serait libéré. Il n'y a aucun piège au niveau de son esprit. Par contre, s'il ne maitrise pas ses crises de panique …, déclara Bellatrix.

- Cela devrait passer avec le temps. Où en sont les Aurors dans leurs recherches ?

Les Aurors étaient dans une impasse. Dumbledore lui-même l'était. Ginny et Luna étaient folles d'avoir pris autant de risques mais elles étaient les seules à pouvoir réaliser ce coup sans perte humaine pour leur propre camp. Tom avait été furieux contre Ginny, sa colère avait fait trembler les murs du manoir Malfoy. Ginny, l'énigmatique rousse. Que représentait-elle réellement pour Tom Riddle ? Bellatrix brûlait de le savoir mais elle préférait rester dans l'ignorance salvatrice. Tom lui avait dit un jour qu'il tuerait toute personne qui en aurait connaissance. Bellatrix savait qu'il aimait l'adolescente. Or, on ne tue pas pour cela. Il y avait quelque chose d'autre.

Ils arrivèrent dans la salle sur demande où Blaise et quelques autres les attendaient. Une ambiance studieuse régnait dans la grande pièce avec des tables d'étude et de grandes rangées de bibliothèque.

- Que se passe-t-il, interrogea Ginny en se lançant un sort pour se changer.

- Notre fête ne va plus devenir si privée que ça sous peu, déclara Blaise en tapotant une carte sur laquelle la rousse se pencha.

Les membres de l'AD se dirigeaient vers la salle sur demande avec en tête le trio d'or. Ginny fit un signe aux présents de se mettre en place selon le plan d'urgence. Elle-même se mit à une table avec Luna où leurs affaires étaient déjà disposées. Quand le groupe rentra, il jeta un regard mauvais en direction de la table où plusieurs étudiaient, avant de se diriger droit vers la rousse et son amie.

- Qu'est ce que vous faites là ? grogna Ron. On t'a cherchée partout depuis le début de la soirée !

- La bibliothèque est toujours fermée, je te signale et au cas où tu ne le saurais pas, certains préparent leurs examens … et vous ? Vous êtes venus faire vos devoirs ? interrogea Ginny d'un air innocent.

- J'ai fini les miens mais je ne serais pas contre effectuer quelques recherches, déclara Hermione en s'éloignant vers les rayonnages.

Harry soupira de désespoir, il aurait voulu s'entraîner mais ils devaient faire une croix sur la salle sur demande. Aucun espoir de voir cet endroit libre avant un bon bout de temps. Depuis que la bibliothèque avait subi quelques dégâts suite à un affrontement Gryffondors-Serpentards, cette dernière était fermée pour travaux et les étudiants s'étaient rabattus sur la salle sur demande pour pouvoir bénéficier d'un endroit calme. Il devait absolument trouver un autre point d'entrainement.

- Il est déjà tard, vous n'en avez pas assez fait pour ce soir ? demanda Ron. A cette heure, vous devriez dormir.

- Le samedi soir, les piewraps ne vérifient pas les lits, tout le monde sait que leurs tournées n'existent que pour les lendemains où l'on doit se lever, répondit Luna en fixant sa plume.

Ginny se demandait comment elle faisait pour garder son calme en entendant ce genre de réflexions. Luna avait l'art de prendre les gens pour des imbéciles sans en avoir l'air. Elle détestait les membres du trio et s'en donnait à cœur joie quand elle les côtoyait.

Ron soupira et détourna les yeux mal à l'aise en se demandant comment sa sœur faisait pour traîner avec cette fille bizarre. Les jumelles Patil s'approchèrent d'Harry pour lui demander ce qu'ils allaient faire. Harry haussa les épaules et leurs désigna une table libre. Ils décidèrent d'étudier la théorie de quelques cours de défense. Hermione ramena une pile de livres gigantesque sur la table où les membres de l'AD restant s'étaient établis. Ginny ferma ses livres et regarda discrètement vers les Serpentards. Elle se leva en attachant ses cheveux en queue de cheval et s'approcha de la table de Harry.

Elle observa les sorts qu'ils étudiaient. Rien de bien méchant, elle dirait même plutôt basique. Harry lui proposa de s'installer avec eux et elle accepta en souriant. Luna la fixait, l'air rêveur. C'est que cette fille pouvait se glisser tel un serpent sans éveiller les soupçons dans un groupe. Plus elle la fréquentait, plus elle était contente d'être de son côté dans cette guerre. Très vite, elle avait vu l'influence du journal sur Ginny en première année. Elle s'était rapprochée d'elle et l'avait aidé à ramener Tom dans le monde des vivants. Luna lui avait servi de couverture quand elle sortait de Poudlard les années suivantes. Ginny était vive et intelligente. Elle savait que Dumbledore allait modifier leurs souvenirs après l'épisode de la chambre des secrets et avec Tom, ils avaient trouvé le moyen de résister à ce type d'enchantement, une parade indétectable. A partir de là, Ginny s'était lancée corps et âme dans l'étude des sortilèges et des enchantements. La dissimulation était devenue une seconde nature chez elle.

Ginny avait noué des liens profonds avec Tom et au fil du temps, elle avait pris une place plus qu'importante pour lui et lui pour elle. Luna s'était contentée de prendre le train en marche. Elle resterait fidèle à son amie car Ginny avait été la seule à l'accepter telle qu'elle était dès le début. Luna était une jeune fille trop intelligente pour son bien. Ses fortes intuitions et ses capacités cérébrales lui avaient toujours coûté cher auprès des jeunes de son âge. Seul son sens de l'humour particulier lui permettait de les mépriser sans que cela ne lui attire la haine des autres. Elle était somme toute assez contente d'avoir été au bon endroit au bon moment.

Les deux jeunes filles étaient très soudées et maintenant leurs plus proches amis étaient pour la plupart des Serpentards. Serpentards qui se regroupaient à l'opposé de leurs tables tout en jetant des regards méfiants aux élèves de l'AD.

La tension à Poudlard était à son comble depuis que le professeur en charge de la direction de Serpentard avait été convaincu de traitrise par le grand Albus DUMBLEDORE en personne. La plupart des enfants ne comprenait pas les implications et surtout l'impact des batailles de cette guerre qui durait depuis quelques décennies maintenant.

Ginny retint un glapissement outré lorsque Harry posa un bras autour de ses épaules. La tension monta d'un cran du côté de certains élèves de Serpentard. Tous se souvenaient de la rapidité avec laquelle s'était passée l'arrestation du professeur Snape. Aussi étaient-ils sur leurs gardes dès que l'un d'entre eux se trouvait en position de faiblesse. Surtout concernant Ginny. Drago apaisa discrètement ses condisciples. Il valait mieux ne pas faire de vague, d'autant que Ginny était insoupçonnable... du moins jusqu'à présent. Un sort de fidelitas avait été imposé à chaque personne connaissant de près ou de loin son vrai rôle. C'était le seul moyen sûr de garantir sa sécurité, même si elle se pensait à l'abri dans son costume de Gryffondor parfaite, amie du très estimé « survivant ». Le blond fixait le bras de Potter, s'il n'avait pas aussi bien maîtrisé ses expressions faciales, il aurait affiché un air dégouté. Comment ce crétin au cerveau ramolli et manipulé osait ne serait-ce que respirer le même air que cette fille ?

S'il n'avait tenu qu'à Tom Riddle, jamais la rousse n'aurait remis les pieds à Poudlard au mépris de toutes les règles de stratégie les plus élémentaires. Heureusement, celle-ci avait souvent le dernier mot. Surtout lorsqu'il s'agissait d'être l'espionne la plus proche du survivant. Potter était une source d'informations continuelle. Sa tête ressemblait à un gruyère tellement son mentor effaçait et manipulait sa mémoire. Ginny avait essayé quelques charmes sur lui pour voir comment Dumbledore opérait mais rien n'avait été efficace jusqu'à présent. Au mieux, elle arrivait à lui imposer également quelques souvenirs, ce qui s'avérait utile à l'occasion.

Harry était un brave garçon qui n'avait pas eu de chance. Le directeur avait jeté son dévolu sur lui pour en faire son pion principal. Un sacrifice pour une cause perdue. Elle avait en quelque sorte pitié de lui.

Justement, il la voyait se lever et s'étirer doucement en annonçant son départ. Telle une ombre, Luna lui emboîta le pas. D'autres élèves sortirent en petits groupes, l'heure du couvre feu approchait. Pansy rattrapa vivement Ginny.

- Les pendentifs sont presque tous prêts, chuchota-t-elle.

- Et les sorts de non-divulgation ?, demanda Luna.

- Il faudra faire un sort commun sur le groupe de pendentifs, par contre il va falloir lancer la mode pour que les nôtres passent inaperçus, répondit Pansy toujours à voix basse.

- J'ai mon idée, déclara Ginny.

Sur ces dernières paroles, elles se séparèrent. Pansy rejoignant un groupe de sa maison pour descendre dans leurs dortoirs. Ginny exposa son idée à Luna qui approuva. Bientôt, tout le monde voudrait son pendentif porte bonheur. Elle avait eu l'idée d'enchanter quelques bijoux pour que ceux-ci réagissent et communiquent entre eux. Un moyen discret et efficace de communication (à supprimer pour éviter la répétition J). La chaîne où seraient attachés les pendentifs, se réchaufferait si une menace était proche d'eux, ce qui leur permettrait de ne pas être surpris entrain de discuter ou d'envoyer un sort interdit si le professeur Dumbledore pouvait les voir par exemple. La chaîne se refroidirait si l'un d'eux était en danger immédiat. Très pratique pour pouvoir réagir au plus vite et adapter son comportement suivant la situation.

Ce petit artefact allait leur faciliter la vie. Ginny se demandait si elle devait inclure un portoloin en cas de danger mortel. Il y avait peu de chance de se retrouver dans ce type de situation, après tout, ils étaient encore considérés comme des enfants. Au pire, d'excellents moyens de pressions sur leurs parents, au mieux, d'excellents recrutements d'esprits préformés au service de l'idéal mégalomaniaque de Dumbledore.

Le directeur se doutait bien que plusieurs élèves étaient perdus pour sa cause et il s'ingéniait discrètement à faire de leur scolarité un enfer.

Arrivée dans sa chambre, Ginny se changea rapidement et s'enferma dans son lit à baldaquin. Elle lança un sort de silence et sortit un miroir de sous son oreiller. Elle fixa son reflet quelques instants et rajusta quelques mèches de ses cheveux par coquetterie avant de murmurer le prénom de Tom. Le visage de ce dernier apparut immédiatement. Elle ne pouvait s'empêcher d'être agacé par le petit plissement de son front, seul signe chez lui qui prouvait qu'il était inquiet.

- Tout va bien. C'est juste que la bande des dégénérés se pointait…

- Gin, ça pourrait devenir dangereux, dit-il d'un ton neutre.

- On en a déjà parlé. Je ne cours aucun risque, coupa-t-elle. Bref, jusqu'à présent, on arrive à ralentir les entraînements mis en place par Potter. Nos artefacts de protection sont pratiquement prêts, on va lancer le plan de dissimulation avec des copies à la mode. J'aurais besoin de toi pour lancer quelques sorts sur les nôtres, demanda la rousse.

Tom accepta sans problème. Ginny avait progressé de manière fulgurante en enchantements. C'est sûr que côté charme, elle n'avait rien à envier à personne. Il aimait sa vivacité, son piquant. Il la connaissait si bien. Le journal avait créé un lien si puissant entre eux qu'il lui arrivait parfois d'oublier le jeune âge de son amie. La rousse avait un potentiel magique assez impressionnant et il aimait lui enseigner ce qu'il avait appris. Mais ce qu'il affectionnait particulièrement chez elle, c'était son regard. Le reflet de son âme pure. C'est cela qui lui avait sauvé la vie, lui qui avait attendu si longtemps que quelqu'un vienne délivrer son esprit du livre dans lequel il s'était retrouvé piégé. Certes ce plan de secours lui avait sauvé la vie lorsqu'il s'était retrouvé face à face avec le directeur de Poudlard. Mais, il n'avait pas prévu qu'il serait aussi difficile de trouver la bonne personne pour le délivrer de son point de repli.

Il ne lui restait aucun souvenir de cette nuit fatidique et la version officielle ne lui convenait absolument pas. Pour quelle raison aurait-il été tuer des gens aussi insignifiant que les Potter ? Par contre, il voyait bien la cabale que son opposant avait montée en son absence, faisant de lui un être malfaisant. Le mal absolu qui devait être combattu jusqu'à la mort. Voldemort était le monstre des cauchemars d'enfants et d'adultes. Déjà, son ancêtre Salazar avait été persécuté en son temps et la plupart de ses descendants ne faisait pas exception à la tradition. Il était le dernier et il avait failli mettre un point final à cette honorable lignée.

Intelligent, il se doutait que son ex-professeur de métamorphose, essaierait d'attenter à sa vie en dernier recours. Aussi, ses recherches en magie diverses et noire de préférence, lui avaient permis de créer plusieurs horcruxes pour lui garantir l'immortalité en cas de défaite impromptue. S'il y avait une chose que Tom Riddle détestait, c'était bien être battu ! Sa cause était noble et juste. Le monde magique ne devait sous aucun prétexte être exposé au commun des mortels.

- Tom, comment va Séverus ?, demanda doucement la rousse.

- Je suis inquiet pour son mental. Il semble avoir perdu l'accès à différentes parties de son esprit. Je ne peux rien faire pour l'instant.

- Tu penses que cela vient de la façon dont il a muré son esprit pendant sa détention ou des tortures qu'il a subi ? interrogea-t-elle.

- Peut-être les deux, admis Tom. Bellatrix a confirmé ton diagnostique concernant les éventuels charmes posés sur son esprit.

Cela le renvoyait à ses propres troubles de la mémoire. Bien entendu, il y avait le noir des instants précédents sa disparition. Mais avant cela, il avait conscience d'avoir perdu des informations capitales sur les agissements du camp adverse. Au début de sa scolarité, Albus avait été prévenant avec lui. Tom était fier qu'un héros tel que lui s'intéresse au petit orphelin qu'il était. Progressivement, la situation avait évolué jusqu'à ce que le professeur fasse preuve de méfiance à son égard. Chose qui n'échappa pas aux sens aiguisés de l'adolescent. A partir de là, il avait remarqué des absences dans sa mémoire. Tom avait travaillé d'arrache pied pour se prémunir de ce genre de handicap. Et puis, il avait compris et il s'était opposé ouvertement au grand sorcier. Mais des données qui pourraient certainement l'aider en ce moment même, lui échappaient. Il avait compris quelque chose d'essentiel, il en était certain. Or, ce désagréable sentiment d'avoir quelque chose sur le bout de la langue était tenace.

Ginny regardait le visage de son vis-à-vis tendrement. Elle savait ce qu'il ressentait. Ce lien invisible entre eux que le journal avait tissé, lui permettait de ressentir certaines de ses émotions. Le problème étant parfois de les identifier exactement. L'empathie était une chose curieuse. Sentir des choses sans les comprendre était grandement perturbant. Surtout pour une adolescente en pleine découvertes de ses propres émois.

- Essayons de nous voir demain. Dors bien ma douce Ginny, lui murmura doucement le sorcier.

- Toi aussi Tom, répondit-elle doucement.

Comme chaque nuit, ils avaient du mal à couper la communication et finalement, comme chaque nuit, Ginny glissa son miroir sous son oreiller et Tom mit le sien dans la poche de sa chemise, près de son cœur.

Harry avait été convoqué par le directeur de l'école. Il se dirigeait d'un pas rapide avec ses deux amis vers l'escalier qui menait au grand bureau. Hermione et Ron accompagnait Harry dans tous ses déplacements, d'autant plus depuis le retour de son ennemi juré.

Harry donna le mot de passe et ses deux camarades lui firent un signe d'encouragement avant de le laisser grimper, seul, vers son rendez-vous. Le jeune garçon ne savait pas trop pourquoi le directeur désirait le recevoir à une heure si tardive mais il comptait en profiter pour lui toucher deux mots sur l'impossibilité de s'entraîner convenablement depuis la fermeture de la bibliothèque.

Il toqua franchement à la porte et entra quand il entendit l'accord du maitre des lieux. Le bureau était toujours une source d'émerveillement pour le jeune héros. Le vieil homme regardait les étoiles par la fenêtre de la pièce en tournant le dos à son invité. Celui-ci en profita pour regarder un peu partout discrètement et notamment, il jeta un regard attentif aux papiers éparpillés sur le bureau directorial.

- Tu te demandes certainement pourquoi j'ai tenu à te voir aussi tardivement, commença le directeur avant de poursuivre suite au hochement de tête du brun. Je suis inquiet pour toi depuis que le traitre s'est échappé. Je suis désolé de lui avoir accordé ma confiance. Tu es encore plus en danger par ma faute, soupira-t-il. Nous ne savons toujours pas s'il a réussi à s'enfuir seul ou si une aide extérieur est parvenue à s'introduire ici. J'ignore quelle hypothèse est la plus effrayante

- Il pourrait y avoir un autre traitre, demanda Harry avec fougue.

- Je ne sais pas mais je ne pense pas. As-tu remarqué des comportements étranges ? interrogea le directeur.

Le brun réfléchit un instant mais rien ne lui revint en mémoire. Il évoqua des cauchemars assez flous, probablement dû à sa connexion avec Voldemort. Le directeur approuva et lui proposa de s'approcher de la pensine afin de les examiner. Harry accepta et se pencha sur la belle pensine en pierre du directeur. La baguette de son mentor se fixa sur sa tempe et des flux lumineux passèrent dans un sens et dans l'autre.