Bon, allez ! J'arrête de faire poirauter et je mets la suite ! X3 Le chapitre 2 ne sera pas là tant que je n'aurais pas terminé d'écrire la fin du 3 et le début du 4, vous êtes prévenus ! Autrement, je vous présente donc la majorité de mes OC dans ce chapitre... Voiloù ! :3
Bonne lecture !
Tintali se baissa encore davantage sous le couvert des hautes herbes, tentant en vain de cacher la corolle d'or qui s'étirait sur son crâne, le cœur battant la chamade. Il n'était pas loin, elle le savait. A son grand malheur, il était toujours doué pour pister les traces, mais cette fois ci, la jeune fille était déterminée à lui échapper.
Un craquement discret la fit se crisper lorsqu'elle se rendit compte que son poursuivant s'approchait tout de même de sa position.
- Tintaliiiiii… Tu ne peux pas m'échapper…. Je vais te trouver et te fourrer dans la plus pourrie de toutes les souches de la Forêt !
La jeune fille se recroquevilla encore plus et ferma les yeux. Il ne la trouverait pas, il ne la trouverait pas, il ne la trouverait pas, il ne la trouverait pas, il ne la…
- Trouvée !
Tintali fit un bond hors du commun avant de retomber brusquement sur les fesses, ses pétales s'ouvrant d'un seul coup avec un petit « Pouf ! ».
- Ha ha ha ! Mais c'était quoi cette réaction ?
- Très drôle, Dak ! , grogna la jeune fille en se redressant, Heureusement qu'on avait dit « pas de surprises » !
- Boah, ne me dis pas que c'était si horrible ! , répliqua le jeune garçon de tout juste treize ans avec un sourire mutin.
- Tais toi… En plus d'être bête, tu n'as aucun tact avec les filles.
- Ah ouais ? Tu vas voir !
Et il se jeta sur elle, l'entraînant dans une formidable roulade jusqu'en bas de la butte herbeuse qui était leur terrain de jeu favori.
Sauf que pour ce jeu là, c'est Tintali qui était la plus forte grâce à sa silhouette plus gracile et plus souple. Arrivés en bas, elle avait plaqué Dak au sol, ses yeux aussi dorés que ses pétales rivés sur ceux, bleus très foncés, du garçon avec un air malicieux. Dak eut un sourire qui dégénéra rapidement en fou rire, dans lequel Tintali le rejoignit avant de se laisser tomber à coté de lui. Dak avait des bouts d'herbe sèche coincés dans ses boucles auburn et les pétales vifs de Tintali captaient les timides éclats du soleil encore frissonnant de l'hiver.
- Alors ? Qui a gagné, maintenant ? , taquina la jeune fille.
- C'est moi, bien sur !
- Abruti ! T'es pire qu'un Boggan, franchement !
Dak la regarda en haussant les sourcils devant sa remarque.
- Ah non ! , protesta-t-il, Les Boggans n'ont pas ma classe !
- …Moui, tu as raison…, songea alors Tintali, … Ce serait dommage pour les Boggans d'être comparés à ta personne…
Dak la fusilla du regard, incitant Tintali à se lever en riant de nouveau pour repartir à toutes jambes vers le village, rapidement talonnée par le jeune garçon. Il ne changerait jamais, celui là !
Le hameau où ils vivaient était situé non loin de l'orée la plus sauvage de la Forêt, mais c'était un lieu de calme et de quiétude constante. Plutôt reculé, on lui avait donné le nom de Green Arrow, à cause du petit promontoire érodé et constamment recouvert d'herbe sur lequel le village était basé. Jamais Tintali n'aurait pu imaginer quitter ces lieux un jour. Elle les connaissait par cœur et en appréciait chaque particule de beauté. Tandis que Dak, aventurier invétéré qui ne pensait qu'aux Hommes Feuilles et à leurs combats incessants pour repousser les Boggans, partait sans cesse en exploration un peu plus loin chaque jour, Tintali était très bien là où elle se trouvait actuellement, se contentant pleinement de s'évader par la pensée et les rêves. Sa mère, après tout, lui avait bien dit de nombreuses fois que la Forêt n'était jamais complètement sure pour quelqu'un s'y déplaçant seul ou en groupe réduit, surtout pour le bouton d'or qu'elle était. Ses pétales, sur le crâne et autour des hanches, étaient extrêmement visibles, après tout…
Dak, lui, n'avait pas la teinte verte du peuple des végétaux, mais bien celle des Hommes Feuilles, dont il rêvait de faire partie un jour. Ses cheveux auburn aux boucles ébouriffées faisaient ressortir ses tâches de rousseur et ses yeux bleus comme l'eau d'un étang, et il n'était pas rare de le voir traîner Tintali dans quelque épique bataille imaginaire contre les hordes féroces de Boggans inexistants. Il faut dire qu'il avait tout pour pouvoir être un parfait Homme Feuille, excepté sa langue parfois un peu trop pendue pour son bien, mais sa mère refusait, à l'image de celle de Tintali, de le laisser s'éloigner de Green Arrow.
Alors il attendait son heure, comme il se plaisait à le dire. Il avait treize ans, il avait encore le temps. Tintali ne doutait pas qu'il parviendrait à ses fins, têtu comme il l'était, mais elle espérait sincèrement avoir encore un peu de temps devant elle avec lui. Il était son meilleur ami, après tout...
Green Arrow n'avait pas, ce matin là, l'atmosphère paisible qui était habituellement la sienne. Il fourmillait de vie, tandis que pommes de pin, champignons, chardons, pissenlits, pâquerettes, violettes, bleuets, dents de lion, coquelicots, chenilles, mouches à sucre, hannetons et Hommes Feuilles citoyens s'occupaient de le décorer avec des guirlandes de bourgeons et de boutons de fleurs encore non éclos. On transportait également avec une extrême douceur sur des lits de plumes les lucioles tombées en hibernation l'automne précédent, pour qu'elles puissent se réveiller en un beau spectacle le lendemain soir, à la veille de la tant attendue équinoxe de printemps. Le retour de la vie dans la Forêt permettrait à la jeune reine Galan, qui avait succédé à la Grande Tara, de consolider les défenses mises en place juste avant l'arrivée de l'Hiver contre de possibles attaques de Boggans, la saison froide étant celle qui leur était le plus bénéfique.
Tintali ne savait pas vraiment comment le Printemps, ou toute autre saison, pouvait « arriver », puisqu'ils n'avaient pas encore abordé le sujet, à l'école, mais sa mère lui avait raconté que la voix qu'on entendait résonner partout autour de soi et en soi lors des équinoxes et des solstices était celle d'un vieil homme qu'on appelait le Veilleur des Saisons. Son nez de petite fille s'était froncé devant cette explication, tandis qu'elle avait demandé à Sébastine, sa mère, s'il n'arrivait pas à chanter, parfois. Elle avait ri à sa question avant de poser une main sur les pétales qui couvraient la tête de sa fille.
- Il arrive toujours à chanter, mon soleil…, avait-elle soufflé avec douceur.
Tintali l'avait regardé avec incompréhension de haut de ses huit ans, puis avait haussé les épaules avant de rejoindre Dak, qui était venu la chercher pour aller s'aventurer auprès de la source. Depuis lors, elle n'avait pas reposé la question.
Dak manqua de la rattraper sur la ligne droite qu'était la plus grande rue du village, mais il en fallait plus pour la battre. Avec un sourire, Tintali obliqua soudain sur une ruelle à droite. Emporté pa son élan, Dak rata largement l'entrée et manqua se casser la figure avant de pouvoir se reprendre, mais il avait perdu pas mal de terrain. Morte de rire, la jeune fille accéléra encore, bousculant au passage un imposant scarabée qui ne sut plus quoi faire de ses pattes lorsqu'elle le frôla. Le comble fut quand Dak lui rentra carrément dedans, le renversant sur le dos malgré ses cris de protestation.
- Bande de sales morveux ! , jura-t-il dans leur dos à leur encontre, Vous méritez une bonne correction !
- Pardon, Mr Scosse ! , pouffa Tintali au loin, avant de détaler de nouveau lorsque Dak apparut dans son champ de vision.
Elle était déterminée à gagner cette course, et c'est ce qu'elle ferait !
…
Enfin, c'est ce qu'elle faillit faire.
Une main experte l'attrapa par la peau du cou, la stoppant brusquement dans sa course. Tintali se crispa en reconnaissant la poigne et serra les dents, ses pétales s'abaissant d'un coup sur son crâne telle une fleur qui se ferme.
- Tu était censée m'aider, Tintali, demanda sa mère d'une voix posée, … Ce que tu n'as visiblement pas fait. Où étais tu ?
- Euuuuuh…, bafouilla la fillette.
Au même instant, Dak surgit au coin, un sourire triomphant aux lèvres qui s'effaça très vite en voyant la mère de son amie tenir cette dernière par la peau du cou.
- Bah tiens ! , fit-elle alors, J'aurais du m'en douter…
Elle ne broncha pas lorsqu'une autre main attrapa le jeune garçon par la peau du cou à son tour. Cette fois ci, c'était sa mère, Elia. Sa présence, associée à celle de sa propre mère, créa alors la lumière dans l'esprit du petit bouton d'or.
- C'était une embuscade ! , s'écria-t-elle.
- Effectivement, confirma Sébastine avec un sourire.
- Et c'est de très mauvais ton !
- Je confirme ! , ajouta Dak en croisant les bras.
- Mais ça marche ! , répondit Elia, Après tout, c'est le seul moyen de pouvoir vous mettre la main dessus. Vous allez plus vite que des colibris !
- Mais on est des colibris, maman ! , répliqua son fils en tournant à moitié la tête vers elle.
Elia se contenta de sourire d'un air complice à Sébastine, que Tintali n'apprécia pas.
Et pour cause.
- Tu emmènes ton « colibri » au Sud et j'emmène le mien au Nord ? , demanda Sébastine.
Pas de doute, leur sourire était à l'image de celui que partageait régulièrement Dak et Tintali. Elia et Sébastine étaient aussi proches l'une de l'autre que ne l'étaient leurs deux enfants. Tintali avait d'ailleurs perdu le compte des 400 coups que sa mère lui avait confié avoir fait à son âge avec la femme aux cheveux noirs qui était la mère de Dak. Et c'est la mort dans l'âme que Tintali vit son meilleur ami être entraîné à l'autre bout du village par Elia, tandis que sa mère l'emmenait vers des bourgeons prêts à éclore disposés dans un large et confortable panier. Ils devaient être installés dans tout Green Arrow.
- Allez. Et pas de tentatives de fuite, je t'ai à l'œil, jeune fille !
- Maieuh ! Maman ! J'ai douze ans, pas six ! , protesta Tintali avec véhémence.
- Tatata ! , la coupa Sébastine en lui posant un gros bourgeon de plante grimpante entre les mains, Au travail, mon soleil. Assure toi qu'elle ne tombera pas.
Maussade, sa fille obéit néanmoins, et entreprit de monter sur l'échelle en brindilles qui menait au toit de gazon d'une maison toute proche. Pourquoi fallait-il toujours que ce soit la même chose, Elle s'amusait pourtant bien avec Dak et ils ne dérangeaient personne ! … Enfin, presque personne…
Tintali se fit toute petite en voyant Mr. Scosse, quelque peu furieux, passer non loin en grommelant quelque chose d'inintelligible qui fit tourner la tête de maman Bouton d'or vers sa fille. Cette dernière rougit avant de se remettre de plus belle au travail.
Sébastine avait toujours été quelqu'un de calme, dont l'apparence avait tendance à attirer l'attention. Elle possédait une sorte de beauté sereine, comme le murmure d'une cascade claire dans le creux du bras de l'Eté. Tintali se désespérait d'ailleurs de voir ses pétales atteindre un jour la taille des siens, qui brillaient d'un éclat doré encore plus intense que le sien. Mais pour ceux qui la connaissaient bien, elle pouvait s'avérer extrêmement anxieuse et impressionnable sur certains sujets, à juste titre. Ayant perdu son mari dans de tristes circonstances, elle chérissait sa fille comme son plus précieux trésor. Tintali, qui n'avait jamais connu son père, se demandait souvent pourquoi Sébastine la regardait parfois avec tristesse avant de lui toucher avec le bout du nez avec un soupir. A croire qu'elle ressemblait beaucoup à cet homme Bouton d'or dont sa mère était tombée amoureuse…
A genoux sur le toit en herbe, la langue entre les dents, la jeune fille entreprit d'installer le bourgeon de manière à ce que rien ne le fasse tomber. Alors qu'elle était occupée à batailler avec la plante, des murmures provenant d'en bas parvinrent à ses oreilles :
- … Encore détruit une portion de la Forêt. Ils ont eu du mal à cause du reste des protections de l'Hiver, mais les dégâts sont bien là.
- Pourtant leur Roi est mort, non ?
- Ca ne veut pas dire que les Boggans sont devenus inoffensifs. La sœur du beau frère de ma cousine a réchappé de peu à l'une de leurs attaques, récemment. Jamais ils n'ont été aussi féroces depuis la mort de Mandrake, ni aussi cruels. Pour peu, cela ne m'étonnerait pas s'il y avait de nouveau quelqu'un à leur tête !
Il y eut un raclement de gorge nerveux, puis le bruit d'une claque dans le dos.
- Bah ! Pourquoi s'angoisser ? Les Hommes Feuilles sont toujours là pour protéger la Forêt et la Reine, et une fois que le Veilleur aura chanté l'appel du Printemps, la Reine Galan pourra pleinement appeler les forces de la Forêt pour repousser la pourriture et la décomposition qui auront réussi à avancer grâce à l'Hiver… Pas de quoi s'inquiéter !
L'autre ne répondit pas, et Tintali recula avec prudence. Laisser traîner ses oreilles n'était pas dans ses habitudes, mais elle devait avouer que le sujet ne s'était pas vraiment ébruité pour qu'elle n'entende parler de tout ca que maintenant. C'était la discrétion qui prônait sur un thème préoccupant pourtant tout le monde, de manière constante : Les Boggans.
Depuis que leur Roi, Mandrake, avait tenté cinq ans plus tôt de faire fleurir le Bourgeon Royal dans l'obscurité et en avait payé le prix de sa vie, les Boggans, sans chef, s'étaient d'abord faits très discrets. L'espace d'un temps, la Forêt avait été complètement dépouillée de leur menace, et l'époque avait été douce. Mais peu à peu, ils avaient refait leur apparition, et la vie avait repris son cours habituel, les Hommes Feuilles combattant les Boggans et vice versa. En Hiver, la saison qui laissait la Forêt sans défense, ils étaient repoussés par la magie de la Reine qu'elle avait amassée durant le Printemps et l'Eté, et tissée pendant l'Automne, tenant juste assez longtemps pour que la Reine puisse reprendre son rôle de protectrice le jour de l'équinoxe de Printemps. Ce jour là, les fleurs éclateraient de vitalité, les bourgeons s'ouvriraient, et la vie véritable dominerait à nouveau dans la Forêt.
L'équinoxe tant attendue était pour dans deux jours, exactement, et voilà que les Boggans se faisaient de plus en plus hargneux… Etait-ce véritablement normal, ou y avait il quelque chose de plus grand derrière tout ça ? Quelque chose de plus… sombre ?
Alors, verdict ? Prévenez moi si je dois mettre la suite ! ;)
