Le chapitre est plus court cette fois mais il valait mieux que je coupe ici.

Je remercie tous ceux qui m'ont laissée des reviews, j'ai pu voir que le pairing avait quelques intéressés ^^ Ca va forcément avancer lentement entre Jin et Yoshiki mais j'ai l'idée dans les grandes lignes.

A bientôt !

Chapitre 2/

Jin n'avait pas revu Yoshiki depuis plus de quinze jours et croyait d'ailleurs qu'il ne le reverrait jamais. Son spectacle marchait si bien qu'il apprit bientôt que la tournée américaine allait se concrétiser. Il allait faire encore sept autres villes à travers le pays ! Il était tellement fou de joie qu'il passait ses journées avec un sentiment d'euphorie permanent qui était bon pour son inspiration puisqu'il avait écrit de nouvelles chansons.

Il répétait un jour sur deux. Il s'en serait parfois bien passé, son concert étant plus que rodé mais, de l'autre côté de l'océan, Johnny veillait à ce qu'il se tienne bien.

Influencé par Ueda, il avait pris l'habitude de marcher pieds nus sur scène durant les répétitions. Mais ce jour-là, le ménage ne devait pas avoir été bien fait : il sentit soudain une douleur fulgurante dans la plante de son pied droit. Retenant un cri de douleur, il s'assit par terre et découvrit qu'il avait marché en plein sur la pointe d'une petite vis, à présent enfoncée dans son pied.

Ce n'était pas si grave mais il fut emmené à l'hôpital illico presto par précaution et pour que la plaie soit correctement désinfectée. Il était très inquiet au sujet de sa capacité à danser pour le prochain spectacle et le fit bien comprendre à une équipe médicale réticente :

- Mettez-moi sous morphine et serrez-moi le pied bien fort dans un sparadrap mais faites-en sorte que je puisse danser demain !

- Voyons jeune homme, ce n'est pas grave au point que vous ayez besoin de morphine ! répondit le médecin. Néanmoins, vous risquez d'avoir une douleur à la plante pendant plusieurs jours pendant que vous marcherez. Je vous conseillerais de rester un peu tranquille.

- Je ne peux pas !

Jin se leva et voulut faire quelques pas pour voir ce que ça donnait. Ouille ! La pression sur sa plante quand il marchait ne faisait pas du bien. Abattu, il se rassit sous l'œil compatissant du médecin.

- Je ne vous dis pas encore d'annuler votre spectacle. Mais vous allez marcher avec une béquille et rester sage jusqu'à demain. N'utilisez pas votre pied sinon la plaie va encore saigner. Elle n'est pas large mais plutôt profonde. Donnez-lui le temps de se refermer un peu. C'est grave si vous ne dansez pas à ce spectacle ?

- Je chante aussi mais ça n'aurait l'air de rien si je ne bouge pas, bouda Jin qui se disait qu'il préférait encore annuler plutôt que de faire un concert assis ou avec une béquille.

Histoire d'accélérer la guérison, le médecin lui donna un tube de pommade cicatrisante et l'enjoignit à revenir le voir le lendemain pour un avis définitif concernant le spectacle.

Jin repartit donc en clopinant sur sa béquille, sa chaussure droite dans son sac et son pied solidement bandé.

Comme il savait que Dune était en service, il passa dans le service de neurologie pour essayer de la trouver. Ils tombèrent nez à nez à l'ouverture d'un ascenseur, Dune accompagnant le brancard d'un patient qui venait de se faire opérer :

- Jin ! Qu'est-ce que tu fabriques ici ? s'étonna la jeune femme qui laissa le brancard continuer sans elle, poussé par une autre infirmière. Qu'est-ce qui est arrivé à ton pied ?

- J'ai marché sur une vis pendant que j'étais pieds nus sur scène. J'ai bien dégusté…et maintenant je ne suis pas sûr d'être en état de danser demain.

- Oh pauvre de toi…

- Je ne t'avais jamais vue en tenue d'infirmière, tu es à croquer !

Dune le tapa sur la tête avec le bloc-note qu'elle avait à la main :

- Aiheu ! Une infirmière qui bat les malades au secours !

- Tes fantasmes de mâle japonais pervers, tu te les gardes mon grand !

- Mais je suis pas pervers, je dis juste que ça te va bien ! Rha vous les filles, quand on ne vous fait pas de compliment, vous faites la gueule et quand on vous en fait, vous y voyez tout de suite du mal !

- Hé oui nous sommes compliqués ! gazouilla Dune en souriant. Au fait, tu sais que ton ami Yoshiki est là lui aussi ?

- Ami c'est un grand mot puisqu'on ne s'est vus qu'une fois. Il est malade ?

- Je ne peux pas tout te dire, secret médical oblige ! Oublie carrément ça d'ailleurs ! Tu veux que je te mette dans un fauteuil roulant et que je te pousse jusqu'à ta voiture ?

Jin sourit de toutes ses dents :

- Je n'en suis pas à ce point-là quand même ! Mais tu sais que ce serait très drôle ?

- C'est pour ça que je te propose ! Il faut qu'on fasse vite par contre, mon temps n'est pas à moi.

Jin n'allait sûrement pas laisser passer une si belle occasion de faire l'idiot ! Dune dénicha un fauteuil roulant qu'elle déplia, le jeune homme s'y assit et se laissa emmener en prenant son air le plus souffrant. Quand il ajouta même des gémissements de souffrance, Dune éclata de rire :

- Bon arrête parce que là c'est ridicule comme tu joues mal !

D'autant plus que Jin entrevit de véritables malades à travers des portes de chambres ouvertes ou sur des brancards dans le couloir et cela lui coupa toute envie de s'amuser. Il se sentit même honteux d'avoir fait ça alors qu'il y avait des gens qui, eux, ne faisaient pas semblant. C'était du dernier mauvais goût.

- Dune laisse tomber, c'est plus tellement drôle..., dit-il en se levant de son fauteuil.

- Tu sais, je fais ça pour te faciliter le retour c'est tout. Evite juste d'en faire trop.

- Non c'est bon, je tiens debout, je rentrerai tout seul.

Dune sourit ayant compris la raison de ce changement d'avis.

Mais à la grande surprise de Jin, un second fauteuil roulant apparut dans le couloir et, assis dedans, il y avait Yoshiki. Et lui n'était sûrement pas là pour un simple bobo au pied…Il était pâle, cerné et il portait une grosse minerve autour du cou.

Son premier réflexe fut de chercher un endroit où se cacher. Il avait le sentiment qu'il n'avait pas le droit de le voir dans cet état, qu'il ne serait pas content. Mais il était trop tard. Yoshiki passa à sa hauteur. Il était accompagné d'un homme manifestement japonais lui aussi que Jin eut l'impression d'avoir déjà vu. Toshi le chanteur du groupe ?

- Jin ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Tiens, Yoshiki l'avait reconnu ? Jin se sentit inexplicablement mal à l'aise devant l'état de fatigue et même…de chagrin dans lequel Yoshiki semblait être.

- Je…je me suis un peu blessé au pied, rien d'important. Et toi euh…j'espère que ce n'est pas grave.

Yoshiki fit un sourire sans joie :

-J'ai connu mieux…

Il releva la tête et changea de sujet en désignant celui qui l'accompagnait :

- Je te présente Toshi, c'est le chanteur de X-Japan. Toshi, voici Jin, il fait partie de la Johnny's Entertainment.

- Je me disais bien que je vous connaissais, dit Jin en s'inclinant. Ravi de vous rencontrer.

- Moi de même, répondit poliment Toshi. Yoshiki tu veux rester pour discuter ?

- Pas maintenant, j'ai encore d'autres examens à faire, répondit Yoshiki en soupirant. Plus vite je les ferai et plus vite ce sera terminé.

Jin se demandait quel pouvait bien être le problème de Yoshiki mais il n'osa pas poser la moindre question de peur d'être indiscret. En tout cas, Yoshiki faisait pitié parce qu'il semblait totalement démoralisé.

Ce dernier lui dit d'une voix douce :

- Nous y allons, je pense qu'on se reverra un de ces jours. Soigne-bien ton pied.

- D'accord…prends-soin de toi aussi.

Toshi fit un signe de tête puis il emmena Yoshiki jusqu'au fond du couloir où ils tournèrent à gauche et disparurent. Jin resta planté dans la même position jusqu'à ce qu'il ne les voit plus.

Dune était restée dans un coin sans mot dire et il ne revint à la réalité que lorsqu'elle lui parla :

- Alors c'est bon ? Moi aussi je dois y aller.

- D'accord, on mange ensemble ce soir avec Joey ?

- Oui mais on viendra chez toi, ça t'évitera de bouger et on apportera ce qu'il faut.

- Ok allez je te laisse bosser.

Jin quitta l'hôpital, énervé par le fait qu'il avançait deux fois plus lentement que d'habitude. Plus jamais il ne se mettrait pieds nus sur scène !

Le management lui avait prêté une voiture depuis quelques jours ce qui lui facilitait considérablement la vie. Il rentra chez lui où il allait devoir prévenir tout l'équipe de la situation. A tous les coups, il allait se faire disputer ! Et si le concert était annulé le lendemain, il se sentirait vraiment mal vis-à-vis des fans qui avaient acheté leurs billets. Ce n'était pas possible ! Que le médecin soit d'accord ou pas, il ferait ce spectacle !

Arrivé chez lui, il trouva un mail de Yamapi qui contenait une nouvelle qui dissipa tout de suite sa mauvaise humeur. Son ami lui annonçait qu'il allait se débrouiller pour venir le voir le mois prochain. Jin se vit déjà en train de folâtrer dans les rues de Los Angeles et d'écumer les bars avec lui. Il lui présenterait Dune et Joey et tout les quatre formeraient une belle petite bande ! Ragaillardi par cette nouvelle, il commença à mettre l'ordre dans son appartement, autant que lui permettait son pied blessé, avant que ses amis n'arrivent.

Chez Yoshiki, l'ambiance était loin d'être au beau fixe. Toshi assis au chevet de son lit, le regardait se reposer de son éprouvante journée. Yoshiki avait un visage défait qu'il connaissait bien ayant longtemps été le témoin privilégié des pires moments de sa vie.

Il n'aurait pas dû reprendre la batterie alors que son médecin le lui défendait. Il était tellement têtu…Il connaissait les risques mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Toshi espérait de tout son cœur que Yoshiki n'aurait pas à le payer trop cher. Une hernie discale à la nuque, ce n'était pas rien.

Yoshiki était couché sur le dos, les yeux vers le plafond, les bras le long de son corps. Ses mains et ses bras étaient tenus par d'étroits brassards noirs et il avait toujours sa minerve. Toshi pensa tristement qu'il avait l'air d'un robot attendant d'être activé. Il se pencha pour lui prendre la main :

- Yoshiki ne te mine pas trop. Est-ce que tu as peur de l'opération ?

Car on devait l'opérer à la nuque encore pour essayer d'arranger cette hernie.

- Je me fiche bien de l'opération, répondit Yoshiki d'une voix morne. Ce ne sera pas la première… Ce dont j'ai peur Toshi, c'est de perdre la sensibilité sur les deux mains. Je ne sentirai plus les touches du piano. Qui sait si je pourrais même encore jouer ? Toshi…si je devais cesser de jouer, j'aimerais mieux qu'on m'euthanasie !

- Il faut toujours que tu dramatises…Ca n'arrivera pas. Tu es entre de bonnes mains et si tu te décidais enfin à te montrer raisonnable, tu guérirais sûrement plus vite !

- Je ne suis pas raisonnable, dit Yoshiki en souriant. Tu m'as toujours connu comme ça.

- Oui mais maintenant que ça met ta santé sérieusement en danger, ça ne me fait plus rire du tout ! Si je m'en mêlais et que je me mettais à te surveiller ?

Yoshiki eut un petit rire :

- T'as jamais eu d'autorité sur moi.

- Apparemment..., constata Toshi d'une voix où perçait l'amertume. A quoi ça sert que je sois là puisque je ne peux rien faire ?

Comprenant qu'il avait été vexant, Yoshiki attrapa son meilleur ami par la manche :

- Excuse-moi. T'as pas d'autorité mais tu m'aides d'une autre manière. Si je m'étais retrouvé tout seul dans cette maison, je serais en train de faire une dépression. Et avec toi, je peux parler de tout en toute liberté.

- C'est marrant, commenta Toshi avec humour. Au départ, c'était pour m'éviter à moi de déprimer que tu m'as fait venir ici.

- C'est vrai…dire que j'étais censé t'aider et que je me retrouve plus mal que toi. Y'a pas à dire, c'est toi le plus solide de nous deux.

Toshi s'assit sur le sol, les deux bras croisés sur le lit de Yoshiki et reprit :

- C'était qui le jeune qu'on a croisé à l'hôpital ?

- Jin ? Je te l'ai dit, il bosse pour la Johnny's. Il est dans un groupe qui s'appelle Kat-Tun.

- Ah oui ! Pas moyen de les rater ceux-là depuis quelques temps. Comment tu l'as connu ? Je croyais que tu détestais ce genre de boy's band.

- On a un ami en commun alors on s'est rencontré à une soirée. Je déteste toujours les boy's band mais je n'écoute pas ce qu'il fait. Je connais juste le mec et il est vraiment gentil.

- Pas idiot ou imbu de lui-même ? demanda Toshi car c'était l'image que Yoshiki avait de ce genre de chanteur.

- Ni l'un ni l'autre.

- Bon tant mieux, conclut Toshi qui n'était que vaguement intéressé et qui n'était parti sur ce sujet que pour parler de choses moins graves.

- Toshi…

- Quoi ?

- Je me sens vieux.

- Oh Yoshiki…soupira Toshi d'un air las.

- Non sérieusement ! Je le sens de plus en plus avec ce corps qui part en miettes. Si je cessais de me teindre les cheveux, on verrait déjà qu'ils blanchissent. Sans fond de teint, j'ai un début de rides au coin de la bouche et des yeux.

- Et alors moi aussi ! Heath et Pata aussi. Lui il n'essaie même pas de le cacher et aucun de nous n'en fait une maladie ! Yo-chan, 44 ans, ce n'est pas la fin du monde ! Si tu commences comme ça maintenant, je n'aimerais pas te voir dans vingt ans !

- Dommage qu'on ne puisse pas faire comme dans Galaxy Express : échanger son corps de chair contre un corps mécanique.

Toshi éclata de rire :

- Quelle référence ! T'aurais pu citer Dorian Gray et son portrait qui vieillit à sa place ! J'ai vu que t'avais le bouquin. C'est ta thématique favorite en ce moment ?

Yoshiki finit par lui balancer son oreiller à la figure :

- Arrête de te foutre de moi !

- Et toi ne t'agite pas, tu vas encore te faire mal ! répliqua Toshi en lui renvoyant l'oreiller en riant. Bon allez, je te laisse te reposer un peu. Evite de conclure un pacte avec le diable pendant que j'ai le dos tourné !

Yoshiki ne trouva rien d'autre à répondre qu'un grommellement mais dès que Toshi fut sorti, il prit son portable et composa le numéro de Joey. Il voulait savoir où et quand avait lieu le prochain spectacle de Jin.