Note de l'auteur : J'ai décidé de publier rapidement les différents chapitres que j'avais déjà posté sur Fanfiction car ceux-ci sont très proches (voir similaires) de la première publication. Pour les nouveaux chapitres, le rythme de publication sera de l'ordre d'un chapitre par semaine pour que je puisse finir la fiction sans trop vous faire attendre. Car non, je n'ai pas encore fini cette fiction. J'essaie de faire de mon mieux pour ne pas me perdre moi-même dans tout ça ^^. Merci pour les reviews. Lasolitaire.
Āto dorobō
Chapitre 2
POV Natsuki Kruger
Midori hocha la tête tout en se frottant le cou. Elle semblait en pleine réflexion.
- Avez-vous participé à des gala durant les sept ans que vous étiez avec Ahn Luu?
J'hoche machinalement la tête. Midori balance plusieurs photos sur la table.
- Vous les avez donc tous rencontré n'est-ce pas?
J'essaie de me remémorer les visages mais en vain. Je n'ai jamais fait attention aux personnes m'entourant dans ce genre d'événement. J'étais comme les fleurs. Je faisais partie du décor. Midori me coupe dans la sollicitude de ma mémoire.
- Je veux que vous m'expliquiez clairement pourquoi vous avez atterri ici. Point par point.
Je souffle légèrement et reprends mon discours.
"- Vous rentrez déjà?
Malgré la frustration, la peur et la colère que je ressentais à ce moment précis, je ne pouvais pas être grossière envers la femme m'accueillant. Je lui ai adressé un léger sourire pour qu'elle puisse retourner chez elle.
- Merci pour votre aide Maria.
Maria fronça légèrement les sourcils. Elle me connaissait depuis maintenant un an et demi. Au départ, nous n'étions que voisines de palier. Et petit à petit, je lui avais attribué une place dans mon quotidien. Et surtout dans celui de ma fille. Maria n'avait pas besoin de demander car elle connaissait déjà la réponse. Elle savait comment je réagissais. Pour autant, elle posa quand même la question, me donnant un moyen de m'alléger de la pression sur mes épaules. Comme toujours d'ailleurs. Maria avait appris que je ne se plaignais que peu, malgré la situation délicate dans laquelle je me trouvais. Mais aussi que j'étais une jeune femme débordée, avec des responsabilités. Trop de responsabilités.
- Tout va bien?
- J'ai été virée Maria.
J'avais mal mais pas à cause de mon renvoi. Mais pour l'avenir de ma fille.
- Je ne sais même pas comment lui dire.
Maria retira son manteau et le raccrocha au porte-manteau. Elle savait que je ne lui demanderais pas de rester même si je ne voulais pas rester seule à l'heure actuelle.
- Je vais nous faire un peu de thé.
Le silence avait pris peu à peu la place. Maria décida de le rompre sachant pertinemment que je resterais murée dans celui-ci. Comme à mon habitude.
- Avez-vous d'autres pistes pour un emploi?
La vérité était dure. Plus d'un an que je suis ici. Plus de vingt employeurs. Aucune des situations n'étaient stables à long terme. Je finissais toujours par être renvoyée. Manque d'expérience, retard, fatigue ou simplement coupure dans le personnel. Tous amenaient vers la même fin : absence de revenus.
- Je suis grillée dans les environs ...
- Que comptez-vous faire?
Il était temps de tenter autre chose ... Ailleurs.
- Nous allons encore devoir déménager ...
Maria déposa sa tasse et prit mes mains. Elle avait beaucoup de peine pour moi. Je le voyais dans ses yeux.
- Un jour ou l'autre, les choses s'amélioreront pour vous. Ne perdez jamais espoir Natsuki.
Je me souviens avoir rigolé légèrement. Je suis née sous une mauvaise étoile. L'espoir? Je n'y crois plus depuis bien longtemps. Mais je ne pouvais pas sombrer. Je devais rester forte. Pas pour moi. Mais pour elle. Pour ma fille.
- Je ne pourrais jamais vous remercier pour votre aide. Je vous dois beaucoup.
Maria se releva et se dirigea vers la porte.
- Vous m'avez aidée beaucoup plus croyez-moi. J'espère que vous viendrez me rendre visite avant que je ne rejoigne ma fille et mon mari.
C'est la dernière fois que je la voyais. Ce qu'elle ne savait pas c'est qu'elle perdrait la vie quelques jours après notre départ. Mais je l'ignorais aussi et ai répondu naïvement.
- Je l'espère aussi Maria."
- Voilà la raison de ma venue ici.
- Votre perte d'emploi?
Je secoue la tête, essayant de me remettre de ce souvenir. Je désigne alors Nao.
- Parce qu'il ne me reste plus qu'elle comme famille.
- Vous rappelez-vous de votre arrivée?
J'acquiesce avec un léger sourire. Nao semble savoir à quoi je pense car elle précède Midori.
- J'avais eu une journée de merde. Alors ... Nous avons partagé nos journées.
Midori fronce légèrement les sourcils.
- Eh bien Agent Yuuki. Je vous écoute.
Nao déglutit difficilement.
- Je crois que cela ne vous plaira pas.
"- Je veux un avocat.
- Pas avant que tu me dises ce que tu as fait de l'argent.
- Vous n'avez pas le droit! Je veux un avocat!
Ce petit con commençait vraiment à m'énerver alors ... Comment dire ... Peut-être que je l'ai un peu malmené ... Mais je voulais qu'il comprenne qu'il ne fait pas la loi. La prochaine chose qu'il a compris et que je pouvais facilement le maîtriser.
- Tu n'es qu'un petit salopard qui vole les vieilles. Tu n'as aucun droit ici.
- Quoi j'ai volé ta vieille pour que tu sois aussi ...
Oui j'avoue que le mention de ma mère est toujours un déclencheur chez moi. Mais je travaille dessus je vous rassure. Dans mon esprit, il ne s'agissait que d'un moyen de persuasion lorsque je l'ai attrapé par le col et collais contre le mur.
- Ne reparles jamais de ma mère si tu veux rester en vie ...
- Agent Yuuki, vous êtes demandée à l'accueil.
J'étais frustrée par cette interruption. Et surtout le sourire débile qu'arborait mon suspect. Je l'ai donc balancé sur sa chaise. A l'extérieur de la salle d'interrogatoire se trouvait Tate. Ce cornichon s'est mis à me faire la morale.
- T'es pas bien sérieux! T'imagine si la chef est au courant de cela?
- M'en fout. C'est qu'une petite merde.
- Heu ...
- J'parle de lui ... Pas de la chef.
Je vous assure que je ne parlais pas de vous. Mais bien du suspect.
- T'as pas déjà été suspendue pour excès de violences?
- Tu devrais te mêler de tes affaires Tate. Alors?
- Alors quoi?
- Qui m'attend à l'accueil?
- J'sais pas. J'ai pas demandé.
J'avoue que l'idée de lui mettre mon poing dans le pif était à la porte de mon esprit. Mais j'ai préféré reporter mon attention sur la vitre. J'étais satisfaite. Le jeune homme saisit le papier et rédigeait ce qui s'avéra être sa déposition. Arrivée à l'accueil, c'est un mélange d'émotions qui m'envahit. La joie mais aussi l'inquiétude. Natsuki n'est pas du genre à rendre visite alors j'envisageais le pire. J'avais besoin de retrouver un peu de self-control avant de connaître la raison. L'humour a été la seule chose que je pouvais envisager.
- Tiens mais qui voilà? L'enfant prodige rentre enfin au bercail?
Natsuki se rapprocha et après quelques instants de réflexion m'étreint légèrement. Je savais que la situation devait être plus critique que je ne pouvais l'imaginer.
- Tu dois vraiment être mal si tu me fais un câlin.
- C'est une accolade. Et oui je suis vraiment mal.
Je n'eus pas le temps d'en demander plus.
- J'ai été virée de mon boulot.
- Encore? Natsuki ... Viens on va s'installer à la cafet'. ça sera mieux pour discuter.
J'avais vraiment besoin de ce café.
- Alors ?
- Pour faire court, l'un de mes employeur m'a vu travaillé pour mon autre employeur. Il lui en a donc parlé et comme je travaille quatorze heures par jour, ce qui est illégal, ils ...
- T'ont viré. Tu viens donc t'installer ici?
- Cela ne dépend que de toi.
- De moi?
Je me demandais bien où elle voulait en venir.
- Tu connaîtrais pas du monde pour moi?
Natsuki devait être vraiment désespérée pour me demander de l'aide. J'essayais de trouver un truc mais rien. Je ne souvenais juste de votre gueulante chef lorsque vous étiez partie à la salle d'archivages alors j'ai vu cela comme une possibilité.
- On archive pas mal en ce moment ... Je vais me renseigner.
- Merci.
Je voulais changer de sujet.
- Pas besoin d'en faire tout un plat. Parlons du plus important maintenant. Où est-elle?
Natsuki sourit légèrement. La pression semblait un peu moins sur ses épaules.
- Elle est à l'Académie actuellement.
- Fuuka est réputée pour son enseignement. C'est un mal pour un bien.
Natsuki semblait ailleurs pendant un instant.
- Elle n'a pas vraiment le choix de toute manière.
- J'ai hâte de revoir ma filleule préférée en tout cas.
- Tu n'as qu'une seule filleule Nao.
Je devais changer de sujet.
- Et pour tes amours?
Natsuki secoua la tête. La question n'avait pas sa place à l'heure actuelle. Elle avait d'autres choses en tête. Trouver un emploi. Et surtout élever sa fille. Elle décida de me retourner la question.
- Comment va Miyu et Alyssa?
Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que Natsuki était encore célibataire. Je ne me souvenais pas l'avoir vue avec quelqu'un. Pas depuis cinq ans. Intérieurement, je me demandais comment Natsuki pouvait vivre sans partager ses doutes dans l'intimité.
- Elle grandit vite. Ma petite fille a déjà dix ans. Quant à Miyu, elle va bien. C'est un peu compliqué dans son boulot en ce moment mais elle ne veut pas trop en parler. Je ne sais pas pourquoi mais je pense que c'est par rapport à son boss.
- Miyu n'a pas envie de retrouver son patron au poste ou pire à la morgue.
Je feins d'être outrée.
- Genre je suis impulsive?
- Tu es impulsive.
Mon regard se porta sur une horloge.
- Je dois retourner bosser avant que la chef ne se rende compte que je ne suis pas à mon poste. Tu loges où?
- Chez ma mère. La maison a besoin de réparation mais nous avons au moins un toit.
Je n'étais pas convaincue que séjourner dans la maison de sa défunte mère était une solution stable pour Natsuki. Pour autant, je préférais ne pas relancer le sujet. Je devais soutenir ma cousine ... Comme dans nos plus jeunes années.
- Je finis à 16h alors je passerais voir Hikari, une fois que j'aurais récupéré Alyssa.
Pour simple réponse, je vis ma cousine se relever et se diriger vers l'extérieur."
- Vous avez encore usé de force sur un suspect!
Nao déglutit légèrement tout en se repositionnant sur son siège. Shizuru décida d'intervenir.
- Sauf votre respect chef, ce n'est pas vraiment le sujet.
Midori souffla mais je savais que Nao n'était pas sortie d'affaire. Midori me fixa un instant.
- Qu'avez-vous fait ensuite?
Croyait-elle réellement que je pouvais répondre à cette question?
- Ces événements datent d'il y a plus de neuf mois. Vous voulez que je vous retrace ...
- Qu'avez-vous fait ensuite?
Ce n'était pas la peine de discuter. J'essayais de me souvenir de ce jour. Nao semblait avoir une meilleure mémoire que moi. Je me souvenais avoir rencontrer Nao puis me dirigeais vers ma voiture.
- Je suis rentrée chez moi ... Enfin chez ma mère. J'ai dû faire le ménage jusqu'à l'heure de sortie de ma fille.
- C'est à dire?
- 15h pourquoi?
- Combien de temps avez-vous pour vous rendre d'ici jusqu'à chez vous?
- Je ... Environs dix minutes pourquoi?
Midori fixa Nao qui souffla mais hocha la tête.
- Douze minutes chef si on veut être précis.
- Et combien de temps avez-vous pour vous rendre à l'école de votre fille en partant de chez votre mère?
Je ne comprenais pas où tout cela allait mener.
- Une vingtaine de minutes.
Je n'avais pas besoin de regarder ma cousine. Je savais qu'elle donnerait la durée exacte.
- Dix-neuf.
Midori griffonna quelque chose sur un calepin. J'y distinguais des heures approximatives. Elle retraçait les moindres faits et gestes.
- Bien. Donc vous êtes partie chercher votre fille ...
- Oui.
- Je vous écoute.
Ceci n'en finira jamais ... Shizuru se releva avant même que je ne reprenne mon récit. Je pense que la partie avec Ahn ne lui plaisait guère. Mais au final, elle est la seule à avoir demandé. Elle sortit de la pièce sans même un regard. Peut-être était-ce le mieux après tout. Je repris donc là où j'en étais.
"Je me suis donc dirigée vers l'Académie de Fuuka. J'ai attendu ma fille jusqu'à ce qu'elle passe la grille d'entrée. Elle ne respirait pas la joie de vivre. Je savais pourquoi mais j'ai préféré m'abstenir de tout commentaire. Mon bébé aurait raison quelque soit l'argumentation que je tenterais. J'ai donc essayé de changer son humeur lors du trajet.
- Comment était ton premier jour?
Ma fille ne m'a pas répondu. Le trajet s'est donc fait dans le silence. J'ai essayé de la laisser mais en vain. Une fois la voiture garée à l'entrée dans la maison, je n'arrivais plus à assumer cette situation oppressante. Ma fille est intelligente mais je voulais éclaircir encore une fois les raisons de notre déménagement.
- Je n'avais pas le choix Hikari.
- Je ne veux pas qu'on parle de ça Maman. J'ai des devoirs et des cours à rattraper.
Je voulais qu'elle cesse de m'en vouloir. Je me sentais déjà assez mal. Je me suis donc rapprochée d'elle et assise sur le canapé. Elle était agenouillée, à proximité de la table basse. Je lui ai caressé les cheveux en essayant de la rassurer comme dans ses plus jeunes années. Ou peut-être avais-je besoin d'y croire moi-même.
- C'est la dernière fois que nous quittons une ville. Je te le promets.
Hikari a simplement poursuivit sa tâche tout en murmurant à voix basse.
- Ne fais pas des promesses que tu ne tiendras jamais Maman.
- Je tiendrais cette promesse. Comme j'ai tenu la promesse que tu manques de rien.
Hikari s'est subitement retournée et a trouvé refuge dans mon ventre.
- Je suis désolée Maman. Mais c'est dur de quitter mes amies et de tout recommencer à chaque fois.
- Je sais mon bébé. Je vais trouver une solution. Rassures-toi.
J'ai ensuite sursauté à l'entente d'un klaxon. Je savais que Nao en était la cause. Mais je voulais redonner le sourire à ma fille.
- Je crois que tu devrais aller ouvrir la porte.
La seule chose que j'ai vu est une masse de cheveux un peu plus claire que ceux de ma fille, sauter sur elle. Ma fille arriva à articuler difficilement ce qui m'apporta un sourire.
- A ... Alyssa?
- Hai!
- Et moi on m'oublie?
- Goddomazā !
- En personne ma grande.
Nao caressa le haut de la tête de Hikari et m'annonça sans grande formalité.
- J'ai parlé à la DRH. Elle a transmis à ses supérieurs et ils sont d'accord pour que tu intègres la section d'archivages. T'as de la chance la personne avant toi vient de démissionner. Mais je te préviens c'est un boulot de merde.
- Langage Maman!
La première fois que je riais de bon coeur. Alyssa possède toutes les manières de Miyu. Cela n'a pas changé depuis notre dernière rencontre.
- Je vois qu'elle suit le même chemin que Miyu.
- Tu commence demain matin.
- Merci pour ton aide Couz'.
- Offres-moi un verre. C'est mieux que ton blabla."
- Vous confirmez Agent Yuuki?
Nao hocha la tête face à la réponse de sa supérieure. Je voyais que quelque chose ne leur plaisait guère mais je décidais de ne pas demander. Nao prit difficilement la parole.
- Nous sommes restées ensemble jusqu'à 21h. Ensuite je suis rentrée pour voir ma femme et mettre ma fille au lit.
Midori claqua ses mains sur la table me faisant sursauter au passage.
- L'étau se resserre autour de vous Āto dorobō.
Fin du chapitre 2
