Les jours continuaient à s'égrener lentement mais le comportement de Nagisa n'était pas encore revenu à la normale, ce qui avait fait fuir tous les potentiels nouveaux joueurs dont le club de badminton avait pourtant bien besoin.
Depuis le début, Riko avait pensé que seul le temps pourrait faire quelque chose pour soigner cette blessure béante mais il fallait peut-être qu'elle arrête d'espérer inutilement. Finalement, elle n'avait fait qu'attendre et c'était peut-être là sa pire erreur elle n'avait fait que laisser les choses s'empirer.
Alors que les deux jeunes femmes marchaient pour rentrer chez elles, Riko, un peu en arrière, se décida enfin à parler d'une voix hésitante au possible.
« Nagisa… »
Son interlocutrice n'arrêta pas de marcher mais tourna tout de même la tête vers celle qui lui avait adressé la parole.
« Tu ne serais pas un peu trop stricte, ces temps-ci ? Ça va faire fuir les nouveaux arrivants voire les anciens membres... »
Nagisa tenait énormément à ce club dont elle était devenue la capitaine et entraîneuse en l'absence de quelqu'un de plus qualifié et son amie savait que jouer sur ce terrain était plus pertinent que de se plaindre elle-même, comme d'autres avaient pu le faire. Si quelque chose pouvait la faire changer d'avis, c'était bien le sort du club.
« On t'a fait des reproches ? »
La voix de Nagisa fût dure et implacable. Bien sûr, elle n'était pas idiote et se doutait bien que si personne n'osait lui dire à elle-même ce qu'ils pensaient, ils allaient invariablement voir leur vice-capitaine qui elle, au moins, avait le mérite d'être bien plus gentille et compréhensive.
« Pour gagner, on ne peut que s'entraîner. »
Riko préféra ne rien ajouter en sachant que répondre qu'il n'y avait pas que la victoire dans la vie n'était pas la bonne solution, la chose à dire.
« On n'est pas des petits prodiges, il faut qu'on fasse des efforts ! »
La rancune que semblait portait Nagisa autant à elle-même qu'à cette trop talentueuse inconnue qui l'avait battue ainsi qu'à ces gens ignares qui disaient qu'elle ne gagnait que grâce à sa taille et non pas grâce à son entraînement était palpable. D'un côté, elle n'avait pas totalement tort, mais de l'autre…
« C'est vrai, mais…
Mais quoi ? »
Lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait non seulement crié en pleine rue mais, de plus, sur l'une de ses meilleures amies. Nagisa baissa le volume avant de rajouter :
« Je veux la battre à tout prix… Sinon, je ne vois pas pourquoi… »
Un coup de vent fit voleter leurs cheveux. Les deux adolescentes se regardèrent dans les yeux. Riko n'eut pas besoin d'entendre la fin de cette phrase pour la comprendre. Encore une fois, elle voyait cette lueur s'éteindre doucement, disparaître complètement, se fondre dans la couleur si sombre des yeux de Nagisa qui, elle le comprenait maintenant, remettait en doute sa passion de toujours. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras, l'embrasser, lui montrer son amour mais cela n'aurait rien réparé. Ce n'était pas encore son tour.
« Je vais corder ma raquette. »
Nagisa disparut et Riko n'eut pas le cœur de la suivre. Le temps n'arrangerait rien, pas plus que la parole. Seule une victoire pure et dure ferait que leur capitaine se sentirait mieux mais il subsistait tout de même un problème. Si Nagisa battait cette inconnue après tous ces efforts, ne voudrait-elle tout simplement pas continuer comme elle était, aussi impossible à vivre ? Ne rendrait-elle pas la vie au club encore plus difficile après avoir eu une preuve que sa méthode était la bonne ?
« Me voilà ! »
Une voix inconnue sortit Riko de ses pensées et une fille passa près d'elle en courant sans que la lycéenne y fasse réellement attention. L'inconnue discuta rapidement avec ce qui semblait être l'une de ses amies quand Riko eut une illumination.
Cette fille, elle l'avait déjà vue.
Cette fille, elle avait appris à la détester sans le vouloir et sans la connaître.
Cette fille, c'était la fille du tournoi.
Cette fille, c'était cette Hanesaki.
Alors, doucement, Riko s'avança vers cette fille dont elle sur l'identité de laquelle elle voulait vérifier ses suspicions.
« Toi ? »
La lycéenne aurait voulu lui demander plein de choses, à cette fille mais se ravisa au dernier moment. De quoi pouvait-elle bien lui parler ? Ses états d'âme ainsi que celles de Nagisa ne devait pas réellement intéresser cette pseudo-inconnue.
« Non, rien… désolée… »
Riko s'en voulu immédiatement de ne pas avoir essayé de lui parler plus mais sa timidité et son manque de confiance en elle avaient repris le dessus. Pourtant, elle restait sûre d'elle : cette fille était Hanesaki et ce n'était pas le petit porteclé que cette dernière avait accroché à son sac qui lui dirait le contraire.
Le soir-même, Riko hésita à envoyer un message à Nagisa.
« Tout-à-l 'heure, en rentrant, j'ai croisé la fille du championnat. »
A quoi bon ? Encore une fois, Riko se ravisa et préféra ne rien dire. Ce n'était pas si important que cela et Nagisa n'aurait sûrement rien eu à répondre. C'était idiot.
Le lendemain, bien sûr, rien n'avait changé et Nagisa restait fidèle à elle-même en torturant physiquement ses coéquipiers. La jeune femme qui était face à elle suivait tant bien que mal mais elle finit rapidement par s'écrouler à quatre pattes, la respiration difficile, après un volant particulièrement difficile.
« Hé, si une terminale fait ça, bonjour l'exemple pour les jeunes. »
Encore une fois, la réplique cinglante ne s'était pas faîte attendre…
« Arrête de t'acharner sur moi. »
Sauf que, cette fois-ci, son adversaire avait décidé qu'elle en avait marre et qu'il était temps de répliquer. Tous les autres matchs s'arrêtèrent d'un coup. Tous savaient qu'une explosion arriverait à un moment où à un autre mais personne ne voulait en être la cible. Tous savaient que quelqu'un allait finir par répondre sans oser le faire soi-même. Qui avait été assez sot pour répondre à la grande Aragaki ? Comment allait-elle s'en sortir ?
« De quoi tu parles ? »
La peur au ventre, même Riko n'osa pas s'interposer alors que c'était ce qu'elle était censée faire. Nagisa n'allait pas laisser passer ce qu'on venait de lui dire et, même si son adversaire avait raison, cela allait forcément dégénérer.
« Tu peux pas deviner toute seule ? »
Nagisa passa sous le filet pour rejoindre son adversaire, celle qui osait lui parler ainsi.
« Hé, attendez. »
Enfin, les jambes de Riko avaient accepté de se déplacer et elle se plaça entre les deux jeunes filles qui semblaient prêtes à se battre autant physiquement qu'à travers une bonne joute verbale.
« Si tu n'as pas envie de t'améliorer, tu devrais arrêter. »
Ce n'était pas possible… Comment Nagisa pouvait-il dire cela ? Comment pouvait-elle inciter quelqu'un à arrêter le badminton ?
« Je ne continuerai pas comme ça. »
La fille commençait à partir et Riko voulu la rattraper mais c'était peine perdu. Yuka avait pris sa décision et rien ne la ferrait rester dans le club, pas tant que Nagisa y serait encore entraîneuse. Deux autres filles suivirent l'exemple et décidèrent de quitter le club sans que la vice-capitaine ne puisse rien y faire. Elle essaya de faire réagir leur entraîneuse mais cela ne servait à rien.
« Nagisa, tu ne fais rien ?!
Quand on n'a pas de volonté, vaut mieux arrêter. C'est qu'on n'est pas fait pour le badminton. »
Comment Nagisa pouvait-elle dire ça ? Cela ne lui ressemblait tellement pas… Jamais elle n'avait eu ce genre de mots contre quelqu'un de plus faible qu'elle, même quand la personne en question était une vraie catastrophe.
« Tout le monde n'a pas les mêmes capacités que toi, Nagisa. »
Ce n'était décidément pas la chose à dire et Riko le savait bien mais le choc de voir des membres présentes depuis trois ans partir et le choc d'entendre de tels dires de la part de Nagisa changeaient la donne. Il fallait que Nagisa réagisse. Cette dernière se retourna, choquée par ce qu'elle entendait et par le fait de savoir que c'était bien sa vice-capitaine qui lui servait ces propos, la même personne qui la suivait pourtant toujours dans ses entraînements, qui la soutenait devant les autres membres. Elle imprima même un instant dans sa mémoire le visage défait de son amie et coéquipière de toujours.
« Toi aussi ? »
Nagisa ne pensait pas totalement ce qu'elle disait mais toute sa colère était trop présente pour qu'elle puisse penser à réfléchir à ses paroles.
« Dans ce cas, même toi… tu devrais arrêter. »
La capitaine s'en voulu immédiatement mais, trop fière, ne fit rien savoir à celle qui, juste en face d'elle, semblait bien trop blessée par ce qu'elle venait d'entendre, par ce qu'elle venait de voir. Bien sûr, Nagisa savait que son amie continuerait à être là, à venir aux entraînements, mais cela restait trop facile. Elle n'arrivait qu'à blesser les autres, à se les mettre à dos et pourtant, Riko restait là sans qu'elle ne comprenne exactement pourquoi. La capitaine savait bien que, si Riko décidait de quitter le club, ce serait définitif, tout comme sa culpabilité d'avoir engendré une telle chose.
L'entraînement du lendemain fut consacré à la course afin d'améliorer leur endurance et, comme d'habitude, Nagisa partit loin devant ses coéquipiers. Lorsque RIko arriva enfin à sa hauteur, ce fût parce qu'elle s'était arrêtée. Sauf que Nagisa ne s'arrêtait jamais pendant une course à moins d'être arrivée et la vice-capitaine se demandait bien ce qui avait pu pousser son amie à ne pas continuer sa course, qui plus est à côté des terrains de tennis.
Et puis, Riko comprit en voyant que, sur le terrain, cette Hanesaki s'entraînait. Cette dernière jouait au tennis et c'était une vraie catastrophe. Comment Nagisa pourrait-elle prendre sa revanche si celle qu'elle voulait battre ne jouait plus au badminton ?
Un homme étrange sauta par-dessus les grilles pour aller rejoindre la prodigieuse Hanesaki qui venait de rattraper une balle extrêmement difficile, la renvoyant sans difficulté et lui proposa de rejoindre le club de badminton, ayant vu en elle la joueuse extraordinairement forte qu'elle pouvait être… qu'elle était ?
Personne ne revit Nagisa durant le reste de la journée et Riko s'inquiétait énormément lorsque, par chance, elle la croisa sur le chemin du retour. Sur un pont, elles surplombaient un magnifique fleuve.
« Après avoir perdu ce match, plus rien n'avait de valeur. Le fait d'avoir joué au badminton jusqu'ici, tous mes efforts… »
Riko ne s'était pas attendue à ce que Nagisa se confie ainsi mais elle accepta et ne prononça aucun mot. Il fallait que ça sorte, tout simplement.
« Ca n'avait servi à rien. Je refusais de l'accepter. J'ai pensé que je devais m'entraîner plus. J'ai dit toutes ces choses prétentieuses… »
La capitaine se rendait enfin compte de ses torts et cette avancée était si parlante, si géniale ! Les choses changeaient dans son esprit et, bientôt, son comportement changerait lui aussi, Riko en était persuadée.
« Et pourtant, quand j'ai revu cette fille… j'ai eu peur. Celle qui n'est pas faîte pour ça, c'est moi. »
Nagisa commença à pleurer. Sa vice-capitaine s'empêcha comme elle put de l'imiter avant de la prendre dans ses bras, comme le jour de sa défaite. Cette étreinte faisait tellement de bien ! C'était comme si elle n'était remplie que d'amour, de l'amour à volonté, comme si elle annihilait tous les sentiments néfastes que Nagisa pouvait ressentir. Cette dernière si sentait parfaitement à sa place, aurait voulu y rester pour l'éternité.
« Ca suffit. »
Riko parlait enfin. Que son amie arrête de se voiler la face sur l'horrible capitaine qu'elle avait été été une bonne chose, tout comme le fait qu'elle essayerait d'arranger cela, mais il était hors de question qu'elle dise ne pas être faîte pour le badminton. Nagisa avait toujours été passionnée et ce n'était pas une erreur de parcours, aussi difficile à endurer fût-elle pour les autres, qui changerait le fait qu'elle soit faîte pour le badminton, pas après tous ces entraînements et matchs qu'elle avait vécus.
« J'en suis incapable et je rejette ça sur les autres…
Arrête je te dis »
Pour rien au monde Riko ne la laisserait abandonner ce qui comptait le plus pour elle, jamais. Une fois de plus, elle était là, prenant dans ses bras son amie, lui donnant tout l'amour qu'elle était capable de ressentir pour cette idiote forcenée.
« 1, 2, 3, 4, 5. »
Les étirements étaient une partie importante de leur entraînement et, cette fois-ci, c'était Riko qui en avait la charge. Nagisa se faisait étrangement silencieuse.
« Les filles, rapprochez-vous ! »
C'était leur tutrice, Miyako Taromaru, qui parlait et Riko eut directement en tête l'arme secrète dont elle lui avait parlé quelques jours plus tôt. Elle croisa les doigts pour que cela ne coupe pas court aux améliorations que subissait le comportement de Nagisa.
« Je vais vous présenter mon arme secrète. C'est bon, tu peux entrer. »
Un homme blond, le même homme un peu louche qui était passé au-dessus de la grille du terrain de tennis pour essayer d'aller recruter Hanesaki, entra dans le gymnase.
« Je m'appelle Kentaro Tachibana. Enchanté. »
Riko ne reconnut pas le nom.
« Tachibana faisait partie du club, autrefois et il a été sélectionné pour les JO ! »
L'annonce de la tutrice fit beaucoup parler parmi les quelques joueurs et un garçon fit une remarque pertinente. S'il avait été sélectionné pour les JO, pourquoi Riko n'avait-elle jamais entendu parler de lui ? Pourquoi personne ne semblait le connaître ?
« En fait, je n'y suis pas allé, j'ai été choisi pour les sélections mais je me suis blessé au genou et je ne les ai même pas passées. Avec l'expérience de cet échec, je formerai dans ce lycée Kitakomachi un champion médaillé d'or ! »
Le nouvel entraîneur semblait réellement croire ce qu'il disait et Riko pensa tout de suite que c'était le genre de paroles et de personne que Nagisa appréciait et, alors qu'il faisait remarquer que le club était plutôt vide, deux voix se firent entendre.
« Mais si, allez, viens !
Je veux pas. »
Deux filles arrivèrent dans l'encadrement de l'entrée du gymnase : cette Hanesaki et la fille, son amie, avec qui elle parlait la dernière fois que Riko l'avait vue.
« Bonjour ! »
Hanesaki semblait être traînée par son amie qui la força à entrer.
« Plus vite, fais-toi une raison !
L'entraîneur et Nagisa la reconnurent immédiatement.
« Elena… Pourquoi ? »
Elle ne semblait réellement pas heureuse de venir dans le club de badminton, presque peureuse et Riko se demanda comment quelqu'un d'aussi fort pouvait autant hésiter.
« Parce que je pense que tu es faîte pour ça. Je veux dire, tu as vraiment un don ! »
La dénommée Elena semblait plus mature et continuait à parler à cette Hanesaki pour la convaincre de rejoindre le club.
« Si tu fuis tout le temps, tu ne pourras jamais avancer. »
Evidemment, leur nouvel entraîneur n'ayant pas perdu le Nord, il s'empressa d'aller à sa rencontre et, si Riko ne voulait pas vraiment de cette Hanesaki dans le club, elle pouvait tout de même comprendre le poids qu'une joueuse comme elle aurait.
« C'est vrai, commença l'homme, tu as du talent ! Ton agilité, ton acuité visuelle, la souplesse de tes poignets et le fait que tu sois gauchère… Tu as des qualités qu'on n'acquiert pas en s'entraînant. Tu dois te mettre au badminton !
Riko risqua un regard vers Nagisa celle-ci avait le visage fermé ne laissant filtrer aucune information quand à ce qu'elle pensait. Il fallait espérer que cela n'impacte pas plus son moral ou sinon, les pas en avant dernièrement effectués ne seraient que de beaux souvenirs. Il ne fallait pas reculer, plus maintenant.
« Je n'ai pas envie. »
Cette fois-ci, même Nagisa ne put rester totalement fermée et se tourna, choquée, vers la seule personne dans cette salle l'ayant déjà battue.
« Malgré tout ce que vous dîtes…
Alors, si vous faisiez un match ! »
Elena avait coupé son amie dans son élan avec la pire idée qui soit.
« Si tu perds, tu rejoins le club ! »
Riko imaginait malheureusement très bien ce qui allait se passer et ne pouvait décidément pas laisser les choses se faire, mais comment l'empêcher ? Se serait sans aucun doute la plus forte du club qui affronterait cette Hanesaki, donc Nagisa à n'en point douter ! Si Nagisa perdait à nouveau… Non, ce n'était définitivement pas envisageable pour la vice-capitaine, pas encore, pas maintenant.
« Alors, qui est le meilleur joueur du club ? »
Riko sentit tout de suite Nagisa se tendre. Ce n'était pas bon signe mais il n'y avait rien à faire. Si Riko avait détesté Hanesaki le jour du match, ce n'était rien en comparaison à ce qu'elle ressentait pour cette Elena ce jour-ci. Ce n'était pas le moment.
« Ben, y'a personne ? Vous n'avez pas l'air nombreux. Vous voulez des recrues, non ?»
Elle semblait rieuse et Riko eut vraiment envie de lui lancer sa raquette en pleine face pour qu'elle se taise, elle qui était pourtant d'ordinaire pacifique…
« Quoi ? Ne me dîtes pas que vous avez peur de perdre. Elle est forte, mais elle n'est qu'en seconde.»
Rien de mieux pour forcer Nagisa à se lancer dans le match. La lycéenne avait déjà perdu contre cette adversaire lorsqu'elle n'était encore qu'une collégienne et cela avait remis en doute toute sa perception du badminton. La mettre au défi ainsi était la meilleure façon d'obtenir un affrontement.
« J'ai dit non ! Je ne ferai pas de badminton. Inutile de faire un match !»
Contre toute attente, c'était Hanesaki elle-même qui avait parlé et Riko eut envie de soupirer. Tout irait bien. L'entraîneur essaya encore de la convaincre, toujours plus.
« C'est juste un sport et puis, jouer ainsi dans un club, ça n'a aucun sens. »
Riko pouvait laisser passer beaucoup de choses mais ça, elle ne pouvait pas. Jouer dans un club de badminton était plus qu'important pour elle et il était impossible de laisser cette fille tout détruire !
« Bien sûr que si, ça en a ! »
Sans le club, elle ne serait pas aussi sûre d'elle qu'elle l'était à présent, elle ne connaîtrait pas Nagisa, elle n'aurait pas réussi à être si peu timide bien qu'elle le soit encore. Elle avait appris à s'accepter à travers le club et son jeu et c'était sans compter tout le bonheur de l'effort physique et l'envie de gagner, pas aussi présente que chez Nagisa mais présente tout de même. La vice-capitaine voulait gagner, aller toujours plus loin. Où en serait-elle sans le badminton ? Elle n'aurait pas de passion et ne serait sûrement pas tombée amoureuse.
« Ca a du sens. »
Riko sentit les larmes pointer le bout de leurs nez et tenta de les ravaler. Elle n'en vit rien mais, dos à elle, Nagisa la regardait, à la fois choquée et subjuguée.
« On se donne à fond parce qu'on veut gagner… Alors ne dis pas ça ! »
Personne ne dit rien pendant quelques secondes.
« Fais une partie. Contre moi. Viens m'affronter ! »
