Clara s'initie à la vie de son ancêtre ... et ce n'est pas simple pour tout le monde.

Bonne lecture ^^


Ezio prit son assiette, puis en déversa la moitié dans une qu'il tendit à Clara.

« Je n'avais prévu que pour une personne, désolé.» informa-t-il.

« Ça je me doute oui. À moins que tu ne dînes avec une personne imaginaire. T'en fais donc pas pour ça, va.»

Elle prit place en face de lui, puis piocha un premier aliment.

« Ce n'est pas bon ?» s'enquit Ezio en voyant son air songeur.

« Je ne sais pas trop, il faut que je m'habitue au goût. Comme à tout le reste d'ailleurs.»

La brunette poursuivit son repas. Elle avait tenté de recréer certains mets de l'époque chez elle, mais les ingrédients restaient différents et somme toute pas faciles à dénicher. Mais elle ne s'inquiéta pas outre mesure. Quoi qu'elle aie pu tenter, elle savait que seul le temps pourrait l'aider. Or Miles avait désormais toute la vie devant elle. Ou autant que faire se peut. Le dîner terminé, elle aida son ancêtre à débarrasser puis à nettoyer.

« Dis-moi, vu que tu es ici est-ce que tu continues à diriger la confrérie ou pas du tout ?» interrogea Clara.

« Je suis revenu à Florence pour me reposer un peu. Et … tenter de … comment dire ? Me remettre des sentiments que j'avais pour toi.» avoua Ezio un peu gêné.

« Bon ben ça c'est râpé. Tant mieux pour moi.» répondit Clara en souriant.

« Si ! Je préfère également cette alternative. Autrement, je ne me suis pas retiré de la vie d'Assassin. Comme tu l'as mentionné tout à l'heure, il me reste encore un combat à mener.»

Miles termina d'essuyer la vaisselle. Sur le chemin menant au salon, elle l'informa désirer faire partie de la confrérie à part entière.

« Bene bambina. J'ai eu l'occasion de te voir à l'œuvre et selon moi, tu peux déjà accéder au statut d'Assassin.» accepta Ezio.

« Ah non, pas de favoritisme. Si je veux être acceptée et respectée comme il se doit je dois gravir les échelons comme tout le monde. Par contre, si tu voulais bien te charger ma formation cela m'arrangerais.» contredit Clara en levant les mains.

« Entendu. J'avoue que je préfère t'avoir à l'œil.» sourit le brun.

« Moi aussi … t'as un peu trop tendance à te fourrer dans le pétrin, l'ancêtre.» répliqua Clara.

Ezio roula des yeux avec amusement. Une fois assis dans des fauteuils, il lui donna des nouvelles de ceux qu'elle avait connus. Elle marqua son étonnement face à la paternité de Bartolomeo.

« Ben ! Bon courage au petit.»

« Oh Bartolomeo n'est pas un mauvais bougre. Il a juste un sacré caractère.»

« C'est exactement à ça que je pensais. J'espère qu'il a au moins un hochet normal, et pas une dague.»

Tous deux bavardèrent encore un moment, passant ainsi une agréable soirée. Plus tard, Auditore rattrapa la jeune femme à l'étage, la retenant par la taille.

« Hop hop hop où est-ce que tu vas comme ça ?»

« Eh bien tu vas rire, mais en général quand on se souhaite la bonne nuit c'est pour aller dormir. Si surprenant que cela paraisse je vais donc dans une chambre.» répondit Miles un peu étonnée.

« J'entends bien bambina mia, c'est que tu ailles dans une autre chambre que la mienne qui me dérange. Je ne veux plus me séparer de toi.» précisa Ezio avant de l'embrasser dans le cou.

« Aaaah. Mais tu sais que la dernière fois que l'on a dormi ensemble, on ne voulait plus se lever. T'es donc prêt à prendre le risque ?» sourit Clara en lui caressant la tête.

« La vie d'un Assassin est faite de risques.»

« Alors dans ce cas, allons dormir à nos risques et périls.»

Elle le suivit dans la chambre. Clara se pelotonna ensuite contre Ezio, qui l'enlaça avec un soupir d'aise.


Le soleil se chargea de le réveiller le jour suivant. La première chose qu'Auditore remarqua, c'était le lit vide.

« Clara ?» s'inquiéta-t-il.

Le Florentin se leva d'un bond et sortit de la chambre. Il appela sa compagne.

« Je suis là.» fit la brune, non sans s'étonner face à son ton inquiet.

Ezio soupira de soulagement en la découvrant en bas des escaliers. Il descendit rapidement la rejoindre.

« Te voilà. L'espace d'un instant j'ai cru que ton arrivée n'avait été encore qu'un rêve.» expliqua-t-il en l'enlaçant.

« Oh c'est mignon. Mais sois tranquille, je ne partirais que pour effectuer des missions. Quoique je pourrais t'emmener en vacances dans le futur, si ça se trouve.»

L'Assassin la relâcha, puis alla se vêtir pendant qu'elle mettait le couvert pour le petit-déjeuner. Deux heures plus tard, ils arpentaient les rues de Florence afin de pourvoir Clara d'habits d'époque. Un tailleur prit ses mesures, puis proposa certains articles disponibles. La brune passa une robe émeraude avant de quitter l'échoppe.

« Molto bene. Les vêtements c'est fait, reste le nécessaire de toilette et les chaussures.» récapitula Ezio.

« Encore merci de te charger de l'addition.» dit Clara, accrochée à son bras.

« C'est bien normal, bambina.»

Elle l'embrassa rapidement sur la joue. Ezio avait prévu de raccourcir son séjour dans sa ville natale du fait de l'arrivée de la brune. Dans deux jours ils retourneraient à Rome afin que la jeune femme démarre son entraînement. L'animus lui avait permis d'acquérir des compétences, mais elle tenait à en vérifier l'usage en pratique. Auditore l'accompagnerait pour ses premières missions. En attendant, autant profiter l'un de l'autre sereinement.

Ce fut un Ezio rayonnant qui revint à Rome. Il trouva sa sœur au repaire de l'Île Tibérine, discutant avec Machiavelli.

« Buon giorno tout le monde !» clama-t-il.

Niccolo et Claudia lui retournèrent un regard surpris. Eh bien quel contraste tout d'un coup. Toutefois, la petite sœur d'Ezio comprit immédiatement le pourquoi du comment lorsqu'elle aperçut Clara juste derrière.

« Ah d'accord !» sourit-elle.

« Bonjour Claudia, Niccolo.» lança Miles.

« Clara Marques. Ainsi te voilà de retour dans notre bonne ville de Rome.» salua Machiavelli.

« Oui, et pour bien plus longtemps cette fois.» répondit la brune en enlaçant Ezio.

« Meraglivisio ! J'en avais assez d'avoir un croque-mort en guise de grand-frère.» commenta Claudia, soulagée.

« Hé là !» protesta Ezio.

« Blague à part, je souhaite intégrer l'ordre des Assassins du coin. Mais je tiens à commencer en bas de l'échelle.» annonça Clara.

« Je n'y vois pas d'objection, toutefois le dernier mot revient à Ezio.» répondit Machiavelli.

« Je suis d'accord, je me chargerais personnellement de sa formation.»

Claudia signala qu'un entraînement à l'arme blanche était sur le point de débuter. Clara demanda aussitôt à s'y joindre. Sa consœur l'amena dans un champ plus loin, destiné à la formation des Assassins. Il s'agissait d'un lancer de couteaux. Miles retrouva quelques recrues avec qui elle avait sympathisé lors de son premier séjour.

Du reste, Clara suivait sa formation avec assiduité. La jeune femme travaillait notamment son agilité et sa souplesse. Ezio lui permit de parfaire le maniement de l'épée ainsi que le tir à l'arc et à l'arbalète, tout comme le camouflage. Clara de son côté, enseignait à ceux qui le demandaient quelques mouvements de Krav maga. Concernant la vie de tous les jours, elle s'adaptait petit à petit. Grâce à son entraînement au XXIème siècle, elle arrivait à mieux se passer du confort de son époque. Même si ce n'était pas facile tous les jours. Comme il l'avait annoncé, Auditore gardait toujours un œil sur sa demoiselle, que ce soit de loin ou de près. De près plutôt, car Clara avait parfois certaines poses ou gestes ambigus pour l'époque. C'était inconscient visiblement, des restes de sa vie dans le futur.

Ezio se rappela la fois où la miss avait dû interrompre son entraînement à cause d'un orage et était rentrée plus trempée qu'une éponge. Les habits collaient à son corps comme une seconde peau, et il avait bien eut l'impression qu'il allait imploser. Clara elle, n'était pas gênée qu'on la découvre ainsi, et fut également inconsciente du trouble de son mentor qui crut bien qu'il allait se jeter sur elle et la prendre à même le sol. Il avait mit une bonne minute à réagir, toujours. Mais une fois revenu sur terre, Auditore s'était empressé de la cacher aux yeux de la confrérie. Car il avait bien remarqué qu'elle attirait les regards. Or ce n'était pas franchement le moment de provoquer un génocide. Vint ensuite le temps des premières missions. Ezio l'accompagna, la laissant prendre des initiatives et planifier ses attaques.

« Molto bene bambina mia, tu te débrouilles de mieux en mieux.» dit-il lorsqu'elle revint après avoir achevé sa cible.

« Grazie mille mentore chéri.» répondit-elle avant de l'embrasser.

Ils revinrent au repaire. Là, ils se délestèrent de leur équipement avant de prendre un peu de repos. Clara alla rejoindre d'autres recrues avec lesquelles elles se mit à bavarder. Machiavelli vint faire le point aux côtés d'Ezio. Soudain, une voix tonna dans le repaire, que tous deux identifièrent rapidement.

« Bartolomeo.» lança Auditore.

« Alors vieille canaille ! Tu ne m'avais pas dis que ta dulcinée était de retour !» lança le chevalier en le gratifiant d'une tape dans le dos à assommer un bœuf.

« KOF ! Vieille canaille … et c'est lui qui dit ça. Navré Bartolomeo. Mais j'ai été assez pris par sa formation.» répondit Ezio.

« Je vois. Il faut que vous me rendiez visite un de ces jours. Je pensais justement te demander d'être le parrain de mon fils.»

« Tu devrais plutôt demander à quelqu'un qui a une espérance de vie plus sûre.»

« Bwarf ! On risque tous de partir à n'importe quel moment.» répliqua d'Alviano en balayant l'air de la main.

Ezio accepta l'offre, et indiqua qu'il se rendrait chez lui dans deux jours. Bartolomeo se déclara satisfait, tapa sur la table puis quitta l'Île Tibérine. Vers la fin de la journée, Ezio raccompagna Clara dans une auberge pour y passer la nuit. Il l'informa de l'invitation de d'Alviano.

« Ah désolé, mais je vais devoir t'y rejoindre un peu plus tard. Je dois m'acheter quelques pièces d'équipement avec d'autres apprentis.» répondit Clara.

« Je peux t'attendre si ce n'est que ça.»

« Comme tu voudras.»

Miles vint ensuite se caler contre Ezio. Le jour suivant, il patienta au repaire le temps qu'elle fasse ses emplettes. Ensuite, ils se rendirent ensemble chez Bartolomeo. Il les accueillit avec emphase comme à son habitude, puis enjoignit Clara à venir admirer son rejeton.

« Regad' qui est lààà ! C'est ton papounet, mais voui !» lança Bartolomeo devant le couffin.

S'ensuivit une série de sons incompréhensibles sur une voix aiguë.

« Vous savez vous pouvez lui parler normalement, c'est pas un débile.» fit Clara assise juste à côté.

Le nouveau père la regarda interloqué, pendant qu'Ezio partait d'un grand éclat de rire. Pantasilea retint le sien.

« Je suis d'accord.» sourit-elle.

« Moui brrrrm ! Bon, si je te faisais visiter ma nouvelle salle d'armes, Ezio ?» proposa Bartolomeo en se levant, les joues rouges.

Auditore accepta bien volontiers. Ce faisant, un des mercenaires vint annoncer que les combats amicaux avaient débuté. Le maître des lieux hocha la tête. Il transmit la nouvelle à son invité, l'enjoignant à venir parier avec lui dans quelques minutes. Les hommes achevèrent la visite de la salle d'armes, puis retournèrent dans le château. Ezio chercha Clara.

« Où est-elle passée ? Enfin, je la retrouverais plus tard.»

L'Assassin descendit dans la salle réservée aux combats. Un match était justement en cours. Ezio découvrit deux mercenaires prendre une valse. Une silhouette fine virevoltait au milieu, vêtue de blanc … avec une capuche. Ezio se figea, les yeux ronds. Il entendit Bartolomeo acclamer ce combattant. Le Florentin secoua la tête puis attrapa vivement son ami et l'entraîna dans un coin.

« Je peux savoir ce qui te prends d'autoriser ma bambina à se battre contre tes gars ?» s'exclama-t-il agacé.

« Ta bambina ?» releva Bartolomeo sans comprendre.

« Clara !» précisa Ezio en montrant le centre de la pièce.

D'Alviano tourna la tête. Clara avait prit soin de camoufler ses formes féminines, et on ne les distinguaient pratiquement pas. De plus, elle avait un masque de tissu noir qui ne laissait voir que ses yeux.

« Aspetti ! T'es en train de me dire que ce qui fout une branlée à mes hommes depuis une demi-heure est une FEMME ?!» s'exclama d'Alviano ahuri.

« Si et pas n'importe laquelle ! La mienne ! Alors tu vas m'arrêter ça immediatamente je ne veux pas qu'elle soit blessée.»

« Et comment que je vais arrêter ça. Si mes hommes apprennent qu'ils se font laminer par une femme ils ne vont pas s'en remettre.»

Quel homme attentionné. Ezio lui darda un regard désapprobateur. Le chevalier sonna la fin des combats. Ses gars s'annoncèrent déçus, et un peu étonnés. Mais leur maître ne leur laissa pas le temps de s'interroger et les renvoya à l'extérieur. D'Alviano se gratta la tête, puis jeta un œil à Clara qui baissait son masque. Miseria. Probablement un des meilleurs combattants qu'il aie jamais vu, et c'était une représentante de la gent féminine.

« Clara.» appela Ezio d'une voix froide.

« Ouiii ?»

« Tu veux bien m'expliquer ce qui t'es passé par la tête ?»

« Tu parles des combats je suppose. J'ai simplement jugé que ce serait là un bon entraînement.» répondit la brune en rabattant sa capuche.

« Tu sei pazzo ? Ils auraient pu grièvement te blesser ! Tu n'as pas leur carrure enfin !» contredit Ezio.

« Et c'est tout l'intérêt. Cela m'habitue à affronter des adversaires forts.» précisa sereinement Clara.

« Mais pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?» demanda Ezio.

« Pourquoi l'aurais-je fais ?»

« Parce que je suis ton mentor voilà pourquoi. C'est à moi de planifier ce genre de chose.» rappela Ezio.

« Je croyais qu'il fallait savoir prendre des initiatives. Il faudrait savoir.» objecta Clara.

« Oui mais pas n'importe quoi !»

Clara haussa un sourcil. Elle comprenait pas pourquoi son ancêtre lui reprochait d'avoir voulu passer au cran supérieur. La jeune femme haussa les épaules et quitta la pièce.

« Clara aspetti ! Je n'ai pas fini.» appela Auditore.

« Moi si. Cette conversation devient ridicule.»

« Cosa … reviens ici !»

Bartolomeo soupira pendant qu'Ezio se lançait après Clara. Il la rattrapa dans le couloir menant aux chambres.


Il la prit par le bras pour qu'elle se tourne vers lui.

« Une minute ! Que tu t'impliques dans ta formation comme tu le fais je veux bien, mais quand tu décides d'un combat en dehors du repaire tu es tenue de m'en informer.»

Clara le dévisagea un instant, cherchant la raison de cette désapprobation.

« Oh bien ! Je dirais ça aux gardes des Borgia : attendez faut que je demande la permission à mon mentor. Bougez pas surtout. Plus sérieusement ... mon intuition me dit que tu aurais refusé que je participe à ces combats amicaux. Pour quelle raison ?» questionna-t-elle.

« Parce ces adversaires-là sont trop forts pour toi.»

« Ah bon ? J'ai pourtant remporté chacune de mes manches. Ne serait-ce pas plutôt le fait que je sois une femme qui dérange ? Bartolomeo avait l'air singulièrement embarrassé quand il s'est aperçu de mon identité.»

« Parce que tu es son invitée. Il n'avait pas prévu que tu te battrais. Et … il est vrai que si ses hommes venaient à savoir leur fierté en prendrait un sacré coup.» admit Ezio.

« Alors ça, ce n'est pas mon problème.»

« Clara ascolta, je veux simplement éviter qu'il ne t'arrive quelque chose, tu peux comprendre non ?»

La brunette soupira en fermant un instant les yeux.

« Mais c'est en m'entraînant durement que je limiterais le plus la casse. Enfin, je comprends que tu veuilles prendre soin de moi, et je t'en remercie.» reprit-elle avec un sourire.

Elle lui caressa la joue. Ezio déposa un baiser sur la paume de sa main.

« Tu as vraiment gagné chacun de tes combats ?» demanda-t-il.

« Tous sans exception. Que ce soit contre un, deux, trois adversaires ou plus.»

Auditore ne put empêcher un sentiment de fierté de le traverser, en plus d'être impressionné.

« Je vais prendre un bain, sur ce.» reprit la brune en s'éloignant.

Oh. Oh oh. Elle lui avait jeté un regard en coin en lançant cette phrase. Il ne pouvait s'agir d'une coïncidence.

« Toute seule ?» fit Ezio avec un grand sourire.

Clara s'arrêta, fit mine de considérer la proposition, en retenant un énorme sourire. Elle savait bien qu'il lui demanderait. Et elle comptait bien en profiter. La brune n'avait pas oublié les sensations qui l'avaient traversé lors de son premier séjour ici, après s'être rapprochée de lui.

« Ma foi … je ne suis pas contre un peu de réconfort, après tout ces efforts.»

Auditore lui emboîta donc le pas. Un moment plus tard, ils se prélassaient tout deux dans une baignoire en fonte. Confortablement calée contre Ezio, Clara savoura ce moment de détente. Un bon bain chaud, un bel amant juste derrière que demander de plus (ndla : les fangirls aimeraient ta place, par exemple). Elle sentit les bras de son ancêtre s'enrouler autour d'elle, puis serrer.

« Hé pas la peine de me serrer comme ça, je ne vais pas bondir hors de la baignoire et ficher le camp par la fenêtre.» fit Clara amusée.

« Manquerait plus que ça !» répondit Auditore en l'embrassant sur l'épaule.

Oh je pense que les mercenaires apprécieraient eux. Une compensation pour leurs défaites … pour sa part Ezio venait de repenser à ces affrontements. Il avait vraiment eu peur qu'elle ne prenne un mauvais coup. Après avoir perdu Cristina, morte dans ses bras, il ne voulait prendre aucun risque. Ce qui était plutôt mal parti étant donné que son nouvel amour était un Assassin. Point positif elle savait déjà très bien se défendre. Et il pourrait ainsi l'avoir avec lui plus souvent. Les doigts d'Ezio commencèrent à s'aventurer sur la peau de la brunette. Il devait pourtant se retenir, ce n'était pas le moment qu'elle tombe enceinte …

« Tu me fais penser que je dois te parler d'un détail très intéressant sur les femmes du XXIème siècle.» lança Clara, en retenant les mains de son homme.

« Ah lequel ?» fit Ezio intrigué.

« Tu sais ce petit cachet que je prends tous les matins ?»

« Si eh bien ?»

« Ça s'appelle une pilule. C'est un contraceptif qui évite de tomber enceinte. Avant de partir j'en ai pris pour une année au moins.»

Ezio prit le temps d'assimiler cette information. Et surtout toutes les émotions qui déferlèrent. Elle ne risquait rien. Ce qui voulait dire …

« Et tu ne pouvais pas me le dire plus tôt ?»

« Ahahaha ! Toujours le sang aussi chaud. Allons Ezio, il nous fallait bien un peu de temps avant d'en arriver là tu ne crois pas ?» rit Clara.

« Ma naturalmente, je disais ça pour te taquiner. Cela étant, je suis rassuré je croyais que tu avais un problème de santé.»

« Non du tout. Ce point étant éclairci, où en étions-nous ?» reprit la brune.

Elle fit remonter les mains d'Ezio, lui arrachant un large sourire. La suite … ne nous regarde pas.


« Voilà nos deux tourtereaux. Venez prenez place !» lança Bartolomeo lorsque le couple parut.

Ils s'assirent côte à côte à la longue table en bois. Les capitaines du chevalier étaient présents également. Des domestiques effectuèrent le service. Le repas fut agréable. Plus tard, Clara vint s'asseoir devant le feu de cheminée, à même le sol. Ezio vint l'y rejoindre, s'agenouillant derrière et l'entourant de ses bras. Ils prenaient en effet l'habitude d'être souvent en contact, ce que leur entourage avait un peu de mal à comprendre. Ezio pour sa part, ressentait ce besoin de la toucher de plus en plus. Il avait trop rêvé d'elle s'évaporant au moindre contact. Parlant de contact, tout à l'heure avant le repas avait été … miamissime. Ezio s'était senti complet pour la première fois depuis des années. Le brun enfouit son visage dans la chevelure ébène de Miles. Clara pensa à sa famille, les yeux fixés sur les flammes. Elle y voyait le visage de son père, et moins distinctement celui de sa mère. Comment allaient-ils tous les deux ? Qu'en était-il de leur combat ? Clara songea qu'il lui restait un dernier devoir à accomplir. En espérant que cela fonctionne.

Les Précurseurs avaient calculé le scénario le plus probable, mais on n'était jamais à l'abri d'un grain de sable dans les rouages. Et elle était ce grain de sable, c'était une évidence à présent. Même Minerve n'avait pas prévu son premier voyage temporel. Si elle savait que la brune était revenue au seizième siècle. Oh de toute manière, elle ne pouvait rien y faire.

« Ezio.»

« Oui amore mio ?»

« Je dois laisser un message aux Assassins du futur. Mais je ne sais pas comment lui faire traverser cinq siècles avec le moins de risques possibles.» annonça Clara.

Ezio se redressa, puis s'assit dos à un fauteuil.

« Je ne sais pas trop bambina. Nous pouvons nous le transmettre de génération en génération.» proposa-t-il.

« Vu ce qu'il contiendra, je préfère éviter. Je songeais à l'enterrer quelque part … mais à mon époque on fouille le sol pour retrouver des vestiges du passé. Je ne veux pas que cet avertissement tombe entre les mains des Templiers.»

« C'est si grave que ça ?» demanda-t-il.

« À mon époque, il ne reste plus beaucoup d'Assassins. Les Templiers nous ont envoyé un espion qui a parait-il, rencontré le mentor du moment. Il l'a tué et a révélé au camp ennemi les emplacements exacts de nos camps d'entraînement. Autant te dire qu'un grand ménage s'en est ensuivi.» révéla Clara.

Auditore fronça les sourcils. En effet, Miles ne pouvait laisser une pareille catastrophe se produire. Mais de quelle manière les prévenir ? La pomme de cristal ne devait fonctionner que pour deux dates précises : une pour le passé, l'autre pour le futur. Et celle du futur était trop tard.

« Nous pouvons le transmettre de mentor en mentor. De cette manière il serait prévenu.» reprit Ezio.

« Je l'espère. Quoi qu'il en soit, je dois tenter le coup.»

« Entendu bambina.»

Ezio l'embrassa dans le cou. Ils auraient bien le temps de trouver une solution.


Meraglivisio = merveilleux

Aspetti = attends

ascolta = écoute

tu sei pazzo = tu es devenue folle