La rentrée se faisait dans trois semaines. Hermione était arrivée tôt dans la matinée pour prendre possession des appartements, préparer ses cours et revisiter Poudlard, revoir ses endroits préférés.

Lorsqu'elle se retrouva devant les grandes grillent, elle souriait bêtement. Elle lança un regard vers Ron et Harry, qui avaient tenu à venir avec elle. Ici, c'était chez eux. C'était ici qu'ils s'étaient rencontrés et qu'ils avaient appris à se connaître. Ici qu'ils avaient eu des fous rires mais aussi des déceptions. Des souvenirs inoubliables, inavouables et incroyables.

Le château était dressé devant eux, comme s'il n'y avait jamais eu la bataille finale.

- C'est comme si on était jamais parti, avoua l'élu.

Les deux autres hochèrent la tête, d'accord avec leur meilleur ami.

Harry, son ami, son confident, son frère. Après la chasse aux horcruxes, Hermione et lui étaient encore plus proches qu'avant. S'ils n'étaient pas ensemble, ils s'écrivaient tous les jours par parchemin ensorcelé, qui fonctionnait comme un téléphone portable. On écrivait le message et le parchemin s'illuminé si il y avait une réponse.

Il était sa famille, la seule qui lui restait après avoir jeté le sort d'Oubliette à ses parents...

Avec Ron, s'était plus compliqué. La brune avait cru être amoureuse de lui mais elle n'était plus la même après la guerre, après Jérémy... Un ami d'enfance, qui était devenu son premier amour durant les vacances de leurs cinquième année. Le fait qu'elle ait dû s'effacer de la mémoire de ses parents l'avait détruite même si c'était pour les protéger. Le rouquin avait fini par l'apprendre et n'avait pas compris pourquoi elle avait fait ça alors que c'était irréversible, pourquoi elle ne lui en avait pas parler. Et surtout il n'acceptait pas cette histoire avec ce moldu, lui qui avait eu le droit à ses premiers baisers, caresses et... Les crises, les non dits, avaient eu raison de leur début d'histoire.

Mais leur amitié, plus forte qu'ils ne pouvaient l'imaginer, était finalement revenue quand ils étaient à l'école d'Aurores. Ils avaient réussi à retrouver leur complicité comme si rien ne s'était passé.

Ils étaient le trio d'or, inséparables, unis quoi qu'il arrive.

- Tiens, tiens ! N'est-ce pas le fameux trio d'or ? siffla une voix derrière eux, alors qu'ils étaient dans le couloir menant au bureau de la directrice.

- Tiens une fouine en liberté, cracha le plus jeune des fils Weasley.

- Je ne fais que répéter les dires des journaux, Weasley. Le survivant et celui qui a vaincu, dit-il en désignant Potter. Grâce à son intelligence, vous vous en êtes sortis à maintes reprises. Et sans elle vous n'y seriez jamais arrivé, continua-t-il en pointant l'ancienne Gryffondor. Mais toi. Rappel moi quel était ton rôle déjà ? Ah oui ! Le petit larbin, connu pour sa lâcheté. Celui qui les suivait partout car il n'avait pas de don particulier et qui s'est enfui à la première grande difficulté. Il aurait mieux fait de dire le duo pour ce que tu as servi, argumenta le blond.

Tout le monde était resté abasourdi face à cette déclaration.

- Je ne voulais que vous saluer, ajouta le vert et argent. Les temps ont changés, certaines personnes ont évolué et d'autres, il fixa Ron, non, apparemment... Sur ce, Potter à bientôt, Granger on se voit à la réunion de demain et Weasley, en espérant ne jamais te revoir.

Et le directeur de serpentard prit congé.

- Depuis quand c'est Malefoy qui est plutôt aimable et donneur de leçon? demanda Hermoine, encore choquée par les propos de son futur collègue.

- Parce que toi tu l'as trouvé aimable ? s'écria le rouquin. Il a dit que je n'étais rien dans notre trio alors que c'est faux.

- On le sait tous, Ron, ne l'écoute pas, dit Harry.

- Pourquoi tu l'as agressé, Ron ? Il n'avait rien dit de méchant pour une fois, avoua la jeune femme. Tout le monde nous appelle ainsi et tu t'en vantais bien, non?

Sentant une dispute arriver, le survivant toqua à la porte de Mcgonagall pour y mettre un terme.

Le bureau était quasi identique à celui de Dumbeldore hormis quelques affaires personnelles qu'avait la directrice. Il y avait également deux nouveaux tableaux, ceux des deux derniers défunts directeurs qui discutaient entre eux. Minerva les invita à s'asseoir et leur proposa du thé et des gâteaux.

- Je suis contente de vous revoir, j'ai l'impression que c'était hier que vous faisiez votre 1ère rentrée, avoua-t-elle nostalgique.

- Et pourtant le temps passe Minerva, ce sont de jeunes adultes maintenant, déclara Albus qui avait arrêté sa conversation avec l'ancien directeur de Serpentard.

- Professeur, je...

- Moi aussi Harry je suis content de te voir, coupa le sorcier barbu. Tu es finalement devenu aurore comme prévu, je savais que tu y arriverais, comme à chaque fois.

- Merci. J'ai tenu bon et je suis là, grâce à eux, dit-il en désignant ses meilleurs amis, aux sorciers qui m'ont toujours soutenus et à vous Albus et vous aussi professeur Rogue.

- Que c'est touchant Monsieur Potter, s'exprima l'ancien directeur de Serpentard faussement ému, mais à ce que je vois, rien ne change, assura-t-il en montrant Ronald qui se goinfrait avec les gâteaux posés sur le plateau.

La discussion dura deux heures, le temps de ressasser les souvenirs, les anecdotes... Même Severus y avait participé avec sa fausse mauvaise humeur, content malgré lui de discuter avec le fils de Lilly.

- Hermione, tes appartements se situent dans l'aile ouest au deuxième étage. Le tableau représente une prairie et deux enfants qui y jouent, le mot de passe est Harmonie.

- Merci professeur.

- Appelle-moi Minerva voyons! Tu n'es plus mon élève après tout, confirma l'ancienne directrice des rouge et or.

- Très bien, je vais essayer mais je ne vous garantie rien, blagua la jolie brune. La réunion est demain à 14H, c'est ça?

- Oui dans la grande salle, répondit Mcgonagall. Vous voulez que je vous accompagne à vos appartements?

- Non merci Minerva. On va l'accompagner et en profiter pour revoir certains endroits, indiqua le rouquin.

- Pour vous, Monsieur Weasley, ce sera toujours professeur, réprimanda la directrice de Poudlard.

- Je...heu..., bégaya Ron, rouge de honte.

Tout le monde se mit à rire, ils se saluèrent et les trois anciens gryffondor partirent vers les appartement d'Hermione.

L'appartement de la née moldue était soigneusement décoré . Le salon était composé de deux fauteuils, d'un canapé et d'une table basse de couleur beige, d'une grande bibliothèque avec un bureau ainsi que de deux meubles de couleur rouge et d'un meuble avec une télé. Les murs étaient d'un brun très claire qui s'harmonisaient bien avec les meubles et, par-ci, par là, il y avait des touches de couleurs or et rouge. Sur la droite, il y avait une ouverture qui menait à une petite cuisine équipée rouge. En traversant celle-ci, Hermione arriva dans un petit couloir où il y avait deux portes. La première donnait sur les toilettes et la seconde sur la chambre. Cette dernière était somptueuse. Un grand lit en baldaquin trônait au milieu de la pièce. Une coiffeuse, une commode et une armoire comblaient l'espace restant. Enfin, une dernière porte donnait sur la salle de bain qui était composée d'un grand miroir au dessous duquel il y avait un vasque. Au fond, une grande douche à l'italienne, une baignoire à côté et un meuble.

Hermoine ne s'attendait pas à autant de luxe et qu'il y ait certains éléments moldus mais la jeune femme en fut ravie.

- Hé bien, la vieille McGo ne s'est pas foutue de toi,affirma Weasley.

La jeune sorcière déposa ses affaires pour les ranger plus tard.

- En fait, si je me souviens bien de ce que j'ai pu lire sur Poudlard, les appartements des directeurs de maisons s'adaptent au sorcier qui y vit. La couleur des meubles, la grandeur des pièces, etc ...

- Vous ne vous refusez rien, madame la directrice de Gryfondor ! Repris Ron, l'air désabusé.

- Bon ! Lança la brunette, sans tenir compte de ce que son ami venait de dire. On y va ? J'ai hâte de tout revoir, s'exclama-t-elle.

En sortant de l'appartement, ils se disputèrent pour savoir ce qu'ils allaient revoir en premier. Ils se rendirent dans la grande salle, au terrain de quiditch, dans les différentes salles de cours, au lac, à l'ancienne cabane d'Hagrid qui avait était reconstruite après la bataille, à la tour d'astronomie. À chaque lieu, ils se racontèrent les souvenirs qui refaisaient surfaces dans leurs mémoires. La journée passa très vite et vers 18 heures, les deux jeunes hommes dirent au revoir à leur meilleur amie, promettant de s'écrire et de se voir très bientôt.

Hermione marchait dans les couloirs, regardant les tableaux, les fantômes, les armures. Elle se sentait bien, elle savait qu'elle avait fait le bon choix en postulant comme professeur. Mais alors qu'elle pensait être seule, elle eut l'étrange impression qu'on l'observait. Elle secoua la tête, pensant que ce ne devait être que dans son imagination mais cette sensation ne la lâcher pas et son instinct ne le lui faisait que très rarement défaut. Elle mit son pressentiment de côté et continua à déambuler dans les couloirs. Alors qu'elle arrivait vers l'aile ouest du château, elle eut un sentiment de danger. Ce même sentiment qu'elle connaissait et qu'elle avait eu plusieurs fois durant sa scolarité. Comme si la chose qui l'observait dégageait quelque chose de mauvais.

Elle accéléra le pas, sa baguette serrée dans sa main. Elle tourna vivement et manqua de peu de foncer dans nul autre que Malefoy. Celui ci l'avait surprise en se trouvant là.

- C'est toi qui me suit depuis tout à l'heure Malefoy? l'agressa-t-elle.

- Range tes griffes Granger, et non je ne te suivait pas. Je viens de sortir de mes appartements, comme tu le sais tous les professeurs ont leurs appartements dans la même aile maintenant, déclara le blond.

- Ah oui, Minerva me l'avait dit, confirma la brune.

Elle prit quelques instants pour détailler l'homme qui se tenait devant elle. Il était grand, plus grand que dans ses souvenirs, il avait toujours les cheveux blonds presque blanc, mais ils étaient plus courts et sans gel. Cela lui donnait un genre négligeait très sexy. Il avait aussi l'air d'être plus musclé. Il portait une chemise blanche avec les deux premiers boutons ouverts et un pantalon à pinces noir. Elle devait se l'avouer, Malefoy n'avait plus rien à voir avec l'adolescent d'autre fois. Il dégageait quelque chose de sensuel dans sa façon de se tenir, dans ses airs aristocrates.

Draco avait remarqué son petit manège et la laissa faire. Sans se vanter, il savait qu'il plaisait et il en avait toujours profiter. Il l'observa à son tour. Elle était un peu plus grande que durant leurs années d'études. Elle avait réussit à dompter ses cheveux qui lui tombaient en dessous des épaules. Son visage était toujours doux, ses yeux brillaient un peu moins comme il l'avait prédit. Il descendit son regard sur le reste de son corps qui pour son plus grand plaisir n'avait plus rien d'enfantin. Son pull laissait deviner une poitrine appétissante, son jean la moulait parfaitement. Elle était devenue une magnifique jeune femme.

Lui avait finit son observation, elle non apparemment, cela l'amusa il ne lui était pas indifférent.

- Alors comme ca tu avais l'impression qu'on te suivait ? la questionna-t-il pour la faire sortir de sa rêverie.

- Quoi ? Ah oui ! Je sais pas, c'est peut-être un fantôme, mais j'ai eu cette impression de... Non rien... Laisse tomber, finit-elle par dire.

Le jeune homme leva un sourcil, fit un mouvement de tête pour l'encourager à continuer.

- Non c'est rien, ça doit être la fatigue, c'était une longue journée

- Comme tu veux.

- Pourquoi tu es gentil d'un coup ? l'interrogea-telle. Là, avec moi et tout à l'heure avec Harry.

- J'essaye juste d'être aimable. On va se côtoyer tous les jours autant que ça ne se passe pas dans une ambiance froide, non ? Et vu que tu es là et que la jeune Weaslette est la nouvelle infirmière Potter sera souvent ici par contre pour Weasley, il ne faut pas me demander l'impossible, ajouta-t-il avec son fameux sourire en coin.

- C'est ça que je ne comprends pas, dit-elle en le pointant du doigt. Ok, on doit être civilisés, mais là, tu fais la discussion, tu te montre...

- Je ne suis plus le gamin serpentard qui se vantait d'être un Malefoy de sang pur Granger, la coupa-t-il. Je ne dis pas que je suis devenu un ange mais la guerre m'a changé et m'a fait comprendre pas mal de choses, comme toi.

- La guerre t'a permis de comprendre que tu avais un cœur,le nargua-t-elle. Ne me fait pas croire que tu as changé au point de te soucier d'une sang-de-...

- Je vois que je me suis trompé tout à l'heure. Toi, comme Weasley, vous n'avez pas évoluer, siffla froidement l'ancien vert et argent. Tu te crois supérieur aux autres, meilleure qu'eux alors que tu ne sais rien du tout, assigna-t-il durement. Je me demande bien quels choix auriez-vous fait dans une situation différente, dit Draco tout en portant sa main gauche sur son avant bras droit où était dissimuler la marque des ténèbres sous sa chemise.

Un froid s'était installer entre eux. Il se regardait dans les yeux, essayant de savoir à quoi pensait l'autre. Les yeux noisettes de l'ancienne rouge et or épiaient les moindres indices physiques que pourrait lui donner son interlocuteur mais Malefoy ne laisser rien paraître, il avait appris depuis bien longtemps à dissimuler ses émotions.

- Alors je dois m'attendre à quoi ? Que tu sois l'ancien adolescent arrogant ou le nouveau toi, courtois et donneur de leçon ? Ou encore le jeune garçon que j'ai rencontré à Fleurry et Bott ? le questionna-telle en rompant le silence qui devenait trop pesant.

Les yeux bleus/gris du blond devinrent gris métallique et on pouvait y desceller de la colère. Il la toisa de haut en bas.

- Je t'emmerde Granger, lâcha-t-il avec tout le mépris qu'il pouvait mettre dans sa voix.

Il fit demi tour et retourna dans ses appartements en laissant Hermione seule, stupéfaite par ces derniers mots et toute la violence qu'il y avait mis dedans.

Non loin de là, une ombre avait suivit toute cette rencontre. Alors elle avait remarqué qu'il la suivait... Il fallait qu'il se montre encore plus vigilant s'il voulait que son plan fonctionne. Il ne devait pas tout faire foirer. Pour elle, pour la venger.

Un sourire machiavélique se dessina sur son visage, il avait hâte de jouer ses premiers pions...