Disclamer : Les personnages appartiennent tous -ou presque- à J.K. Rowling. Je ne fais que m'amuser avec eux.

Réponses aux reviews anonymes :

Guest : Merci d'avoir lu et commenté. C'est vrai que la chute peut être assez surprenante, mais j'espère sincèrement que cette suite te plaira.

Mama : Merci de m'avoir lu et d'avoir prit le temps de poster une review. En effet, c'est dommage qu'elle ne puisse plus marcher. J'espère que le chapitre à venir te plaira.

Bonne lecture !


CHAPITRE 2

L'amour d'une mère.


Hermione détestait être la cible de l'attention des gens, cependant cette fois-ci, elle fut contrainte de ne rien pouvoir y redire. Ce n'était pas tant le Magenmagot qui la déstabilisait, mais bel et bien le regard pénétrant de Malefoy. Ils ne s'étaient pas revus depuis deux ans, et Hermione doutait franchement qu'il puisse savoir pour sa... Condition, aussi, elle ne se formalisa pas de son regard éberlué, ni même de sa bouche légèrement entrouverte. En d'autres circonstances, elle aurait même pu trouver un certain amusement à cette situation. Mais là, elle fut seulement capable de baisser la tête et de fixer le petit plaid en laine qui lui couvrait les jambes.

- Vous vouliez me voir, Monsieur le Président, murmura-t-elle en sachant qu'il l'entendait très bien. Je suis là.

- Affirmez vous les propos de Bellatrix Lestrange ? Vous a-t-il réellement sauvée ?

Elle releva doucement la tête vers Drago, puis vers le Président avant d'acquiescer.

- S'il ne m'avait pas protégée, je serai morte à l'heure qu'il est.

- Et votre condition actuelle est-elle dû également à Monsieur Malefoy ?

La brune serra les poings sur les plis de son plaid, en voyant les yeux du blond s'assombrir. Ce fut Harry qui répondit à sa place :

- L'important n'est pas de savoir ce qui l'a mise dans cette condition, mais plutôt ce qui l'a sauvée.

- Il lui a sauvé la vie en lui ôtant quelque chose d'autre !

Hermione sursauta légèrement, inquiète de la tournure que prenaient les événements. Peut-être que l'amener ici n'était pas au fond une si bonne idée que ça. Elle allait demander à Ron de la faire partir lorsqu'elle croisa le regard de Drago, fixé sur elle depuis qu'elle était entrée dans la pièce, quelques minutes plus tôt. Il ne semblait toujours pas en revenir, incapable de se remettre du choc que lui avait provoqué sa vision. Et elle se sentit coupable. Coupable, car si elle aurait agit avant, elle aurait peut-être pu lui éviter les deux ans de calvaire qu'il avait subi.

S'en suivirent alors de longues minutes de débat, durant lesquelles elle sentait Ron et Harry s'impatienter. Ils s'étaient fermement opposés à ce que Malefoy ait le droit à une nouvelle audience. Elle avait dû supplier et sortir ses yeux larmoyants afin de les faire ployer et s'en voudrait sincèrement si toutes ces simagrées n'avaient abouties à rien.

- Vous ne comprenez pas, reprit plus calmement le Président Sorcier. La charge de la remise en liberté d'un Mangemort est extrêmement compliquée. S'il y a un problème, ce sera mon problème et je refuse qu'une telle charge pèse sur mes épaules.

- Alors elle pèsera sur les miennes, trancha Hermione avec plus de fermeté.

Tous, sans la moindre exception, se tournèrent vers elle. Les joues de la jeune fille prirent alors une adorable teinte rosée.

- Que voulez-vous dire ?

- C'est pourtant très simple. Vous ne voulez pas que la charge de Malefoy soit sur vos épaules, soit, elle sera sur les miennes. Je prends l'entière responsabilité de sa libération, répéta Hermione.

- Mione..., siffla Harry en grossissant les yeux.

S'appuyant légèrement sur les accoudoirs, Hermione se tourna vers le Survivant.

- Écoute, Harry. Je suis très touchée par le fait que vous vouliez tous me protéger, mais sérieusement, si tu n'arrêtes pas de me materner tout de suite... J'ignore ce que je vais faire, mais je le ferai ! Prévint-elle avec une voix un peu trop aiguë.

Puis, se tournant à nouveau vers le Président Sorcier, elle reprit :

- Je ne vous ai jamais rien demandé depuis que la guerre est terminée, et le gouvernement nous a très bien dit que l'on pourrait avoir ce que l'on souhaite si on le demandait. Je vais donc le demander une dernière fois, libérez Drago Malefoy, s'il vous plaît.

Voyant qu'il ne semblait pas vouloir accepter sa requête, elle leva alors la tête vers Ronald, dont les mains reposaient toujours sur les poignées de son fauteuil.

- Ronald, tu veux bien m'emmener chez le ministre, s'il te plaît ? Je crois que j'ai quelques mots à lui dire.

Le roux eut à peine le temps d'esquisser le moindre geste que le Président Sorcier se leva, les priant d'attendre. Lorsqu'il se racla la gorge, jetant un regard aux autres membres du Magenmagot, Hermione sut que la partie était gagnée.

- Jurez-vous, Hermione Jean Granger, de prendre l'entière responsabilité du Mangemort Drago Lucius Malefoy ici présent ? Demanda-t-il une dernière fois comme pour s'assurer de ce qu'elle comptait faire.

- Je le jure.

- Très bien, concéda le Président en se passant une main sur le front. Alors, Monsieur Malefoy, vous êtes libérés.

Hermione sentit un grand sourire s'étirer sur ses lèvres, alors que la main de Ronald lui serra affectueusement l'épaule. Harry lâcha un bref soupir de soulagement, tandis que Norton explosa littéralement de joie, face à un Drago complètement hagard.

- Vous sortez monsieur Malefoy, vous entendez ? Vous sortez !

- Veuillez restituer sa baguette à monsieur Malefoy, je vous prie, ordonna le Président en quittant la salle.

Les autres membres du Magenmagot le suivirent en une marée de manteau pourpre, alors qu'une jeune femme, perchée sur de hauts talons, faisait une série de nombreux petits pas, tenant entre ses mains manucurées l'objet des désirs de Drago Malefoy.

Ils furent téléportés dans le hall du Ministère, là où le nouveau ministre avait complètement refait la décoration. Les sombres carrelages laissaient à présent place à des dalles d'un blanc éclatant et lumineux, le tout entouré par une multitude de plantes sauvages qui grimpaient et s'élevaient gaiement. La jeune femme retourna sa baguette au jeune Malefoy et s'en alla sans un regard en arrière. Tenant prudemment sa baguette comme si elle était la chose la plus précieuse du monde, Drago remarqua qu'il ne s'était jamais senti aussi vivant.

Harry dû s'éclipser, accaparé par Ginny qui, enceinte jusqu'au cou, ne supportait pas de rester seule, et Hermione encouragea Ronald à se rendre à son entraînement de Quidditch, lui promettant qu'elle serait capable de rentrer par ses propres moyens. Elle savait que Drago et elle avaient à parler, et pour rien au monde elle n'aurait voulu l'empêcher de se retrouver en tête à tête avec sa baguette. Elle-même savait que si jamais on lui ôtait la sienne durant deux ans, elle serait plus qu'heureuse de la ravoir avec elle. Même si son utilité s'était franchement raréfiée au cours de ces derniers mois.

Ce fut Norton, qui tira Drago à ses retrouvailles, en lui indiquant qu'il fallait qu'il retourne à son cabinet et qu'il avait d'autres clients à voir. Ils se serrèrent la main et proposèrent de se revoir, ce que l'avocat accepta avant de définitivement tourner les talons. Le hall était, pour une fois, pratiquement vide, et Hermione se sentit légèrement stupide à rester là, à dévisager le blond.

- Pourquoi as-tu fait ça ? Demanda-t-il en se tournant lentement vers elle. Qu'est-ce qui s'est passé cette nuit-là ? Pourquoi es-tu devenue comme ça ?

- Ça fait beaucoup de questions d'un coup, tu ne penses pas ?

Il lui offrit son éternel rictus en guise de réponse. Durant cette septième année qui s'était écoulée à Poudlard, leur relation n'était plus aussi chaotique qu'elle le fut durant six ans. Ils ne se parlaient pas, ne se regardaient pas, et ne s'insultaient pas. Chacun était bien plus occupé à s'affairer sur ses propres choses, cependant, durant la Bataille Finale, Drago n'avait pas pu considérer la brune comme l'être inférieur qu'elle était supposée être. Lorsqu'il l'avait vu, sauvage et farouche, se battant bien mieux que certains idiots de Sang-Pur, il en était presque venu à considérer qu'elle aurait pu être un égal. Et si quelque chose en était bien ressorti de ces longues heures de réflexion entre les murs d'Azkaban était qu'Hermione Granger était bel et bien son égal.

Et il le pensait d'autant plus en la voyant ce jour-là. Affaiblie, certes, mais toujours aussi déterminée.

- Pourquoi alors, reprit-elle en se sentant gênée par son regard insistant. Tu m'as sauvé la vie. J'ai agi de la sorte pour qu'on soit quitte, Malefoy.

Un sourire sardonique s'étira sur ses lèvres pâles.

- C'est notre petit truc donc ? On se protège mutuellement ?

Il n'eut pour réponse que le sourire satisfait de la brune. Il offrit à nouveau son rictus tout en soupirant et secouant la tête.

- Je n'arrive pas à croire que je sois libre, osa-t-il souffler.

- Profites-en, et ne fais pas de connerie, prévint-elle en arborant un air qui se voulait sévère. Parce que si tu fais des conneries, c'est moi qui vais prendre.

Il hocha la tête et s'apprêta à dire quelque chose lorsqu'ils furent coupés par l'arrivée d'un homme qui visiblement, connaissait Granger. Il était grand, élancé, et portait à merveille le pantalon noir et la chemise impeccablement repassée. Avec son sourire charmeur et ses yeux verts profonds, Drago se sentit bien ridicule comparé à lui.

- Docteur Kensington ! S'exclama Hermione en lui offrant son plus beau sourire. Drago, je te présente Thomas Kensington, mon médecin. Thomas, voici Drago Malefoy un ancien...

- Mangemort ? Coupa-t-il sèchement en regardant Drago.

- Camarade, acheva-t-elle en se tassant légèrement dans son fauteuil.

Kensington sourit d'une manière que Drago savait parfaitement factice. C'était le même sourire qu'il avait depuis que ce bellâtre venait d'arriver. L'homme lança un regard glacial au blond avant de répondre de la même manière :

- Bien-sûr.

Drago et Thomas se dévisagèrent durant de longues secondes durant lesquelles Hermione ignorait s'il valait mieux qu'elle intervienne ou pas. Elle opta finalement pour la seconde solution, lorsqu'elle vit Drago détourner le regard et faire demi-tour.

- Attends ! Cria-t-elle. Demain midi, ça t'intéresserait que l'on déjeune ensemble ?

- Vous savez ce que vous avez demain Hermione.

- Je sais Thomas, mais Drago et moi avons des choses à nous dire. N'est-ce pas, Drago ?

Elle cherchait clairement son appui, et le blond hocha légèrement la tête en signe d'acquiescement avant de s'en aller définitivement.

Lorsqu'il arriva dans la zone spécialement prévue pour les transplanages, il regarda un instant sa baguette comme un incertain de ce qu'il allait faire. S'il se ratait, il savait pertinemment qu'il arriverait devant sa mère en magnifique tartare. Mais il devait réussir. Alors il ferma un instant les yeux, et se laissa griser par l'horrible sensation que procurait le transplanage.

Il rouvrit les yeux, quelques minutes plus tard, faisant face à ce qui jadis fut le domaine Malefoy. Il n'en restait pratiquement plus rien. Quelques pans de mur ici et là, mais surtout des restes calcinés d'anciens meubles et autres tapis brodés. Même les paons albinos, qui jadis se pavanaient dans l'herbe verte et grasse, semblaient avoir déserté les lieux.

Serrant plus fermement sa baguette dans sa main droite, il commença a avancer dans les décombres de la bâtisse, priant pour ne pas découvrir quelque chose qui pourrait s'avérer mortel pour lui. Il savait que sa mère était en vie, ou tout du moins il l'espérait car Norton ne lui avait jamais confirmé ou infirmé ses craintes. Il espérait également que peu importe où sa mère fusse, elle soit saine et sauve, en sécurité et à l'abri du besoin. Il marcha sur un ancien cadre, couvert de suie, qui jonchait le sol et retint un lourd soupir en voyant une ancienne photo de lui, qui souriait fièrement, tenant un minuscule vif d'Or entre ses doigts.

- Ça fait un bout de temps qu'on t'avait pas vu, Malefoy.

Il sourit discrètement avant de se tourner à moitié, faisant face à Pansy Parkinson. Elle était grande, perchée sur de hauts escarpins, vêtue d'un pantalon noir serrant et d'un haut de la même couleur.

- J'étais occupé, répondit-il évasivement.

Puis il jeta un coup d'œil aux décombres.

- Où est-elle ?

Il ne précisa pas de qui il parlait, il n'en avait pas besoin. Après tout, Pansy et lui s'étaient toujours compris sans que les mots soient nécessaires.

- Elle a quitté l'Angleterre depuis la mort de ton père. Le savoir parti, et toi enfermé à Azkaban alors qu'elle ne pouvait pas te voir était trop dur.

- Et il faut dire que le mobilier a été sacrément malmené, fit remarquer Drago en enjambant le reste de ce qu'il savait être son lit.

Pansy sourit délicatement, replaçant une mèche ébène derrière son oreille.

- Elle vit maintenant sur la cote Atlantique, en France. Dans une grande maison. Je suis là pour t'amener.

- Comment as-tu su que j'étais là ? Interrogea-t-il en continuant d'arpenter les décombres.

La brunette fronça les sourcils, en pinçant les lèvres.

- Nous avons établis des barrières autour de ce qui reste du Manoir. Après la chute de Tu-Sais-Qui, les gens sont devenus fous de rage contre les Malefoy. Ils ont saccagés le manoir, et Merlin merci Narcissa n'était pas là. Lorsque nous sommes revenues toute les deux, il était exactement dans cet état-là. On voulait protéger les ruines, Narcissa est en contact avec le Ministère pour que l'on classe le Manoir comme Patrimoine d'après guerre, déblatéra-t-elle rapidement.

- Les paons, souffla Drago en regardant les jardins déserts. Les paons sont partis.

Souriant tristement et en hochant la tête Pansy murmura :

- Ils n'étaient plus très bien ici. Tu te rappelles avec Blaise, en quatrième année, lorsqu'on les nourrissaient tout en restant allongés pendant des heures ?

- C'était la dernière fois que je m'étais occupés d'eux. Mère les avait achetés bébés lorsque j'étais né.

Pansy passa une main délicate sur l'épaule de Drago, se serrant du mieux qu'elle pouvait contre lui. Merlin qu'il avait pu lui manquer.

- Allez, viens. Ça ne sert à rien qu'on reste là. Il n'y a plus rien pour nous ici.


Hermione regardait Thomas s'activer dans sa cuisine, préparant ce qu'il appelait son « Choco-chaud-bonheur ». À savoir du lait chaud, une bonne cuillerée de Nutella, et une autre bonne de beurre de cacahuète, le tout servi dans une grande tasse, couverte de crème chantilly et de copeaux de chocolat. Lorsqu'il posa le grand mug orangé avec une tête de tigre à l'effigie du personnage de Disney devant Hermione, cette dernière ne put s'empêcher d'éclater de rire.

- Sauf votre respect, Thomas, j'ai dix-neuf ans. Les mugs enfantins ne me font plus autant d'effet qu'auparavant, parvint-elle à dire entre deux éclats de rire.

- J'ai dû passer trop de temps en pédiatrie avec mes petits monstres, argua-t-il en guise de réponse.

L'appartement d'Hermione était un grand local, datant du début du dix-neuvième siècle, au parquet foncé et ancien, ainsi qu'aux murs hauts et chauds. De nombreux tapis ethniques aux différentes couleurs parsemaient le sol délabré, tandis que certaines toiles et autres patchworks colorés servaient de décoration à l'endroit. Il y avait de nombreuses plantes, grimpantes, foisonnantes, grimpant jusqu'à l'immense verrière qui faisait office de plafond, baignant l'endroit dans les lumières chatoyantes d'une fin de mai. Situé en plein cœur de Londres, il lui permettait d'avoir accès à tout ce qu'elle souhaitait, sans avoir à se soucier du temps que ça lui prendrait pour faire telle ou telle chose.

- Et Magda ? Vient-elle encore vous aider ?

Hermione hocha la tête avec entrain, souriant à la pensée de l'hispanique âgée d'une soixantaine d'année qui l'assistait tous les jours.

- Elle est à Majorque pour quelques jours, sa famille lui manquait trop.

- Vous allez avoir du mal toute seule, s'inquiéta-t-il immédiatement.

- Ça ira. Ma mère vient passer son samedi avec moi, je devrai m'en sortir comme une grande fille.

Puis, voyant qu'il demeurait toujours aussi inquiet, elle ajouta en serrant doucement sa main :

- Vous vous en faites trop, Thomas. Je suis parfaitement apte à me défendre seule, comme l'adulte que je suis.

- Comment faites-vous ? Questionna-t-il en la regardant droit dans les yeux. Comment faites-vous pour que l'on soit persuadé que vos décisions sont toujours les meilleures ? Vous me bluffez, Hermione, sincèrement.

L'ancienne griffondor se sentit rougir, perturbée par la promiscuité et l'odeur entêtante de Thomas. Elle savait, qu'entre elle et son médecin, le pas à sauter était infime. Mais elle savait également que tout écart était complètement inenvisageable. Elle l'adorait, et la thérapie qu'ils suivaient ensemble passait avant tout le reste. Alors au lieu de se pencher légèrement vers lui et de faire en sorte que leurs lèvres se rencontrent, elle se recula légèrement, avant de boire une gorgée de sa boisson, tout en offrant à Thomas un sourire resplendissant.

Ce dernier se recula à son tour, essuya ses mains moites sur son pantalon et se leva, un brin gêné. Il salua Hermione, lui rappela qu'elle devait être dans le hall de Sainte-Mangouste à huit heures très précisément, avant de transplaner.

Une fois seule, la sorcière s'autorisa à lâcher un immense soupir, grimaçant de douleur face à sa colonne vertébrale qui la lançait horriblement. Elle se dirigea jusqu'à la salle de bain, puis s'arrêta devant l'immense miroir, grimaçant légèrement face à l'image peut flatteuse qu'elle voyait dans la psyché. Elle paraissait si frêle, si chétive, que le moindre coup de vent aurait pu s'avérer fatal pour elle. La brune attrapa le plaid qui reposait sur ses jambes, le retira en douceur avant de le lancer sur le bord de la baignoire et de dévisager ses jambes maigres. Deux ans sans marcher, et ses muscles avaient complètement fondus.

Se rapprochant de la baignoire, elle en attrapa les bords marbrés et les serra de toutes ses maigres forces entre ses petites mains avant d'essayer de se hisser sur ses pieds.

- Allez! Siffla-t-elle en serrant les dents.

Elle arrêta quelques secondes plus tard, essoufflée, avant de reprendre plusieurs fois. Au bout de la dixième, elle poussa un cri rageur et donna un coup de poing de toutes ses forces dans sa cuisse. Ne sentant aucune douleur, elle laissa échapper un nouveau soupir, défaitiste cette fois-ci, avant de poser sa tête en arrière.

Lorsqu'elle tourna la tête sur la gauche, sa mère était là, appuyée contre le chambranle de la porte, la regardant avec toute l'admiration qu'elle avait pour elle. Alors, sans réfléchir, Hermione lui tendit les bras et fondit en larmes.


Les vagues se jetaient avec violence sur le sable fin et clair des plages des côtes ouest françaises. Rares étaient ceux qui avaient osé braver le vent violent pour longer la mer, toutefois, Narcissa reconnut volontiers les mêmes joggeurs qui effectuaient le même chemin chaque samedi, ainsi que quelques familles. Dans ses jeunes années, elle avait été assez naïve pour croire qu'elle aurait pu en faire de même avec son enfant et son mari.

Secouant la tête, elle passa distraitement une main dans ses boucles soyeuses d'un blond albinos avant de lisser son pantalon à pinces qui était déjà impeccable. Lorsqu'elle entendit le bruit significatif du transplanage, ses yeux anthracite s'illuminèrent d'un vif éclat de colère. Elle avait maintes et maintes fois dit et redit que ce soit à Blaise, Pansy, Théodore ou Astoria qu'elle détestait tout bonnement que l'on transplane chez elle. Nom de Merlin, elle avait certes tout perdu dans cette guerre, mais l'éducation elle, demeurait intacte.

Quand elle arriva dans le grand salon, elle poussa un cri de stupéfaction, plaquant une main sur sa bouche, les yeux écarquillés. À peine une seconde plus tard, elle serrait Drago contre elle de toutes ses forces, remarquant à quel point il avait grandit durant ces deux années passées loin d'elle.

- Mon garçon, répétait-elle en sentant les larmes poindre. Tu vas bien ? Comment as-tu été libéré ? Pansy, tu le savais ?

La brune secoua négativement la tête, touchée de voir enfin celle qu'elle considérait comme sa seconde mère reprendre enfin vie.

- J'ai été libéré toute à l'heure, répondit maladroitement Drago, peu habitué aux élans d'affection maternelle. Je suis allé au manoir pour vous retrouver, et Pansy m'a dit que vous viviez ici, maintenant.

- La maison était devenue quelque peu... Inhospitalière.

Ils se sourirent mutuellement, chacun appréciant la présence de l'autre, qu'il ne pensait jamais revoir. Ils discutèrent, durant un long moment, autour d'une tasse de thé au citron, et ce fut durant cette discussion que Drago sut ce par quoi sa mère avait dû passer. D'innombrables lynchage dans la presse, la destruction du manoir, la perte de son mari, l'emprisonnement de son fils, et enfin sa retraite chez les moldus.

- Tu sais, ajouta-t-elle après avoir bu, les moldus sont réellement fascinants. Ils parviennent à se débrouiller avec si peu de moyens. Tiens, prends l'exemple de leurs étranges boites dans lesquelles ils se promènent, c'est absolument bluffant. N'est-ce pas Pansy ?

La brune hocha la tête, humectant ses lèvres sur le bord de sa tasse.

- Qui aurait crû qu'un jour, moi Narcissa Malefoy née Black, pourrait trouver de l'intérêt chez les moldus ? Nous croyions tous que Sirius était un traître, pour son affiliation avec eux, mais nous étions juste trop stupides pour comprendre ce qui se passait dans sa tête.

- Mère, ne dites pas ça.

- Tu as raison, sourit Narcissa. On se fiche éperdument des autres, l'essentiel c'est que tu sois là, et que tu sois bien. Je n'osais plus espérer te revoir un jour.

Drago sourit, et passa le reste de la journée à se faire dorloter par sa mère. Elle consentit même à lui préparer des lasagnes au saumon, faites par elle-même, avant de lui indiquer l'étage pour qu'il rejoigne sa chambre. De larges escaliers en marbre blanc menaient à l'étage, à savoir un grand couloir au parquet en chêne, avec un long tapis central ainsi que des murs clairs.

Légèrement hésitant, peu habitué par tant de luminosité et de luxe, Drago marchait doucement le long du couloir. Narcissa lui avait indiqué la toute dernière porte, sur le côté droit. Une fois devant, Drago attrapa la poignée en or et la tourna délicatement, souriant face à la pièce. Avec son chêne massif sur le sol et les meubles, l'épaisse tapisserie vert bouteille, les draps et les fauteuils colorés de la même manière, la chambre était la réplique même de celle qu'il avait eu au Manoir.

Si Narcissa n'espérait plus son retour, il était certain qu'elle avait toutefois arrangé les choses de façon à ce que quand il revienne -s'il revenait-, les choses resteraient les mêmes. Il sourit même, reconnaissant une copie conforme de son vieux Nimbus, accroché sur le manteau de la cheminée.

Il se dirigea ensuite vers la salle de bain attenante, décorée elle dans les tons blanc et argent, avant de s'arrêter devant le miroir. Ses cheveux lui tombaient dans la nuque et devant ses yeux, ternes, qui avaient perdus l'éclat qui les rendaient si célèbres. Il soupira, lourdement, avant de faire couler l'eau de la douche et d'ôter ses vêtements. Ils étaient les derniers vestiges physiques de son ancienne vie de prisonnier. Dorénavant, il ne lui restait plus qu'à se débarrasser des autres.


Hermione sourit chaleureusement à sa mère lorsqu'elle lui posa devant elle son plat de porridge. Attrapant alors sa cuillère, la brune commença à mélanger sa bouillie à la vanille, avant de l'apporter à sa bouche, se retenant de justesse de soupirer d'aise. À chaque fois qu'elle allait mal, elle savait pertinemment que sa mère lui remontait le moral avec son délicieux porridge.

- Je me souviens qu'à peine haute comme trois pommes tu en raffolais déjà, déclara Mrs. Granger d'un air nostalgique. Lorsque tu étais malade, c'était la seule chose que tu acceptais de manger, au grand dam de ton père qui se décarcassait pour te mijoter de bons petits plats.

- Je sais. Il hurlait lorsque je le donnais au chien.

Elles partirent toutes les deux dans un éclat de rire, avant qu'Hermione ne retourne silencieusement à sa dégustation. Mrs. Granger, elle, ne pouvait s'empêcher de couver sa fille du regard et de s'inquiéter continuellement pour elle. Lorsqu'elle avait reçu la visite de deux jeunes hommes inconnus, qui lui avaient expliqué une histoire de magie et de Voldemort ainsi qu'une fille en Angleterre, elle était quelque peu sceptique. Puis, par le sort lancé par Harry, elle s'était remémoré sa fille, son Hermione. Son arrivée à Sainte-Mangouste s'était faite à peine quelques minutes plus tard, sa fille clouée dans un lit d'hôpital, capable de tout juste bouger la tête.

- Demain j'ai une séance avec le docteur Kensington, dit Hermione en relevant la tête. Pendant quatre heures, et ensuite je vais manger avec Drago Malefoy et...

- Drago Malefoy ? Tiqua Mrs. Granger. Ce même Drago Malefoy qui t'a fait s'écraser dans ces ruines ?

- Maman, tu sais qu'il m'a sauvé la vie.

- Il est de ce mauvais camp, pas vrai ? Celui que tes amis et toi combattiez.

Hermione lâcha un lourd soupir, posant sa cuillère à côté de son bol.

- Je souhaiterai que tu ne te méprennes pas à son sujet. Je sais qu'au fond de lui, sous ses airs arrogant et méprisant, il y a du bon.

- N'aurais-tu pas le béguin pour lui, ma fille ?

La joue de la brune se teintèrent d'un rouge vif.

- Pas du tout ! S'empressa-t-elle de répondre. Vraiment pas du tout. J'ai juste une dette envers lui et nous prenons juste un déjeuner ensemble demain midi.

- Ça fait beaucoup de juste, n'est-ce pas ? Souligna Mrs. Granger.

L'ancienne rouge et or s'agita d'avantage, se mettant à gesticuler maladroitement.

- Vraiment maman, c'est vraiment pas ce que tu crois... Drago est... Disons un cas spécial et...

Elle fut coupée par l'éclat de rire de sa mère.

- Je te taquinais chérie. Tu es assez adulte pour savoir si les choix que tu fais sont bons, ou pas.

Hermione hocha la tête, soulagée, se forçant à sourire à sa mère. Merlin, si elle avait pu, elle se serait faite engouffrer par le sol, ici et maintenant.


Narcissa débarrassa le plat de lasagne, complètement vide, tandis que Drago se massait un estomac qui avait décidément trop gonflé à son goût. Il savait qu'il n'aurait pas dû se jeter sur ce plat comme la misère sur le monde cependant, cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait plus mangé de vraie nourriture qu'il n'avait pas pu s'en empêcher.

Elle le rejoignit quelques minutes plus tard, dans le jardin d'hiver, le regardant d'un air totalement ravi qui provoqua une légère gêne chez le garçon.

- Que veux-tu manger demain midi ? Demanda-t-elle après un bref instant.

- Je mange avec Granger, répondit-il du tac au tac.

- La née-moldue ?

- C'est à elle que je dois ma liberté, en fait.

La blonde regarda un instant dans le vide avant de hocher la tête.

- Sans son intervention, tu n'aurais jamais été libéré, n'est-ce pas ?

Drago secoua négativement la tête.

- Je vois. Alors tu devras te montrer plus que reconnaissant envers elle.

- Je ne compte pas me répandre en remerciements, mère, asséna-t-il.

- Je n'ai pas dit ça. Mais montrer sa reconnaissance serait déjà très bien. Je sais que vous, Malefoy, avez un certain problème avec vos sentiments.

- Balivernes, dit-il en agitant sa main comme on chasse un insecte.

Narcissa allait rétorquer lorsqu'un hibou tapa de son bec contre la vitre qu'elle s'empressa d'ouvrir. Ce dernier vola jusqu'à Drago et déposa une lettre dans sa main et attendit sa récompense. La blonde lui offrit un morceau de sucre qu'il attrapa dans son bec avant de repartir dans la nuit noire. Légèrement surpris, Drago décacheta la lettre, et la lut rapidement, pouffant légèrement.

« Drago,

Veux-tu bien me retrouver demain à douze heure trente dans le hall de Sainte-Mangouste ? Nous verrons où nous mangerons par la suite.

Hermione Granger. »

Narcissa, qui avait lu par-dessus l'épaule de son fils, sentit un léger sourire se former sur son visage.

- Tu sais qu'Astoria sera ravie d'apprendre ta libération ? Dit-elle avec un air qui se voulait innocent. Vous pourriez vous revoir aussi, qui sait.

- Plus tard mère, éluda-t-il en se levant.

Le sourire que Narcissa arborait alors s'élargit d'avantage. Elle se fait la promesse d'en découvrir d'avantage sur Hermione Granger, ainsi que de la remercier infiniment pour son fils.


Bonjour/Bonsoir à vous,

j'espère sincèrement que ce chapitre vous a plu, personnellement j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire. Je sais que nombreux d'entre vous ont été choqués/surpris par le handicap d'Hermione, et je suis quelque peu ravie de votre surprise. J'aime vous surprendre, ha ha ! Bref, trève de bavardage, j'espère sincèrement que cette suite sucitera également votre engouement. N'hésitez pas à me faire part de vos avis, c'est avec plaisir que je les lis et que je vous réponds.

Que pensez-vous de Thomas ? Je sens qu'il va se faire lyncher le pauvre, mais bon... Il est là pour ça, non ? Quand à la thérapie d'Hermione, vous en saurez plus d'ici peu, mais je vous laisse à vos suggestions.

Je ne sais pas quand la suite sera là, je fais au plus vite, et j'essaierai de prendre de l'avance durant ces vacances-ci.

Bisous, bisous,

Erzia.