L'orthographe et moi, ça fait...beaucoup. Je suis donc à la recherche d'une âme assez charitable pour accepter un tel fardeau ! Si quelqu'un pense avoir assez de bonté, qu'il (elle je pense plutôt) se manifeste par message inbox ! Bonne lecture, j'espère...


Chapitre 1

Un souffle caressa ma peau, un souffle brulant. C'était la seule chose que je sentais. Ni membres, ni sensation ou aucun contact. A part ce souffle chaud, je ne sentais rien. Et ce fut la seule chose qui anima mon esprit durant un long moment. Des minutes, des heures, des jours peut-être, qui sait ? J'étais comme dans un brouillard, un épais brouillard qui occultait tout, absolument tout à l'exception de ce courant ardent. Puis progressivement, une douleur naquit quelque part en moi. Je soupçonnais mon cœur d'en être la source, soupçon qui se confirma, lorsque cette douleur de plus en plus forte se mit à pulser de ce point central. Elle gagna mes chaires, me rendant par la souffrance la sensation de mon corps. D'abord, ma poitrine, puis toute ma cage thoracique. Je sentais chacune de mes côtes s'imprégner de la douleur, chacune de mes côtes comme si elles se brisaient, me brisaient de l'intérieur. Jamais je n'avais autant souffert. Cela se prolongea, s'infiltrant sournoisement sur mes flans, dans mon dos, saisissant ma colonne vertébrale et serrant à l'identique chacune de mes vertèbres dans cette étaux de douleur. Déjà, je voulais hurler, me tordre, tout m'arracher, tout pour calmer ce supplice. Mais mon corps semblait en plomb, il m'écrasait, immobile. Puis à travers les muscles, les os de mes cuisses jusqu'à mes genoux, à travers ceux de mes épaules, de mes bras elle se propagea encore, véloce et implacable. Plus, elle s'appropria mon corps jusqu'aux moindre nerfs et phalanges de mes orteils, de mes doigts. Un hurlement voulu naître dans ma gorge aphone lorsqu'elle fut à son tour avalée. La torture gagna ma tête, du bout de mon nez à ceux de mes oreilles, je la sentais, gagnant l'encéphale et chacun de ses neurones. Dans ce temps toujours incertain, l'absence de toutes sensations s'était faite remplacer par les souffrances les pires qui devaient exister. Il me semblait qu'aucune cellule n'était épargnée. Cette douleur à la fois grave et aigue dévorait tout. Tout, des chaires aux muscles, tout, du sang aux nerfs, tout, des os aux organes. Tout, sauf à nouveau ce souffle, qui, je m'en rendais compte, était celui qui s'échappait de mes poumons irradiés. Et la douleur se prolongea, consumant mon corps imposé à l'immobilité. Puis d'un coup d'un seul, celui que mon cœur venait de rater, la torture s'arrêta. J'inspirai alors brutalement et éclatai en sanglots en me relevant subitement, en ramenant tout aussi violement mes bras autour de mes genoux sur ma poitrine. Je criai, criai, libérai enfin ma gorges séquestrée dans le silence, criai de sentir mes sens me revenir. L'ouï, j'entendis mes hurlements. Le gout, je sentis du sang. L'odorat, je sentis du sang. La vue, je ne vis que du sang. Le touché, ma peau semblait gelée. Alors que ma gorge s'enflammait sous mes cris, ma voix était brisée. Je clignai des yeux, tentai de chasser les flots de larmes qui s'en échappaient. Je ne songeai pas un instant à me calmer, et hurlai tandis que mes poumons se compressaient et cherchaient l'air.

Longtemps après, je pleurais encore, pleurais comme une enfant perdue, une enfant punie injustement. Qu'avais-je fais pour mériter pareil calvaire ? Puis je songeais, que m'était-il arrivé ? J'étais totalement nue, serrée contre moi-même sur le coin d'un matelas. Il y avait du sang partout, il maculait le drap vert unique de taches pourpres foncées, et mon corps. Le sang séché collait à ma peau, je me sentais sale et poisseuse. Que m'était-il arrivé ? M'étais-je fait…violer ? Mes sanglots reprirent de plus belle tandis que je cherchais dans ma mémoire une réponse, un indice. Mais la seule chose qui me revenait était un éclat jaune effrayant, des crocs et la douleur. Un espoir naquit en moi, au milieu de l'horreur qui me saisissait une attaque sanglante valait mieux que… J'enfouis ma tête entre mes genoux, il fallait que je me calme. Respire, respire, réfléchis.

Ce soir-là, il était tard, très tard, et j'étais aussi seule dans les bois que la lune était seule à briller autant dans le ciel sombre et angoissant. Puis la nuit avait été déchirée. Un grognement, un cri, la terreur, la douleur, les crocs : une bête. Le hurlement d'un loup. Je retins un hoquet de surprise, je m'en souvenais clairement maintenant. Du Monstre. Et comment étais-je arrivée ici ? Qu'est-ce que je faisais ici ?!

Je restais incrédule un long moment, contemplais mon corps nu. D'où venait tout ce sang ? Ce ne pouvait être le mien, je n'avais aucune blessure. Pourtant, je le pensais. Mon cerveau semblait ne plus fonctionner, je ne comprenais rien, absolument rien. Je fermai alors les yeux, je devais être dans un cauchemar, le cauchemar le plus réaliste de ma vie, mais un cauchemar tout de même, c'était la seule solution !

Au fond, je savais qu'il n'en était rien, mais je ne pouvais assimiler la réalité, je ne pouvais comprendre ce qu'il se passait. Et je ne voulais, je refusais de m'y confronter. Tout était réel, incompréhensible certes, mais réel. Je cédai encore une fois aux larmes, et ne brisai le silence que part mes reniflements. Quelques minutes s'écoulèrent, je pense, puis je me rendis compte que j'entendais du bruit, des bruits. J'ouvris les yeux, alerte. Il y avait comme une urgence en moi, qui me poussait à prêter attention à ce qui m'entourait. La pièce était petite, carrée, les murs étaient gris et au plafond un luminaire brillait faiblement. Le grésillement de l'ampoule nue était la source du bruit le plus proche. Au sol, dans le coin gauche de la pièce, il n'y avait que le matelas taché de sang sec et noir sur lequel je reposais. Sur ma droite, il y avait une porte, une lourde porte sans poignée qui semblait en acier. L'air était tiède, statique, mais un frisson, d'horreur surtout, me traversa lorsque je me rendis compte que j'étais captive. J'entendis mon cœur s'emballer, et mon estomac se serra. Ma respiration s'accéléra et je tachai de la contenir en saccadant mes inspirations. J'étais dans une cellule, sans fenêtre ni le moindre lien avec l'extérieur que cette porte blindée.

Que faire ? Ma tête semblait encore engourdie, mais il n'en fallu pas moins pour que j'arrive à la conclusion qu'il fallait que je garde mon calme. Au final, m'étais-je faite enlevée ? Mais que s'était-il passé alors ! Et le sang ! Je jurai mentalement. Des dizaines de questions se bousculaient dans mon esprit et je ne savais que faire, je ne parvenais même pas à les faire taire, ni même à me concentrer. Elles s'opposaient, se percutaient, se détournaient, laissaient mes neurones encore secoués sans dessus-dessous. J'attrapai mon crâne des deux mains et serrai, emmêlant mes doigts dans mes cheveux crépus emmêlés, que ça se termine ! Puis il y eu un nouveau son, et tout mon corps se figea. Je me trouvai de nouveau alerte, accroupis sur le matelas, les mains contre le mur derrière, sans même m'être rendue compte que j'avais bougée. Mais que m'arrivait-il ? La question ne me perturba pas, mon cerveau se concentrait et tentait d'analyser ce que je pouvais entendre. C'était comme si à l'extérieur, il y avait quelqu'un, quelqu'un qui venait de soupirer. Je tentai de me redresser. Mes jambes tremblaient, mon corps était faible et mou, j'avais faim, mais je tachai d'ignorer cela aussi, et me forçai à mettre, doucement, en silence, un pied devant l'autre. En quelques pas, je traversai la pièce jusqu'à la porte, sans faire le moindre bruit. Je m'approchai doucement, et collai mon oreille contre le métal frais. Il ne me fallut que quelques secondes pour confirmer mon hypothèse, il y avait quelqu'un dehors. J'entendais clairement le bruit d'une respiration et d'un cœur qui battait. Il me fallut cependant quelques secondes de plus pour me rendre compte que c'était impossible. Comment pouvais-je entendre à travers un mur les battements d'un cœur humain ? Je restai bouche bée. Puis il y eut un nouveau soupir et je me décollai de la porte alors qu'une voix masculine s'éleva :

- Je t'entends, dit-elle.


Je suis lamentable, je devrais arrêter, c'est cela ? Non ? Une petit review, quelques petits avis, je ne demande pas plus pour continuer mon écriture...

(Chapitre 6 en cours d'écriture...)

Bonne nuit, Aiko.