Voici le deuxième chapitre de cette fic, qui vous plaira, je l'espère de tout cœur, aussi bien que le premier…

Merci encore pour votre enthousiasme à l'égard de cette « originalité » ^^


Chapitre 2,

Le lendemain, Lestrade ne se réveilla qu'à une heure du matin (le lundi suivant). Il était encore fatigué, mais il se connaissait, il ne se rendormirait pas. Et puis, somme toute, il allait bien mieux que la veille. Il alla prendre une longue douche, déjeuna de vagues corne flakes et alluma la télé. Et la ré éteint. Pas de travail aujourd'hui, les informations venaient de commencer, et sur les autres chaînes, ils ne diffusaient que des séries policières, comme d'habitude. Pour un flic, sortir de son travail une fois rentré chez lui était très dur. Il ne se sentait pas pour faire les courses…

Il alla au salon, alluma sa radio sur une chaîne ne diffusant QUE de la musique, et attrapa un livre sur la petite table.

Ce ne fut qu'assit dans un fauteuil qu'il repensa à la veille. Moriarty… Il savait maintenant à quoi il ressemblait.

Il ne pensait pas que ce soit un rêve, il ne rêvait jamais de scènes dans son appartement.

Il réalisa tout de même qu'un tueur psychopathique et compulsif lui avait rendu visite… Il frissonna… Bon, on verrait bien. De toute façon, ça ne servirait à rien de se mettre soi-même sous surveillance, il savait que le ciminel pouvait passer outre comme il le voulait.

Et puis, côtoyer Sherlock Holmes pendant 5 ans lui avait forgé des nerfs d'acier et un certain sens de la résignation. Les génies n'en faisaient toujours qu'a leur tête.

Si Moriarty voulait le tuer ou le voir pour quoi que se soit, il le ferait, il n'avait pas à s'en inquiéter. Il se plongea donc dans la lecture du Bossu de Notre-Dame qu'il avait trouvé en faisant les bouquinistes. Une vieille édition anglaise à la couverture élimée…

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H*¤_¤*H

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Moriarty avait rejoins le colonel Moran dans son propre appartement, après sa visite de la veille. Il se sentait d'humeur rêveuse, mais quelques affaires suédoises attendaient ses petits arrangements, et les commanditaires y avaient mis le prix… Il s'était bien occuper de la Norvège, -magnifique explosion, soit dit en passant, et le poseur n'avait rien lâché sur leur association, ce qui était parfait- il avait maintenant une réputation dans le nord.

Décidément, marchant d'armes était à lui seul un métier très intéressant. On ne savait jamais sur quoi on pouvait tomber : intégristes, fanatiques, illuminés, mystiques, hommes de mains, mercenaires, « libérateurs », dictateurs en tout genre… A ce propos, il informa le colonel Moran qu'il fallait proposer leurs services à la résistance Libyenne, maintenant qu'elle avait prit le pouvoir.

Le colonel hocha la tête et tapa rapidement un texto pour avertir leurs agents du continent Africain.

Moriarty avait des prises partout, il éliminait les gens qui ne lui obéissaient pas, il pouvait les remplacer par d'autres, et si un jour il se piquait de faire de la politique, il deviendrait officiellement le maître du monde.

Et pourtant, dans un vieux cartier de Londres, dans un petit appartement au deuxième étage, il y avait quelqu'un qui n'avait pas peur de lui. Il fronça les sourcils.

Il ne savait pas trop comment réagir… Et c'était la première fois que ça lui arrivait.

Éliminer Lestrade ?

Non, ce serait user de ses pouvoirs pour choisir la facilité… Et puis cette pièce lui permettait de jouer avec Sherlock Holmes, il n'allait pas la défausser maintenant…

Et aussi, il voulait comprendre. Pourquoi Lestrade n'avait pas peur de lui ? Pourquoi est-ce qu'il n'avait rien tenté ? Pourquoi il n'avait pas essayé de fuir, pourquoi il n'avait pas paniqué ? Il l'avait presque jeté dehors, sans la moindre appréhension !

Pourtant, d'après ses renseignements et ses déductions, c'était un homme assez calme, gentil, réservé, voir timide…

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Marié pendant 4 ans, puis divorcé depuis 5, pas d'enfants, sa vie privée était un néant… Pas de copine, pas d'aventures d'un soir, pas d'animaux (pourtant, il n'était pas allergique, il avait vérifié dans son dossier médical.)… Si, un chat pendant son enfance, reçu de sa grand-mère pour son neuvième anniversaire, mort écrasé par une voiture étrangère trois ans plus tard. Et depuis, plus rien. Une sœur de 5 ans de moins que lui, mariée, vivant à Londres. Parents anglais, tous les deux, bien qu'il ait probablement des ancêtres continentaux du côté de son père. Celui-ci était mort d'un AVC, et sa mère coulait de doux jours de repos dans le Kent, avec ses propres parents. L'inspecteur avait grandi dans un petit village dans la banlieue de Londres, son père y travaillait et gagnait suffisamment pour faire vivre sa famille sans trop de prétentions.

Lestrade avait un caractère trop effacé pour se faire beaucoup d'amis, et encore aujourd'hui, il restait souvent seul. Brimé pendant son enfance, cela lui avait donné la force de sortir de son milieu pour se hisser brillamment au poste d'inspecteur de la police scientifique. Pourtant, il n'avait guère d'ambitions, et maintenant, il estimait qu'il pouvait se contenter de ce qu'il avait. Il lisait pas mal, apparemment, et certains de ses livres avaient été lus et relus au point que ça laisse des marques, malgré le soin qu'il portait à ses affaires.

Un type banal, quoi.

Pas comme le docteur Watson, bien sur, même si le docteur était un autre type banal…

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Une conclusion à laquelle Moriarty avait déjà dû arriver, il y avait très, très longtemps, lui revint à l'esprit.

Tous les être humains étaient différents. Il n'y en avait pas deux pareils. Pas même les jumeaux… Chaque humain était la réalisation d'une possibilité improbable sur des milliers d'autres. Tuer un être humain, c'était anéantir tout ça.

Il se morigéna intérieurement.

Bien sur, il le savait, tout ça, c'était évident !

C'était amusant !

Pouvoir anéantir cette possibilité était le signe du pouvoir absolu, la marque de son pouvoir.

Oui.

Ça montrait bien à quel point il était supérieur aux humains normaux.

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Lui non plus, il n'avait jamais eut d'amis, il était bien trop tordu pour ça… Ses parents l'avaient scolarisé très tôt dans un établissement privé très réputé, où il avait vite apprit à dissimuler ses différences sous une carapace de normalité. En manipulant les gens à distance, toujours caché…

Toujours couvert.

Il se rappelait une anecdote de ses années de collèges, d'ailleurs.

On l'avait contacté pour une broutille, (il avait plus ou moins forcé un de ses « camarades » à dealer de la drogue, et celui-ci l'avait dénoncé à demis mots. Il n'avait pas été assez prudent, cette fois là…) mais il avait évidemment nié, et assuré qu'il n'aurait jamais fait ça. Malgré tout, il avait repéré que l'un de ses professeurs, (un homme intelligent s'il en est) conservait des doutes à son égard.

Le lendemain soir, il prenait contact avec lui.

La nuit suivant, le pauvre homme se suicidait en sautant du toit, laissant un mot où il avouait être à l'origine du trafic.

… Curieusement, on n'avait plus jamais parlé de l'affaire.

Moriarty sourit à se souvenir. Ça avait été le début des choses sérieuses. Un très bon souvenir… Il avait juste regretté les bons cours du professeur.

Mais ils avaient eut du temps, cette année là, il avait pu lancer son trafic dans d'autres établissements, via les égouts. Très ingénieux, il le reconnaissait avec indulgence pour ses jeunes années.

Lestrade lui était sorti de l'esprit.

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T:;;:T

Une semaine plus tard.

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Lestrade n'était pas de bonne humeur, aujourd'hui. Il était même fâché. Ça faisait près de trois jours que son équipe pataugeait sur un nouveau crime inimaginable… Il avait un coup de pompe. C'était le cas de le dire. Une histoire de chaussures et de pompe à vélo, s'il en croyait les sms de « son détective consultant préféré »… Mais il soupçonnait que Sherlock lui cachait le plus important pour qu'il l'appel à l'aide.

Il allait se résoudre à le faire, quand, dans sa poche droite, son téléphone sonna. Il le sorti, toujours contrarié. Un nouveau message… Il l'ouvrit.

Il était de la part de sa concierge, elle le priait de venir rapidement, il y avait quelque chose d'étrange devant sa porte...

-Allons bon… Soupira l'inspecteur.

Il envoya qu'il serrait là d'ici dix minutes, et prévint son équipe qu'il prenait sa journée.

A onze heures passé, cela pouvait paraître étrange, mais Lestrade était le chef du service, on ne pouvait pas lui dire grand-chose. Il laissa l'autorité à Dimock et attrapa le premier taxi qui passait pour rentrer chez lui.

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H¤u**u¤H

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Effectivement, il y avait quelque chose d'étrange devant sa porte.

Une grosse boite rectangulaire, comme celles des appareils électroniques, emballée dans du papier kraft gris beige, et frappée d'un grand M jaune.

Allons bon.

La possibilité que ce pouvait être une bombe l'effleura, mais il la mit bien vite de côté. Ça ressemblait plutôt à un ordinateur, et il avait déjà dit à Moriarty de ne pas toucher aux meubles. Bon, il était possible que le psychopathe n'en tienne aucun compte… Mais de toute façon, il n'avancerait pas en restant planté là, devant une boite en carton.

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C'était bien un ordinateur, très chic, dernier cri, il ressemblait bien à Moriarty, du moins à l'impression qu'il s'en était fait en une rencontre.

Il garda soigneusement le paquet, il le donnerait au labo… A défaut de trouver des empreintes, ils dénicheraient peut-être sa provenance !

Il n'avait aucun remords. Il avait bien dit qu'il ne mélangeait pas vie privée et boulot à Moriarty, et après tout, le malfrat l'avait contacté pendant ses heures de service.

Il jetât un coup d'œil à son propre PC, un modèle plus tout neuf, mais pourtant bien suffisant… Il alluma tout de même l'autre, supposant qu'il y aurait un quelconque message dessus.

Effectivement, sitôt la machine allumée, un logiciel de conversation instantanée se mis en marche.

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[M …]

[Hello, très cher inspecteur !]

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Le-dit inspecteur soupira. Décidément.

Il entra son nom. Il ne comprenait pas ce que Moriarty lui voulait, à la fin.

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[Lestrade]…

[Pourquoi un ordinateur ? Vous avez les coordonnées du mien.]

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Derrière son portable, Moriarty souris. Toujours aussi impassible, ce bonhomme !

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[M…]

[Mon cadeau ne vous plait pas ?]

[Lestrade] …

[Il va aller faire un tour au service de déminage.]

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Moriarty eut un petit rire joyeux.

Ça, il l'avait prévu.

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[M…]

[Ils ne trouveront rien !]

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[Lestrade]

[Tant mieux.]

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Oui, tant mieux… Il se demandait comment il aurait expliqué que son ordinateur contenait une bombe…

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[M…]

[Alors, les affaires vont bien ?]

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[Lestrade]

[Et les vôtres ?]

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Ils savaient l'un comme l'autre que Moriarty était très bien informé sur les affaires de l'inspecteur.

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[M…]

[Allons, allons, je pourrais vous donner un coup de main.]

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[Lestrade]

[Un seul Sherlock Holmes me suffit.]

[Lestrade]

[C'est lui que vous devriez aller embêter. Il doit être plus amusant que moi.]

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Sherlock l'avait mis au courant des motivations de Moriarty.

Celui-ci faillit d'ailleurs couper la conversation, vexé : « embêter » !

Il se retint, ç'aurait été montrer une faiblesse.

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[M…]

[Détrompez vous, vous êtes très intéressant.]

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[Lestrade]

[Ah bon ?]

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[M…]

[Comment va votre sœur ?]

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Changement de sujet.

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[Lestrade]

[Bien, tant que vous ne vous approchez pas à moins d'un kilomètre de sa maison.]

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L'inspecteur avait un solide sens de l'humour, même s'il n'avait guère l'occasion de le mettre en pratique dans son travail.

Moriarty ne résista pas à essayer de lui faire peur, encore une fois.

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[M…]

[Mes snipers peuvent donc y aller…]

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[Lestrade]

[Je vous ai déjà dit que pour jouer, c'était avec Sherlock.]

[Je ne vois pas l'intérêt pour vous de prendre ma sœur en otage.]

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Moriarty eut un nouveau sourire.

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[M…]

[Je n'ai toujours pas eut mes informations…]

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[Lestrade]

[Quelles informations ?]

[Et moi, je n'en ai toujours pas sur vous non plus.]

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… Ah, la, il était dans une mauvaise passe… Il essaya de se défiler.

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[M…]

[Nous sommes donc quitte.]

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La réponse nette de Lestrade le fit sursauter.

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[Lestrade]

[Non.]

[Comme vous l'avez vous-même dit, vous savez tout de moi.]

[Je ne sais rien de vous.]

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De mauvaise fois, Moriarty tapa rapidement :

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[M…]

[Je vous ai offert un laptop dernier modèle !]

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[Lestrade]

[Depuis quand on facture les cadeaux ?]

[Je n'en avais pas besoins.]

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[M…]

[Dimock est un parfait imbécile.]

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[Lestrade]

[Pourquoi ?]

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Ainsi donc, Moriarty espionnait Dimock… Il sourit en imaginant la mine horrifiée du jeune homme s'il le lui disait.

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[M…]

[Il vient de conclure à un accident.]

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[Lestrade]

[Je me demande de plus en plus quelles informations je pourrais vous fournir que vous n'ayez déjà.]

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[M…]

[Ça viendra, rassurez vous…]

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…..

[M…]

[Inspecteur ?]

L'inspecteur en question était allé se faire du thé. Cela mit bien une dizaine de minute, et quand il revint, il trouva le petit message de Moriarty. Il eut un sourire. Son appartement n'était donc pas sous surveillance vidéo ?

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[Lestrade]

[Oui ?]

[Je me faisais du thé.]

[Je suis surprit que vous ne m'ayez pas encore mis sous vidéosurveillance.]

[Vous remontez dans mon estime.]

[Je vais profiter de la journée de congé que vous m'avez gracieusement forcé à prendre pour rendre visite à ma sœur, justement…]

[Ne tuez pas trop de monde aujourd'hui, les embouteillages sont affreusement polluants.]

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[Lestrade isn't connected anymore]

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Moriarty resta un instant figé devant son écran. « Vous remontez dans mon estime » ? ? C'était en effet une erreur, un horrible oubli de sa part, ce n'était pas digne de lui !

Alors pourquoi est ce que Lestrade avait dit ça ? Ce n'était pas logique… Ah, peut-être que L'inspecteur voulait dire « humainement parlant »…

Quoiqu'il en soit, il ferrait réparer cette bavure aussitôt que possible.

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Irrécupérablement.

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Fin du chapitre 2.

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Bon, voici. J'espère qu'il était bien aussi… Lestrade n'est décidément pas un personnage facile à cerner… Hyuu !

Son enfance, le fait qu'il soit droitier (ça, c'est l'acteur, je sais pas si le vrai Lestrades est droitier), l'anecdote sur Moriarty, c'est entièrement « made in chouette »… Ne le croyez pas.