Salut a tous/toutes !

D'abord, merci mille fois pour les reviews, je suis over-contente *pleure pleure*

Et ensuite… Pardon d'avance pour avoir vendu du rêve pour le personnage-mysterieux-qui-file-le-hoquet-a-Finnick-et-que-tout-le-monde-attend. C'est pas un truc de fou, c'est un de mes OC !

Voila. Bonne lecture


-C'est Ely, qui parle ?! me chuchote Papa en posant doucement sa main sur mon épaule.

Je hoche subrepticement la tête, alors que je contemple ce qu'est devenu le petit garçon brun, effronté et rieur que j'ai laissé partir quatre ans plus tôt, et avec qui je n'ai pu parler que par téléphone au cours des dernières années. Ely a grandi. Sous sa chemise taillée dans le même tissu que la robe de sa mère, on peut voir les muscles de ses bras qui saillent. Ses cheveux, d'ordinaire toujours en bataille et souvent sales, sont coupés courts, et coiffés en arrière. Il se tient droit, devant ses deux frères ainés, vêtus pareillement. Papa siffle discrètement.

-On dirait qu'il a perdu l'habitude de se rouler dans la boue.

-Ce sont bien Ely et ses frères, Finnick ? interroge Maman en se rapprochant.

Tandis que mon père lui répond, je ne peux m'empêcher de me regarder un peu. Mon pantalon beige est troué à l'ourlet de la jambe gauche, après une énième excursion dans les ronces de la forêt qui borde notre quartier. Ma chemise blanche parait presque sale, en comparaison de l'ensemble propre que porte mon ami sur l'écran. Mes cheveux blonds me tombent sur les yeux, et cela fait peut-être trois bons mois que je n'ai pas approché une paire de ciseaux. Et pourtant, c'est Ely qui me parait être le plus pitoyable de nous deux. Parce que, même si le Capitole et son régime totalitaire on été abolis depuis maintenant une trentaine d'années, la République exerce toujours une certaine pression sur nous. Oh, bien sur, nous pouvons manger à notre faim, et voyager dans tout le pays quand bon nous semble… Mais je ne pense pas que nous soyons libres pour autant. Les autorités sont très sévères pour ce qui est de la vie en communauté : nous avons tous des « obligations » pour le bien de notre société : tout vol, toute violence et tout débordement est puni par une amende ou par un emprisonnement. Ce n'est pas aussi grave que lors du temps de mes parents, mais… Je ne sais pas. J'ai l'impression que le gouvernement cherche à faire de nous une société trop parfaite. Ou la paix et la justice règnent toujours, et ou tout doit paraitre sous son meilleur jour. La preuve se tient debout, bien droit, devant mes yeux. L'Ely que je connaissais n'aurait jamais accepté de dire ces choses-la. Il a toujours tout fait par lui-même, comme nous tous, et n'aurait jamais admis qu'il dépendait autant de quelqu'un… Mais il le devait pour l'image de la République. Étant le fils d'Espérandieu, et tout ce qui va avec. Je sens la pression de mon père se renforcer sur mon épaule, et quand je lève le nez, je remarque son expression plutôt narquoise. Et je me sens fier. Je coule un regard vers Haymitch et Maman. Et a ma grande surprise, tandis que le premier regarde Ely avec dégout, la seconde ouvre de grand yeux terrifiés. Je donne un léger coup de coude à mon père, et lui indique ma mère du menton. Il s'éloigne aussitôt de moi, et va la prendre dans ses bras. Il doit savoir ce qui la tourmente. Haymitch, les sourcils froncés, s'approche de moi, et grince des dents.

-Que se passe-t-il ? je demande a voix basse.

-Tout ce cinéma lui rappelle un peu trop le Capitole. Et à moi aussi, si tu veux mon avis. Ce léchage de bottes… Ca me file les jetons.

-Ben, il est un peu obligé, non ? C'est le fils du Gouverneur, et…

-Oh, bien sur. Et j'imagine qu'il n'a pas du tout changé, depuis que tu le connais.

J'ouvre la bouche… Pour la refermer. Je sais parfaitement qu'il a raison. Et si je me sens bien supérieur à Ely, une petite partie de moi ne peut s'empêcher de se demander si ce n'est pas de l'injustice. Après tout on lui impose ces discours, non ?

-Bah alors, morpion, on t'a coupé la langue ?

-Non… Mais… Peut-être qu'intérieurement, Ely n'a pas changé ? Je veux dire, ca (je désigne l'écran du doigt), c'est l'image qu'il donne au peuple. Celle du fils parfait de Gouverneur. Pas la sienne.

Mes parents se rapprochent doucement de nous. Maman, appuyée sur Papa, ne peut pas détacher son regard de l'écran. Haymitch soupire, et donne un coup de talon dans une motte de terre.

-Justement ! C'est ce que tu ne comprends pas ! C'est la République qui l'oblige à dire ces choses ! Crois-moi, Finnick, ca commence par la censure de la liberté d'expression, et ca se termine en Hun…

Ses yeux gris passent sur ma mère, pale et inquiète. Il avale le mot de justesse, et bougonne :

-Bref, en choses terribles. Enfin, tu es trop jeune pour parler de politique, morpion. De toute façon, on ferait mieux de se taire, et de regarder ta sœur être élue.

-Peut-être.

-Non, elle aura le poste, c'est sur. C'est pas ma filleule pour rien.

Je vire mes yeux sur l'estrade. Ely a fini de parler, et Alicante Espérandieu va a présent lire les noms des nouveaux membres du Gouvernement pour qui le peuple a voté durant les deux dernières semaines. Un zoom sur ses mains nous permet de voir l'enveloppe jaune qu'il déchire, le papier blanc qu'il en sort, et… Le tremblement de ses doigts. Il doit avoir peur de perdre sa place sur son piédestal. Il s'éclaircit la gorge –d'une manière qui me rappelle désagréablement Ely- et lit le nom sur le papier.

-Républicains, Républicaines… Veuillez applaudir votre nouveau Gouverneur. De la Région Minérale, Paleo McHorn.

Alors que l'écran géant nous envoie l'image de l'estrade de la Région Minérale, alias l'ancien District Deux, toute la foule rassemblée sur la Grand Place se met à frapper des mains. Et quand le visage du nouveau Gouverneur est enfin dévoilé par un zoom sur lui, le public émet un bruit d'étonnement. Et je fais pareil.

Paleo McHorn est jeune. Très jeune. Trop jeune. Il doit avoir un peu plus de vingt-cinq ans. C'était le benjamin de la course à la présidence, et c'est relativement incroyable qu'il ait été élu. Et c'est un également un choc pour le public, car nous avons eu la possibilité de voir son programme, mais pas sa tête, c'est une des règles des élections. C'est même un sacré choc. Parce que, même moi, je peux facilement l'avouer : Paleo McHorn est beau. Redoutablement beau. Son visage est triangulaire, bien dessiné. Ses fins cheveux châtain clair sont impeccablement plaqués en arrière sur son crane. Les muscles de ses bras sont apparents, comme ceux d'Ely, sous le léger lin de sa chemise bleu ciel. Et je pense que son sourire pourrait faire tomber plus d'une fille du pays. J'en vois d'ailleurs qui poussent des soupirs, et qui ne quittent pas l'écran des yeux. Je siffle.

-Hé ben… C'est une élection, ou un casting pour jeunes filles en fleur ?

-J'espère qu'il est aussi compétent qu'il est beau, marmonne Haymitch.

-Il a été élu par le peuple, ce n'est pas pour rien, non ?

-Mmmh… On verra quand il… Hé, ca va comme vous voulez ?

Je me tourne vers mes parents. En effet, ils regardent Paleo McHorn avec effarement, limite peur. Les couleurs on quitté leurs visages. J'agite gentiment ma main devant eux.

-Hum… On dirait que vous avez vu un fantôme…

Soudain, Haymitch m'attrape brusquement l'épaule.

-Hé !

-Oh mon Dieu.

Ses yeux sont à présent rivés sur l'écran. Je hausse les sourcils, et regarde notre nouveau Gouverneur se faire adouber dans sa Région. Je ne comprends vraiment pas ce qui peut les mettre dans cet état-la. La main d'Haymitch glisse de mon épaule.

-Nom d'un chien…

-Mais quoi, a la fin ?! Je vois pas ce que…

-Finnick Odair. C'est le sosie de Finnick Odair.

Je pivote ma tête vers mon père. Il tient Maman contre lui. Elle n'a pas l'air bien, comme si on lui avait porté un coup au ventre. Je la vois qui essaie de reprendre son souffle. A coté, Haymitch hoche vigoureusement de la tête. Et alors je percute. Finnick Odair est un ancien Vainqueur des Hunger Games. En sortant vivant des Hunger Games à 14 ans, il est un peu entré dans la légende, surtout que son physique avenant lui valait beaucoup d'attention de la part des habitants du Capitole. Ami proche de ma mère, il avait rejoint les rebelles lors de la Révolte, avant d'être tragiquement massacré par une meute de mutations génétiques, laissant derrière lui sa femme, Annie Cresta, avec qui mes parents sont toujours très proches puisque c'est la marraine de Rose, et un fils a naitre, Mello, qui est maintenant un des meilleurs pêcheurs de la Région Maritime. En somme, Finnick Odair est un héros. Et c'est bien de lui que je tiens mon prénom. Mais si je connais sa vie par cœur, je n'ai vu que quelques dessins de lui faits par mon père (tous les clichés pris par le Capitole ont été brulés après la Révolte), et je ne peux pas vraiment savoir s'il ressemble oui ou non a Paleo McHorn.

-C'est vrai ? je demande.

-C'en est troublant…, marmonne Haymitch.

-Non.

Ma mère a les yeux écarquillés. Elle s'accroche au bras de mon père comme si sa vie en dépendait. Son regard gris s'arrête sur moi.

-Non. Il… Regardez ses yeux.

Je m'exécute. Les yeux de notre nouveau Gouverneur sont jaunes ambrés. Comme ceux des rapaces. Haymitch tousse, et pose sa main sur l'épaule de ma mère.

-Oui, c'est… Différent.

-Finnick avait les yeux bleus, n'est-ce pas ?

Mon père hoche la tête, et ma mère s'empresse d'enchaîner :

-Mais ca n'a rien à voir avec la couleur. C'est son regard. Tu vois comment il dévisage Espérandieu ? Il a l'air…

-De quelqu'un qui n'hésiterait pas à sortir un couteau sous sa gorge pour prendre le pouvoir, finit Haymitch.

-Oh, sérieusement… Je reconnais qu'il a une tête plutôt autoritaire, mais arrêtez de vous méfier de tout ce qui bouge ! soupire Papa.

Voyant qu'aucun de nous trois ne répond, il continue sur sa lancée.

-Réfléchissez : est-ce que vous pensez vraiment que le peuple de Panem aurait élu un tyran à sa tête ? Nous en avons eu qui nous ont été imposés pendant soixante-quinze ans. Le but du nouveau gouvernement est de ne pas refaire les mêmes erreurs qu'avant. Alors, même s'il a l'air un peu bizarre, je ne pense pas que ce soit le genre à dégainer une arme en plein conseil des ministres.

Haymitch et Maman observent un moment de silence. Je regarde la pointe de mes chaussures. Je suis né seize ans après la chute de Snow. Je n'ai jamais connu que la République, même si on m'a longuement expliqué comment le pays était du temps des districts, et des Hunger Games. Alors je serais plutôt du coté de mon père, mais quelque chose dans l'expression de ma mère me fait douter : elle a toujours jugé les gens, et ne fait confiance qu'a certaines personnes, comme moi. Jusqu'ici, elle ne s'est jamais trompée sur quelqu'un. Je décide donc de réserver mon avis sur notre nouveau Gouverneur, alors qu'il termine son discours et que toute la foule applaudit. Les caméras de l'Eden filment de nouveau Alicante Espérandieu, qui s'apprête à déchirer l'enveloppe contenant le nom du Premier Ministre. Je glisse un regard vers ma sœur : elle fixe l'écran calmement. J'admire sa prestance en public, si ca ne tenait qu'a moi, je serais en train de trembler de la tête aux pieds.

-Républicains, Républicaines…

Je me rappelle qu'il y avait quatre ou cinq candidats pour ce poste. Ma sœur est la plus jeune.

-Veuillez accueillir chaleureusement…

Ils ont déjà élu un jeune pour Gouverneur. Ca ne se reproduira sans doute pas.

-Votre Premier Ministre fraichement élu…

Je réalise qu'elle n'a pratiquement aucune chance. Alors je ferme les yeux.

-M…

Silence radio. Je rouvre mes paupières. Le public retient son souffle. A l'écran, Espérandieu contemple le papier avec de grands yeux. Et c'est en souriant qu'il relève la tête et annonce :

-Mlle Rose Mellark, de la Région Minière !

Notre petite foule explose. Elle l'a fait ! Je saute sur place en applaudissant de toutes mes forces. Ma mère retient ses larmes, mon père crie. Haymitch siffle. Toute la Région est en liesse : la fille des meneurs de la Révolte est désormais leur Premier Ministre. Je n'avais pas compté ce facteur la dans mes statistiques : les gens ont du reconnaitre le nom de famille de mon père lors de la présentation des candidats a ce poste. Et qui mieux qu'un enfant de la Révolte peut aider à gouverner notre pays ?

Rose est resplendissante. Elle s'approche de la tribune munie d'un micro en souriant, et incline légèrement la tête. L'écran affiche un gros plan sur son visage, et les sous-titres nous disent de nous taire, mais la foule est trop agitée pour en prendre compte. Tandis que les acclamations retentissent de plus belle, Rose se met à rire, et nous cherche des yeux. Quand elle nous voit, je lève le pouce gauche en l'air : elle se mord la lèvre et fait de même. Après cinq bonnes minutes d'euphorie supplémentaires, la Région Minière accepte enfin de se taire, et ma sœur se racle la gorge.

-Peuple de Panem, merci. Merci d'avoir cru en moi. Être élue au poste de Premier Ministre est une immense honneur et une chance inouïe pour moi. J'espère être à la hauteur de vos attentes, et je ferais tout pour satisfaire vos demandes. Mais si je vous parle aujourd'hui depuis cette tribune, c'est grâce a un petit groupe de personnes a qui je voudrais rendre hommage.

Elle inspire et expire lentement en fermant les yeux. Mon père la fixe, les sourcils haussés. Il l'a aidée à préparer son discours, et visiblement cette partie-la n'y figure pas. Rose poursuit :

-Si la République est aujourd'hui si prospère et si bien instaurée, c'est parce qu'elle est si différente de l'ancien régime. Il y a une trentaine d'années, malgré les menaces du… Du Capitole, certaines personnes se sont rebellées contre ce régime, contre la dictature exercée sur eux. Je vous parle d'hommes et de femmes comme l'on en voit dans les livres : de vrais héros, qui chaque minute, chaque seconde de leur périple, se sont battus pour que les générations futures n'aient pas à souffrir des mêmes maux qu'eux. C'est donc grâce a ces rebelles, à leur courage, a leur volonté d'être libres que je suis aujourd'hui ici. Et je suis fière de faire partie de leur succession.

Rose soupire, et relève la tête avec un sourire mi-peiné, mi-heureux.

-Merci a vous. Merci pour eux.

Une salve d'applaudissements s'élève. La caméra filme un court instant mes parents, puis Haymitch, puis les Cartwright. Et revient a Rose, qui descend maladroitement de l'estrade, et se mêle a la foule pour nous rejoindre. Tandis que sur l'écran, Alicante Espérandieu revient pour ouvrir les dix autres enveloppes des ministres divers, ma sœur arrive enfin devant nous. Mes parents la serrent dans leurs bras du plus fort qu'ils peuvent. Je vois les lèvres de mon père former le mot « Merci » à l'oreille de Rose. Quand ils la libèrent de leur étreinte, je file me jeter dans ses bras. Elle embrasse le sommet de mon crane, et on se sourit tous les deux. Haymitch passe un bras affectueux autour des épaules de sa filleule.

Le reste des élections se passe dans la brume la plus totale pour nous. Je ne retiens même pas les noms des élus. Nous passons le reste de la cérémonie à parler entre nous (pas besoin de se taire, puisque les discours se font dans la Région des vainqueurs !) de la vie future de Rose. Elle est simplement Premier Ministre, aussi n'aura-t-elle pas à partir habiter dans l'Eden. Je pourrais donc garder ma maison, ma Région, mon école… Et ma sœur !

-Excusez-moi…

Nous nous retournons tous les cinq ensembles. Un jeune homme, que l'on devine au service du gouvernement grâce a sa tenue noire et blanche, s'approche. Je me rends alors compte que l'écran géant est éteint, et que la foule commence à se disperser. Les élections sont finies. L'employé s'approche de ma sœur, et bafouille :

-Mlle Mellark, j'ai l'ordre de vous escorter jusqu'au Village des Vainqueurs, ou une maison vous sera officiellement remise…

-J'y habite déjà, répond Rose, les sourcils froncés.

-Oh ! Oh, je sais bien, pardonnez-moi… Vos parents (il s'incline devant eux), ils font partie des personnalités de la Région, mais…

-Je hais cette appellation, marmonne mon père avant d'embrasser doucement le front de ma mère.

Le jeune homme est perturbé. Il ne trouve plus ses mots. Rose lui sourit gentiment.

-Vous parliez du Village des Vainqueurs…

-Ah, ah oui ! Même si vous résidez déjà là-bas, c'est la procédure, Mademoiselle. Je vais donc juste vous escorter jusqu'à votre demeure.

Je me retiens de rire. C'est à la limite du pathétique. Notre petit groupe se met donc à suivre l'employé sur le chemin que nous connaissons par cœur, puisque chacun d'entre nous le fait au moins une fois par jour. Haymitch me tape sur l'épaule, me fait signe qu'il s'en va. Je hoche la tête, et vais discrètement prévenir mes parents. Rose semble un peu déçue que son parrain l'abandonne ainsi, mais elle se reprend vite : elle sait qu'il n'a jamais aimé les procédures, et qu'en plus, le jour des élections, la Régions est pleine de monde. Haymitch préfèrera rester chez lui, avec pour toute compagnie une bouteille de vin, et ca lui ira très bien comme ca.

Une fois devant chez nous, les caméras filment ma sœur en train de recevoir les clefs de notre maison de la part d'un des collègues du jeune homme qui nous a escortés. Je tache de dissimuler mon fou rire, tant la scène est ridicule, mais quand je lève les yeux vers mes parents, je me rends compte que mon père fait pareil. Maman, elle, a juste l'air fatiguée par toutes ces stupidités que la République nous fait accomplir. Une fois que tout a été filmé, les caméras sont remballées, on félicite Rose une dernière fois, on nous prend en photo devant notre maison… Et nous pouvons enfin rentrer à l'intérieur. Dans le hall d'entrée, aucun de nous quatre ne parle. Jusqu'à ce que mon père et moi explosions de rire.

-Oh, ben tiens. Rigolez, vous deux, marmonne Rose en enlevant ses chaussures.

-Tant mieux si ca vous fait rire, moi ca m'exaspère, ajoute Maman en soupirant.

Mon père se redresse, arrête de rire, et tend la main vers Rose.

-Maaaaaaaaademoiselle Mellaaaaaaaaaark, les clefs de votre propre maiiiiiiiiiiiiiiiiison, avec les compliments de la Répuuuuuuuuuuuuuublique, dit-il en mimant la voix hautaine de l'homme qui a remis lesdites clefs à ma sœur.

Et c'est reparti pour un fou rire. Rose tente d'abord de dire quelque chose en ouvrant sa bouche, mais… Elle éclate de rire malgré elle. Ma mère lève les yeux au ciel.

-Dans ces cas-la, je préfère en pleurer qu'en rire, soupire-t-elle en entrant dans la cuisine.

Elle jette un coup d'œil vers nos trois silhouettes qui tressautent sous les rires, et esquisse un sourire. Puis elle repart dans la cuisine, et nous crie de bien vouloir nous mettre à table.

-Enfin, si votre père veut bien daigner se bouger un peu pour préparer le repas.

-Ah ?

-Il va pas se faire tout seul, tu sais.

-C'est toujours moi qui fait tout, râle Papa en se redressant.

-Je chasse, tu cuisines. C'est notre deal.

Il soupire, et va la rejoindre dans la cuisine. Rose et moi montons à l'étage pour nous laver les mains, quand j'entends toquer à la porte. J'ai juste le temps d'entendre ma sœur hurler « PAS MOI ! » avant que la porte de la salle de bain ne claque.

-Oh, très mature, vraiment !

-Va ouvrir, morpion ! dit sa voix feutrée à travers la porte.

Je grogne, et descend à contrecœur les escaliers. Quand j'ouvre notre porte, je tombe nez-a-nez avec Benno. Il me sourit largement. Je luis rends la pareille, et lui demande ce qu'il l'amène ici. Il tire un papier de sa poche, et me le tends, avant de partir en courant. Interloqué, je l'appelle, mais il est déjà trop loin. Je referme la porte. J'entends la voix de ma mère depuis la cuisine :

-C'était qui ?

Je ne réponds pas.

-Finnick ? On a bien frappé à la porte ?

-Oui. Une… Une erreur, c'est tout…

Mon excuse semble suffire. Je ne sais même pas pourquoi je prends la peine de lui mentir. Je n'aime pas ca, surtout avec ma mère. Et pourtant, je m'y sens obligé. Ce petit papier, Benno qui prend la fuite… Tout ca ne me dit rien qui vaille. Je monte dans ma chambre, m'y enferme. Je pose le papier sur mon bureau. J'ai peur de l'ouvrir. Mais ca m'intrigue tellement que je finis par craquer, et que je le déplie. Et je reste sans voix.

Le dessin d'un pendu.

Et « Hope » en guise de légende.

C'est l'espoir qu'on assassine.

Je ne comprends rien.


Aha ! Alors ? Laissez donc vos reviews (je pense que ce chapitre est moins bon que le premier, en fait U_U)

Je vous promets de faire mieux la prochaine fois !

Merci d'avoir lu ! En bonus: ma playlist durant l'écriture !

WRITING THIS CHAPTER PLAYLIST

-Come Away To The Water (Maroon 5 - Hunger Games OST: Songs from District Twelve and Beyond)

-Dream On (Aerosmith - Young Lust)

-Wind Of Change (Scorpions - Sting In The Tail)

-Filthy Gorgeous (Scissor Sisters - Night Work)

-La Seine (Vanessa Paradis & Mathieu Chedid - Un Monstre a Paris)