NdlA: Enfin une suite, oui! J'ai eu pas mal de soucis techniques avec mon compte mais apparemment c'est désormais réglé et je peux de nouveau uploader des docs. Bon, cela dit, où en étions nous ? Voici le second chapitre de cette nouvelle fic (qui commence à dater). Je m'excuse grandement pour le temps de latence et j'espère que vous découvrirez ou redécouvrirez cette histoire. N'hésitez pas à me laisser des avis, cela me fait toujours énormément plaisir et motive pour la suite ;) Bonne lecture!
Chapitre 2 :
Music mood : Taking over me – Evanescence
- Mercredi 7 septembre, 15h45 -
Hermione se tenait devant la chambre 227. Elle ne savait pas précisément pourquoi elle était revenue le voir. Ça l'avait mis dans un état assez pitoyable comme ça la veille. Mais quelque part, elle devait se sentir responsable de lui. Elle voulait comprendre. Elle avait une dette envers lui.
Lors de la bataille de Poudlard, elle n'aurait pas dû survivre. C'était son destin, elle aurait dû mourir ce jour là. Elle se revoyait serrer le bras de son ami, le suppliant de revenir. Mais il était déjà mort. Et pendant qu'elle pleurait au milieu du champ de bataille, elle avait senti et relevé les yeux au dernier moment pour voir un Mangemort lui envoyer un sort mortel. Elle était fatiguée, elle était abattue, elle avait abandonnée. Elle ne voulait plus se battre, à quoi bon survivre toute seule ? Et puis d'un coup, il s'était interposé, tuant son – jusqu'alors – allié. Elle n'avait pas compris sur le moment. Elle n'avait pas compris pourquoi. Pourquoi son professeur s'était mis en travers de la mort pour elle. Puis il était parti sans un seul mot.
Ses souvenirs étaient maintenant lointains et quelque peu dilués, mais ils n'avaient pas perdu en intensité avec les années. Ils étaient juste devenu insupportables à porter, pour elle.
- Miss Granger ?
La jeune femme sursauta et tourna la tête vers un confrère qui arrivait avec un dossier entre les mains. Elle se rendit vite compte qu'il s'agissait encore d'un étudiant, il portait une robe de couleur vert clair contrairement au reste du personnel dont l'uniforme était beaucoup plus foncé.
- Oui ?
- C'est votre patient ? Demanda le jeune homme, en s'arrêta devant la porte.
- Si l'on veut. Du nouveau ?
- Je pense qu'il en a pour plusieurs semaines de convalescence. Mais je ne suis pas là pour ça. Je suis venu faire une consultation neurologique à la demande du chef de service.
- Pourquoi ça ?
- Il ne se souvient pas de son identité.
Hermione tenta de cacher son trouble. Ça l'étonnerait beaucoup que se soit le cas. Il avait l'air parfaitement égal à lui même hier soir, qu'est-ce qui aurait changé entre temps ? Souffrait-il d'une perte passagère de mémoire ? Elle saisit le dossier des mains de l'apprenti et le toisa avec toute l'autorité dont elle était capable.
- Je m'en charge, vous pouvez y aller.
- C'est à dire...
- J'ai dis que je m'en chargeais, insista-t-elle.
Un regard inquisiteur suffit à faire fuir le jeune homme, sans doute peu désireux de s'attirer les foudres d'un médicomage pendant sa formation. Hermione prit son courage à deux mains et entra en essayant de ne pas faire de bruit. Mais il était éveillé. Les rideaux étaient ouverts et le ciel gris à l'extérieur baignait la pièce d'une lumière douce. Il ne tourna pas la tête vers elle lorsqu'elle entra, il se contenta d'ignorer sa présence. Elle se racla la gorge pour attirer son attention.
- Vous ne vous souvenez plus de votre nom ? Demanda-t-elle.
- C'est ce que j'ai dis, déjà quatre fois, d'ailleurs.
- Je suis désolée de vous ennuyer avec ça, mais c'est problématique pour nous. Et ça peut l'être pour vous, si vous avez perdu la mémoire, ça peut être dû à des blessures que nous aurions manqué...
- Ma mémoire va très bien, je vous remercie. Il me manque juste une donnée d'ordre administratif.
- Vous avez peut être subi un sort d'Oubliettes ? Proposa-t-elle.
- Possible.
Il tourna le regard dans sa direction et elle frémit. Mais il avait toujours la moitié du visage bandé et son absence de réaction lui laissa penser que même en plein jour il ne la reconnaissait pas.
- Comment va votre vue ? Demanda-t-elle en s'approchant.
- Je serais tenté de dire mal.
Elle sortit sa baguette de la poche de sa robe et invoqua un point lumineux à son extrémité. La jeune femme posa le dossier qu'elle tenait sur le lit et se pencha vers son patient, promenant sa baguette devant son visage. Il ne bougea pas d'un pouce, son œil libre n'eut aucune réaction réflexe.
- Vous pouvez distinguer cette lumière ?
- Il semble que non.
- Quelqu'un vous a déjà examiné ce matin ? Dit-elle en fronçant les sourcils.
- Non.
- Je vais retirer une partie de vos bandages pour voir votre oeil droit.
- Faites.
La jeune femme réprima une saute d'humeur devant le flegme de son patient. Il semblait se moquer comme de sa première chemise de son état de santé. Ce qui n'était pas du tout son cas, Hermione était plutôt inquiète. Elle savait pertinemment qu'il n'avait aucun problème de mémoire sur son identité, il refusait simplement de la révéler tant qu'il pourrait l'éviter. Quelque part, elle pouvait comprendre. Mais cette perte de vision n'était pas anodine. Toute sorcière qu'elle soit, elle ne pouvait pas faire des miracle, et rendre la vue à un aveugle ne faisait pas encore partie de ses capacités. Si la cécité n'était pas que passagère, ce serait irréversible même pour la magie.
Elle enfila une paire de gants. Hermione dégrafa lentement les bandages blancs et les retira un à un avec des gestes précautionneux. Alors qu'elle approchait de sa peau, les linges se teintaient d'une couleur rosée. Elle était habitué à voir du sang depuis le temps, et elle n'était pas censée se trouver mal. Mais là, il y avait quelque chose de différent. La situation était personnelle, elle en faisait quelque chose de personnelle, et elle dut faire un gros effort sur elle même pour rester stoïque. Elle mit sa peau à nue et en profita pour contrôler la plaie qu'il avait au visage, elle était presque refermée. Quelque chose de pas franchement joli, mais au moins, c'était en voie de guérison. Son œil droit était enflé et rougit. Elle posa lentement sa main sur le contour.
- Est-ce que vous pouvez ouvrir la paupière ?
Il le fit lentement. La jeune femme reprit sa baguette et recommença l'opération.
- Vous ne voyez rien ?
- Non.
Elle soupira et lâcha un juron presque imperceptible. Puis elle prit des bandages propres dans l'armoire murale et revint pour les lui refaire calmement. Pendant qu'elle s'exécutait, elle réfléchissait à un nombre incalculable de chose. Et sa proximité avec son patient ne l'aidait pas. Elle avait terriblement peur qu'il la reconnaisse d'une manière ou d'une autre. Et pourtant, une part d'elle même aurait été curieuse de découvrir sa réaction si ça avait été le cas.
- Mercredi 7 septembre, 17h02 -
- Vous êtes de garde ce soir ? Demanda une jeune femme rousse en entrant dans la salle de repos.
- Non, souffla Hermione pour la dixième fois.
- Ah, je croyais parce que...
- Je suis là parce que je travaille sur un patient, s'énerva la jeune femme. Mais je vais rentrer chez moi puisque visiblement c'est dur de trouver un endroit calme ici.
Elle se leva d'un bond et sortit avec une pile de dossier sous le bras sous l'œil interrogateur de ses collègues. Ils n'avaient pas l'habitude de la voir d'une humeur aussi massacrante. Elle était discrète, plutôt effacée, très efficace dans son travail et solitaire. Mais elle ne se permettait pas souvent de se laisser emporter par ses émotions.
Hermione traversa comme une furie le couloir jusqu'aux ascenseurs et attendit quelques instants que les portes coulisses. Elle entra en lisant et relisant les pages de parchemins qu'elle avait entre les bras. Soudain, la cabine de l'ascenseur s'immobilisa dans un tressautement. Elle releva la tête de ses notes et attendit un moment. Que se passait-il ? Impossible que ce soit une panne étant donné que l'installation était magique. Il aurait fallu que tout leur système magique soit paralysé en même temps et... Hermione lâcha sa pile de dossier d'un seul mouvement et sortit sa baguette. Elle força les portes de l'ascenseur à s'ouvrirent et constata qu'elle était à mi-étage. Elle voyait le bas d'un pallier à hauteur de sa tête. Elle appela de l'aide plusieurs fois sans succès.
Utilisant un autre sort pour ouvrir la grille de l'encadrement qui barrait l'accès à l'étage elle attrapa le bord du pallier des mains et entreprit de se hisser difficilement vers lui. Elle n'avait jamais été très sportive, ni très musclée et l'opération se révéla être plus délicate que prévue. À moitié appuyée par ses avant bras sur le rebord, les pieds dans le vide, elle se demanda si c'était une si bonne idée que ça.
- Un coup de main ?
Elle releva la tête et faillit glisser de son appuie provisoire avant de se saisir de la main qu'on lui tendait. Un bras efficace et musclé la hissa vers le haut et l'aida à se glisser par l'ouverture, la ramenant sur le sol froid du rez-de-chaussé. Elle se redressa tant bien que mal en prenant appuie sur ses genoux et fit face à son sauveur, jetant des coups d'œils alentours. C'était la panique générale. Une bonne partie de l'étage était dans le noir.
- On dirait que je tombe bien.
- Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda-t-elle soudain à son interlocuteur.
- Je viens récupérer un élève de ma maison pour le ramener à Poudlard, répondit un Draco Malfoy agacé. Et toi ? Tu batifoles dans les ascenseurs ?
- Je ne sais pas si tu as remarqué mais nous avons une coupure de magie ! J'ai plus urgent à faire que de discuter.
Et sans prendre la peine de s'excuser, elle se sauva fort peu poliment vers les escaliers de service. Elle redescendit les marches à toute vitesse vers les urgences. Il devait y régner une panique indescriptible, entre le déraillement des sortilèges automatiques, de la gestion des éclairages et de l'arrêt des zones de sécurité. C'était la première fois que ça leur arrivait. C'était une catastrophe. Les zones de quarantaines des maladies contagieuses seraient détruites, les mises à jour des analyses arrêtées, sans parler des éclairages factices et des sorts magiques destinés à maintenir en vie certains patients critiques. Hermione savait depuis longtemps que la communauté sorcière allait mal. Mais aujourd'hui, elle allait très mal. Une telle carence de la magie...
Le Ministère devait être au bord de l'effondrement. Des mesures de restrictions supplémentaires seraient prises, et le personnel de l'hôpital en pâtirait. C'était certain.
La jeune femme employa son temps et son énergie à aider ses collègues à remettre un semblant d'ordre et à traiter les patients graves pendant les heures qui suivirent, tant bien que mal étant donné les circonstances. Ce n'est que tard dans la soirée que le flux magique résiduel de l'hôpital revient. Ils échangèrent tous des regards satisfaits en soufflant.
- Mercredi 7 septembre, 22h23 -
Hermione s'arrêta au comptoir d'accueil du rez-de-chaussé.
- Personne ne vous a rapporté un paquet de dossiers médicaux ? J'ai dû les faire tomber dans un ascenseur tout à l'heure.
La secrétaire jetant un coup d'œil à son registre.
- Miss Granger ?
- C'est ça, oui.
- Il me semble avoir récupérer ça, je vais aller voir.
Alors qu'elle regardait la femme s'éloigner et passer dans une autre pièce, derrière le comptoir, elle sentit une présence s'approcher d'elle et se tourna pour tomber nez-à-nez avec une personne qu'elle aurait bien voulu éviter. Draco avait la main posé sur l'épaule d'un jeune garçon portant un uniforme de Poudlard, plus pour l'empêcher de bouger que par affection. L'élève en question n'avait franchement pas l'air rassuré et portait son bras en écharpe sous sa cape noire.
- Tu as récupéré ton élève ? Demanda Hermione.
- Mr. Dingle, dites bonjour à Miss Granger.
- Bonjour, souffla-t-il tandis que Draco souriait résolument à la jeune femme.
- Dingle, répéta Hermione, une parenté avec Harold peut être ?
- Heu, c'est mon cousin madame. Vous le connaissez ? Couina-t-il.
- La dernière fois que je l'ai vu, il vendait des substances illicites à mes camarades.
- Ah, dit-il en se décomposant.
Draco éclata de rire et écarta sans ménagement son élève torturé. Il se pencha vers la jeune femme qui recula, méfiante.
- Sors avec moi, Granger.
- Quoi ? Non ! S'étrangla-t-elle.
- Pourquoi ?
- Mais parce que... parce que ! Non !
Draco se redressa, toujours son sourire charmeur vissé sur les lèvres et se retourna vers Dingle. Le saisissant de nouveau par le haut de sa robe il le fit avancer vers la sortie d'un bon pas. Hermione resta interdite, observant le jeu de Malfoy avec son élève qu'il prenait plaisir à gentiment terroriser. Elle n'aurait pas aimé être élève à Serpentard ces temps-ci. Elle soupira, se passant une main dans les cheveux. Mais qu'est-ce qui lui prenait tout d'un coup ?
- Hum hum.
Le raclement de gorge la ramena à la réalité et elle tourna la tête vers une secrétaire lui tendant son dossier, fort peu aimablement à son goût. Elle sourit timidement et repartit avec.
Elle rentra directement chez elle, pressée de se doucher et d'aller dormir. Avec tout ça, elle était restée sur son lieu de travail alors qu'elle n'était pas sensée y être. Et demain, elle attaquait une garde de jour. Il fallait qu'elle dorme. Du moins, si Sainte Mangouste était toujours debout quand elle reviendrait... Elle jeta sa cape sur le canapé et défit sa robe de médicomage dans la foulée, se retrouvant en t-shirt et en jean. Elle fouilla dans son réfrigérateur à la recherche de quelque chose de comestible. Se rabattant sur des restes de nouilles asiatiques de la veille, elle fit réchauffer le tout d'un coup de baguette pendant qu'elle lisait son courrier en retard.
Elle tomba sur une enveloppe plus grande que les autres et l'ouvrit. Elle en sortit un petit paquet de feuilles blanches, recouverte de caractères d'imprimerie. Une note rédigée à la main les accompagnait.
« Si vous décidez de changer d'avis. Cordialement, D. Levinski. »
Il ne perdait pas de temps, c'était le moins qu'on puisse dire. Hermione parcourut à moitié des yeux le contrat de travail. Mais elle n'avait pas la tête à ça pour le moment. Envisager sa reconversion professionnelle n'était pas à l'ordre du jour. Elle était trop épuisée pour ça. Et elle n'avait pas envie de se poser les bonnes questions ce soir.
- Jeudi 8 septembre, 05h59 -
- Bon, vous êtes officiellement de garde, je rentre chez moi.
- Encore une minute pour l'équipe de nuit, plaisanta quelqu'un.
La sorcière le foudroya du regard et lui fit comprendre qu'elle n'avait pas envie de plaisanter après la nuit qu'elle venait de passer. Hermione sortit du vestiaire, portant sa cape verte de médicomage. Elle s'approcha de l'accueil et commença à survoler les dossiers des patients admis ces dernières heures tout en interrogeant l'équipe de nuit quand au chose à surveiller. Il n'y avait eu aucun autre incident, pas de patient vraiment critique à part une jeune femme admise à la suite d'une morsure de dragon. Elle s'était presque fait arracher le bras, heureusement pour elle tout était maintenant sous contrôle. Les lits étaient presque tous vides et la matinée s'annonçait calme.
C'était toujours ce qu'ils se disaient avant d'être assaillit par un accident de grande ampleur, une explosion dans un centre de potion ou bien un attentat dans un lieu public. Le personnel des urgences de Sainte Mangouste ne se permettait jamais de dire quelque chose comme les mots calme et journée dans la même phrase, question de superstition.
- 6h00, annonça une étudiante en regardant l'horloge au dessus de la porte d'entrée.
- Très bien, nous sommes de garde pour les 12h prochaines heures, commença Hermione.
Son équipe se rassembla pour passer en revue les affectations et les changements de planning de la journée. Hermione était médicomage superviseur, avec un de ces collègues qui passait en revue les patients présents dans le service présentement. L'équipe comptait quatre autres médicomages à plein temps.
- Ok, alors aujourd'hui nous avons trois nouveaux étudiants avec nous. Melina Fox, Cedric Dolme, Marc Quincy, lut-elle sur une note qu'on avait griffonnée à son intention.
Elle leva un instant la tête et repéra les trois étudiants, le regard perdu.
- Bon, vous trois, éviter de vomir pendant la première garde. Dolme et Quincy vous irez avec Anddle, dès qu'il sera réapparu, dit-elle en jetant un regard par dessus son épaule. Fox tu seras avec moi.
Les trois étudiants hochèrent la tête. Elle fit signe à son étudiante et elle partit en direction d'une salle d'examen, marchant toujours le nez dans la pile de parchemins qu'elle avait entre les bras. La jeune femme aux cheveux noirs la suivait comme son ombre. Hermione soupira en se rappelant ses propres débuts en tant qu'étudiante en médicomagie. Elles devaient probablement avoir cinq ou six ans d'écart.
- Si tu as des questions, tu peux les poser, mais je ne répondrais peut être pas immédiatement.
Hermione entra dans la salle d'examen et posa son tas de parchemins sur une commode. Elle se retourna vers son étudiante de la journée et croisa son air anxieux derrière ses petites lunettes rectangulaires.
- C'est une de nos salles d'examen, quand un patient arrive ici dans un état stable, c'est ici qu'on prend le temps de déterminer de quoi il souffre. Les patients critiques vont directement en salle de traumatologie, dit-elle en ressortant de la pièce et en continuant sa visite guidée.
Elles passèrent devant une rangée de lits, vides pour la plupart après la nuit agitée qu'ils avaient eu.
- Les lits sont là pour les patients en consultation, ou en attente de transfert. Quand une infirmière te demande de faire quelque chose, fait-le, immédiatement. Pour l'instant tu es étudiante, donc tout en bas de la chaîne du pouvoir.
Hermione lui sourit gentiment pour lui montrer qu'elle rigolait – un peu –.
- Ici, je suis guérisseur, néanmoins je travaille en tant que médicomage. Si tu travailles aux urgences tu es par définition médicomage, ça veut dire que tu dois être capable de te rendre sur le terrain avec les équipes de secourisme contrairement aux autres services. Tu as déjà fait ton stage de secourisme ?
La jeune femme secoua la tête négativement.
- Bon, alors tu devras le faire rapidement pour valider ton stage aux urgences magiques. C'est un service particulier qui s'auto-gère en quelque sort. Le guérisseur-en-chef est Laury Elbourne. C'est la big boss qui validera ou non ton stage, alors soit gentille.
Hermione chercha si elle avait d'autre informations capitales à lui fournir avant de commencer mais elle n'eut pas le temps de continuer. Une infirmière l'appela justement depuis l'accueil. Ils venaient de recevoir un bulletin d'une équipe de secouristes qui étaient en route avec deux patients critiques.
La jeune femme fit signe à son étudiante de la suivre de près. Elles enfilèrent une paire de gants propres et se postèrent devant l'entrée de transplanage. Une attente fébrile commença. Soudain, une équipe de deux personnes apparut, transportant quelqu'un sur un brancard. Hermione s'approcha tendit qu'ils entraient dans l'hôpital et qu'on installait la victime sur un brancard intérieur.
- Qu'est-ce qu'on a ? demanda la jeune femme.
- Homme de dix-sept ans, désartibulation au cours d'un transplanage. A atterri en plein milieu du chemin de Traverse avec sa copine, elle suit avec une autre équipe. Perte du bras droit, nombreuses lacérations sur le torse, inconscient à notre arrivée. La fille est en meilleur état.
- D'accord, on le met en traumato. Jane tu t'occupes de sa copine, cria-t-elle à une de ces collègues en suivant les secouristes. Qu'est-ce qu'on fait en cas de désartibulation ? Demanda Hermione à son étudiante tout en découpant les vêtements du jeune homme d'un coup de baguette magique.
- Il faut... Il faut ressouder les membres ?
- Exact, tu vois un membre à ressouder ici ?
- Non...
- Donc ça veut dire qu'on ne l'a pas. Autre chose ?
- Mais, alors il va rester sans bras ?
- Pour le moment, on essaye de lui sauver la vie, dit-elle en pointant sa baguette sur le moignon de son patient pour arrêter l'hémorragie. Donne moi le flacon de dictame.
La dénommée Melina chercha fébrilement le-dit flacon dans les placards de la salle tandis que la jeune femme se concentrait sur son patient qui se vidait de son sang. Au bout de plusieurs secondes, elle releva un regard impatient sur son étudiante.
- Ta baguette est là pour faire joli ? S'énerva-t-elle. Actio dictame !
Elle passa la solution sur les plaies profondes du gamin qui se refermèrent lentement.
- Donne-moi des compresses et trouve moi une potion de régénération sanguine.
Cette fois, la jeune fille fut plus efficace et apporta à son mentor ce qu'elle demandait. Hermione passa plusieurs longues minutes à stabiliser son patient. Puis, voyant qu'il était hors de danger, elle fit un mouvement de baguette vers un bloc de feuilles accrochées contre un mur. Une des pages se détacha et voleta – littéralement, pourvue de deux petites ailes – jusqu'à elle.
- Pour Mr. Blaire, patient nécessitant une reconstruction de membres. Transféré depuis les urgences. Guérisseur responsable, H. Granger.
A mesure que la jeune femme parlait, les mots s'inscrivirent d'eux même sur la missive. Dès qu'elle eut fini sa phrase, la feuille se replia sur elle même et voleta à grande vitesse à travers les couloirs pour aller trouver son destinataire dans les étages supérieurs. Une infirmière entra dans la pièce pour prendre le relais et Hermione sortit, jetant au passage ses gants sales.
Elle traversa le couloir et se rendit en zone principale. La jeune fille qui avait dû arriver en même temps était installée derrière un rideau blanc, sur un lit. Un des étudiants était en train de recoudre ses plaies d'un mouvements de baguette précis.
- Bonjour, sourit la jeune femme en arrivant. Je m'appelle Hermione. Quel est votre nom ?
- Jenny.
- Salut, Jenny, reprit-elle en lisant son dossier. Vos parents ont été prévenus, ils ne devraient plus tarder.
- Comment va Greg ?
- Greg, c'est le jeune homme qui était avec vous ? Nous avons stabilisé son état, il devrait s'en sortir. Nous allons essayer de sauver son bras, ça devrait bien se passer. Vous connaissez le nom de ses parents, je peux les joindre quelque part ?
- Ils vont me tuer.
- Non, ne vous inquiétez pas. Vous voulez me dire ce qui s'est passé ? Pourquoi avez-vous transplané subitement ?
Immédiatement, l'adolescente fondit en larmes. Hermione échangea un regard surpris avec l'étudiant avec de s'approcher d'elle et de poser une main sur son épaule.
- Allez-y, vous êtes en sécurité ici.
- Ce type... il avait un masque et il a essayé de nous tuer, articula-t-elle, et Sally... Sally, elle...
Hermione retourna jusqu'à l'accueil et baissa le ton.
- Appelez le bureau des Aurors et dites leur d'envoyer quelqu'un ici, tout de suite.
La journée n'allait pas être calme.
